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L’Icann à Paris : quatre jours de débats sur le futur d’internet

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 21 juin 2008

Estelle Dumout, publié le 20 juin 2008

Technologie – À partir du 22 juin, l’Icann et les acteurs internationaux de la gestion technique d’internet seront à Paris pour traiter de dossiers sensibles : la gourvernance de l’internet, la création de nouvelles extensions et la migration vers l’IPv6.

Tous les acteurs qui comptent dans le nommage internet et la gestion technique du réseau se retrouveront la semaine prochaine à Paris. L’Icann, l’organisme intenational en charge de la gestion des noms de domaine, y tiendra une réunion publique du 22 au 26 juin.

« La venue de l’Icann à Paris alors même que la France prend la présidence de l’Union européenne est un événement important pour la communauté du numérique. Les questions de nommage sont essentielles pour un bon fonctionnement d’internet qui est devenu une source de compétitivité », souligne Sébastien Bachollet, délégué général de l’Agifem, l’association qui organise l’événement.

Les débats tourneront autour de trois thèmes essentiels. Tout d’abord, la gouvernance de l’internet : la question est de savoir s’il faut ou non reconduire le JPA (Joint Project Agreement), grâce auquel le gouvernement américain dispose d’un droit de veto sur les décisions de l’Icann. « C’est l’une des dernières occasions de prendre une décision à ce sujet avant quelque temps, car ensuite il y aura les élections américaines qui risquent de bloquer pas mal de choses », explique à ZDNet.fr Loic Damilaville, directeur général adjoint de l’Afnic (Association française pour le nommage internet en coopération), qui gère le .fr.

De nouvelles extensions essentiellement pour le business ?

Mais même si le gouvernement américain acceptait de reculer, sa décision ne pourrait être qu’un écran de fumée, car la gestion technique des serveurs racines de l’internet est toujours régie par un contrat rédigé entre le ministère du Commerce US et l’Icann, rappelle-t-il.

Deuxième point de débat : la création de nouvelles extensions. L’Icann pourrait décider de valider la création de centaines de nouveaux noms de domaines, au-delà des classiques .com, .net, .org et des noms nationaux (.fr, .de, .co.uk…). Il y cinq ans, l’organisme avait déjà donné son feu vert à toute une liste de nouvelles extensions, comme les .biz, les .pro, les .aero ou encore les .museum. Sans grand succès : leur arrivée a surtout créé un casse-tête juridique pour les entreprises, obligées de protéger leurs marques sur ces noms de domaines.

« Il y a de gros enjeux économiques et juridiques », reconnaît Loic Damilaville. « L’Icann a longtemps restreint le marché, et ses dirigeants estiment que cela n’est plus nécessaire. » Cette évolution pourrait ravir les partisans des extensions pour les villes, comme les .paris ou .berlin, ou des extensions régionales (certains militent déjà pour la création du .bzh, pour la Bretagne).

Vers une crise des ressources

Reste que le processus pour créer un nouveau nom de domaine sera lourd, et qu’il ne sera donc pas ouvert à tous. L’Icann planche actuellement sur la création des futurs dossiers de candidature, qui fixeront les conditions économiques et techniques pour l’obtention de la gestion d’une nouvelle extension. Selon le directeur général adjoint de l’Afnic, les premiers appels à candidature pourraient voir le jour au début 2009, avec une validation des futures extensions à l’automne de la même année. « Peut-être verra-t-on apparaître le futur .com, mais des dizaines d’extensions n’auront aucun succès », prédit-il. Malgré tout, « cela pourrait introduire une modification en profondeur du paysage du nommage internet ».

Dernier point : le développement de l’IPv6, la version 6 du protocole IP. Elle va permettre d’élargir le champ d’adresses IP disponibles aux internautes et aux entreprises du monde entier. Elle remplacera l’IPv4, utilisé depuis 1984 et qui fournit 4,3 milliards d’adresses, en créant un stock quasi illimité d’adresses IP. Cela permettra de connecter un grand nombre de nouveaux appareils à internet, avec de nouvelles applications, notamment en matière de domotique ou de puces intelligentes

« L’objectif de l’Icann est avant tout de lancer un appel à la communauté pour accélérer la transition vers l’IPv6 », explique Loic Damilaville. « Car selon les prévisions, les ressources de l’IPv4 arriveront à épuisement en 2011. Et il va être très difficile d’assurer la transition en trois ans, sans risquer une crise des ressources. »

Parmi les autres questions qui feront l’objet de débat tout au long de la semaine : la mise en place des noms de domaine en caractères non latins, ou bien encore la problématique du domaine tasting, la spéculation sur les noms de domaine.

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