MAMAN

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 26 juin 2009

 

Nous sommes réunis pour « Fêter » une fin

La fin inéluctable qui attend tout humain.

 

Cette fin me concerne, il s’agit de ma mère

Je veux dire devant vous tout ce qui m’exaspère

Car sur cette mort là je ne peux pas me taire

Je ne peux oublier maman très en colère

Face à la maladie ne pouvant plus lutter

Je ne sais plus prier mais sais encore parler.

 

Merci à ses amis venus l’accompagner

J’en suis bien désolé mais il faut m’écouter

Car le temps est venu de reconstruire l’histoire

Car aucun crucifix, baudrier, goupillon,

Béni ou sanctifié ne m’empêchera de voir

Que sa mort fut horrible et cela sans raison

 

Je garde sa douleur elle me prive de croire

Et le feu va détruire mes lueurs d’espoir

Des cendres de Maman je veux faire un poème

Ultime citation pour lui dire que je l’aime.

 

Sur ton corps torturé ne te ressemblant plus

Je n’ai su retrouver tes passions tes ardeurs

J’ai compris ta révolte je veux qu’elle soit connue

Je veux communiquer sans haine et sans rancœur

 

Et je suis incapable d’ouïr sans réaction

Les discours habituels servis en l’occasion

Dieu rappelant à lui dans toute sa clémence

Sa bonté, son amour et toute l’espérance

De la savoir enfin sereine et reposée

Au royaume des justes elle s’en serait allée.

 

Pourquoi cette souffrance,  pourquoi ces douleurs.

Une mort plus conforme à ton enseignement

Eut trouvé à mes yeux une raison meilleure

De nos derniers échanges, de nos derniers instants

J’ai bien compris tes doutes, ton incompréhension

Je veux que soit connue ton ultime leçon.

 

Car  plus aucun Gloria, plus aucune prière

Et plus aucun cantique plus aucune oraison

Ne pourrait à ses yeux avoir de raison

Notre père éternel n’est donc qu’une chimère

Palliatif pratique des mystères de la vie

Pour offrir aux malheurs le meilleur alibi

 

 

Je respecte vos rites c’est ce qu’elle m’a appris

Mais je veux garder d’elle sa lutte et son esprit

Car tant que je vivrais elle sera éternelle

Et le jour de ma mort je ne veux pas du ciel

 

 

Ce qu’a dit Mutti fut sans ambiguïté

De m’être pas trompé, je suis bien assuré

Je suis bien désolé si je gâche vos fêtes

Si face aux conventions je dois tenir tête

Je me sens incapable de ne pas respecter

Sa dernière leçon, dernière volonté

 

Ainsi priez sans moi … car je ne puis rester.

 

LENOIR RENE 

 

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