Bien choisir son bras droit

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 30 avril 2008

Bien choisir son bras droit

 


Pour un patron, s’adjoindre un bras droit est une décision très délicate. Outre la crainte de se tromper de candidat, le piège le plus fréquent est d’avoir mal défini ses attentes. Quatre conseils pour réussir à former un duo de choc

 

Définir ses besoins

Pourquoi souhaitez-vous vous adjoindre un bras droit ? C’est la première question à vous poser. « L’erreur la plus classique, c’est de se tromper dans l’analyse de ses besoins. D’où des erreurs de casting important, comme de choisir un bras droit trop ambitieux ou qui ne cadre finalement pas à l’évolution de l’entreprise » observe Frédérique Deloffre Vye, coach et dirigeante de Croissens consulting.

La seule volonté de prendre de la hauteur ou de rompre la solitude du pouvoir ne suffit pas. Il faut cibler vos attentes : cherchez-vous quelqu’un qui puisse vous épauler dans vos décisions stratégiques, un relais pour vous décharger de l’opérationnel ou des compétences nouvelles pour développer l’entreprise ? Quelles valeurs essentielles votre alter égo devra-t-il partager ? Pour que l’alliance fonctionne, veillez aussi à bien définir vos territoires respectifs. «Il faut anticiper la répartition des rôles, savoir à qui reviendra la décision finale sur les dossiers, qui interviendra et les défendra en réunion » illustre la coach. Le but du jeu ? Faciliter l’intégration de votre numéro deux, et éviter les couacs internes.

Clarifier votre propre position

S’adjoindre un bras droit, c’est accepter de lui confier une part de ses responsabilités et de son pouvoir. Etes-vous certain d’arriver à jouer le jeu ? « On peut rêver d’un homme de confiance mais se révéler incapable de lâcher le moindre espace de décision ou de relais managérial. Il faut donc s’interroger sur sa capacité à déléguer et à s’ouvrir à un autre mode de fonctionnement» prévient Marie Josée Bernard, professeur de management à l’EM Lyon et coauteur du livre « Choisir son numéro 2, s’entourer en toute confiance ». Si cette notion de confiance réciproque est essentielle, votre bras droit ne doit pas se sentir en porte à faux avec votre mode de fonctionnement.

Attention aux ambivalences ! « Il y a souvent des paradoxes. Le patron veut un numéro deux qui joue dans l’ombre mais accepte aussi de monter au créneau quand ça l’arrange. Or, pour être à l’aise, un bras droit ne doit pas être esclave des caprices du dirigeant. Il doit pouvoir développer son point de vue » rappelle l’enseignante. Pour lui faire une place, sa présence ne doit pas apparaître menaçante pour votre leadership. D’où la nécessité d’être soi-même confiant dans sa légitimité pour bien le vivre.

Optez pour le bon recrutement

Pour dénicher la personne qui pourra vous épauler, il est certes plus aisé de le recruter en interne. A condition d’être sûr qu’il ait le calibre pour endosser ses futures responsabilités : il ne s’agit pas uniquement de récompenser un chef de service pour ses bons et loyaux services, aussi durables soient-ils. « La démarche peut être complexe et difficile, et susciter des jalousies parmi d’autres membres de l’équipe de direction. Si vous optez pour cette solution, il faudra communiquer assez vite auprès d’eux pour légitimer votre décision » conseille Marie-Josée Bernard. Dans cet acte aussi délicat, il peut être utile – encore plus si vous prospectez en externe – de recourir à l’œil neuf d’un consultant ou d’un coach. «Un des réflexes classiques, c’est de recruter un bras droit qui vous ressemble pour se rassurer. Ce n’est pas toujours la bonne solution. Il faut trouver la juste mesure entre votre envie de travailler avec lui, sa culture et les compétences recherchées » explique Frédérique Deloffre Vye.

Privilégiez une intégration rapide

Une fois votre choix arrêté, soignez la prise de fonction de votre bras droit : réfléchissez aux moyens de crédibiliser son arrivée auprès des équipes, des clients et des fournisseurs. Un binôme pour démarrer en douceur peut être envisagé, mais sur une courte période. « Il faut rapidement lui confier des dossiers importants » recommande Frédérique Deloffre Vye. Pour autant, ne négligez pas des étapes de suivi : Ces rendez-vous vous permettront de clarifier les problèmes mais aussi d’évaluer si le tandem fonctionne pendant la période d’essai.

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