Apporter aux organisations non gouvernementales les compétences dans le domaine commercial et des TIC

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 août 2008

Equipements TIC Les organisations non gouvernementales (ONG) et les organisations de la société civile (OSC), parmi lesquelles des organisations villageoises et de base, des associations et d’autres groupements de citoyens, représentent des agents clés du changement dans le développement socio-économique de l’Afrique. Mais leurs ressources technologiques et de management pâtissent bien souvent d’un manque d’expertise dans le domaine des technologies de l’information et de la communication pour le développement. Aujourd’hui, dans le cadre de l’édition 2008 du Forum africain ICT Best Practices sur les meilleures pratiques dans le domaine des TIC, organisé au Burkina Faso, Microsoft élargit son engagement envers les ONG par un nouveau programme de formation et de soutien baptisé Académie ONG ICT4D.

L’Académie ONG ICT4D se concentrera sur trois domaines décisifs pour permettre d’assurer la montée en puissance régionale et le développement durable des ONG : extension des compétences dans le domaine des ICT4D, services de support informatique, préparation aux nouvelles technologies. Les principaux partenaires du programme, notamment la Fondation de l’Aga Khan et l’Académie pour le développement de l’éducation, apporteront leur soutien aux efforts de l’Académie ONG ICT4D en faveur des ONG sur l’ensemble du continent africain.

« Les ONG ont un rôle capital à jouer dans la réalisation de l’objectif que s’est fixé Microsoft avec son projet Unlimited Potential : mettre à la portée des cinq milliards d’individus qui n’en profitent pas encore les avantages d’une technologie, adaptée, accessible et abordable, rappelle Michael Rawding, Vice-Président, Unlimited Potential Group de Microsoft. Plus nous pourrons partager les meilleures pratiques que nous avons acquises depuis 16 ans dans le domaine commercial et technologique, plus nous serons à même de soutenir les efforts de développement socio-économique de nos partenaires ONG. »

Développer les technologies et les compétences des ONG

Pour contribuer à combler le manque de compétences technologiques de nombreuses ONG, Microsoft proposera, dans le cadre de Centres d’excellence régionaux, des informations, ressources, outils et formations dans des domaines allant de la gestion informatique aux solutions ICT4D. Le premier Centre d’excellence ouvrira ses portes en partenariat avec des ONG locales en Afrique du Sud. Il servira de plate-forme aux organisations non gouvernementales pour assurer un travail en réseau et une recherche de possibilités de collaboration. D’autres centres régionaux sont à l’étude avec des ONG partenaires au Ghana, au Kenya et au Sénégal.

« Nous devons être des partenaires à part entière, voire même des chefs de file, de la société de l’information du XXIe siècle, observe son Altesse l’Aga Khan. Ce devoir suppose que nous adoptions les valeurs de collaboration et de coordination, d’ouverture et de partenariat, ainsi que de choix et de diversité, qui sous-tendront la société de la connaissance, en apprenant à contrôler, revoir et renouveler en permanence ce que nous savons, et en apprenant également les moyens de poursuivre cet apprentissage. »

Etant donné que de nombreuses ONG ne disposent pas du niveau de compétence technique ni des ressources financières suffisants pour soutenir leurs capacités dans le domaine des TIC, par l’intermédiaire de l’Académie ONG ICT4D, Microsoft fournira des services de support informatique, pour contribuer au développement de programmes technologiques et faciliter l’accès des ONG aux fournisseurs d’assistance technique, aux packs de services techniques, à l’accès aux ressources d’aide en ligne et hors ligne.

Les Académies ONG ICT4D nous aideront à construire une expertise opérationnelle et commerciale. Elles libéreront également des ressources d’une grande valeur pour nous permettre de nous concentrer sur l’essentiel : améliorer la qualité de vie des populations. »
Didier SALAKIAKU

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Participation de CONGO TIC au deuxième Forum Africain sur les meilleures pratiques dans le domaine des TIC

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 août 2008

didier Sur invitation de Microsoft Afrique et du Gouvernement Burkinabès, le Coordonnateur National de Congo TIC, l’Ingénieur Didier SALAKIAKU, a participé à la deuxième édition du Forum Africain sur les meilleures pratiques dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication, TIC du 21 au 23 avril à la Cité Ouaga 2000 d’Ouagadougou (Burkina Faso).

Plus de 350 participants de près de 40 pays dont deux Chefs d’Etat, des Ministres ont pris part à cet important évènement pour discuter autour du thème principal « quel partenariat pour promouvoir le gouvernement électronique en Afrique ? ». Le forum a été conjointement organisé par la maison Microsoft Afrique, le Gouvernement du Burkina Faso et l’Union Européenne.

La cérémonie solennelle d’ouverture du Forum a été placée sous la très haute Présidence de Son Excellence Monsieur Blaise Campaoré, Président du Faso et de Son Excellence Monsieur Faure Gnassimbé Eyadema, Président de la République du Togo.

Les trois jours de travaux ont été marqués par diverses communications présentées par des responsables de haut niveau venus de différentes régions d’Afrique et d’ailleurs en développement pour partager leurs expériences et démontrer des exemples de réussite en matière d’utilisation de solutions de technologies de l’information et de la communication dans leurs pays respectifs.

Les forums africains ICT Best Practices sont l’occasion, pour les hauts responsables de tout le continent africain, d’échanger leurs expériences spécifiques et d’apporter des exemples concrets de solutions technologiques réussies dans leurs pays respectifs. Ils contribuent également à reproduire plus facilement les solutions qui ont fait leurs preuves, compte tenu notamment du déficit de compétences dans la région.
Ce Forum constitue, une nouvelle fois, une initiative de Microsoft en partenariat avec le Gouvernement du Burkina Faso et avec le soutien de l’Union européenne.

Pour cette année, le Forum est revenu sur le vaste sujet de l’e-gouvernement et a abordé les nouveaux projets innovants, mis en œuvre dans le secteur public en Afrique ainsi que sur d’autres marchés émergents. Désormais panafricain, le sommet a présenté un impressionnant florilège des utilisations nouvelles de la technologie sur le continent africain et dans le reste du monde.

Ce Forum qui est une occasion unique pour les représentants du secteur privé de rencontrer des représentants de gouvernements, d’organismes donateurs, de la société civile et d’organisations gouvernementales internationales dans un environnement qui favorise les échanges en tête-à-tête et leur permet de réfléchir à des possibilités de partenariats commerciaux.

Plusieurs sous thèmes ont animé les débats et réflexions durant les trois journées du Forum autour du thème principal « quels partenariats pour promouvoir le gouvernement électronique en Afrique ». Il s’agit entre autres des sous thèmes ci-après : i) Un environnement habilitant ; ii) Programmes PC de mise en œuvre du e-gouvernement : exemple de partenariat public/privé ; iii) Rassembler les informations sur les citoyens pour proposer de meilleurs services publics ; iv) Opportunités d’investissement de l’Union européenne pour le soutien des PME africaines.

Cheick Modibo DiarraPour Cheick Modibo Diarra, Directeur Afrique de Microsoft, la promotion du gouvernement électronique en Afrique passe par l’afro responsabilité, car ajoutera t-il, nous disposons de réelles compétences, nous avons accès aux investissements nécessaires et bénéficions de l’expertise requise. S’il a déploré l’afro pessimisme qui sous-tend que l’Afrique n’a pas les moyens nécessaires d’arriver à ses fins, Cheick Modibo Diarra est également contre l’afro optimisme à outrance. Le Directeur de Microsoft Afrique pense que les TIC peuvent contribuer à sortir l’Afrique du sous développement. Il rejoint en cela le représentant de l’Union Européenne qui note que le taux de croissance moyen en Afrique subsaharien est de 3,8%, ce qui n’a pas de réel impact sur le développement. Le bon usage des TIC pourrait alors, selon celui-ci, contribuer à augmenter ce taux à moins 7% l’an, afin qu’il ait plus d’impact sur le développement des Etats africains.

« L’Union Européenne s’était engagé pour se faire, à soutenir l’Afrique dans son désir d’appropriation des Technologies de l’information et de la communication » ; c’est le message qu’à travers une vidéo, Viviane Reding, Commissaire européenne à la société de l’information, a adressé aux participants au forum. L’idée innovatrice de l’Afrique et de ce forum, de recueillir les meilleures pratiques dans chaque pays et de les centraliser afin que tous les pays africains puissent l’appliquer chez eux, a été également adoptée par l’Union Européenne. Des projets innovateurs tel que la mise en réseau des universités africaines et européennes sont actuellement à l’étude.

Les officielsL’ambition affichée de ce forum, deuxième du genre, est de permettre aux gouvernements africains d’aller vers une « gouvernance électronique ». Un concept qui consiste à minimiser l’utilisation du papier et autres supports physiques dans l’administration. Il s’agira de favoriser l’utilisation des fichiers électroniques et de permettre aux différents citoyens de pouvoir utiliser des pièces d’état civil électronique et de pouvoir remplir par exemple leurs feuilles d’impôts à distance, voire même les payer sans avoir à se déplacer dans les guichets.

Le gouvernement électronique, selon Simon Compaoré, maire de la ville d’Ouagadougou qui a prononcé le discours de bienvenue aux participants dans sa ville, permettra de préserver l’environnement. D’une part, parce qu’en utilisant moins de papiers on lutte contre la coupe abusive du bois, et d’autre part parce qu’en évitant les déplacements l’on diminue la pollution par le gaz d’échappement.

Selon le président Blaise Compaoré qui a prononcé le discours d’ouverture, le Burkina Faso a pris conscience de cette importance des Technologies modernes de communication, pour le développement de notre pays. De ce fait, le Burkina a mis en place une cyber stratégie nationale afin d’aider à la bonne gouvernance. Cette cyber stratégie comprend la mise en place d’une épine dorsale de fibre optique dans chaque chef lieu de commune, permettant l’atteinte à une large bande passante. La cyber stratégie nationale, ambitionne également la mise en place d’une cyber législation, d’un partenariat avec le secteur privé et de plans d’actions sectoriels.

La République Démocratique du Congo a été représentée à ces travaux par Messieurs Alphonse Ntita, Conseiller chargé des NTIC au Ministère des Poste, Téléphone et Communication, Eugène Bola Moke, Directeur de la Chaîne de la dépense publique et Didier SALAKIAKU.
Didier SALAKIAKU

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BONNE GOUVERNANCE

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 août 2008

Si la Banque a pour mission première de contribuer au développement économique et au progrès social des PMR, elle n’en est pas moins consciente qu’elle ne saurait atteindre ses objectifs sans l’institutionnalisation de la bonne gouvernance à travers le continent. Pour faire reculer la pauvreté et accélérer la croissance en l’inscrivant dans la durée, la Banque doit faire prospérer la bonne gouvernance en son sein et dans les pays où elle intervient. C’est dans cette optique qu’elle a amorcé, en 1995, un processus évolutif de réforme interne visant à maximiser à la fois la transparence de ses opérations et leur impact sur le développement. La Politique de diffusion de l’information est conforme à cette approche.

Au fil des ans, la Banque a également affiné son approche des questions de gouvernance dans les PMR. Parmi ces questions, celles qui revêtent un intérêt particulier comprennent les suivantes :

* Veiller à l’obligation de rendre des comptes de la part des organismes et des responsables publics à travers des processus transparents et formels d’établissement de rapports ;
* Favoriser la transparence, budgétaire notamment, à tous les niveaux de l’État et de l’administration publique ;
* Lutter contre la corruption ;
* Encourager une plus grande participation et liberté d’expression et d’association afin de permettre aux bénéficiaires des programmes publics de participer efficacement à la détermination et à la satisfaction de leurs besoins ;
* Faire régner une justice objective et efficiente ; et
* Accroître l’efficience dans les institutions publiques et privées en renforçant les capacités techniques et de gestion.

Pour donner une traduction opérationnelle à son programme d’action en matière de bonne gouvernance, la Banque est guidée par les capacités institutionnelles du ¨PMR concerné et sa situation sociale et politique. L’objectif dans chaque cas étant de contribuer à l’instauration d’un environnement propice, compte tenu de tous les facteurs économiques et non économiques, des effets de la mauvaise gouvernance sur les performances au plan du développement, de l’impératif pour le pays de s’approprier les programmes et politiques de développement, et de l’attachement à un partenariat efficace entre les pouvoirs publics, le secteur privé, la société civile et la communauté internationale de développement dans la mise en œuvre d’initiatives et d’actions dans le domaine de la gouvernance.

La Politique en matière de bonne gouvernance de la Banque et ses Directives de mise en œuvre, adoptées par le Conseil en 1999 et 2001 respectivement, orientent toutes les interventions de la Banque visant à s’attaquer aux problèmes auxquels les PMR font face. La Banque reconnaît la complexité de la notion de gouvernance et le caractère intimement lié de ses différentes composantes. Sur cette toile de fond, la Banque est également consciente de la nécessité d’une approche plus différenciée entre les pays. La bonne gouvernance demeure un des principaux critères d’allocation de ressources du FAD fondée sur la performance, étant entendu que les pays mieux notés au plan de la gouvernance se voient attribuer davantage de ressources.

Dans le contexte des opérations de la Banque, la bonne gouvernance relève de la catégorie « multisectorielle », au même titre que la gestion du secteur public (y compris les programmes d’ajustement structurel et les opérations d’allégement de la dette), le développement du secteur privé, la lutte contre la corruption, l’appui institutionnel, l’appui à la balance des paiements, etc. En 2004, les approbations en faveur des opérations multisectorielles se sont élevées à 450 millions d’UC, soit 26% de l’ensemble des approbations. Sur ce total, il y a eu 12 programmes et projets liés à la gouvernance pour un montant de 93,7 millions d’UC, soit 20,8% du total des approbations pour le multisecteur.

Au cours de l’année, la Banque a mené dans le sous-secteur de la gouvernance, d’autres activités centrées sur les aspects suivants : préparation et révision de politiques et directives opérationnelles ; études économiques et sectorielles et autres activités d’appui aux opérations ; participation à des ateliers de formation, séminaires et conférences ; et autres activités réalisées en collaboration avec des partenaires.

Politiques, directives et études du Groupe de la Banque relatives à la bonne gouvernance

En mars 2004, le Conseil a approuvé les Directives pour la prévention et la lutte contre la fraude et la corruption dans les opérations de la Banque. Ce document identifie les domaines dans lesquels la corruption peut survenir et la manière dont elle peut se produire dans les opérations de la Banque, et définit des normes et des procédures quant à la manière dont le personnel de la Banque et les employés en chargé des activités appuyées par celle-ci devraient réagir face à des cas de corruption et de fraude. Entamé en 2003, le travail concernant les Directives pour les prêts à l’appui de réformes en matière de gouvernance (PARG) a été achevé et le document approuvé par le Conseil en avril 2004. Ces directives consolident la prise en compte de la gouvernance dans les opérations, et guident l’identification, la préparation et l’évaluation des PARG conformément au processus normal de revue du Groupe de la Banque, et le suivi de leur exécution en partenariat avec le PMR bénéficiaire.

Dans le cadre du processus de mise en œuvre des pratiques en matière de bonne gouvernance, la Conseil d’administration de la Banque a approuvé en 2000 les Principes directeurs pour l’analyse et la gestion financières des projets. En 2004, la revue et la mise à jour de ce document ont commencé. Une fois ce travail achevé, le document deviendra un outil essentiel qui améliorera l’efficience des activités tendant à renforcer la contribution de la Banque aux efforts de lutte contre la pauvreté déployés par les PMR.

En 2004, trois études ont été lancées sur les thèmes suivants : Renforcement de l’efficacité dans l’administration douanière, Prestation de services au niveau local et résultats favorables aux pauvres, et Renforcement des capacités pour la bonne gouvernance. On s’attend à ce que les résultats de ces études viennent éclairer la programmation de la Banque et ses activités opérationnelles. Le travail se poursuit également sur un document de conception relatif à la décentralisation, qui vise les objectifs suivants : i) définir les modalités et une stratégie pour le travail de programmation dans le domaine de la décentralisation et des administrations locales et ii) renforcer l’efficience des institutions publiques décentralisées et locales favorables aux pauvres, et leur aptitude à assurer des services de base.

De même, dans le cadre de ses études économiques et sectorielles, le département des politiques et de la revue des opérations a fourni un appui aux opérations pour l’élaboration de profils pays pour la gouvernance (PPG). Le PPG est un outil de diagnostic utilisé pour identifier les principales faiblesses structurelles et institutionnelles et engager un dialogue participatif avec les gouvernements des PMR. Il permet d’évaluer les risques auxquels sont exposés les financements de la Banque et étayer le dialogue sur les réformes axées sur la gouvernance et les programmes de renforcement des capacités. En 2004, des fonctionnaires de la Banque ont pris part à l’élaboration de PPG pour le Bénin, le Cameroun, le Kenya, le Malawi, la Mauritanie, le Sénégal, le Swaziland et le Tchad.

Collaboration en matière de gouvernance

La Banque collabore avec la Banque mondiale à la réalisation d’évaluations de la responsabilité financière des pays (CFAA) afin de déterminer dans quelle mesure les pratiques de gestion financière des PMR sont conformes aux normes internationalement admises. Les CFAA sont également utilisées pour recommander des mesures correctives lorsque des insuffisances ont été constatées. En 2004, la Banque a effectué des CFAA conjointes avec la Banque mondiale en Ouganda et au Tchad.

En mai 2004, la Banque a collaboré avec le Centre pour le gouvernement d’entreprise en Afrique pour dispenser un programme de formation résidentiel sur le gouvernement d’entreprise à l’intention des administrateurs et des présidents-directeurs généraux de sociétés d’État de pays de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe. Un programme de formation analogue s’est tenu en octobre 2004 à Dakar (Sénégal) à l’intention de dirigeants de sociétés d’État de 11 pays francophones. Pendant l’année, la Banque a continué de soutenir le Comité secteur public de la Fédération internationale des comptables. Ses observations ont été intégrées à la nouvelle norme sur la comptabilisation de l’aide au développement et de l’aide humanitaire. Si elles sont appliquées, les dispositions de cette norme devraient renforcer la transparence de l’information financière de la part des organismes gouvernementaux.

La Banque a également collaboré avec la CEA et l’UA à l’organisation du quatrième Forum sur le développement de l’Afrique, qui s’est tenu à Addis-Abeba du 11 au 15 octobre 2004. Elle a également été l’hôte, avec la CEA, du Projet Gouvernance en Afrique, dont les résultats ont été présentés au forum dans un document intitulé « Rapport sur la gouvernance en Afrique ». Le forum a réuni plus de 1 000 participants venus des secteurs public et privé et de la société civile, notamment d’importants représentants de gouvernements, et d’organisations régionales et internationales. Actuellement, elle travaille en liaison avec d’autres donateurs à la définition d’une approche commune de l’aide aux institutions d’audit africaines, aux échelons national et régional. Le travail se poursuit également sur la rédaction d’une stratégie de la Banque pour l’appui aux institutions supérieures de contrôle des finances publiques.

La Banque a participé à la réunion organisée en octobre 2004 par le gouvernement kenyan et Transparency International sur le thème « Nouveaux gouvernements et lutte contre la corruption – tenir ses promesses ». La rencontre a enregistré la participation de représentants de haut niveau de 27 pays, ainsi que de la communauté des bailleurs de fonds et de la Banque mondiale. La Banque préside également le Groupe de travail sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. À ce titre, elle a collaboré avec le Département du trésor américain et demeure active dans ce groupe de travail, et des discussions se poursuivent sur l’élaboration d’une stratégie de la Banque sur les initiatives de lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique.

la BAD

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Le CDMA 2000, une technologie hybride défiant la convergence au sein des opérateurs africains

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 août 2008

Avec l’appui financier du Gouvernement chinois, la technologie CDMA 2000 fournie par Huawei et ZTE est tranquillement entrain de se tailler une part de marché, encore minoritaire mais néanmoins intéressante. Elle constitue les premiers signes d’une convergence en Afrique tout en permettant une augmentation du revenu moyen par usager (ARPU) pour la catégorie data. La technologie CDMA n’offre pas seulement une solution de remplacement pour le réseau fixe mais elle est aussi dérangeante sous certains aspects pour les réseaux mobiles basés sur la technologie GSM. Face à la technologie WiMAX et l’arrivée prochaine du LTE (Long Term Evolution) offrant des modèles commerciaux alternatifs, Russell Southwood s’interroge sur la pérennité de cette percée.

Au départ les vendeurs chinois se sont concentrés sur les opérateurs historiques dans des situations financières exangues : leurs réseaux fixes étaient en mauvais état et ils manquaient de capitaux pour les remettre à neuf. Huawei et ZTE leurs ont fait des offres qu’ils leurs étaient difficiles de refuser : nous vous offrons cette technologie sans fil qui n’a pas vraiment été testée en conjonction avec des prêts et des rabais sur les prix d’installation.

Après le déploiement de la technologie, les résultats initiaux n’ont pas été à la hauteur de ceux achevés par la téléphonie mobile mais ils ont néanmoins montré que la technologie avait la capacité d’attirer des clients. Les services voix et data offerts par cette technologie ont permis aux opérateurs historiques d’arrêter de perdre du terrain. Il y a certes eu des problèmes techniques au départ, en particulier pour les services data mais ceux-ci ont été résolus dans beaucoup de cas avec l’acquisition progressive de l’expérience nécessaire pour assurer la gestion de réseaux voix et données. Dans des marchés plus concurrentiels comme le Kenya et le Nigéria, les opérateurs alternatifs ont commencé à capturer une part de marché, encore modeste mais prometteuse.

Parmi les plus grands opérateurs historiques, le nombre d’abonnés a atteint un niveau acceptable (en particulier pour les opérateurs historiques et les autres opérateurs de téléphnonie fixe ne disposant pas de licence pour la téléphonie mobile) et cette technologie leur a permis d’intégrer le facteur de la mobilité pour concurrencer les opérateurs mobiles dominants avec des prix plus bas et des services d’accès à l’Internet. De nouveaux défis sont ainsi apparus. Pour des opérateurs innovants, la technologie ne présentait pas de barrières au développement d’un marché en gros ou au détails pour les fournisseurs d’accès à l’Internet (FAI).

Un nombre d’exemples provenant de differents pays permet d’illustrer comment la technologie s’est établie:

Telecom Namibia a utilisé cette technologie pour lancer son service dénommé « Switch » qui offre une mobilité réduite. Très rapidement, l’opérateur mobile MTC et son concurrent, PowerCom (CellOne), alors en phase de déploiement, ont commencé une campagne de lobbying auprès du régulateur namibian (Namibian Communications Commission) pour réduire la bande de fréquence du service « Switch » limitant ainsi sa couverture.

Des opérateurs historiques dominants en Afrique se sont ainsi retrouvés dans une position singulière où ils ont été les acteurs introduisant une nouvelle technologique. Il est difficile d’entrevoir comment cette technologie peut être interdite alors qu’elle verouille les combinés à une cellule donnée tout en offrant une couverture comfortable. Au début de 2008, le gouvernement de Namibie a repoussé tous les questions à ce sujet en créant un comité chargé d’étudier ce problème. A ce jour, le comité ne s’est pas encore manifesté publiquement…

Avant son rachat récent par la société Lap Green, l’ancien opérateur historique Rwandatel avait lancé un service similaire basé sur la technologie CDMA 2000. Très rapidement les conducteurs de taxi dans Kigali ont commencé à installer des combinés sur le tableau de bord de leur taxis. Comme d’autres opérateurs, Rwandatel a ensuite introduit l’EVDO qui délivre rarement jusqu’à 2.4mbps de bande passante mais qui a permis d’offrir des services Internet bien plus rapides que ceux dont la plupart des Africains avaient l’habitude.

Au Mozambique, l’opérateur historique TDM a essayé Huawei et ZTE. Cette dernière a réalisé l’installation dans les provinces du Nord tandis que Huawei s’est chargé de la capitale et des provinces du Sud. Les revenus tirés des services data dans les régions non couvertes par les autres opérateurs se sont montrés très prometteurs.

Il y a deux ans, la Camtel au Cameroun comptait 165,000 lignes fixes en service. L’opérateur historique a lancé son service CTPhone basé sur la technologie CDMA. Le produit a été officiellement décrit comme une solution fixe avec une mobilité allant jusqu’à 40km avec une gamme de téléphones fixes et mobiles. Après son lancement, Camtel a rapidement compté plus de 28,000 abonnés et compte aujourd’hui plus de 150,000 lignes. Si ce dernier chiffre est comparé au nombre de lignes fixes tradionnelles, il s’agit bien d’un gain net. A nouveau, le déployement a été entièrement financé par le gouvernement chinois et Camtel envisage cette solution comme une transition vers l’obtention d’une troisième licence de téléphonie mobile.

L’introduction d’un service de téléphonie mobile ne signifie pas nécessairement la mort du service CDMA. Telkom Kenya qui avait introduit un service similaire à celui de Camtel, a fait tout ce qui lui était possible pour reculer les limitations de son service avant de recevoir une licence mobile au moment de sa privatisation. Un appel national à partir de son service CDMA coûte KS5.5 et sa facturation est comparable à celle pratiquée par les opérateurs mobiles. Des estimations avancent un chiffre de 400,000 abonnés et Telkom Kenya compte bien continuer ce service.

Il y a deux explications possibles à cette position : d’abord, Telkom Kenya doit bien continuer à repayer son prêt et par conséquent pourquoi ne pas continuer à bénéficier des revenus générés par ce service ; ensuite cette technologie hybride moins chère que la téléphonie mobile mais pas aussi mobile offre un service à un moindre coût qui constitue un marché niche au moyen terme.

Avec un moindre succès, les opérateusr alternatif kenyans Flashcom et Popote ont attiré entre eux deux 10,000 abonnés générant à nouveau plus de revenus pour les services data que pour les services voix. En 2007, 80% du chiffre d’affaire de Popote était issu des services data.

Même dans les pays les moins prometteurs, cette technologie a toujours eu quelque chose à offrir et le Tchad est certainement un exmple difficile à battre. En 2006, Sotelchad avait 13,000 lignes fixes en service. En utilisant des équipements CDMA 2000 fournis par ZTE, l’opérateur a lancé un service fixe à mobilité réduite sous le label « Tawali ». L’opérateur envisage maintenant de faire un investissement de 24 millions de dollars US financé par un prêt pour étendre sa couverture. La phase pilote a été conduite à Ndjamena et s’est traduite par 4,000 abonnements dont plus de 50% sont des utilisateurs des services data. La seconde phase du projet comprend l’installation de 15 stations de base supplémentaires dans Ndjamena et 57 dans les principales villes du pays.

Le prix pour l’entreprise la plus innovante avec la technologie CDMA 2000 revient à la société ghananéenne Kasapa qui est le seul opérateur CDMA avec une position minoritaire dans le segment des télécoms. L’entreprise s’est concentrée sur la vente en gros de ses services à des FAIs qui à leur tour revendent les services aux utilisateurs finaux. Avec une couverture dans sept des dix provinces du pays, le service de Kasapa permet aux plus petits FAIs d’offrir des services à des prix comparables à ceux de l’opérateur historique Ghana Telecom. Un tiers de chiffre d’affaires revient aux FAIs. Kasapa envisage d’introduire l’EVDO avant la fin de cette année ou au début de l’année 2009.

Le problème avec la technologie CDMA 2000, c’est de maintenir sa position dans un marché Internet qui pousse à plus de bande passante en utilisant d’autres technologies. Même Telecom Namibia a pris un peu de recul en commandant des équipements WiMAX d’Alvarion en février 2007 pour accroitre la capacité de son réseau local et pour fournir des services voix et de l’Internet haut-débit.

Les opérateurs mobiles sont entrain de tester des solutions WiMAX, en particuliers MTN dans trois pays différents. La norme 802.16e est maintenant en place pour le WiMAX mobile. Il ne faudra donc pas bien longtemps avant que quelqu’un n’essaye d’en faire une activité commerciale et l’Afrique est un bon endroit pour commencer. Il n’y a peu de temps encore que Huawei n’avait pas d’offre WiMAX. Maintenant la société offre deux produits : sa station de base 3707 et une passerelle haut-débit sans fil WASN 9770.

Les sociétés en phase de lancement d’offres triples et de services mobile de TV sont constamment entrain d’améliorer les capacités techniques de leurs réseaux. Les architectures des réseaus GSM avec des bandes étroites n’ont pas été dessinées pour supporter les volumes de services data qui sont envisagés à l’heure actuelle. La technologie CDMA 2000 ne présente pas une évolution de son architecture qui prendrait en compte le futur du secteur médiatique en Afrique.

Mais les avancées technologiques sont rapides et le WiMAX lui-même sera peut être dépassé par le LTE dont la norme actuelle a le label 3GPP version 8 et est considéré comme de la 4G capable dans un futur pas trop lointoin de réduire la voix et les données à des octets.

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Choisir l’avenir, bâtir l’indépendance

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 août 2008

Par Kä Mana

Plus je réfléchis sur l’indépendance qui a été octroyée au Congo par la Belgique en 1960, plus il me devient clair qu’elle n’a pas à être considérée comme un repère majeur à célébrer dans la vie de notre nation. J’ai acquis la conviction qu’il n’est pas nécessaire d’en perpétuer la mémoire de manière positive ni d’en revitaliser avec joie le contenu devant les tâches qui s’imposent à notre pays maintenant.

Nous le savons tous et toutes : cette indépendance n’en a pas été une, ni du côté de la Belgique, qui n’a jamais cru en un transfert global de destin aux Congolais, ni du côté des Congolais, qui n’ont jamais réfléchi profondément à ce qu’être indépendants devait signifier pour nous.

S’il y a un quelconque sens à donner aujourd’hui à la journée du 30 juin 1960, il consiste à mettre en lumière le marché ambigu et faux que l’autodétermination politique du Congo fut dès le début de la première République. Il consiste aussi à penser radicalement les conditions d’une indépendance réelle pour nous maintenant. Il consiste enfin à poser les bases d’une nouvelle société à bâtir, à partir des leçons que nous devons tirer de notre expérience malheureuse de près de cinquante ans de pseudo-autonomie globale.

En fait, toute notre réflexion devrait nous conduire à prendre conscience du fait que notre indépendance est devant nous et non derrière nous. Elle est en nous non pas comme un don reçu ou une victoire arrachée il y a quelques décennies, mais comme une exigence indestructible à assumer maintenant, un projet vital à accomplir face à l’avenir, dans un contexte mondial dont nous devons maîtriser les arcanes pour ne pas continuer à célébrer chaque année la coquille vide du 30 juin 1960.

UN LEURRE FUNESTE POUR NOTRE PAYS

Il est frappant de constater que l’indépendance qui nous fut octroyée ce jour-là a été pensée et célébrée en termes essentiellement politico-politiciens, ou plus exactement, dans un jeu de dribles dont les cérémonies mêmes de célébration de notre autodétermination ont manifesté l’ambiguïté et la fausseté.

Ce fameux jour de notre libération, le Roi des Belges, Baudouin I, fit un discours d’une effarante incongruité : il présenta l’indépendance du Congo comme l’aboutissement d’un long processus de civilisation lancé par son valeureux ancêtre Léopold II, pour le bien des Congolais. Il magnifia l’œuvre civilisatrice de la Belgique dont il tirait gloire. Il prétendit, avec l’inauguration de notre indépendance, ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre la Belgique et notre nouvelle République, pour le grand bonheur de nos deux peuples.

Pour qui pouvait savoir lire entre les lignes des euphémismes diplomatiques du Souverain belge, une telle falsification de l’histoire ne pouvait être qu’un discours à double sens. Il visait, en un premier sens, à apaiser l’inquiétude des Belges en leur disant que la nouvelle période qui commençait ne serait pas différente de la précédente, dans la mesure où la grande œuvre civilisatrice continuerait selon les mêmes rapports des forces. En un deuxième sens, il s’agissait d’endormir quelque peu les Congolais en leur faisant comprendre que leurs colonisateurs ne leur voulaient que du bien, pour le meilleur des destins possibles.

A ce mensonge, le premier président du Congo indépendant, Joseph Kasavubu, répondit par un mensonge plus monumental encore : il fit semblant de faire la même lecture de l’histoire congolaise que le Souverain belge. Il fit semblant de voir le présent et l’avenir sous les mêmes auspices et de vouloir s’inscrire dans les mêmes horizons d’une vie paisible entre le Congo et le Royaume de Belgique. Il obéissait ainsi aux règles d’une diplomatie où les mots doivent demeurer ambigus et garder une aura feutrée qui ne choque personne, surtout pas un hôte de marque comme l’était Baudouin I ce jour-là.

Patrice Emery Lumumba crut jouer le jeu de la vérité en présentant l’indépendance comme l’aboutissement d’une haute et grandiose lutte, le fruit de l’héroïsme du glorieux peuple congolais. Il pensait ainsi l’autodétermination de notre peuple sous le modèle de quelque chose qui s’arrache, et beaucoup moins comme une réalité qui se construit selon une durée déterminée par l’avenir, dans une volonté ferme de se confronter résolument à des tâches où la politique en tant qu’action pour la liberté n’aurait de sens que si elle est adossée aux exigences de ce que Hannah Arendt appelle le travail et l’œuvre. C’est-à-dire la capacité de répondre par soi-même et pour soi-même aux besoins primaires de la vie (se nourrir, se vêtir, se loger, éduquer ses enfants) et l’ardeur de construire un monde qui dure, une culture et une civilisation dont les réalisations dépassent la simple durée de la vie humaine. En ne comprenant pas que travail, œuvre et action se rythmaient ensemble, Lumumba montra sa cécité politique et l’incapacité, qui le caractérisa tout au long des mois suivants, de comprendre que la cérémonie du 30 juin n’était qu’un vaste théâtre tragi-comique. Plus tragique que comique d’ailleurs, dans la mesure où s’y cachaient plus que ne s’y révélaient des contre-sens dont nous ne sommes pas encore sortis : nous célébrions une indépendance sans disposer de réelles capacités d’indépendance ; nous solennisions une libertés sans disposer de bases mêmes de la liberté ; nous nous attachions à l’ombre pendant que la proie nous échappait. Pour avoir manqué l’intelligence capable de saisir ces réalités et de déceler les vraies intentions de la Belgique dans le monde tel qu’il fonctionnait en 1960, Lumumba s’offrit à l’immolation sur l’autel des intérêts occidentaux, poussant ainsi les Belges et ses alliés à ajouter à la falsification de l’histoire un crime abominable qui hante, aujourd’hui encore, toute la mémoire congolaise et toute la conscience de l’humanité : l’ignoble assassinat du premier ministre congolais et de ses compagnons, Okito et Mpolo.

Les élites congolaises de cette époque, les fameux « évolués », qui n’étaient dans l’ensemble que des petites « fabrications » des colons pour des tâches subalternes, voyaient dans l’indépendance l’occasion de remplacer leurs « maîtres et seigneurs » : d’habiter leurs maisons, de chausser leurs bottes, de manger leurs mets, de boire leurs boissons, de rouler dans leurs voitures, d’imiter leurs manières, de jouir des mêmes avantages qu’eux et de bénéficier eux-mêmes du statut de « maîtres et seigneurs » face aux populations.

Quant au peuple congolais dans son ensemble, il chantait et dansait l’indépendance dans un contre-sens abyssal : il ne savait pas de quoi il s’agissait, il croyait entrer dans l’ère nouvelle de l’insouciance, de la farniente jubilatoire et de la vie éternellement jouissive, avec des princes prestidigitateurs noirs qui transformeraient la terre congolaise en un Eden éblouissant.

Le malentendu était donc total entre les protagonistes du 30 juin 1960. Entre le double langage du Roi belge, la roublardise du président congolais, la naïveté d’un premier ministre imprudent, l’étourderie des « évolué » impatients et la liesse béate d’un peuple complètement inconscient de ce qui se passait sous ses yeux, le dialogue qui se tissait était pire qu’un dialogue des sourds : c’était un marché des dupes, une séance d’abracadabras voudouvoudouesques.

Quel nom peut-on donner à une indépendance obtenue dans ces conditions ? Un leurre. Un leurre piteux et pitoyable, dont les Belges surent tirer les ficelles en vidant notre autodétermination politique de tout contenu, de toute substance, de tous sens.

Parce qu’ils avaient bel et bien entendu le discours de leur souverain, ils savaient qu’ils venaient de nous « fourguer » une coquille vide. Ils savaient surtout que nous n’avions ni les moyens militaires, ni les forces intellectuelles, ni la maîtrise économique et administrative nécessaire à la gestion d’un Etat moderne. Ils savaient que nous venions d’entrer dans l’ère de la néo-colonisation. Et ils mirent tout en œuvre pour que cette ère leur soit bénéfique : ils divisèrent nos leaders, ils assassinèrent ceux qui voulaient l’indépendance réelle et ils inventèrent Mobutu, le symbole de la nouvelle ère de dictature de plomb dont nous allions souffrir trois décennies durant. Ils bénéficiaient pour cela d’un atout de taille . l’Occident dans son ensemble, dans le contexte d’une guerre froide où notre pays représentait un enjeu géostratégique de première importance. C’est ainsi que de l’indépendance, nous n’eûmes que le nom. Le nom, et rien d’autre qui aurait pu nous donner à vivre notre vie nationale sous d’autres auspices que ceux de la domination coloniale sous la férule d’un nouveau « roi nègre », le démoniaque génie de Gbadolite.

LE PROJET QUI FUT DETRUIT

Ne croyez pas que nous fûmes tous dupes. Certains parmi les acteurs sociopolitiques de ce temps-là ont eu l’idée exacte de ce dont il s’agissait dans l’enjeu de l’indépendance et qui fut trahi dès le 30 Juin 1960. Je pense particulièrement à ceux qui composèrent notre hymne nationale. Il y a dans cette hymne un vrai projet de nouvelle société, placé sous le mot d’ordre : «Debout congolais !».

Se mettre debout, «dresser nos fronts longtemps courbés», prendre «le plus bel élan dans la paix», peupler « notre sol » et assurer « sa grandeur », c’est de cela qu’il s’agissait, et nous n’avons réalisé rien de tel depuis ce 30 juin du « beau soleil », ce « jour sacré de l’immortel serment de liberté » que nous étions censés léguer « à notre postérité pour toujours ». Nous n’avons pas compris que nous étions « unis par le sort » non pas pour une fiction de liberté dans le contexte néo-colonial où les Belges et les Occidentaux nous mèneraient constamment en bateau, mais pour bander nos forces créatrices « dans l’effort pour l’indépendance ». Elle est capitale, cette expression « effort pour l’indépendance ». Aux premières heures de notre volonté d’autodétermination, il nous fallait comprendre qu’il ne s’agissait pas de nous installer dans un quelconque état de béatitude octroyée ou arrachée, mais d’assumer une destinée et de construire un destin, avec ce que cela exige de « labeur » et d’élan « ardent » pour « bâtir un pays plus beau qu’avant ».

Les compositeurs de notre hymne nationale, Boka et Lutumba, nous proposaient ainsi une rupture. En revanche, les Belges nous imposaient une continuité.

Les élites et le peuple choisirent, consciemment ou inconsciemment, de s’inscrire dans la continuité en jouant le jeu de divisions, de sécessions, de tribalismes stupides, de guerres civiles et, au bout de tout, d’acception de la dictature mobutiste comme cadre de notre sort néo-colonial, le tombeau de notre indépendance.

Les valeurs qui devaient être celles d’une véritable liberté, nous n’avons pas pu les forger. Nous n’avons pas pu vivre conformément au projet de notre hymne nationale ni nous donner la force de mesurer constamment notre situation à l’aune de la vision que les plus visionnaires d’entre nous avaient de notre destinée et de notre avenir.

Notre drame a été de n’être pas entrés véritablement dans ce projet et de n’avoir pas pu en incarner les exigences. Mais le pouvions-nous ?

CONDITIONS POUR UN DESTIN D’INDEPENDANCE

Je ne crois pas que nous le pouvions. Pour être à la hauteur d’un tel idéal, il fallait situer le problème de l’indépendance au niveau le plus fondamental : celui de notre être même. Là, et non seulement à l’échelle de la « politicaillerie » indépendantiste où n’était engagé aucun effort de pensée sur ce que nous sommes réellement dans nos rapports avec nos colonisateurs devenus nos néo-colonisateurs.

Quand je me situe à cette échelle du fondamental, je comprends que le problème de l’échec de notre projet d’indépendance réside principalement dans nos systèmes de désir. Elites comme peuple, nous avons été pris dans un mimétisme du désir qui nous poussait à être et à vivre selon le mode de vie de ceux-là mêmes qui étaient nos « maîtres et seigneurs ». Il y avait en nous comme un envoûtement qui nous poussait à nous inscrire dans la perspective de faire de la Belgique notre modèle, et de l’Occident, notre guide, dans nos modes de vie. C’est à ce niveau que les Belges nous ont dominés et ont vidé notre indépendance de son ressort. A partir du moment où l’aspiration la plus profonde du Congolais était d’être comme le Belge et de rassembler à l’homme d’Occident, c’est de l’intérieur que nous étions piégés : la Belgique et l’Occident ne pouvaient pas sortir de nous ni partir de nos têtes. Nous étions comme des esclaves singeant leur maître, intériorisant ses valeurs et prenant ses normes comme la seule voie d’humanité. Pour un tel esclave, la liberté ne peut avoir aucun sens. Le Belge, l’Occidental, savait cela : il avait toujours en mémoire l’expérience des « évolués » qui étaient fiers d’avoir rompu avec les milieux coutumiers, d’avoir accédé au monde du Blanc dans une comédie de style « peau noire masques blancs », ce jeu dramatique où Franz Fanon voyait clairement comment l’aliénation anthropologique du nègre empêchait toute libération en profondeur. Il suffisait de continuer l’expérience en créant une nouvelle classe des maîtres noirs du Congo pour que le tour soit joué et la présence européenne en RDC assurée pour de longues décennies encore.

L’école néo-coloniale servit à cela. Les élites et le peuple y virent un moyen d’ascension sociale et le vivier où grandiraient des esprits brillamment aliénés et extravertis, qui allaient servir pour longtemps les intérêts des Blancs. L’astuce fut de mettre toutes les élites formées dans l’école occidentale entre les griffes d’une dictature brutale capable de les corrompre et de les dominer pour qu’il n’y ait pas d’indépendance du tout.

Je n’ai pas d’autre justification du régime de Mobutu que celle de cet ordre néo-colonial qui se nourrit du système d’aliénation et d’extraversion du peuple et des élites, pour mieux exploiter un pays fabuleusement riche. A partir du moment où un tel régime a pu s’imposer à nos esprits et mettre sur pied des mécanismes de coercition qui ne rendaient aucune véritable initiative de libération possible ; à partir du moment où les maîtres noirs du système local ont adopté le mode d’être du colonisateur et ont considéré son mode de vie et son système de l’argent comme le centre de tout ; à partir du moment où le peuple a intériorisé ce modèle et s’est laissé corrompre dans son être, l’indépendance n’avait aucun sens comme volonté d’être et de vivre par soi-même, de répondre soi-même aux problèmes que l’on affronte en puisant dans ses propres ressources intellectuelles, éthiques et spirituelles de quoi assurer la grandeur de son propre pays et son rayonnement dans le monde.

De Mobutu à la troisième République, nous sommes dans cette aliénation et dans cette extraversion de notre système du désir. Il suffit de voir comment la nouvelle classe politique, issue de l’invasion du pays par le Rwanda et l’Ouganda, s’est empressée de s’enrichir et de vivre à l’occidentale, pour savoir que c’est notre être même qui est pourri et qui est le vrai obstacle à notre indépendance. Aujourd’hui, du sommet de l’Etat à toutes les instances de nos institutions, l’enrichissement rapide et l’ostentation dans l’opulence sont devenus les symboles de la réussite. En le devenant, ils indiquent que nous sommes dans le système du profit individualiste et égoïste par lequel l’ordre néo-colonial a fabriqué des êtres sans solidité ni capacité d’être eux-mêmes parce qu’ils ne peuvent vivre qu’avec « l’argent des Blancs » qu’ils volent, détournent et dilapident en sacrifiant leur propre peuple. Ce peuple malheureux qu’ils ont hypnotisé en faisant miroiter devant lui les richesses d’une modernité sans solidarité.

L’aliénation et l’extraversion de nos désir impriment ainsi un type de mentalité et sécrètent une forme spécifique d’imaginaire : celui d’esclaves et de zombies. J’entends par là des hommes qui ne peuvent plus ni penser par eux-mêmes, ni agir par eux-mêmes, ni imaginer leur avenir par eux-mêmes. Mobutu, qui en était le prototype parfait les désigner par des expressions qu’il maniait avec dextérité sans jamais avoir le courage de se les appliquer à lui-même : des êtres ayant une « âme d’emprunt », qui parlent un « langage d’emprunt » et vivent, en fait, une « vie d’emprunt ». Une telle « personnalité d’emprunt », souvent caricaturale dans ses singeries, ne peut mener qu’une « politique d’emprunt » qui livre le pays aux intérêts américains et européens.

Quand c’est toute une société qui est atteinte de cette pathologie de « l’être d’emprunt », il n’y a pas d’autre expression pour désigner cette société que l’expression de « société imbécile ». Une société de moutons de panurge, qui ne sait ni s’organiser pour être libre, ni compter sur ses propres jambes pour se mettre debout, ni se donner des repères propres pour avancer, ni s’adosser sur ses propres normes pour affronter l’avenir. Une telle société ne peut qu’en arriver, comme le Zaïre de Mobutu, à « jouir » de la dictature en dansant pour le dictateur. Elle en arrive à mettre complètement sa foi et son espérance en lui, à l’aimer et à lui faire confiance quand celui-ci prétend la conduire au développement conçu comme l’appropriation du monde de vie du néo-colonisateur. C’est quand le dictateur, dans ses bouffonneries et ses mégalomanies délirantes ainsi que par sa politique erratique, conduit le pays à la faillite, que le peuple comprend enfin qu’il ne peut pas y avoir de développement en situation néo-coloniale, que développement rime avec liberté créatrice et avec organisation des énergies inventives, dans le cadre d’un projet d’indépendance qui vise l’être même de chaque citoyen, l’état mental de la société et la volonté de toute la nation pour sortir du système de néo-colonisation mentale et de ses chaînes socio-politico-économiques.

J’avais pensé que l’effondrement du pays sous le mobutisme nous avait ouvert les yeux sur ces réalités et qu’il pouvait nous servir de point de repère en vue d’imaginer une indépendance réelle pour notre pays. Lorsque j’ai vu comment le même système a repris le poil de la bête avec les nouvelles élites kabilistes, j’ai vite déchanté et j’ai orienté ma pensée vers la recherche de nouveaux ancrages capables de faire comprendre à toute notre nation que nous sommes devenus une société imbécile et qu’il faut maintenant, si nous voulons une vraie indépendance, lutter contre cette imbécillité.

En quoi consiste une telle lutte ? A poser les conditions d’une reconversion de nos désirs, d’une réorientation de notre imaginaire et d’une nouvelle organisation de nos institutions sociales et politiques en vue d’une libération profonde de nos énergies créatrices et inventives, loin de la coercition néo-coloniale.

La conversion de nos désirs. Il s’agit d’une dynamique de re-centralisation du sens de ce que nous voulons être sur nos capacités intérieures à répondre vigoureusement aux besoins liés aux trois pôles de la vie dégagées par Hannah Arendt : le travail pour répondre aux besoins primaires, l’œuvre pour construire une civilisation congolaise fondées sur des infrastructures, des institutions et des organisations qui durent et s’imposent comme nos créations où se manifestent notre génie, et l’action en tant qu’exercice de notre liberté comme personne et comme peuple. Personne et peuple qu’aucune personne ni aucun peuple ne peuvent dominer, soumettre, asservir ou manipuler de quelque manière que ce soit.

Perçue sous cet angle, notre indépendance est encore devant nous. Elle est à bâtir avec des personnalités complètement désaliénées, dont les référentiels mentaux et les dynamiques de l’imaginaire structurent l’ambition d’inventer un Congo d’engagement pour transformer notre société de fond en comble, grâce à des stratégies d’une révolution communautaire qui serait aux antipodes des diktats d’une mondialisation néo-libérale aujourd’hui triomphante non pas seulement dans le système profond de nos désirs, mais dans nos mentalité en tant qu’elles sont fragiles et impuissantes, extraverties et dominées : les mentalités d’hommes et des femmes dont le destin dépend des décisions des autres, particulièrement des « seigneurs et maîtres du monde » ainsi que de « petites mains du capitalisme » dont aime parler J.P. Mbelu dans ses analyses de notre situation.

Devenir indépendant, pour le peuple congolais, c’est opérer une révolution mentale de grande ampleur, où nous nous pensons, où nous nous percevons, où nous nous posons et imposons comme des êtres réellement et profondément libres, c’est-à-dire, créateurs de notre propre destinée, inventeurs de notre propre avenir, des Congolais et Congolaises « debout », « unis dans l’effort pour l’indépendance », dressant les « fronts » et prenant « l’élan » nécessaire pour casser les déterminismes et les fatalismes que l’ordre néo-colonial nous a imposés comme principes de mentalités.

De tels Congolais et Congolaises, il faut les engendrer encore, à travers un nouveau système éducatif centrée sur l’éthique de la « grandeur », éthique sans laquelle toutes nos utopies seront vaines et toutes nos espérances dénuées de sens.

L’éducation devient ainsi le moteur de l’indépendance, dans un système de formation humaine qu’il nous faut encore inventer sur la base des convictions fortes pour sortir de la société imbécile qui est la nôtre aujourd’hui : une société irrationnelle, incohérente, désorganisée, désarticulée, mentalement détraquée et paralysée par de multiples impuissances politiques, économiques, sociales, culturelles et spirituelles partout visibles à l’œil nu.

Face à une telle société, l’invention et la promotion d’une personnalité de confiance en nous-mêmes et d’initiatives pour changer les réalités présentes sont les véritables garanties de notre indépendance dans un monde comme celui dans lequel nous vivons. Un monde encore dominé par des compétitions féroces et d’implacables volontés de puissances au sein d’un ordre ultra-libéral qu’il nous faudra apprendre à affronter avec un projet alternatif d’une liberté fertilisée par des solidarités créatives, nos seules chances d’avenir. Cette indépendance-là, elle est encore devant nous comme une immense tâche et comme une grandiose espérance.
CongoOne, Mise en ligne le 27-06-08

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Bureau virtuel : Officity développe une offre dédiée aux PME

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 21 août 2008

Estelle Dumout, publié le 19 août 2008

Technologie – Officity est un bureau virtuel classique qui mise en priorité sur les applications collaboratives et le partage de documents. Mais ses créateurs veulent aussi permettre à leurs utilisateurs professionnels d’y intégrer leus propres modules.

Officity, lancé en 2008, fait partie des nouveaux venus sur le secteur des bureaux virtuels. Créée par la société belge Nectil, cette application se distingue de la plupart de ses concurrents – les Jooce, MyBoo ou encore Wixi -, en ciblant les petites et moyennes entreprises.

« Nous voulons offrir un bureau virtuel standard qui a la particularité d’intégrer des applications sur mesure », explique à ZDNet.fr François Dispaux, le fondateur de la société.

Ainsi Officity propose une interface classique en flash, qui permet de stocker en ligne ses dossiers et de gérer le travail collaboratif, avec diverses applications proposées : un carnet d’adresses, un calendrier, un webmail capable de gérer plusieurs comptes POP, un outil de publication en ligne…

Paradoxalement, il n’y a pas de suite bureautique parmi ces applications : « Nous avons une application de création de documents, en version alpha, mais nous n’avons pas planifié d’équivalent d’Excel ou de Powerpoint », confirme François Dispaux, « car nous souhaitons nous concentrer sur le travail collaboratif ».

Un modèle payant : de 5 à 120 euros par mois

« Mais des clients ont déjà intégré leur propre module type Powerpoint à notre système », précise-t-il. Car la particularité d’Officity est de reposer sur un environnement de développement open source, baptisé Sushee. Cela permet aux utilisateurs professionnels d’y greffer les modules dont ils ont besoin : des applications de gestion de biens immobilers ou de prospection, des modules de facturation ou de création de rendez-vous.

D’ailleurs à partir du mois de septembre, Nectil va se concentrer sur le développement de ce type d’applications professionnelles, pour permettre à ses utilisateurs de personnaliser au maximum leur bureau virtuel.

Le modèle économique de la société repose uniquement sur la facturation de son service : de 5 euros par mois pour une utilisation personnelle d’Officity, avec 1 Go de stockage ; jusqu’à 120 euros par mois pour une utilisation professionnelle, avec des besoins spécifiques.

Nectil revendique pour l’instant une quinzaine de clients, dont SAP ou encore Renault, et entend se développer dans les deux années à venir sur le marché francophone. Avant de s’attaquer ensuite au marché américain.

Par Estelle Dumout, ZDNet France

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OOXML : l’ISO confirme la standardisation du format de Microsoft

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 21 août 2008

La rédaction, publié le 19 août 2008

Office Open XML obtient son statut de norme ISO. Ainsi en ont décidé les deux comités techniques de l’ISO (International Organization for Standardization) et de l’IEC (International Electrotechnical Commission) en rejetant les appels déposés en juillet par quatre pays. Ces derniers mettaient en cause la procédure, jugée précipitée, qui avait permis la normalisation ISO du format de fichier bureautique de Microsoft.

Selon un communiqué de l’ISO, les plaintes n’ont pas reçu la majorité (2/3) des membres des deux comités techniques chargés de les examiner.

OOXML supporté par OpenOffice

OOXML devient la norme ISO/IEC DIS 29500 dont les spécifications complètes devraient être publiées par Microsoft d’ici à la fin de l’année. Elle devrait être intégrée à la prochaine version d’Office dont la date de sortie n’est pas connue. Mais elle n’est pas compatible avec Office 2007.

En revanche, OOXML est supportée par OpenOffice 3.0, la suite bureautique open source éditée par Sun.

Par La rédaction, ZDNet France

http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39382759,00.htm?xtor=EPR-101

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Mangez du poisson, c’est bon pour la tête !

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 20 août 2008

[19 août 2008 - 14:12]

« Mange du poisson, cela rend intelligent ». Ce vieil adage, ressassé à la génération des baby boomers, vient de trouver une résonance scientifique.

Il apparaît en effet, que la consommation régulière de poisson serait associée au ralentissement du déclin cognitif. Elle réduirait aussi le risque d’accident vasculaire cérébral.

Encore ne faut-il pas manger n’importe quel poisson. Préférez le thon, le saumon et les maquereaux. Bref les poissons pélagiques, particulièrement riches en oméga-3. Et bien entendu, évitez de les faire frire. Dans ce cas en effet, ils perdent pratiquement tout intérêt nutritionnel.

Jyrki Virtanen de l’Université de Kuopio en Finlande a analysé le régime alimentaire de 3660 sujets de plus de 65 ans. Puis il a croisé ces données avec des imageries par résonance magnétique (IRM) réalisées sur le cerveau des participants. Il en est ressorti que la consommation de poisson, plus de trois fois par semaine, diminuerait de… 26% la fréquence des lésions cérébrales impliquées dans le développement d’une démence ou la survenue d’un AVC. L’auteur met notamment en évidence « le rôle majeur des oméga 3 ». Ces fameux acides gras poly-insaturés sont réputés protéger le coeur et les vaisseaux. Mais leurs vertus semblent multiples.
Source : Neurology, 4 août 2008
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Tabac : il a vraiment tout faux !

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 20 août 2008

[20 août 2008 - 09:31]

cigarette
Chaque année dans le monde, le tabagisme tue 4,9 millions de personnes, dont un million en Inde et autant en Chine ! Si la tendance actuelle n’est pas inversée, il devrait faire 8 millions de victimes par an à la fin des années 2030… Soit une augmentation de 63%. L’affaire est particulièrement grave. Actif ou passif, le fumeur c’est connu, est exposé à des maladies cardiovasculaires et pulmonaires. Mais surtout à un risque de cancers qui fait froid dans le dos.

Outre le poumon, pas moins de 10 organes ou systèmes d’organes sont menacés de cancer par le tabagisme. Les principales cibles sont : le nez et le pharynx, les reins, la bouche et les lèvres, la vessie, le pancréas, le larynx, l’œsophage et les sinus ! Et chaque jour, de nouvelles études démontrent les méfaits du tabagisme. Saviez-vous par exemple que la cigarette des parents… fait ronfler Bébé ?

D’après une étude britannique, 10% des enfants de moins de 4 ans ronfleraient chaque nuit. Au-delà de l’aspect héréditaire du ronflement, c’est le tabagisme passif qui est avancé pour expliquer ce chiffre élevé.

Par-dessus le marché, figurez-vous que les fumeurs seraient plus paresseux que les non-fumeurs ! Déjà taxés de mal manger, ils seraient en effet particulièrement réfractaires à… l’exercice physique. C’est la conclusion d’un travail on ne peut plus sérieux, mené par une équipe japonaise.

Autre effet délétère sur la santé, le tabagisme perturbe le sommeil. Les fumeurs ont dans un premier temps plus de mal à s’endormir que les non-fumeurs, à cause de l’effet excitant de la nicotine inhalée en fin de journée.

Plus tard dans la nuit, c’est au contraire le manque de nicotine qui pose un problème aux fumeurs, en perturbant leurs phases de sommeil profond. Ces dernières sont en effet raccourcies par rapport à celles des non-fumeurs, à cause cette fois du syndrome de manque provoqué par le sevrage nocturne en nicotine. Et D’une manière générale d’ailleurs, les troubles de l’endormissement et du sommeil profond sont 4 fois plus fréquents chez les fumeurs…

Voilà donc autant d’arguments supplémentaires pour abandonner le tabac… et surtout pour ne jamais tomber dans le piège de la première cigarette.

Dans le cas où vous y seriez déjà tombé, pourquoi ne pas passer à autre chose ? Ce ne serait vraiment pas dommage. Parce qu’arrêter de fumer, ça change la vie !

* Dès les premiers jours et au plus tard en deux semaines, vous allez redécouvrir les odeurs et les saveurs ;
* Dans le mois qui suit l’arrêt, le souffle va vous revenir : vous monterez les escaliers d’un pas nouveau ;
* Après un an, votre risque de maladie coronarienne sera réduit de moitié. Vous devrez toutefois attendre 15 ans pour qu’il redevienne le même que celui d’un non-fumeur de toujours ;
* Les risques de cancer du poumon ou de bronchite chronique, ou d’accident vasculaire cérébral, diminuent régulièrement. Il faut là aussi attendre de 10 à 14 ans pour que les anciens fumeurs se retrouvent au même niveau que les non-fumeurs.

Mais comment s’arrêter de fumer ?

Cette question taraude tout fumeur qui tente un jour de lâcher la clope. En fait, c’est la nicotine qui est responsable de la dépendance. Elle stimule les centres du plaisir et entraîne une dépendance à trois niveaux :

* Dépendance comportementale, avec le réflexe de « tirer » sur la cigarette ;
* Dépendance pharmacologique, la nicotine ayant un effet anxiolytique et antidépresseur. Elle stimule ainsi les fonctions intellectuelles et agit comme un coupe-faim ;
* Dépendance physique enfin, car la privation de nicotine provoque un état de manque terrible qui se traduit par des symptômes à type de dépression, d’irritabilité, d’accès de colère…

Sachez pourtant que malgré tous ses défauts, la nicotine est moins toxique que les goudrons ou les nitrites contenus dans le papier à cigarettes. Voilà pourquoi l’un des meilleurs moyens de cesser de fumer est encore… de consommer de la nicotine sous des formes moins nocives, et aussi moins coûteuses que le tabac.

Les traitements de substitution existent essentiellement sous forme de gommes à mâcher et de timbres transdermiques. Vous les trouverez en pharmacie. Mais il y a aussi des médicaments, qui permettent de se passer du tabac.

Comme le bupropion commercialisé sous le nom de Zyban. Produit par le britannique GSK, c’est un amphétaminique qui offrirait 20% de sevrage à un an. En raison d’accidents parfois graves, l’usage de cet antidépresseur doit tout de même être rigoureusement encadré. Il est ainsi contre-indiqué chez la femme enceinte ou allaitante.

Est également disponible sur le marché, la varenicline. Elle est produite par le laboratoire américain Pfizer, et commercialisée sous des noms différents, Champix ou Chantix. En se liant à des récepteurs cérébraux spécifiques, elle annihile l’effet de la nicotine. Plus d’effet « shoot », donc plus d’envie d’y revenir.

Là encore, des effets indésirables ont été notifiés. A savoir des troubles dépressifs et idées suicidaires chez des patients en cours de sevrage. Renseignez-vous auprès de votre médecin.

Tous ces produits atténuent le manque et constituent des aides efficaces au sevrage. Pour le reste, la volonté d’arrêter doit être forte, c’est indispensable.

En dehors de ces moyens reconnus, le candidat au sevrage peut se reposer sur l’acupuncture et l’homéopathie, seules ou en association. L’hypnose a également ses adeptes et dans certains cas, les thérapies cognitives et comportementales donnent de bons résultats.

Cette approche mène à chercher le pourquoi et le comment de l’intoxication. Il s’agit de déterminer si l’envie de fumer trouve son origine dans le stress, le travail ou la solitude par exemple. Le but est d’apprendre au patient à gérer ces situations. Sur un bon terrain, le résultat peut être probant.

Attention toutefois au retour de bâton lorsque survient une pression imprévue ! Et surtout, ne vous tournez pas vers les cigarettes dites légères ou light. Elles ne sont pas légères du tout, au contraire, même si elles vous tentent et vous rassurent en indiquant sur leurs emballages des teneurs en goudron et en nicotine réduites.

Ces cigarettes vous font croire que vous allez fumer du tabac moins fort et donc moins nocif ! Tests à l’appui, il est depuis longtemps prouvé que ces indications sont trompeuses. A l’aide de machines reproduisant les habitudes des fumeurs, plusieurs études ont démontré que les normes officielles sur lesquelles s’appuient les cigarettiers sont sous-évaluées.

De plus, les fumeurs de légères « tirent » davantage sur leur cigarette. Résultat, ils avalent près de 40 % de fumée en plus ! En moyenne, les légères font absorber trois fois plus de goudron et de nicotine que ce qu’elles affichent sur le paquet. Si vous voulez limiter votre consommation, ne tombez donc pas dans le panneau !
Source : OMS, Institut de Veille sanitaire
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Immigration: quelle vie après le charter Paris-Bamako?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 19 août 2008

Par Agnès Faivre | Journaliste | 19/08/2008 | 11H48

Expulsés par la France, les travailleurs sans-papiers connaissent des retours difficiles au Mali. Reportage.

Manif’ à Bamako contre l’expulsion d’immigrants par la France, en 2006 (Juan Medina/Reuters).

Au théâtre ce soir, des expulsés jouent leur propre rôle. Interpellation, garde à vue, centre de rétention, reconduite à la frontière, escorte, menottes… Sur scène, neuf personnages égrènent ces étapes du retour forcé sous forme de sketches. Nous sommes à Koulikouro, à une cinquantaine de kilomètres de Bamako.

Parce que le retour des Maliens refoulés est synonyme d’échec, ces comédiens d’un soir s’emparent du théâtre populaire, très ancré dans la tradition, pour exposer une autre facette de l’expulsé : celle du travailleur, soumis au durcissement de la politique d’immigration. Dans le public, Ousmane Diarra applaudit:

« Ici on est peu informé sur les lois des pays d’accueil. Beaucoup de familles pensent que leurs enfants sont renvoyés parce qu’ils ont commis des erreurs graves. Arrivés au pays, les expulsés se sentent comme des étrangers. »

Cet ancien travailleur migrant, lorsqu’il a été refoulé d’Angola en 1996, a créé l’Association malienne des expulsés (AME), pour défendre les droits des migrants. Avec une poignée de compatriotes expulsés d’Arabie Saoudite, de Zambie ou de France (« les Saint-Bernard »), ils cherchaient alors à recouvrer leurs biens dans les pays d’accueil. Aujourd’hui l’AME a élargi son champ d’action. Elle propose soutien humanitaire et permanence juridique aux nouveaux arrivants.

Des saint-Bernard pour aider les « piliers de familles » aux mains vides

Quatre millions de Maliens sont dispersés dans le monde ; « une véritable œuvre sociale ambulante » selon le président de la République du Mali Amadou Toumani Touré. La seule diaspora malienne en France injecte annuellement 180 millions d’euros au pays, un montant supérieur à l’aide publique au développement. Alors le débarquement d’un « pilier de la famille », les mains vides, est souvent mal perçu. Mamadou Keita a passé quatorze ans en France. A son retour il est resté plusieurs semaines terré chez une famille d’accueil à Kalabancoura, quartier proche de l’aéroport où transitent de nombreux refoulés. Impossible pour lui de se rendre chez ses parents, dans la région de Kayes:

« La première fois que j’ai envoyé de l’argent à la famille, c’est comme si j’étais devenu un homme… Arrivé ici, je me demandais ce que j’allais faire, sans relations, sans diplômes… »

Parmi les six membres permanents de l’AME, il est aujourd’hui secrétaire général. Un partenariat signé en 2006 avec la Cimade a donné lieu à un appui financier de 5 000 euros, et depuis juin 2007, l’AME est enfin plus opérationnelle. Elle dispose de deux petites pièces dans le quartier de Korofina, et d’un véhicule, qui permet à Mamadou Keïta de se rendre chaque soir à l’aéroport, où il propose une sorte d’accueil d’urgence aux expulsés. Ensuite, Innah Touré, secrétaire, s’entretient avec chacun d’eux: (Voir la vidéo.)

En 2002, 576 ressortissants maliens ont été refoulés par la France, contre 500 l’année d’avant. Pour le premier semestre 2008, on en compte déjà 351. Des chiffres qui pèsent de plus en plus lourd pour l’AME. Si elle répond aux premiers besoins, en termes d’hébergement, d’écoute, de conseil ou de soins médicaux en cas de violences policières, l’association se heurte à de nombreux écueils. A commencer par la réinsertion sociale des expulsés, dont la plupart ne pense qu’à regagner la France, légalement ou non.

Dans son bureau de fortune, Alassane Dicko, assistant technique, planche sur les recours juridiques possibles et soumet ses questions à la Cimade. Ils cherchent ensemble comment récupérer les biens et les salaires des expulsés. Il se concentrent aussi sur un phénomène qui a tendance à s’accentuer : le renvoi de travailleurs, pères de famille, et souvent mariés à des femmes françaises. Depuis les expulsions de Cachan en 2006, ce genre de cas s’est banalisé, comme l’observe Emma Chaouane, qui effectue son master de recherche en Sciences politiques à l’AME. (voir

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