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Afrique, Le prix de l’Internet

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 31 octobre 2008

Plus cher qu’en Asie. Plus cher même qu’aux Etats-Unis ou en Europe, le prix de l’Internet en Afrique est l’un des plus élevés du monde. Il bat même tous les records quand on le rapporte au niveau de vie des populations. Initiée par une discussion sur le forum de l’Atelier des médias, cette enquête « participative » s’attache à savoir pourquoi ce sont les populations les plus pauvres qui paient le plus pour se connecter, en Afrique subsaharienne notamment. Outre les internautes de RFI, remercions les membres du Réseau International des correspondants francophones, et tous ceux qui ont bien voulu répondre à nos questions…ou en poser sur le sujet.

Publié dans DEMOCRATIE ET ETAT DE DROIT, DEVELOPPEMENT, FORMATION, GOUVERNANCE, INFORMATION, INTERNET, JUSTICE, MEDIAS, TECHNOLOGIE, TELECOMMUNICATIONS, TIC | Pas de Commentaire »

La partition de la RD Congo est-elle acceptable ?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 31 octobre 2008

La partition de la RD Congo est-elle acceptable ? dans ACTUALITES refugies_08_05Le temps des crises internationales généralisées est généralement le temps des grandes manœuvres des régimes impopulaires qui en profitent pour se livrer à tous les coups bas. Une analyse du timing de certains actes répréhensibles qui ont marqué les deux dernières décennies dans de nombreux pays de gouvernance totalitaire, permet de confirmer cette assertion de façon incontestable. Profitant de la crise financière internationale et de la fièvre de l’élection présidentielle américaine, le Rwanda, qui est devenu un véritable cancer au cœur de l’Afrique Centrale, a relancé son vieux projet d’annexion d’une partie du Congo démocratique.

La situation du Congo est en effet de plus en plus inquiétante au regard de l’avancée des troupes rwandaises sur le terrain sous le couvert d’une rébellion officiellement emmenée par le général Laurent Kunda dont personne n’ignore plus qu’il n’est que le petit pion aux mains du très ambitieux et insatiable Paul Kagamé. Le simple fait de parvenir à occuper des villages, des villes, et des installations militaires congolaises, laisse entrevoir dorénavant, une planification politico militaire dont le but ultime ne peut être que la partition du pays.

Il importe de faire un peu d’histoire pour se souvenir que la partition du Congo n’est pas un projet nouveau. Fruit de l’imagination des puissances coloniales qui n’hésitèrent pas à assassiner Patrice Lumumba après avoir vainement tenté de créer une République du Katanga avec à sa tête un certain Moïse Tsombé de triste mémoire, l’émiettement du Congo, pays vaste et riche en ressources minérales risque d’entrer dans les faits à très brève échéance.


Comprendre la stratégie de Kagamé

De prime abord, il est important de souligner, n’en déplaise à quelques chancelleries puissantes, que monsieur Paul Kagamé qui dirige le Rwanda de fait depuis 1995, est l’un des plus redoutables et le plus dangereux dictateur en Afrique Centrale. Apôtre de l’épuration ethnique sous le couvert d’une unité nationale qui privilégie le pouvoir et la dictature Tutsi, l’auto proclamé général a trouvé un véritable fond de commerce intarissable dans le regrettable génocide de 1994 qui fit près d’un million de morts. Le Général-Président tient carrément aujourd’hui le monde entier sous une forme de chantage éhontée et aime bien se présenter en héritier des rescapés du génocide. La moindre l’on, enquête le mettant en cause ou le moindre article de journaliste discutant certaines idées reçues sur l’affaire, provoque à Kigali, une montée d’adrénaline et des procès. Par ailleurs, le régime a soigneusement bâti un réseau de lobby qui assure ses relations publiques à travers le monde et veille au maintien dans toute sa logique de même que dans toutes ses implications, les vérités inaltérables de ses historiens devenus des Dieux de la raison scientifique.
Il est pourtant clair, quoi que en dise, que Kagamé et le FPR, son front de libération devenu parti politique, sont responsable du déclenchement du génocide pour avoir préparé et mis en exécution, la destruction de l’avion du président Juvénal Habiryamana et la mort subséquente de ce dernier. Mais simplement parce que Kagamé s’est voulu ou s’est muer en tête de pont d’importants intérêts géostratégiques dans la Sous-région, il a du coup acquis une immunité de fait, devenant intouchable. Depuis son avènement au pouvoir, le pays est installé dans une dictature sans pareil, un régime policier qui a occasionné d’autres génocides dont les médias aseptisés ou trop corrompus, n’en parlent pas. Le Rwanda d’aujourd’hui n’est pas différent du Chili sous Pinochet et ce qui tient lieu d’élection, n’est que farce. Officiellement, le pays est sensé avoir dépassé les clivages ethniques et toute allusion à la discrimination, est jugée attentatoire à l’ordre public et à la morale publique. En réalité, c’est de la chasse de l’opposition qu’il s’agit. Il est strictement interdit de contredire le régime, de le critiquer, ou de se singulariser par rapport à ses mots d’ordre. En fait, toute opposition est proscrite, et tous les opposants sont contraints à l’exil.
Le jeu ambigu des grandes puissances et des institutions internationales

Le parallèle avec le Chili de Pinochet est saisissant lorsque l’on analyse l’attitude des grandes puissances et des institutions internationales. Dans le contexte que nous venons de dépeindre, le Rwanda est présenté dans la plupart des brochures et autres documents des organismes internationaux, comme un pays stable, un modèle de croissance et de réussite économique. Les auteurs de ces tracts propagandistes dont il n faut pas oublier de chercher les connections compromettantes, ferment les yeux sur les graves violations des droits de l’Homme et les truquages électoraux qui forment l’idéologie du régime.

Mais ce qui choque le plus tout en avalisant la thèse d’une planification diabolique, c’est le silence voire l’absence de toute réaction énergique de la part des grands pays si prompts à dénoncer ce genre de travers ailleurs. Il est absolument impossible que même en se servant de l’opportunité du contexte international de crise, l’on en soit dans les chancelleries occidentales particulièrement, à observer sans mot dire l’avancée des troupes rwandaises en territoire congolais. Le paradoxe voudrais justement que l’on en soi aussi, en juste retour de dialectique du diable, à se demander pour quelles raisons les mêmes puissances s’étaient-elles tant investies dans les efforts de stabilisation du pays après la mort de Kabila père. Il y a comme une volonté machiavélique soit de maintenir ce grand pays dans une instabilité relative et contrôlée, soit de le préparer pour une partition à long terme pour satisfaire alors des calculs anciens de maîtrise géopolitique et géostratégique.


L’éternelle équation ethnique et personnalisée

L’on serait tenté de comparer le Rwanda à Israël, par allusion au petit pays guerrier, battant, intelligent et bien gouverné qui se met débout contre plus grand, plus riche, et plus disant. Hélas, comparaison n’est pas raison et les éléments d’un contentieux réel et profond qui existent dans le cas d’Israël au proche Orient n’existent pas dans le cas du Rwanda dans les Grands Lacs. Rien à priori, ni dans l’histoire, ni dans la géographie, ni dans les articulations diplomatiques des Etats de la Sous-région, ne prédisposent le régime de Kigali, à se comporter avec autant d’arrogance et à se livrer à autant d’aventures et de provocations.

Par ailleurs, il est essentiel de souligner qu’en étudiant minutieusement les rapports des forces, il est impossible qu’un Congo (RDC) bien gouverné, soit à la merci de la volonté des dirigeants Rwandais. Ce qui est en cause effectivement, c’est la tradition des puissances coloniales qui consiste à maintenir des pays sous domination en usant soit des combines ethniques où l’on marginalise des ethnies trop entreprenantes et trop nationalistes, soit à tenir éloignée du pouvoir ou à éliminer physiquement toute personnalité charismatique et populaire.

L’histoire du Congo offre une photographie nette de la mise en œuvre à outrance de cette machination impérialiste qui a conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba en 1960, et à la mise en accusation de Jean Pierre Bemba en 2007 sous le fallacieux prétexte de crime de guerre, de crime contre l’humanité, et de violation grave du droit international. En éliminant Patrice Lumumba, les colonialistes mettait hors jeu le principal obstacle qui se dressait à l’exploitation massive et sauvage des vastes ressources minières du pays et ouvrait la voie à l’installation d’un pantin à leur entière solde, de même qu’il délivrait un message retentissant à tous les nationalistes africains tentés de rêver d’une véritable indépendance nationale. En mettant Bemba en prison, ceux qui hier ont comploté contre le peuple congolais, ont réussi un coup encore plus lourd de conséquences….

Kagamé quant à lui, sait jouer avec le temps et compte sur une décrépitude progressive du régime de Kabila qui conduira à une espèce de cessez-le-feu à partir des positions conquises par son armée sur le terrain. Si la première conférence de réconciliation entre toutes les parties avait abouti à des accords préservant l’intégrité territoriale du pays, il est presque impensable que la seconde, qu’il faut bien envisager, reprenne les mêmes termes de référence. La résurgence des mouvements armés dans le nord et ailleurs dans le pays, devrait être perçue comme le signal que les assaillants entendent occuper suffisamment d’espace pour aller imposer leur autonomie dans les négociations. Une fois de plus, il n’apparaît pas sérieux d’un point de vue objectif, de croire que l’ONU et les grandes puissances ont fait tout ce qui relève de leur pouvoir et surtout de leur autorité, pour décourager ces séditions en cascade qui portent atteinte à l’intégrité territoriale du pays.


L’impuissance embarrassante de l’Union Africaine

La dégradation de la situation au Congo et la menace réelle de partition du pays, placent l’Union Africaine dans l’un de ses plus grands dilemmes depuis qu’elle a succédé à l’Organisation de l’Unité Africaine. Il s’agit d’un dilemme aussi important que celui qu’avait représenté en son temps pour l’OUA, la rébellion du Biafra dans le Nigéria des années 1970 alors dirigé par le général Yakubu Gowon. La République Démocratique du Congo il convient de le dire, est un cocktail explosif constitué de tous les maux qui minent les pays africains et freinent leur développement.

Nous ne sommes certes ni dans les schémas du Darfour, ni dans celui de la RCA et encore moins du Tchad, mais nous sommes en même temps dans tout cela à la fois. Or si l’on peut contempler les bras croisés le Tchad vivre une rébellion à répétition qui n’en finit pas de faire tourner à la tête du pays de petit aventuriers improvisés soldats d’une ethnie ou d’une autre, il est insensé de faire la sourde oreille et de jouer les aveugles dans le cas du Congo. C’est à terme toute l’Afrique qui pourrait s’embraser à partir des rives du fleuve Congo, et c’en sera terminé pour quelques dogmes qui ont jusqu’ici permit aux régimes les plus pourris de vanter une stabilité autant pompeuse que trompeuse.
Une projection réaliste à partir des donnes fiables de la situation, n’offre plus que trois hypothèses raisonnables : la première hypothèse et la plus gentille, aboutirait à ramener effectivement la paix en annihilant les ambitions de partition du pays. Cela suppose que les mouvements de rébellion et leurs soutiens soient mis au banc de touche et payés en concessions diverses dans l’équation politique concrète. Evidemment, la clé dans cette figure passe par la maîtrise du Rwanda sur lequel seul les Etats Unis sont en mesure de faire pression avec succès. C’est le montant et la valeur de la monnaie d’échange qu’il faudrait déterminer. La deuxième hypothèse consisterait à avaliser une partition de fait, dans un Congo démocratique devenu république fédérale ou à défaut pays constitué de régions jouissant d’une large autonomie. Nous sommes dans ce cas de figure, sur une planète politique réaliste que beaucoup d’analystes ont par le passé encouragé en théorie. Il ne resterait plus qu’à rédiger une constitution taillée sur mesure pour plaire à tout le monde. Bien évidemment, l’option fédéraliste ou de large autonomie implique l’existence à l’Est du pays, d’un Etat indépendant de fait à la solde du Rwanda. La troisième hypothèse enfin, est celle d’une option brutale qui imposerait au pouvoir actuel à Kinshasa, une partition du pays et le règne d’un relatif désordre. Il est indiscutable que nous serions exposés très vite dans ce cas, à un coup d’Etat militaire dont il faut encore réfléchir sur les commanditaires et les exécutants.
Il n’y a, projeté à long terme, aucune situation pouvant mieux mobiliser les congolais, qu’une partition de fait de leur pays orchestrée par Paul Kagamé. Contrairement à ce que l’on serait tenté de penser au regard de la nonchalance de la population, il existe un véritable nationalisme congolais puissant et attentif incarné par la nouvelle génération de 25-35 ans. Cette génération est en mesure de réinventer une vigueur patriotique égale à celle des années 1960. C’est par ailleurs, une génération qui sort peu à peu du complexe d’esclave et de citoyen vaincu dans lequel l’avait installé la dictature trentenaire, obscurantiste et sanguinaire de Mobutu.

Le dilemme pour l’Union Africaine se trouve exactement dans une alternative qui mettrait en jeu soit un coup d’Etat nationaliste, soit une partition de fait sous le patronage sournois des grandes puissances. Non seulement aucune des deux hypothèses ne rentre dans ce qui est acceptable pour l’organisation, mais plus grave, l’option fédéraliste, tirée d’une négociation à partir des positions sur le terrain ou imposée par la force des armes sous la houlette de Kagamé, sonne comme une mise à mort de certains Etats pressés par des revendications autonomistes. Au-delà des cas connus et récurrents du Sénégal, du Mali ou du Cameroun, aucun Etat n’est réellement épargné.
L’Hypothèque Hutu

Que l’on le reconnaisse ou non, le problème hutu existe aujourd’hui dans la Sous-région et encore mieux que celui des Tutsis qui est devenu le fond de commerce des dirigeants de Kigali. Il s’agit de comprendre à la fois le phénomène de confrontation ethnique permanent et ancien sur place, et d’évaluer le degré d’emprise sur les crises à répétition internes à tous les pays riverains. Sont concernés non seulement le Rwanda et le Congo que l’on retrouve aux avant postes du contentieux actuel, mais aussi le Burundi et l’Ouganda. Dans tous les quatre pays se retrouvent les deux ethnies dominantes que sont Tutsis et Hutus. Mais à la vérité, les Hutus sont largement majoritaires dans ces populations et c’est sans doute le nœud de toutes les crises. Lorsque l’on examine les dossiers des différents drames à l’instar de l’assassinat du premier Président Hutu rwandais Nelchior Ndadaye, l’on se rend compte que quelque part, une main obscure a travaillé de façon astucieuse pour parvenir au résultat qui existe aujourd’hui sur le terrain, c’est-à-dire une direction Hutu au Burundi d’une part, et une direction Tutsi au Rwanda d’autre part. Vu sous cet angle, le pauvre Ndadaye n’aurait été que la victime expiatoire d’une planification impérialo-machiavélique selon les termes de référence mis en exergue plus haut. Conviendrait-on alors que Kagamé serait un pur diable en mission pour ce plan ?

Nous ne l’avons que trop dit et répété, à savoir que tant que les dirigeants rwandais pourront tranquillement et impunément surfer sur les musiques du génocide, ils se permettront toutes les exactions. Il est par conséquent devenu urgent d’examiner ce problème en profondeur. Etre rescapé du génocide ou descendant de victime de génocide, ne confère point le droit à quiconque de se livrer lui-même à des actes de discrimination, de guerre, et de haine assimilables au crime contre l’humanité. Les milliers de congolais qui sont aujourd’hui jetés dans la rue et qui fuient dans tous les sens sans alimentation ni soin, sont les victimes de Kagamé au même titre que les victimes du génocide de 1994. Quand le Tribunal spécial pour le Rwanda aura clôturé ses comptes, il faudra bien mettre sur pied le Tribunal spécial pour le Congo pour juger les auteurs des crimes en cours. Comment pourra-t-il en être autrement, lorsque Charles Taylor est jugé pour son rôle supposé dans les crimes en Sierra Léone et que Bemba est embastillé à la Haye pour semble-t-il les crimes encore à prouver, commis en Centrafrique.

Ce qui est certain, c’est que le monde change et de nouvelles exigences plus rigoureuses, résultent de nouveaux rapports des forces. Kagamé a su invoquer toutes sortes d’arguties politiques et diplomatiques pour esquiver et même ridiculiser les conclusions des juges français qui l’ont mis nommément en cause. FPR devront répondre devant les tribunaux nationaux ou internationaux. L’Union Africaine devrait dès à présent utiliser cet argument pour tempérer les ardeurs conquérantes et revanchardes d’un Chef d’ Etat qui est devenu un cancer non plus seulement dans la région des Grands Lacs, mais pratiquement pour toute l’Afrique.
Enfin, il faudrait rappeler à tous ceux qui seraient dans le genre de planification géopolitique dont Kagamé est le vil instrument et dont la finalité est de tenir à l’écart du pouvoir les ethnies majoritaires, que les enseignements historiques prouvent à suffire, qu’ils sont voués à la défaite, la perdition et la honte.

 
SHANDA TONME
Yaoundé – Cameroun
L’article au complet est disponible à l’adresse : http://www.icicemac.com/news/index.php?nid=11776&pid=38

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