De l’air pour les compagnies aériennes ?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 30 août 2008

Ingrid Labuzan

Avec la hausse du prix du pétrole, le secteur aérien a connu l’une des plus graves crises de son histoire, pire encore qu’après le 11 septembre. Licenciements, suppressions de lignes, surcharges carburant et même faillites ont rythmé le début de l’année.

Les petites compagnies et les low cost ont pris de plein fouet la hausse du carburant et la diminution du nombre de voyageurs à mesure que les prix des billets augmentaient. Les grandes compagnies n’ont pas non plus été épargnées. Ainsi, British Airways a vu ses bénéfices plonger de 90% au premier trimestre 2008, alors que le prix du carburant augmentait de 49%. Cette année, la compagnie anglaise ne table que sur un maigre 3% de croissance de son chiffre d’affaires. Son président, Willie Walsh, s’inquiète de ce « pire environnement que l’industrie ait jamais connu ».

Avec la baisse des prix du pétrole, le cours des actions des compagnies aériennes remonte. Est-ce suffisant pour se laisser tenter ?

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Le coin des optimistes
Mi-juillet, les contrats à terme sur le pétrole atteignaient 150 $. Une calamité pour les compagnies aériennes, dont beaucoup avaient fonctionné cette année avec du pétrole négocié parfois à 60 $. Un mois plus tard, ces mêmes contrats se négociaient autour de 112 $. Il n’en fallait pas plus pour faire remonter le cours des actions des compagnies aériennes. L’United States Airlines Index réagit désormais à l’inverse des cours du pétrole. Quand ce dernier perd 12%, l’indice des compagnies aériennes américaines grimpe de 13%.

Pour certains, la récente chute du prix du carburant marque un nouveau tournant dans le secteur aérien. La fin des soucis. Parmi les optimistes se trouve la banque américaine Morgan Stanley. Elle estime que le secteur aérien pourrait à nouveau engranger des bénéfices dès 2009. Un miracle rendu possible grâce à la baisse du pétrole et à la combinaison des efforts fournis par les compagnies : se débarrasser de leurs vieux avions, augmenter le prix des billets, faire payer des services jusqu’alors gratuits, limiter le poids des bagages… Autant d’astuces plus ou moins efficaces pour limiter les coûts.

La bande des pessimistes
La baisse du coût du carburant est réelle. Cependant son prix reste à un niveau nettement supérieur à celui auquel les compagnies aériennes étaient habituées. En effet, elles achètent leur fuel grâce à des contrats à terme. C’est-à-dire qu’elles se sont engagées à acheter à l’avance et à prix fixe une importante quantité de carburant. Ces contrats ont été établis, pour certains, à une époque à laquelle le baril coûtait entre 75 et 85 $. Nous sommes bien en-dessous des 112 $ qui réjouissent aujourd’hui les actionnaires des compagnies aériennes.

Pour certaines compagnies, ces contrats sont aujourd’hui parvenus à terme. En revanche, d’autres compagnies en bénéficient encore et pourraient voir leurs dépenses exploser quand ils seront révolus.

IATA, l’Association internationale du secteur aérien, estime que 40% des compagnies aériennes bénéficient encore de contrats à terme avantageux. Autant de sociétés dont il faudra à l’avenir se méfier. IATA considère d’ailleurs que vingt nouvelles compagnies, en plus de celles ayant fait faillite depuis le début de l’année, présentent un risque financier élevé.

Plus gros, plus fort
Dans le secteur aérien, la tendance est au regroupement, suivant la maxime qui affirme qu’à plusieurs, on est plus fort. Trois compagnies aériennes majeures tentent de mettre en place une alliance : American Airlines (AA), British Airways (BA) et Iberia. Dernière barrière à leur ambition, les lois antitrust américaines. Avec une telle alliance, AA et BA auraient enfin accès au marché d’Amérique latine, où ils ne sont, pour l’instant, que des acteurs mineurs.

D’autres compagnies ont déjà scellé des accords, comme Delta et Air France-KLM. L’association entre AA, BA et Iberia inquiète cependant ses concurrents. Virgin craint l’émergence d’un « méga-pouvoir » qui monopoliserait toutes les routes aériennes au dessus de l’Atlantique au départ de deux pays européens majeurs.

Avec la hausse des prix du carburant, l’émergence de « mégas compagnies aériennes » pourrait devenir une réalité. Rien ne saurait remplacer le fuel pour faire voler nos avions dans les vingt ans à venir.

A côté des gros A380 pourrait naître une tendance inverse : à l’avenir, les avions pourraient perdre en taille. Plus petits, plus légers, ils consommeraient moins de carburant.

Les investisseurs les plus aventuriers peuvent miser sur les actions des compagnies aériennes afin de réaliser des profits sur du court terme. Sur du long terme en revanche, ce secteur sera sans doute à nouveau chahuté et devra réfléchir à son modèle de développement.

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