Institut du CODESRIA sur la gouvernance démocratique en Afrique
Posté par MAMBO le 18 mars 2009
Le but de cet institut est de promouvoir la recherche et le débat sur des questions relatives à la conduite des affaires publiques et à la gestion des processus de développement en Afrique. L’institut se déroulera du 3 au 28 août 2009 à Dakar (Sénégal). La date limite de soumission des candidatures est fixée au 31 mai 2009.
Appel à candidatures 2009
L’Institut sur la Gouvernance démocratique organisé par le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) est un forum interdisciplinaire réunissant des chercheurs africains travaillant sur des questions novatrices sur le thème de la gouvernance, entendu au sens large. Le but de cet institut est de promouvoir la recherche et le débat sur des questions relatives à la conduite des affaires publiques et à la gestion des processus de développement en Afrique. Cet institut, lancé en 1992, est organisé chaque année à Dakar. Il a pour objectif principal de créer des liens entre les intellectuels africains de la jeune génération et de répondre à leurs besoins scientifiques en termes d’accès à la documentation la plus récente, de participation aux débats en cours, de renforcement de leurs capacités de recherche, et de mise à jour de leurs approches conceptuelles, théoriques et méthodologiques. De plus en plus, l’Institut sur la Gouvernance attire les intellectuels ainsi que les militants politiques et ceux de la société civile, constituant ainsi un forum de discussion mêlant universitaires, chercheurs, militants et décideurs participant à l’Institut. En général, quinze chercheurs africains venant de tout le continent et de la diaspora, et parfois quelques chercheurs non africains, participent chaque année à l’institut.
Objectifs
L’Institut sur la gouvernance démocratique a pour but de :
- promouvoir l’échange d’expériences entre des chercheurs, des militants et des décideurs politiques issus de disciplines variées, ayant des orientations méthodologiques et/ou conceptuelles différentes, et provenant de diverses zones géographico-linguistiques ;
- promouvoir et de renforcer une culture démocratique permettant aux Africains d’identifier et de s’attaquer aux problèmes de gouvernance existant sur le continent ;
- encourager la participation des chercheurs aux débats et discussions sur les processus de démocratisation en Afrique.
Organisation
Les activités de tous les instituts du CODESRIA sont basées sur des présentations faites par des chercheurs, des personnes ressources et les participants dont les candidatures ont été retenues. Les sessions sont dirigées par un directeur scientifique qui, avec le soutien de personnes ressources, s’assure qu’un large éventail de recherches et de questions politiques découlant du thème de l’Institut dont il est responsable, est exposé aux lauréats. Des discussions ouvertes sur des ouvrages et des articles portant sur le thème de l’institut sont également encouragées. Chaque participant à un institut du CODESRIA doit préparer un document de recherche destiné à être publié par le Conseil. Pour chaque institut, le Centre de documentation et d’information du CODESRIA (CODICE) prépare une bibliographie la plus complète possible se rapportant au thème choisi. Les participants aux instituts ont également la possibilité d’accéder à un certain nombre de bibliothèques et de centres de documentation situés à Dakar et dans ses environs.
La session 2009: Sociétés privées de sécurité et gouvernance démocratique en Afrique
Une des principales manifestations de la crise de la gouvernance en Afrique est la montée de l’insécurité, non seulement au niveau de l’Etat mais également en ce qui concerne la vie quotidienne des citoyens dans les villes, sur les routes et dans les campagnes de certains pays.
Même si la problématique de la sécurité humaine est un sujet qui fait l’objet de recherches approfondies, l’on sait peu de chose sur l’évolution, la croissance et l’impact des sociétés privées de sécurité sur la gouvernance démocratique en Afrique. L’absence d’un corpus cohérent et systématique de connaissances sur ce secteur constitue un obstacle majeur limitant la compréhension de la nature actuelle et des changements affectant le pouvoir de l’Etat tel qu’il est ressenti par les habitants de nombre d’agglomérations urbaines en Afrique.
La question de la sécurité individuelle, familiale, communautaire et nationale en Afrique gagne du terrain pour diverses raisons. L’illégitimité perçue de certains gouvernements africains, associée aux écarts grandissants entre les riches et les pauvres, les taux élevés de chômage, la baisse de la qualité de l’enseignement, et la ruée permanente vers les ressources rares ont conduit à la montée de l’insécurité des individus et des ménages dans la plupart des agglomérations urbaines d’Afrique. La recherche de sécurité par les familles se traduit par la sécurisation accrue des domiciles des riches avec l’installation de barrières électriques, la création de lotissements entourés de murs et de barrières ainsi que l’auto-surveillance par les résidents, les comités de surveillance de quartier et les gardes armés. Quand les ménages ne peuvent s’offrir un système sophistiqué de sécurité, au minimum, des grilles en fer sont installées aux fenêtres et des comités de surveillance constitués de bénévoles sont créés dans les quartiers. Toutes ces activités, alimentées par les peurs découlant des dangers réels ou imaginaires qui menacent les individus, les familles et les biens, sont une réponse à l’insécurité grandissante.
Il est prouvé que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont créé les conditions qui ont permis à nombre de gouvernements africains de se désengager de leur responsabilité d’assurer la sécurité de leurs citoyens et de laisser les « forces du marché » et les sociétés privées de sécurité s’engouffrer dans cette brèche. Il n’est pas évident que cette privatisation de la sécurité ait conduit à une réduction des effectifs des forces de police, mais elle a, sans conteste, permis la fourniture de services qui étaient jusqu’alors du ressort de la police. La majeure partie de ces sociétés privées de sécurité sont d’ailleurs gérées par des officiers de police, à la retraite ou ayant choisi de mettre fin à leurs carrière, et qui possèdent le savoir-faire nécessaire.
Divers conflits armés et guerres civiles ont laissé des caches d’armes importantes dans nombre de pays africains. Il en a résulté un lucratif marché de vente et d’achat d’armes qui est à la fois une menace et une opportunité pour ceux qui travaillent dans la fourniture de services de sécurité. S’agit-il d’une réponse à une demande de sécurité requérant la fourniture d’armes, ou bien s’agit-il d’un besoin de sécurité créé délibérément afin d’absorber des stocks d’armes, cela reste à voir. De plus, la fin de la lutte armée ou des guerres civiles dans les Etats en situation de sortie de conflit, signifie également qu’il existe un grand nombre de personnes possédant des connaissances militaires qui sont à la recherche d’un emploi et qui peuvent facilement être absorbées par les sociétés privées de sécurité. La relative fin des manifestations du militarisme sous la forme de coups d’Etat et de régimes militaires n’a pas fait place aux dividendes tant espérés de la paix. A la place, se manifestent de nouvelles politiques sécuritaires caractérisées par la privatisation de la sécurité, l’émergence de sociétés internationales privées de sécurité et de nouvelles formes de conflits armés.
Sous l’administration Bush, les Etats-Unis ont utilisé le prétexte de la défense de la démocratie mondiale pour renforcer leur politique et leur stratégie de sécurité nationale à travers le globe, particulièrement en Afrique et au Moyen-Orient. Le 11 septembre a donné naissance à des pratiques telles que la reconnaissance faciale et ethnique, des fouilles intrusives et intensifiées dans les aéroports et une liste toujours plus longe de substances interdites à bord des avions, tout cela sous prétexte de détecter les « terroristes. » La plupart de ces mesures de sécurité avaient peu d’intérêt pour le continent africain mais elles lui furent quand même imposées avec pour conséquence que les problèmes globaux de sécurité auxquels font face les Etats-Unis ont créé une atmosphère d’insécurité en Afrique.
Le marché de la fourniture de services de sécurité brasse d’importantes sommes d’argent. Non seulement une bonne sécurité coute chère, mais de surcroît les citoyens paient deux fois pour le service, d’abord sous la forme d’impôts pour payer des services qui ne sont finalement pas fournis par les gouvernements, puis une deuxième fois en recourant directement à des sociétés privées de sécurité. Les questions fondamentales qui devront être traitées dans le cadre de cet Institut sont :
- Qui profite, tant au plan local qu’au plan mondial, de l’insécurité grandissante en Afrique et qu’y gagnent-ils ?
- Qui profite des activités des sociétés privées de sécurité et qui les contrôle aux plans local et mondial ?
Cependant, avant de se poser ces problèmes évidents, il est nécessaire de se poser quelques questions de base telles :
- Les sociétés privées de sécurité sont-elles un avantage ou un inconvénient pour la gouvernance et la démocratie en Afrique ?
- Quels sont les différents types de sociétés privées de sécurité opérant dans les différents pays africains ? A qui appartiennent-elles ? Qui finance leurs activités ? Quelle est leur clientèle? Les sociétés privées de sécurité présentent une grande diversité et comprennent une large gamme de sociétés allant de celles employant des gardiens en uniforme armés d’un simple bâton à celles possédant des véhicules blindés lourdement armés. De plus, il existe différentes formes de sécurité s’intéressant à la sécurité individuelle, la sécurité industrielle, la sécurité d’Etat, et à la protection des civils.
- Les sociétés privées de sécurité gagnent-elles du terrain dans la fourniture de sécurité dans les différents pays africains ?
- Quels facteurs peuvent expliquer l’insécurité grandissante dans les agglomérations urbaines d’Afrique ?
- Quelle est la relation entre les sociétés privées de sécurité et les organes de sécurité d’Etat tels que la police, la gendarmerie, l’armée, les forces paramilitaires et autres institutions gouvernementales ?
- De quelles manières les différents gouvernements utilisent-ils les sociétés privées de sécurité pour renforcer et asseoir leur pouvoir et leur contrôle sur les citoyens ordinaires ?
- Du point de vue des liens existant entre les sociétés privées de sécurité et la gouvernance démocratique en Afrique, notamment en termes d’organisation interne, de gestion du personnel, d’exercice de leurs activités, etc., les sociétés privées de sécurité renforcent-elles ou menacent-elles la démocratie ?
- La mondialisation et sociétés privées de sécurité en Afrique.
- Quelle est la relation entre la sécurité privée et la bonne ou mauvaise gouvernance politique et financière et de la responsabilité en Afrique ?
- Comment les sociétés privées de sécurité protègent-elles leurs clients (individus ou entreprises) les personnes armées agissant ou non pour le compte de l’Etat ?
L’étude des sociétés privées de sécurité offre l’opportunité d’explorer le passage d’un militarisme criard à des méthodes plus subtiles d’exercice et de contrôle de pouvoir. Dans certains cas, cependant, il peut exister des relations de confrontation voire de compétition entre les sociétés privées de sécurité et les gouvernements, et/ou les organisations régionales, et il est important de s’intéresser à ces tensions. Cela permet de mettre en lumière le danger qu’il y a d’accepter la rhétorique internationale sur la démocratie, les droits humains, la sécurité internationale sans chercher à comprendre les forces hégémoniques dominantes qui manipulent ces concepts, apparemment neutres. L’insécurité individuelle et les menaces diverses peuvent être utilisées par les gouvernements africains afin d’exploiter les peurs de leurs propres citoyens. Enfin, si les gouvernements sont incapables de fournir un élément aussi fondamental que la sécurité à leurs citoyens, se pose alors la question de savoir quel rôle jouent-ils réellement ?
Eligibilité et Sélection
Le Directeur
Pour chaque session, le CODESRIA nomme un directeur choisi au sein de la communauté des universitaires et des chercheurs afin d’assurer la direction intellectuelle de l’Institut. Les directeurs sont des scientifiques de haut niveau réputés pour leur connaissance du thème choisi ainsi que pour l’originalité de leur point de vue sur la question. Ils sont recrutés sur la base d’une proposition et d’un plan de cours couvrant une période de quarante cinq jours de travail pendant lesquels ils devront, entre autres:
- Participer à la sélection des lauréats;
- Aider à l’identification des personnes ressources ;
- Concevoir les cours de la session, y compris la spécification des sous-thèmes;
- Faire une série de conférences et soumettre une évaluation des communications présentées par les personnes ressources et les lauréats;
- Rédiger et soumettre un rapport scientifique relatif à la session.
En outre, le Directeur doit (co-)éditer les versions révisées des communications présentées par les personnes ressources, en vue de leur publication dans l’une des collections du CODESRIA. Le Directeur doit également assister le CODESRIA dans la tâche d’évaluation des communications présentées par les lauréats pour publication dans un numéro spécial d’Afrique et Développement ou dans une monographie.
Les personnes ressources
Les cours dispensés durant l’Institut ne sont pas des cours d’introduction, mais doivent offrir aux lauréats l’occasion d’approfondir leurs réflexions sur le thème choisi ainsi que sur leur propre sujet de recherche. Les personnes ressources doivent, par conséquent, être des chercheurs confirmés ou en milieu de carrière qui ont beaucoup publié sur le sujet, et qui ont une contribution importante à apporter aux débats.
Une fois sélectionnées, les personnes ressources doivent:
- Déposer un exemplaire de leurs cours pour reproduction et distribution aux participants au moins une semaine avant le début des cours;
- Donner leurs cours, participer aux débats et commenter les propositions de recherche des lauréats ;
- Revoir et soumettre la version révisée de leurs documents de recherche pour publication par le CODESRIA au plus tard deux mois après leur présentation.
Les lauréats
Les candidats doivent être des chercheurs africains titulaires, au minimum, d’une maîtrise et ayant une capacité prouvée de faire de la recherche sur le thème de l’Institut. Les intellectuels actifs dans les processus politiques, dans les mouvements sociaux et au sein des organisations de la société civile sont aussi encouragés à candidater. Le nombre de places offertes par le CODESRIA pour chaque session est limité à quinze (15). Les chercheurs non-africains ayant les moyens de financer leur participation peuvent également faire acte de candidature tout en sachant que le nombre de places est limité. La sélection sera faite par un comité indépendant composé d’universitaires et de chercheurs chevronnés.
Les dossiers de candidatures
Les dossiers de candidatures pour le poste de Directeur doivent comprendre :
- une demande de candidature;
- une proposition de quinze pages au plus, décrivant les questions qui seront couvertes dans le cours proposé, démontrant l’originalité du cours et montrant comment il répond aux besoins des lauréats potentiels, particulièrement en s’appesantissant sur les questions couvertes du point de vue des concepts et de la méthodologie, la revue critique de la littérature, et l’éventail de questions soulevées par le thème de l’institut ;
- un curriculum vitae détaillé et actualisé,
- trois publications.
Les dossiers de candidatures des personnes ressources doivent comprendre:
- une demande de candidature ;
- deux publications ;
- un curriculum vitae ;
- une proposition de cinq pages au plus, décrivant les questions qui seront couvertes dans le cours proposé.
Les dossiers de candidatures des lauréats doivent comprendre :
- une demande de candidature ;
- une lettre attestant de l’affiliation institutionnelle;
- un curriculum vitae ;
- une proposition de dix pages au plus, en deux exemplaires, comprenant une analyse descriptive du travail que le candidat veut entreprendre, un résumé exposant l’intérêt théorique du thème choisi, et les relations entre le sujet et la problématique et les centres d’intérêts pris en compte par le thème de l’institut 2009 ;
- deux lettres de référence de chercheurs connus pour leur compétence et leur expertise dans le domaine de recherche du candidat tant du point de vue scientifique que du point de vue de la couverture géographique de la problématique, avec leurs noms, adresses, numéros de téléphone et/ou de télécopieurs et adresses électroniques.
La date limite de soumission des candidatures est fixée au 31 mai 2009 et l’institut se déroulera du 3 au 28 août 2009 à Dakar (Sénégal).
Les dossiers de candidatures et les questions éventuelles devront être adressées à:
Institut sur la gouvernance démocratique
CODESRIA
Avenue Cheikh Anta Diop x Canal IV
BP 3304, CP 18524, Dakar, Sénégal.
Tel: (22… 22/23
Fax : (221) 33 824 12 89
Email: governance.institute@codesria.sn
Website: http://www.codesria.org