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Programme de politique générale du gouvernement : A. Muzito annonce les 6 fronts prioritaires

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 novembre 2008

Discours volontariste du Premier ministre, Adolphe Muzito, devant l’Assemblée nationale hier vendredi. Il a annoncé les 6 fronts prioritaires qui concernent son «programme d’urgence » : fronts militaire, politique et diplomatique, humanitaire, populaire, économique et médiatique. Reste à savoir comment le gouvernement va s’y prendre. La réponse ce samedi lors du débat général qui débouchera certainement sur l’investiture du gouvernement.

Le Premier ministre, Adolphe Muzito, a répondu hier vendredi à l’invitation de l’Assemblée nationale pour présenter son programme de politique générale. Invitation émise au terme d’une procédure d’urgence au regard de la gravité de la situation qui prévaut dans le pays de manière à combler le vide juridique découlant de la démission de l’ancien Premier ministre, Antoine Gizenga, et de la nomination de son successeur.

Dans un discours volontariste devant les députés, le Premier ministre a présenté son programme de politique générale. Un programme qui comporte deux volets, à savoir : un plan d’urgence et des actions à mener à court, moyen et long termes.

En ce que concerne le «Programme d’urgence », le Premier ministre s’est empressé de définir les fronts prioritaires, au nombre de six, pour s’attaquer à des situations d’urgence. Notamment la fin de la guerre au Kivu. Aussi, le Premier ministre et son gouvernement s’engagent-ils aux fronts suivants : militaire, politique et diplomatique, humanitaire, populaire, économique et médiatique.

PLAN DE SORTIE DE CRISE

Sur un ton ferme, le Premier ministre a souligné que la fin de la guerre au Kivu est l’une des priorités de son gouvernement. Aussi, a-t-il déclaré qu’il ira partout où sa présence est nécessaire pour atteindre cet objectif. Mais dans l’immédiat, il a déclaré que le gouvernement s’est approprié le « Plan de sortie de crise au Kivu », proposé par l’Assemblée nationale. Il a rassuré que des actions seront entreprises dans ce sens en vue de ramener la paix au Kivu et partout dans le pays. Mais aussi de rétablir l’autorité de l’Etat. A ce sujet, il a relevé que trois initiatives sont déjà en cours : le respect du cessez-le feu, la neutralisation des FDLR ou forces négatives pour enlever tout prétexte aux voisins ainsi qu’à ceux qui ont pris des armes, et enfin la mise en place d’une force combattante avec le concours de la Monuc et autres partenaires très intéressés par la réforme de l’armée congolaise.

NORMALISATION AVEC LES VOISINS

Dans le même élan volontariste, le Premier ministre a promis de redynamiser notre diplomatie. D’ores et déjà, il a annoncé la reprise du processus de normalisation des relations avec les pays voisins. Particulièrement le Rwanda, normalisation émaillée par cette succession de visites des ministres des Affaires étrangères des deux pays, tant à Kigali qu’à Kinshasa. Il s’est empressé de souligner qu’il ne s’agit point de faiblesse, mais une nécessité dans le cadre de la politique de bon voisinage d’instaurer un dialogue permanent dans la sous-région, sans chantage ni compromission.

Dans le même ordre d’idées, il entend nouer le dialogue avec le CNDP, dans le cadre du Programme Amani. Une proposition qui a suscité immédiatement des interrogations dans la mesure où le CNDP réclame des négociations directes avec Kinshasa après avoir quitté le Programme Amani. Certainement que le Premier ministre répondra à cette préoccupation aujourd’hui lors du débat général.

Quant au front populaire, le Premier ministre envisage de renforcer la mobilisation générale et de constituer des brigades d’auto-défense en vue de soutenir les forces combattantes et du maintien de l’ordre. A ce stade également, des interrogations ne manqueront pas aujourd’hui au regard des initiatives précédentes qui n’ont été que des feux de paille.

Le front économique nécessite le mécanisme de contrôle des richesses pour barrer la route aux fraudeurs de tout genre qui se livrent à des pillages à grande échelle. Décourager tous ces groupes armés qui ne se constituent que pour entretenir des « économies de guerre » et nuire à la République démocratique du Congo. Enfin, toutes ces actions, ces fronts disons-le, doivent être soutenues par une campagne médiatique visant à renforcer la conscience nationale et à conforter la cohésion nationale.

ACTIONS CONCRETES

Il est vrai que le Premier ministre a livré un discours classique mais volontariste. Ce qui revient à dire que nombreux observateurs sont demeurés sur leur soif, faute de détails ou de précisions.

Certes, le Premier ministre a évoqué les 5 chantiers, s’est attardé longuement sur la réforme de l’Armée, la réintégration des éléments des ex-FAZ, la mise hors d’état de nuire des officiers véreux et corrompus, la reconstruction nationale, le refondation de la Nation, l’amélioration des conditions de vie et salariales. Mais puisque le Premier ministre a déclaré que son gouvernement qui s’inscrit dans la continuité des actions du gouvernement précédent, Muzito doit tirer les leçons du passé récent pour donner une nouvelle impulsion à l’action du gouvernement.

Aussi, lors du débat de ce jour, le Premier ministre est obligé d’énoncer les actions concrètes sur lesquelles s’appuiera son gouvernement pour mettre rapidement fin à la guerre, accélérer les réformes au sein de l’armée, de la Police, combattre la corruption, l’impunité, assainir les milieux politiques, administratifs, sécuritaires….

Que cette volonté de favoriser la bonne gouvernance, de renforcer la collaboration avec le Parlement pour les missions de contrôle et d’enquête, ne soit pas de simples faits d’annonce. Pour y parvenir, il faut combattre la dissonance, le dysfonctionnement au sein même du gouvernement.

Ceci dit, le Premier ministre revient à la « barre » ce samedi lors du débat général. Mais auparavant, il était intéressant de noter que la séance d’hier vendredi n’a pas dérogé aux us et coutumes parlementaires pour ce qui est des séances animées. Intervenant par motion de procédure, les députés François Muamba, Kiakwama et Sessanga, tous de l’Opposition, ont fustigé les irrégularités de la séance d’hier. Aussi, ont-ils évoqué les articles 51 et 52 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale et l’article 90 de la Constitution pour s’opposer à donner un chèque en blanc au gouvernement. Faute de documents de travail et la non tenue de la réunion des présidents de la Conférence, l’Opposition a menacé de ne pas prendre part ni à l’examen du programme ni au débat général.

Ce à quoi, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a rétorqué qu’il s’agissait d’une procédure d’urgence adoptée par l’Assemblée nationale et que l’article 61 du Règlement intérieur ne sanctionne point la remise tardive des documents. Après une interruption de 15 minutes afin de permettre à l’Opposition d’apprécier la situation grave de l’heure, celle-ci s’est pliée à la procédure d’urgence et la séance s’est poursuivie normalement.

Kinshasa, 1/11/2008 (Le Potentiel, via mediacongo.net)

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Enfin, le gouvernement Muzito complet est là !

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 novembre 2008

Fini, l’ère des Ministres d’Etat. Place désormais aux Vice-Premiers Ministres. Ainsi, trois personnalités épauleront-elles, à ce titre, Adolphe Muzito dans la coordination. Nzanga Mobutu aux besoins de base, Emile Bongeli à la Reconstruction et Mutombo Bakafwa Nsenda à la Sécurité. Adolphe Lumanu, Pierre Lumbi Okongo, Athanase Matenda Kyelu, José Endundo, André-Philippe Futa, Martin Kabwelulu et Esdras Kambale se maintiennent à leurs postes. Seize nouveaux entrants dont Alexis Thambwe Mwamba et Raymond Tshibanda. Des permutés sont nombreux. Marie-Ange Lukiana, Mbusa, Lambert Mende Omalanga et Charles Mwando Nsimba sont dans le lot. Nkulu Kilombo, Mayobo, Muyambo, Omatuku Philomène… quittent. Alain Lubamba revient comme Vice-Ministre au Budget. Equilibre géopolitique et Gender respectés.

Le suspense aura été long, voire très long. Le Président Kabila a finalement mis les points sur les « i ». Hier, tard la nuit, son Ordonnance n°08/067 a tordu le coup aux folles rumeurs qui, depuis la nomination de Muzito, le 10 octobre dernier, ont alimenté les commentaires dans tous les salons ouatés de Kinshasa, la capitale.
C’est un gouvernement de mission comme l’avait si bien nommé le Chef de l’Etat, dans son allocution du 9 octobre. Il se veut costaud, a-t-on dit, dans l’économie du texte présenté sur les antennes de la télévision d’Etat.
Trois Vice-Premiers Ministres renvoient à la poubelle de l’histoire, les fonctions de Ministres d’Etat. Nzanga Mobutu prend les questions liées aux besoins de base, Emile Bongeli va à la Reconstruction et, enfin, Mutombo Bakafwa Nsenda cède le Ministère de la Justice pour celui de Vice-Premier Ministre chargé de matières de sécurité.
Ils sont trente-sept Ministres au lieu de trente-trois, comme au gouvernement Gizenga II sortant. Au total, les Ministres et Vice-Ministres dûment comptés, sont au nombre de 54 membres.

Des Ministres se maintiennent: Il s’agit de Pierre Lumbi Okongo aux Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, Adolphe Lumanu aux Relations avec le Parlement, Athanase Matenda Kyelu aux Finances, José Endundo Bononge à l’Environnement et Tourisme, André-Philippe-Futa à l’Economie et Commerce Extérieur, Martin Kabwelulu aux Mines, Olivier Kamitatu au Plan, Esdras Kambale à la Culture et Arts, Jeannine Mabunda garde le Portefeuille,Maker Mwangu continuera à gérer l’EPSP.

Seize nouveaux entrants sont signalés au Gouvernement:
parmi eux, des noms très connus de l’agora politique. Alexis Thambwe Mwamba, un fils du Maniema quitte sa casquette de Député National pour rejoindre Muzito I, aux Affaires Etrangères. Raymond Tshibanda quitte le Cabinet du Chef de l’Etat pour entrer au gouvernement, à la Coopération Internationale et Régionale. Mbusa Nyamwisi, lui, récupère le Ministère de la Décentralisation, l’un des chantiers importants du pays. Le vieux Charles Mwando Nsimba remplace Tshikez Diemu à la Défense Nationale. Tandis que Célestin Mbuyu succède à Denis Kalume Numbi à l’Intérieur. Luzolo à la Justice, Lokola Michel au Budget, Norbert Basengezi, l’ancien Premier-Vice Président de la CEI rebondit. Il prend l’Agriculture.

Nkulu Kilombo, Mayobo Godefroid, Philomène Omatuku, Tshikez Diemu, Jean-Claude Muyambo, Denis Kalume Numbi, Willy Bakonga, Edouard Kabukapu, Victor Makwenge… quittent le gouvernement. C’est sûr qu’ils sont appelés à de nouvelles fonctions, fait-on observer dans les milieux généralement mieux éclairés.

Alain Lubamba revient au gouvernement comme Vice-Ministre du Budget. Il va donc abandonner son poste de Président du Conseil d’Administration du CEEC. Le MSR César Lubamba va poursuivre sa mission au Vice-Ministère des Finances. Il sera toujours aux côtés de Matenda, l’argentier national.
Innovations

Le nouveau gouvernement se présente donc de la manière ci-après :

- Vice-premier ministre chargé des besoins sociaux de base : François Joseph Mobutu Nzanga
- Vice-premier ministre chargé de la reconstruction : Emile Bongeli Yeikolo ya Ato
- Vice-premier ministre chargé de la sécurité et défense : Mutombo Bakafwa Nsenda

- Ministre de l’Intérieur et sécurité : Célestin Mbuyu Kabanga
- Ministre de la Défense nationale et des anciens combattants : Charles Mwando Nsimba
- Ministre des Affaires étrangères : Alexis Thambwe Mwamba
- Ministre des la Décentralisation et aménagement du territoire : Antipas Mbusa Nyamwisi
- Ministre de la Coopération internationale et régionale : Raymond Tshibanda Ntunga Mulongo
- Ministre de la Justice : Luzolo Bambi Lessa
- Ministre des Relations avec le Parlement : Adolphe Lumanu Mulenda Bwana N’Sefu
- Ministres des Infrastructures, travaux publics et reconstruction : Pierre Lumbi Okongo
- Ministres des Finances : Athanase Matenda Kyelu
- Ministre du Plan : Olivier Kamitatu Etsu
- Ministre du Budget : Michel Lokola Elemba
- Ministre de l’Environnement, conservation de la nature et tourisme : José Endundu Bononge
- Ministre de l’Economie nationale et du commerce : André Philippe Futa
- Ministre du Portefeuille : Jeannine Mabunda Lioko
- Ministre de l’Agriculture : Norbert Basengezi Katitima
- Ministre des Transports et voies de communication : Matthieu Pita
- Ministre des Mines : Martin Kabwelulu L.
- Ministre de l’Energie : Laurent Muzangisa Mutalamu
- Ministre des Hydrocarbures : René Isekemanga Nkeka
- Ministre des PTT : Louise Munga Mesozi
- Ministre de l’Industrie : Simon Mboso Kiamputu
- Ministre de la Communication et des médias : Lambert Mende Omalanga
- Ministre de la Santé publique : Auguste Mupipi Mukulumania
- Ministre de l’EPSP : Maker Mwangu Famba
- Ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire : Léonard Mashako Mamba
- Ministre des Affaires foncières : Kisimba Ngoy Maj
- Ministre de l’Urbanisme et habitat : Générose Loshiku Muya
- Ministre de l’Emploi, travail et prévoyance sociale : Ferdinand Kambere Kalumbi
- Ministre de la Fonction publique : Michel Botoro Bodias
- Ministre de la Culture et des arts : Esdras Kambale Bahekwa
- Ministre du Développement rural : Safi Adiki
- Ministre de la Jeunesse et sports : Patrick Sulubika Matchembera
- Ministre des Petites et moyennes entreprises : Claude Basibuhe Nyamulabu
- Ministre de la recherche scientifique : Joseph Lititiyo Apata
- Ministre des Droits humains : Upio Kakura
- Ministre du Genre, de la famille et de l’enfant : Marie-Ange Lukiana Mufwankol
- Ministre des Affaires sociales, action humanitaire et solidarité nationale : Barthélémy Botswali Lengomo
- Vice-ministre de l’Intérieur : Zéphyrin Mungongo
- Vice-ministre de la Défense et des anciens combattants : Oscar Masamba Matemo
- Vice-ministre des Affaires étrangères : Ignace Gata Mavita wa Lufuta
- Vice-ministre des Congolais de l’étranger : Colette Tshomba Ntundu
- Vice-ministre de la Justice : Musonda Kalusambi
- Vice-ministre des Travaux publics : Gervais Ntirumenyerwa Kimonyo
- Vice-ministre des Finances : César Lubamba wa Ngimbi
- Vice ministre du Budget : Alain Lubamba wa Lubamba
- Vice-ministre de l’Agriculture : Kibibi Kamanzi
- Vice-ministre des Mines : Victor Kasongo Shomari
- Vice-ministre des Hydrocarbures : Gustave Beya Siku
- Vice-ministre de l’Enseignement professionnel : Arthur Sedea Zabuso
- Vice-ministre de l’Enseignement supérieur : Bokele Djema
- Vice-ministre du Développement rural : Willy Mubobo Nzamba.
Le gouvernement Muzito est le fruit d’une série de tractations au sein de la coalition gouvernementale. Il s’inscrit dans la droite ligne de missions lui assignées par le Président Kabila. C’est un gouvernement de combat. Il est, à la fois, sollicité pour mettre un terme aux poches résiduelles d’insécurité mais surtout, de restaurer l’autorité de l’Etat bafouée dans certains coins du pays. Il doit également s’atteler à la reconstruction du pays. Les chantiers ne sont pas un credo. C’est la raison pour laquelle il a l’obligation de le prouver sur pièces qu’il est à la hauteur des attentes du Chef de l’Etat et du peuple congolais. Enfin, ce gouvernement devra tout mettre en œuvre pour améliorer les conditions de vie des congolais. Lutter contre les tensions inflationnistes, stabiliser le taux de changer et les prix de denrées alimentaires. C’est aussi un gouvernement appelé à juguler des crises dans les relations entre la RD. Congo et ses partenaires bilatéraux et multilatéraux. Les tumultes avec l’ancienne puissance métropolitaine, la Belgique, l’affaire des contrats chinois avec le scepticisme qu’ils ont suscité à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International seront parmi ses priorités.

Et l’investiture ?

A la prochaine étape, les Députés et Sénateurs ttendent Muzito avec son programme au Palais du Peuple. Ils n’ont plus besoin d’un catalogue de bonnes intentions. Ils veulent d’un vrai programme réaliste et réalisable ; d’un programme assorti d’un chronogramme d’actions à entreprendre. L’investiture s’annonce donc comme un véritable baptême de feu, pour Muzito et les siens. D’ici la fin de la semaine, le débat sera houleux, sur la suite du chemin à parcourir avant d’entrer en fonction

Marcel Ngoyi
Kinshasa, 27/10/2008 (La Prospérité/ACP/MCN, via mediacongo.net)

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Guerre de l’Est : les tireurs des ficelles

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 novembre 2008

Guerre de l’Est : les tireurs des ficelles  dans DEMOCRATIE ET ETAT DE DROIT goma_refugies_08_01A qui profite la guerre de l’Est ? Interrogation pertinente au moment où l’on se prépare à une nouvelle rencontre au sommet, au plan régional, à Nairobi pour ramener la paix en République démocratique du Congo. Si cette rencontre ne répond pas à cette interrogation, elle est vouée à l’échec. Ce serait continuer à tourner en rond et en dérision le peule congolais.

La Communauté internationale se penche à nouveau sur ce « grand malade » qu’est le Congo pour lui administrer une nouvelle thérapeutique. Attitude résultant de la troisième guerre qui sévit actuellement dans le pays avec une situation humanitaire catastrophique.

Initiative encourageante mais qui risque de n’apporter aucune solution durable tant que l’on n’ira pas au fond du problème. C’est-à-dire, s’appesantir sur les causes profondes de toutes ces guerres à répétition. En d’autres termes, dénicher les vrais commanditaires de ces crimes ainsi que les vrais bénéficiaires. D’où la nécessité de répondre à cette interrogation : A qui profite la guerre de l’Est ?

Eluder cette question au moment où le CNDP amorce le morcellement du territoire national sans qu’il soit condamné par la communauté internationale, consisterait à se moquer merveilleusement du peuple congolais. Ce serait exprimer du mépris envers la Nation congolaise pour mettre à exécution un plan machiavélique qui a pour finalité de consacrer l’inexistence de la Nation et de l’Etat congolais.

Sinon, comment expliquer que le Dialogue intercongolais, la période de transition avec la fameuse formule 1 + 4, l’organisation des élections, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, l’Accord de Washington, Tripartite plus 1, l’Accord de Nairobi, la Conférence de Goma n’aient pas pu ramener la paix en République démocratique du Congo ? Les Congolais seraient-ils incapables de comprendre le langage de la paix, de la sécurité et du développement ?

Aujourd’hui, l’on est à la case départ avec les mêmes acteurs, les mêmes financiers comme ce fut lors de la signature de l’Accord de Lusaka. Le Kivu, toujours à l’Est, est à feu et à sang et Rutshuru échappe au contrôle de Kinshasa. C’est qu’il y a anguille sous roche. Que l’on continue à tourner autour du pot en évitant d’aborder les vraies questions de fond.

L’EXISTENCE D’UN COMPLOT

Eviter d’aborder les questions de fond demeure une preuve irréfutable de l’existence d’un complot. Un vaste complot, comme déjà souligné dans l’une de nos dernières livraisons, qui soit à la fois interne et externe.

Interne, de par l’existence des « Faucons » congolais. Les va-t-en guerre qui ont toujours adopté des positions radicales dans le but de soutenir une option militaire. Mais en réalité, ils visent les prébendes de cette guerre en s’enrichissant illicitement avec le sang des autres. Ces constructions insolentes que l’on observe dans la capitale et certains chefs-lieux de province constituent l’une des faces à découvert de l’iceberg. A en croire quelques rumeurs, la guerre coûterait mensuellement 8 millions de dollars à l’Etat congolais. Une somme à ne pas justifier puisque classée dans la rubrique des « efforts de guerre et dépenses de souveraineté ». Ces extrémistes, tant qu’ils exerceront une influence sur la prise de décisions à quelque niveau du sommet de l’Etat que ce soit, ne favoriseront jamais une attitude flexible pour un compromis politique. La guerre pour eux demeure un fonds de commerce à entretenir par tous les moyens.

La même catégorie de « Faucons » se retrouve également dans les pays voisins qui ont reçu « mandat » d’agresser la République démocratique du Congo, si pas les régimes en place. Ils doivent leur existence de par la continuité de cette guerre. Effectivement, les Interahamwe ont servi de prétexte pour pousser ces pays voisins sur le sentier de la guerre, oubliant qu’ils étaient en train d’exporter leur idéologie de violence interethnique dans les territoires voisins. Obnubilés par ce pouvoir de domination, d’étendre des territoires géographiques, ils ont opté de bâtir leur pyramide de pouvoir sur l’argent et le fusil. Raison pour laquelle ils se sont acharnés à se constituer des « solides économies de guerre » pour mieux entretenir leur pouvoir, alors que leurs fonds propres ne peuvent permettre ce genre d’aventure militariste.

Une nouvelle classe de dirigeants est en train d’émerger dans ces pays grâce aux trafics illicites des matières premières et des armes. Les mutations qui s’opèrent dans ces pays limitrophes sur le plan social ne sont nullement synonymes de « bonne gouvernance », mais bel et bien découlant du butin de la guerre.

Mais au-dessus de tous ces faucons tant en République démocratique du Congo que dans les pays voisins, les multinationales, jusqu’ici anglo-saxonnes, tirent les ficelles dans l’ombre. Elles passent pour les vraies commanditaires de toutes ces guerres tant elles organisent tout et pèsent de tout leurs poids financiers sur la politique étrangère de leurs pays. Ce sont elles qui donnent les gros moyens financiers à leurs gouvernements pour exécuter leur politique sociale et monétaire. La preuve la plus irréfutable est cette crise financière internationale qui vient de secouer sérieusement le monde occidental avec la désarticulation du système bancaire. Conscients de la fragilité de leurs régimes, les gouvernements occidentaux se sont solidarisés pour soutenir les banques privées. Du jamais vu dans un régime capitaliste, plutôt que de les sanctionner à cause de leur faillite.

Cette crise est bel et bien une lumière pour comprendre les causes cachées de la guerre à l’Est. Notamment au Kivu, région riche avec la province Orientale, à l’image de l’Afghanistan à cause de la mer Gaspienne pour son gaz, l’Irak avec son pétrole. La RDC recèle du pétrole, du diamant, du gaz, de l’or, du bois, du nobium, du coltan, etc.

Donc des multinationales qui ne reculent devant aucun sacrifice, sont sans état d’âme et disposent des « pions majeurs » au sein des gouvernements occidentaux, dans des institutions internationales pour servir leurs causes et leurs intérêts, orienter les grandes décisions au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies. La faiblesse des missions de paix de l’Onu tant en Angola, au Rwanda, en Bosnie Herzégovine, qu’en Somalie, et maintenant en République démocratique du Congo n’est point un fait au hasard. Ce sont des échecs voulus, programmés et qui profitent à tous ces commanditaires pour qu’ils prennent le contrôle des gouvernements et les richesses de leurs pays, érigent des « Etats nains » à travers le monde pour le même objectif.

LE DERNIER MOT AUX CONGOLAIS

L’heure est grave. La Nation congolaise est réellement en danger. Il appartient aux Congolais de mieux saisir ce complot et de l’éventrer. Nairobi I, II, III ou IV n’apporteront rien de positif si les Congolais ne se rendent pas compte que parmi les bénéficiaires de ce guerres, certains compatriotes en mal de gloire et cupides trahissent leur pays. Ce sont des traîtres, des complices, des loups dans la bergerie. Que des voisins ne cherchent qu’à affaiblir ce «géant » de l’Afrique dans cette lutte de leadership dans la région pour l’assujettir. Ils sont soutenus dans cette entreprise machiavélique par des multinationales qui ne voient que leurs intérêts économiques et financiers. Et que, par contre, des millions de morts qu’affiche déjà la RDC ne sont que des « faits divers » à leurs yeux.

Le problème fondamental pour restaurer la paix, la sécurité et le développement de la RDC et de la région des Grands Lacs, consiste à décourager tous ces vrais bénéficiaires de cette guerre de l’Est. C’est le combat permanent que doit livrer le peuple congolais qui ne peut plus se permettre ce « geste suicidaire » de se tromper de cibles. Il n’a pas de choix et doit poser le problème en ces termes s’il tient à la survie de son espèce dans cette planète, à l’existence de l’Etat et de la Nation Congo.

«Il faut que l’élite congolaise soit élargie à l’ensemble de la classe dirigeante. Depuis pratiquement 20 ans, la RDC n’a plus d’armée. Celle-ci a beaucoup plus de figurants portant des galons. Or l’armée, c’est la colonne vertébrale d’un pouvoir. Je vous ai parlé de ces puissances présentes en Afrique centrale, précisément au Congo. Je vous ai dit que l’Est du Congo est devenu une zone d’influence anglo-américano-sud-africaine. Le monde anglo-saxon qui gère ces pays-là a trouvé une porte d’entrée avec comme tête de pont le Rwanda et l’Ouganda. Il a armé le Rwanda et l’a poussé à attaquer le Congo. Dès la première invasion en 1997, on savait comment cela a été financé. Le Rwanda n’a pas un budget pour lancer une guerre au Congo. Au début, cette guerre était financée par ces puissances extérieures. Aujourd’hui, la guerre est financée par les produits de vente des ressources minières que le Rwanda exploite au Congo. La présence des Banyarwanda dans l’armée, des gens qui ont toujours le cordon ombilical avec le Rwanda fait que ce pays est toujours bien informé de tout ce qui se fait au Congo. Dans mon livre, je fais voir comment les armées de la région ont évolué au cours de ces dernières années. J’ai été dans ces pays-là, j’ai discuté avec les ambassadeurs dont certains me révélaient que l’armée de tel ou tel autre pays vient d’acquérir des chars de combats et autres auto-blindés. Mais avec quel argent ? Pour quel objectif ? Sachant très bien que l’agresseur se trouve en face d’un géant aux pieds d’argile – et la chute de Kisangani a été cette grande révélation. On avait compris qu’il n’y avait rien devant. Et jusqu’ici, il n’y a toujours rien. Tous les efforts consentis pour avoir une armée sont faits avec ou par le Rwanda ou annihilés par celui-ci. Ceux qui sont derrière ce pays sont aussi ceux qui devant les Congolais plaident pour le mixage afin de monter une armée congolaise. Depuis quand reconstruit-on une armée avec les anciens rebelles ? Nous sommes déjà mal partis de ce côté-là».

Kinshasa, 3/11/2008 (LP/MCN, via mediacongo.net)

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