Cour pénale internationale : Voici pourquoi Thomas Lubanga fait peur

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 18 juin 2008


Kinshasa, 18/06/2008 / Politique

Le procès de Thomas Lubanga est le premier que la Cour pénale internationale va conduire depuis sa création par le statut de Rome. Ce procès est donc le premier coup du genre. Cour pénale internationale : Voici pourquoi Thomas Lubanga fait peur dans DEMOCRATIE ET ETAT DE DROIT thomas_lubanga_cpiAu lendemain de l’annonce d’une possible de mise en liberté de Thomas Lu­banga d’ici le 24 juin à cause du refus des Nations unies de lever la confidentialité sur cer­taines pièces du dossier, des langues se délient et accusent. Pourquoi l’ONU refuse-t-elle de se plier à la décision de la chambre de première instance de la CPI ? Qui protège-t-elle et pourquoi ? La justice internationale serait-elle une justice à deux vites­ses ? Face à ces interro­gations, des sources pro­ches des organisations des défenses des droit de l’homme rapportent qu’en réalité, les conclu­sions recueillies par l’enquête diligentée en son temps par la CPI et con­tenues dans les  pièces aujourd’hui frappées du sceau de la confidentia­lité, accablent des ténors du régime de Kinshasa.

Si les noms des commanditaires qui ar­maient Lubanga et sa milice ont été transmis à l’ONU et au Parquet de la CPI, le même élément destiné au public a cependant été censuré de sa partie sensible. Des sources proches de l’ONU rapportent que le contenu du dossier pourrait ainsi provoquer un vérita­ble séisme à Kinshasa. Des noms auraient été cités par Lubanga et le rôle de cha­que acteur dans la macabre entreprise dévoilé. En fait, les noms et les rôles joués par ceux qui ont contribué à l’embrasement de l’Ituri.

La CPI coopère avec les Etats, si on dévoile le contenu des pièces que gardent par devers elles les Nations Unies, beaucoup rejoindraient Lubanga, ce qui conduirait à une nouvel­le instabilité pour le Congo toujours convalescent, indique un analyste à Kins­hasa. La bonne foi et la cré­dibilité de la Monuc seraient ainsi mises à rude épreuve devant une Cour qui a toujours déclaré travailler pour un procès équitable ”.

On rappelle que la CPI annonçait le report, sans en donner les raisons, du procès Thomas Lubanga prévu initialement pour le 23 juin. C’était le deuxième report en une année, après celui qui annulait la date du 31 mars. La principale rai­son est désormais connue, suscitant des mécontente­ments dans les milieux des ONG congolaises des droits de l’homme.

Les défenseurs des droits de l’homme ont en effet exprimé la crainte d’un éventuel acquittement de Thomas Lubanga a dit Silvana Arbia, Greffière à la CPI, en séjour dans la capitale con­golaise. Ils ont indiqué que dans l’hypothèse d’un élargissement de l’inculpé, les Hema, ethnie de l’accusé, pourraient se moquer de la “ complaisance ” de la CPI et des ressortissants de l’ethnie adverse Lendu, jus­qu’à provoquer des fissures sociales internes. Alléga­tion rejetée par Mme Arbia précisant que la Cour n’a jamais travaillé sur la base d’ethnies, mais oeuvré pour un procès juste et équita­ble.

Le report du procès est lié à la décision des ju­ges de la Cour rendue le 13 juin suspendant la procédu­re. Cette décision est moti­vée par le refus des Nations Unies de lever la confidentialité sur une centaine de dossiers relatifs à l’affaire Lubanga.

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