Afrique Centrale: Fibre optique – L’Afrique centrale en réseau

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 12 août 2010

Sainclair Mezing 6 Août 2010

Le lancement du «backbone» va favoriser l’interconnexion des différents pays et accélérer l’intégration sous-régionale.

Les communications téléphoniques, la navigation sur Internet et le transport des données électroniques pourront bientôt se faire à moindres coûts dans des conditions de confort requises et en un temps record à travers les pays d’Afrique centrale. Avec le lancement hier à Yaoundé du projet «Réseau de télécommunications haut débit à fibre optique d’Afrique centrale», les pays de la sous-région bénéficieront d’une interconnexion entre eux et les Etats enclavés pourront avoir accès au câble sous-marin à fibre optique SAT-3 à partir du point d’atterrissement de Douala ou à d’autres câbles sous-marins en cours d’installation sur la côte. La mise en oeuvre de ce projet, né de la volonté des chefs d’Etat d’Afrique centrale réunis en mai 2007 à N’Djamena au Tchad, a pour ambition d’accroître la connectivité par un accès généralisé à l’Internet haut débit afin de permettre un développement durable et une intégration harmonieuse des pays de la sous-région. Financé à hauteur de 11 milliards 255 millions de francs par la Banque Mondiale, la Banque africaine de développement et d’autres partenaires, ledit projet est également appelé à réduire le fossé numérique au sein de la sous-région.

La première phase de ce projet qui a démarré par la pose d’une fibre optique le long de l’oléoduc connectant Komé au Tchad et Kribi au Cameroun, permet l’interconnexion entre le Cameroun, le Tchad et la République Centrafricaine. La deuxième phase, quant à elle, consiste à l’extension du réseau aux autres pays de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Ce qui suppose l’existence dans ces autres pays de l’Afrique d’un réseau national haut débit à fibre optique (backbone).

Au Cameroun, le déploiement de cette nouvelle technologie a non seulement pour objectifs de contribuer à la mise en place de l’administration électronique (e-government), mais surtout de favoriser la réduction du coût des affaires. Plaque tournante sous-régionale, le Cameroun figure parmi les économies les plus complexes. En 2007, il occupait le 164e rang sur 181 pays à travers le monde en matière de paiement des impôts, tandis que le coût des services Internet était le plus élevé des pays concernés par le backbone (67 dollars) comparativement à la moyenne en Afrique subsaharienne (43 dollars) et la moyenne mondiale (21 dollars).

 

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Télécommunications : les pays de l’UEMOA se mettent en réseau

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 12 août 2010

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L’espace économique opte pour un marché commun à l’horizon 2012

Les ministres des télécommunications des huit pays membres de l’Union monétaire et économique ouest africain (UEMOA) ont planché fin juillet à Bamako, sur la mise en place d’un réseau commun de télécommunication dans l’espace économique. Celui-ci va se traduire par la connexion des Etats à l’Internet haut débit par fibre optique et la mise en circulation d’une puce téléphonique commune à tous les Etats. Les prix des communications devront sensiblement baisser.

C’est un pas en avant, dans l’intégration régionale des pays de l’Union monétaire et économique ouest africain (UEMOA) : réunis jeudi 29 juillet à Bamako, la capitale malienne, les ministres en charge des télécommunications des huit pays membres [1] de l’espace économique ont planché sur la mise en place d’un marché commun des télécommunications « ouvert et concurrentiel » à l’horizon 2012. Un projet qui verra la mise en place d’un réseau unique de télécommunication et l’adoption d’un model harmonisé de calcul des tarifs d’interconnexion d’ici fin 2011. Pour les usagers, le projet se traduira concrètement par la mise en place d’une puce téléphonique commune, au sein de l’Union.

Fibre optique

Sur le plan technique, un réseau haut débit à fibre optique, interconnectant les Etats membres de l’espace communautaire deux par deux est en cours d’exécution. Un premier tronçon devant relier le Burkina Faso au Niger a été achevé fin juin, entre Koupela (Burkina Faso) et Fada N’Gourma (Niger). Le deuxième, long de 150 km et qui doit lier le Burkina Faso et le Benin est en cours de construction. Sa livraison est programmée pour 2012. L’UEMOA compte sur la fibre optique pour rattraper son retard dans le domaine de l’accès des populations à Internet. L’harmonisation des tarifs et la mise en place d’une puce commune auront également pour effet d’induire une baisse substantielle des prix des communications téléphoniques.

Restent l’harmonisation des lois nationales et l’équipement des ménages en matériels informatiques. Fin juillet, seuls deux Etats, le Burkina Faso et la Guinée-Bissau, étaient prêts pour la transposition des directives de l’Union dans leurs lois internes régissant les télécommunications. Les Etats retardataires ont été exhortés à tout mettre en œuvre pour pouvoir respecter la date butoir du 31 décembre 2010. Les ministres ont également suggéré aux Etats de défiscaliser les matériels informatiques, afin de faciliter l’équipement des ménages et des structures d’éducation. Ils ont enfin invité l’UEMOA à soutenir les Etats membres, dans l’effort de basculement de leur radiodiffusion sonore et télévisuelle de l’analogique vers le numérique, à l’horizon 2015.

[1] Benin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo

 

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Comment les patrons du Net voient Internet en 2012

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 6 août 2010

Journal du Net

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Neuf chef d’entreprises Web, membres de l’Internet Managers Club, partagent leur vision de ce que sera Internet en 2012. Usages, technologies, tendances, découvrez leurs prévisions.

 

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Andrew Buckman, managing director, Webloyalty
L’internet en 2012 sous le signe du « self-cial service » : le self service social – comment auto-diagnoser ta vie avec l’aide de ton réseau avant de faire appel aux bons professionnels. Ta santé, tes finances, ta carrière, ta famille, ta voiture… tout est géré à partir du device dans ta poche et toutes tes décisions sont guidées par les expériences de tes amis grâce au suivi live de ta life sur internet.

 

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Emmanuel Vivier, cofondateur et directeur de la stratégie de Vanksen et CultureBuzz.fr 

Les deux années précédentes ont été incontestablement l’avènement des réseaux sociaux avec, d’un coté, Facebook et Twitter pour une cible grand public, puis Linkedin et Viadeo se partageant la cible pro et entreprises. Les prochaines années seront à mon sens celles d’un recentrage sur la technologie. Alors qu’elle fut délaissée et moribonde après les années ‘bulle’ celle-ci va revenir au galop sur un marché mature et démocratisé de l’Internet, avec notamment l’Internet mobile en toile de fond, voir fondu ouvrant ainsi une nouvelle ère…

Cette nouvelle ère c’est Apple qui fut le premier à la toucher, à la déceler en lançant l’iPhone puis l’iPhone 3GS…Désormais, nous pouvons surfer sur Internet à grande vitesse, prendre des photos et des films les envoyer sur Youtube, changer les statuts de son réseau social préféré…Publier un article sur son blog le tout en effleurant son iPhone…Oui, cela existe aujourd’hui et cela ne va pas s’arrêter. Il y a peu, Apple, encore lui, a lancé son dernier ‘screen touch product’ l’Ipad.

Nous y voyons même s’il ne fait pas l’unanimité ce que sera l’Internet dans deux ans… Nous pouvons envisager que dans deux ans nous serons plus tactiles qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux auront permis de structurer, canaliser, fédérer des groupes, des affinités qui se rencontreront physiquement plus facilement et plus rapidement qu’aujourd’hui.

Le clavier va peu à peu laisser p lace au doigt et à l’œil

On peut imaginer des lieux dédiés un peu partout destinés à accueillir ces rencontres dans des endroits confortables, agrémentés ou non de collations, de drinks, suivant des cibles et des thématiques définies, le virtuel et le réel ne faisant plus qu’un… Sur le plan technologique, nous serons également plus tactile, nous aurons au moins une tablette de type Ipad sur nous, plus souple physiquement, plus complète permettant via Skype par exemple, de faire une Visio conférence nomade de chez soi, du bureau, du TVG, sans problème de coupure de réseau… D’appeler ses amis, de créer des improvisations, des shows, des évents musicales privées à regarder avachie dans son canapé… Les screen touch auront envahi l’industrie automobile, il sera possible pour nos chères têtes blondes de passer le doigt sur une icône pour écouter de la musique, regarder un film, surfer sur Internet alors qu’il y a peu ils se contentaient de lire un DVD dans le même appuie-tête…Le tout contrôlé par papamaman qui pourront également, s’ils le souhaitent, écouter via Bluetooth la musique de leur progéniture…

Concrètement, le clavier va peu à peu laisser place au doigt et à l’œil…Avec la réalité augmentée il sera facile de consulter sur son GPS, au fur et à mesure que le véhicule défilera, les restaurants, les stations services en 3D, ou l’intérieur d’une boutique de mode avec en temps réel la visualisation de la dernière collection printemps été… Bref, tout ce qui était à l’étude il y a dix ans sera prêt et bien en place… De nouveaux services verront le jour, il faudra plus d’écoute, plus d’assistance, à la fois pour les très jeunes et les seniors… A noter que le mobile et les opérateurs actuels auront un effort à faire au niveau du rapport prix/services. Peu à peu, de nouveaux acteurs vont entrer en piste, cassant peut-être les offres actuelles à l’instar de Free pour Internet…

Nous allons nous diriger vers une démocratisation de l’offre mobile qui est encore beaucoup trop élevée… Le tout associé à un Internet nomade. Tout laisse à penser que mobile et Internet seront l’enjeu des deux années à venir, nous nous dirigeons vers ce que nous voulions il y a 10 ans : un Internet accessible partout, donc nomade, au meilleur prix…
 

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Emmanuel Vivier, cofondateur et directeur de la stratégie de Vanksen et CultureBuzz.fr

2012, ou l’année du ‘web punk’ contre le ‘web jukebox’

Depuis 10 ans, Internet s’est développé avec un formidable essor… 1.0 , puis web 2.0, synonyme de toujours plus de choix, de contenus, d’outils, de liberté et de perspectives avec les nouvelles possibilités du mobile (merci l’iPhone). Pourtant, 2012 sera l’année d’une véritable bataille entre deux conceptions du web diamétralement opposées, entre le ‘web punk’ et le ‘Web jukebox’.

Le web 2.0 a démocratisé les outils pour créer, et distribuer l’information, et le contenu… Avec lui, les marques et les media ont perdu leur quasi monopole sur la communication de masse. N’importe quel ado peut créer et partager une vidéo avec le monde entier, n’importe quelle fan de cuisine lancer son magazine, blog,… concurrençant peu à peu l’élite médiatique et du divertissement. Certes, la qualité est variable, mais tels des fourmis, les internautes 2.0 sont  tellement nombreux, leur production tellement prolifique, leurs outils en constante amélioration… que leur impact est impossible à négliger. Bienvenue dans le ‘web punk’, où 400 millions de personnes publient sur un blog, 94 millions tweetent, podcastent,… avec passion et liberté.

Un web propre, au contenu validé par Apple

Menacés, media, labels et studios ont pris le web de haut, puis essayé de résister (la bataille contre le P2P..) en regrettant la bonne époque du Minitel et du paiement au temps passé. Après 10 ans d’errance, un nouveau prophète semble enfin leur proposer une planche de salut : Steve Jobs. Avec son écosystème innovant et astucieux, mixant terminal sécurisé (100 millions d’iphone + ipod + iPad) pour consommer audio, vidéo et applications, plate-forme de paiement et de distribution (iTunes), ergonomie et design, Apple a réalisé un vrai coup de maître suivi par Microsoft avec Xbox, Sony & Playstation, Google et YouTube. Bienvenue dans le camp du ‘web Jukebox’.

Un web propre, au contenu validé par Apple. Adieu porno, chaos… et liberté. Bonjour monétisation. Bye bye téléchargement illégal, CPM de misère… Bienvenue dans un ‘web Playskool’ où certes les copyrights sont respectés, les auteurs rémunérés, mais un web prémâché, prêt à consommer, et entièrement contrôlé… 2012 sera donc une année capitale dans l’avenir du web…. si les créateurs de contenus doivent et peuvent enfin espérer être rémunérés, le temps dira s’ils ne fuient pas la liberté extrême du web 2.0 pour se mettre sous la protection d’Apple and co, futurs Wallmart de demain qui auront droit de vie ou de mort digitale sur chaque contenu, sur son prix, son format…
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Alain Garnier, cofondateur et pdg de Jamespot 

2012. Il paraît que c’est la fin du monde annoncé par les Maya… Alors Internet aura-t-il survécu malgré tout ? Que peut-il bien se passer en 14 ans humains (une année Internet correspondant à une année Chien et va donc sept fois plus vite) ? Que se passe-t-il en moins de deux ans, ce qui implique déjà exister dans les cartons de la R&D mais qui accepte une évolution d’usage très fort ? Ce n’est donc pas de la science fiction mais bien des problématiques accessibles dont l’usage n’est pas encore devenu massif.

Trois grandes composantes d’usage me paraissent centrales. La mobilité, la socialisation globale du Web et enfin l’irruption du numérique dans le réel. Commençons par la mobilité. Aujourd’hui, l’essentiel des accès au Net se font depuis un ordinateur fixe ou quasi fixe (portable). Demain, la tendance va s’inverser pour laisser la place à des objets communicants s’appropriant une part de l’accès au Net. C’est bien sûr le téléphone mobile, permettant de naviguer, mais aussi d’acheter, de consulter en temps réel les informations, bref il est devenu le compagnon permanent de notre vie numérique.

Mais c’est aussi de nouveaux « devices » mobiles, connectés à Internet et qui auront des tâches dévolues. Les tablettes actuelles en sont la préfiguration et permettront de manière très simple d’être connecté à Internet pour des usages précis : tablette dans la cuisine pour les recettes, tablette sur le réfrigérateur pour les courses, grand écran connecté à Internet dans la chambre ou le salon pour regarder des films. Bref, depuis un accès Internet fixe, on pourra s’y connecter de partout, c’est ce que j’appelle la mobilité.

En fait, je suis sûr d’une seule chose : on ne va pas s’ennuyer !

Ensuite, la socialisation du Web, déjà bien entamée par ce que nous montre Facebook, va s’étendre à l’ensemble des fonctions du Web. Que ce soit pour l’achat (en temps réel, je vais pouvoir chatter avec les amis et les amis de mes amis pour avoir leurs avis sur un achat, un service), ou pour lire (en temps réel ce que je lis est mis en relation avec les lectures et avis de ceux avec qui je veux partager), ou pour organiser un voyage, un événement, etc… C’est ce que j’appelle la  socialisation globale du Web. Aucune information n’existera plus sans le lien avec des personnes qui en donneront le sens et la valeur.

Pour moi, l’évolution la plus importante concerne l’irruption du numérique dans le monde réel et son interaction. Il s’agit pour être concret de remplacer ou d’ajouter des éléments numériques dans le monde réel de manière contextuelle pour celui qui le regarde. On peut découvrir un aperçu lors d’une des conférences TEDX portée par une entreprise appelée 6e Sens. On y voit quelqu’un regarder une étiquette dans un magasin et sur laquelle apparaît des informations relatives aux questions qu’il se pose, et pouvoir interagir en cliquant sur cette étiquette pour acheter le produit. Bref, on ne va plus sur Internet. Le monde contient Internet et Internet contient les informations du monde.

Au-delà de ces trois grandes évolutions, on va voir aussi la domination du SaaS sur le logiciel, l’apparition d’un géant qui fera trembler Google, le problème de privacy qui va aller croissant, le bazar des nouveaux TLDs, un grand désastre de cloud computing ou des millions de personnes vont perdre des données, l’apparition d’un Internet à plusieurs vitesses, une monnaie Internet qui va apparaître, et, enfin, un grand black out du Net qui va montrer combien nous en sommes tous devenus très dépendants.

 

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Daniel Bréchignac, fondateur de Brechignac Associates

1- Google régresse en pénétration et en revenus, le marché confirme qu’il doit partager le marché du search avec un challenger tel que Microsoft-Yahoo et les grands réseaux d’agrégation des inventaires publicitaires en liens contextuels. L’effritement de son revenu sur le search tente d’être compensé par des services facturés à la demande sur les professionnels notamment et/ou des applications verticales (search sur intranets et autres google docs sécurisés).

2- La concentration des régies digitales se poursuit avec une contre-attaque du groupe Orange qui se retrouve face à Lagardère et MSN-Yahoo. Les premiers modèles de places de marché font leur apparition avec une extension du modèle économique des liens sponsorisés (enchères sur pricing model variable : cpm, cpc, cpa). L’achat de la publicité en ‘display’ peut désormais se faire directement sur des plates-formes électroniques de ‘bid and ask’ comme sur une place de marché financière.

3- Les plates-formes d’affiliation ne progressent plus et les premières concentrations s’opèrent. Elles sont violemment challengées par les « advertising exchanges » des grands réseaux publicitaires. Elles doivent revoir leurs rémunérations à la baisse.

4- Les agences média confirment leur main mise sur une approche ‘mass-media’ du canal internet et sur les campagnes de branding. Elles confirment l’utilisation sommaire du media notamment sur la remontée de datas qu’elles continuent de négliger.

5- Le ciblage comportemental confirme qu’il ne permet pas aux régies de défendre leurs marges et de faire remonter le niveau des prix nets. Aucun case study probant ne sort pour démontrer que le modèle est plus puissant qu’un media planning sommaire mais performant économiquement.

6- En e-commerce, la restructuration en cours avec la débâcle des VPCistes historiques se confirme. De nouveaux  indépendants émergent sur les ruines des ventes catalogues avec un canal papier qui devient une source de trafic comme une autre et un facteur de légitimité pour des pur players e-commerce. La vente en ligne confirme sa fonction de transfert de business model pour les VPCistes historiques, mais devant la réforme impossible de leurs structures internes, leur rentabilité s’écroule et ils sont obligés de laisser la place à de nouveaux acteurs libérés de la culture du catalogue.

7- Les pur players e-commerce se concentrent majoritairement sur leur croissance hors frontières. Le secteur bricolage-décoration a commencé à décoller. La crise a nettoyé le nombre d’acteurs et des groupes d’enseignes e-commerce  commencent à structurer le marché.

 

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Hervé Bloch, fondateur et pdg de Digilinx

Certains illuminés pensent qu’en 2012, des astéroïdes cachés pour l’instant dans l’orbite de la Terre vont venir frapper notre planète. Et si tout simplement Internet continuait sa folle ascension dans le monde et initiait de nouveaux horizons…

Une chose est certaine, le mobile sera incontestablement le point d’entrée de la toile le plus courant. Qui aurait cru que l’iPod, Myspace ou Yahoo allaient un jour se ringardiser ? Cela veut-il dire que l’iPad sera en 2012 une vulgaire tablette de première génération, Facebook un média social obsolète et Google, un moteur de recherche inefficace ? Il est donc difficile d’imaginer l’Internet en 2012 quand tout va si vite. Il sera évidemment de plus en plus présent, sous toutes ses formes, avec ses travers honteux et ses gisements d’opportunités.

Je vais essayer d’évoquer la question par génération.

La génération X commencera à s’intéresser à la révolution digitale. Ils n’auront pas le choix. Le clivage va être de plus en plus fort, et il est impensable aujourd’hui de ne pas pénétrer cet univers quand on pense que Facebook est le 4ème pays le plus peuplé du monde. Il faudrait activer le tourisme digital !

La génération Y commencera à arriver sur le marché du travail, cette génération qui passe plus de temps sur internet que devant la tv. La carrière passera incontestablement par l’utilisation des réseaux sociaux professionnels. La tribu sociale passera incontestablement par les médias sociaux et Facebook sera probablement encore là. De nouveaux médias sociaux de niches feront probablement leur apparition. L’internet social sera probablement le meilleur moyen de combler le vide laissé par l’éclatement de la cellule familiale.

La génération Z fera la loi sur la toile et il faudra trouver les moyens de protéger cette communauté digitale née avec une souris dans le berceau. Ma fille aura 3 ans et elle disposera probablement d’un écran tactile relié à la toile pour échangera vec ses copines les dernières  iconographies d’Hello Kitty. Mais il ne faudrait pas que des pédophiles s’invitent dans ces sites infantiles. En tant que père, je suis terrorisé par cette dérive. L’Internet du futur devra lutter contre ces cybercriminels.

Barack Obama est le premier candidat présidentiel américain, si ce n’est le premier homme politique au monde, à avoir réussi une campagne à 360° avec un fort investissement sur la toile. L’année 2012 sera en France une année de cyber politique et je m’en réjouis d’avance.

Alors prêt à voter pour son candidat via iPad ???

 

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Godefroy Jourdan,  Directeur Général Adjoint Internet Spir Communication

2012 : l’Internet mobile devient mature

Le scenario que je privilégie pour les trente prochains mois est celui d’une seconde révolution Internet portée par les téléphones mobiles. Le fait qu’Apple ait annoncé 250 milions de dollars de revenus de commercialisation des applications iPhone sur iTunes en décembre 2009, ou encore que Gartner prévoit 22 milliards de dollars de revenus en 2013 pour l’Apple AppStore, témoigne que nous entrons dans une ère nouvelle de l’Internet où les contenus se monétisent.

Les éditeurs et détenteurs de contenus premium profiteront des nouveaux écosystèmes intégrés (harware + software, + CRM), qui favorisent la concentration des usages sur un nombre limitée d’applications, au détriment des sites web mobiles. La très forte intensité d’usage des mobinautes, connectés en temps réel et partout à l’Internet grâce à leur téléphone, ne se démentira pas. Ce scenario laisse à penser que chacun des leaders positionnés aujourd’hui développera un business de plusieurs milliards de dollars. Ainsi, Apple pourrait avoir vendu 200 millions d’iPhones en cumul à fin 2012. L’iPhone restera un téléphone haut-de-gamme, générant plusieurs milliards de téléchargements d’applications et quelques milliards de dollars de publicité via le réseau iAd.

Goggles démocratisera définitivement la réalité augmentée.

Microsoft pourrait connaître un grand succès avec la nouvelle évolution de son Kin, qui rivalisera avec Nokia et Google sur le marché gigantesque des smartphones moyens de gamme. Le Nexus Two de Google sera le téléphone dont tout le monde parle : son moteur de recherche d’images Goggles, parfaitement au point, changera la vie quotidienne de ses utilisateurs et démocratisera définitivement la réalité augmentée. La majorité des quotidiens et de nombreux magazines seront diffusés exclusivement en version digitale, le Web leur servant uniquement de support de conquête et de relations clients, le mobile de support de consommation de l’information.

Enfin, la publicité vivra une mutation très forte, le géociblage s’imposant de manière systématique du fait de la masse critique de contacts potentiels. Les annonceurs se détourneront un peu plus de la publicité audiovisuelle au profit de campagnes mobiles associant créations multimédia et ciblage spatio-temporel personnalisé. Et l’ensemble du dispositif législatif de protection des données personnelles sera en cours de révision au Parlement européen. Le monde de 2012 ne sera guère différent de celui d’aujourd’hui : nos usages Internet mobiles ressembleront forts à ceux que nous connaissons. Il y aura simplement beaucoup plus d’utilisateurs, un usage plus systématique et quelques nouveaux services malins.

 

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Olivier Luet, manager e-business chez Plastic Omnium

Minority Report, ça vous dit quelque chose ?

Hé bien précipitez-vous pour le voir car il y a des chances qu’en 2012 internet ressemble bientôt à ça : un internet quotidien, modulaire, communautaire, un brin totalitaire (?) et multidimensionnel et pendant que vous y êtes, feuilletez la saga ‘Hypérion’ de Dan Simmons pour vous projeter encore plus loin.

Divagations me direz-vous ? Et bien je vous renvoie à la présentation de Pattie Maes à TED (février 2009-longbeach Californie) qui parle du ‘sixième sens’, ce sens qui nous donnera accès quotidiennement à une masse colossale d’informations venant d’internet et qui nous aidera à prendre des décisions aussi triviales que ‘quelle livre choisir’ ? ou ‘Ce produit a-t-il un indice carbone faible’ ?.

Le prototype de ce 6e sens existe déjà ! Cette présentation nous montre qu’internet s’affranchit rapidement du support ordinateur, pour essaimer vers d’autres supports tels les ‘Smartphones’, les télévisions, dernièrement les tablettes, les voitures… et techniquement rien n’est impossible. Verra-t-on prochainement des abris bus intelligents donnants des infos sur le trafic, véritables interfaces connectées et où l’on pourra se connecter ?

Cette présentation nous montre également qu’Internet ‘augmentera’ notre réalité. Promenez-vous en ville et vous saurez (via Smartphone aujourd’hui, autre support demain) où sont les restos les plus proches, quels avis ont été déposés dessus, et votre Smart-truc vous y guidera. La ‘réalité augmentée’ fera partie de notre quotidien : elle vous présentera le plat du jour devant un resto inconnu, elle vous procurera du contenu devant un monument historique, ou devant un individu en vous présentant les réseaux sociaux sur lesquels il est présent.

Internet en 2012 sera communautaire et installera le ‘social commerce’ à la place du e ou du m-commerce. Aujourd’hui déjà, ce n’est plus la marque qui contrôle son image. En 2012, plus de 80 % du contenu sur Internet sera généré par les internautes et non par les marques (aujourd’hui, 25 % du contenu relatif aux 20 plus grandes marques internationales est généré par les internautes).

 

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Carlos Diaz, cofondateur et pdg de Blue-Kiwi Software

BtoB, BtoC ?

En 2012, la distinction entre BtoB et BtoC n’existera plus : 400 millions d’utilisateurs de Facebook, 75 millions sur twitter, des millions de blogs…Le problème est évident : l’entreprise doit aujourd’hui gérer le « Crow » (la foule) et les opinions, visibles de tous.

Des responsables de marques aux directeurs marketing et innovation, en passant par les nouveaux community managers (ou community conversationalists), tout le monde s’efforce de capter les messages en provenance des communautés sur le Web. L’époque du site web « vitrine et mur de verre » est définitivement révolue, il convient désormais de créer des ponts entre la marque et ses clients.

Effet de mode ? Si l’on se réfère à une étude Nielsen datée de mars 2009, il ressort que blogs et réseaux sociaux sont devenus le 4e usage le plus populaire sur internet (66,8 %) devant l’email (65, %). Plus intéressant encore, ce taux de croissance est le double de celui des autres usages. Quant à Facebook, il a dépassé le stade de phénomène de mode pour jeunes adolescents puisqu’un tiers des utilisateurs a entre 35 et 49 ans et un tiers plus de 50 ans.

Capter et faire transiter en interne les bonnes conversations

Pourtant, force est de constater que ces nouveaux medias sociaux ont été exclusivement conçus pour des usages individuels et grand public. A défaut de lieux d’échanges proposés par les entreprises et les marques elles mêmes, ces nouveaux espaces d’oxygène s’imposeront de plus en plus dans les années qui viennent comme les espaces d’échanges privilégiés voire uniques. Aujourd’hui, ouvrir une Facebook Fan Page ou créer un compte Twitter est un bon début, mais ne constitue qu’une réponse partielle et court termiste. En effet, les débats présents ne sont pas ceux de l’entreprise mais restent encore ceux de la plate-forme qui les accueille.

Je suis certain que d’ici 2012, les entreprises capitaliseront sur ces nouveaux outils d’une façon plus contrôlée et créeront des espaces conversationnels privées plus adaptées à leur logique business. Au-delà de la simple conversation, elles mettront en place des stratégies et des processus capables de collecter sur le net les meilleures idées et conversations et de les rapatrier en interne pour les mettre au service des bons interlocuteurs et de les traduire en actions business. Une sorte de coconversation temps réel, de focus-groupes permanents qui inversent le modèle B2C traditionnel pour introduire une dimension nouvelle C2B.

In fine, plus que l’information recueillie, c’est sa transformation en valeur et la valorisation des individus impliqués qui compteront.

Capter et faire transiter en interne les bonnes conversations et construire avec les parties prenantes des relations fortes et authentiques pour transformer le tout en business quantifiable constitue déjà le challenge de l’entreprise 2.0.

 

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Web 2.0 : les internautes aux commandes

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 6 août 2010

Journal du Net du 06 Août 2010

Les start-up estampillées Web 2.0 ont la cote : levées de fonds, rachats à prix d’or, buzz… Mais toutes n’ont pas encore trouvé leur modèle économique.

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Les marques les plus connues ne sont pas nécessairement les plus populaires du Web 2.0. Facebook, Twitter, Youtube… Quelles marques exploitent le mieux le potentiel des réseaux sociaux ? Quelles sont celles qui rassemblent le plus d’internautes ? Le palmarès.

 

10. Jetblue Airways

 

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Quasiment inconnue en dehors des Etats-Unis, la compagnie aérienne low-cost JetBlue Airways a cependant su s’assurer une certaine popularité sur les réseaux sociaux. La marque a par exemple presque doublé son nombre de fans sur Facebook depuis le début de l’année, pour frôler les 300 000. Elle est par ailleurs la quatrième marque la plus populaire sur Twitter.

Nationalité : américaine

Secteur d’activité : tourisme

Fans Facebook : 283 027

Followers Twitter : 1 594 355

Abonnés Youtube : 344

 

8. Windows Live Messenger

 

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Quelque peu malmené par les réseaux sociaux, le service de messagerie instantanée de Microsoft, Windows Live Messenger reste populaire, notamment chez les adolescents. L’actualité de l’ex-MSN Messenger est notamment très suivie sur Facebook où le service a quasiment doublé son nombre de fans depuis le mois d’avril pour avoisiner les 5 millions. Il est en revanche absent de Youtube.

Nationalité : américaine

Secteur d’activité : Internet

Fans Facebook : 4,918 millions

Followers Twitter : 1,458 million

Abonnés Youtube : 0

 

7. Whole Foods Market

 

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La chaîne américaine de supermarchés spécialisée dans les produits bio Whole Foods Market arrive en septième position de ce classement, notamment grâce à un usage intensif de Twitter (près de 2 millions de followers) qu’elle utilise comme un canal de relation client. Sa page fan sur Facebook est davantage utilisée pour diffuser les actualités de l’enseigne.

Nationalité : américaine

Secteur d’activité : vente de détail

Fans Facebook : 296 561

Followers Twitter : 1,785 million

Abonnés Youtube : 1 428

6. Victoria’s Secret

 

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Réputée pour sa lingerie, la marque d’habillement  féminin et de produits de beauté Victoria’s Secret tire l’essentiel de sa popularité de Facebook, où elle a réussi à rassembler plus de 5 millions de fans. Elle est d’ailleurs la marque de mode la plus populaire du Web social, loin devant Pink, une marque appartenant également à Victoria’s Secret.

Nationalité : américaine

Secteur d’activité : mode

Fans Facebook : 5,317 millions

Followers Twitter : 14 690

Abonnés Youtube : 22 585

5. Oreo

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Très populaire aux Etats-Unis, la marque de biscuits chocolatés Oreo l’est aussi rapidement devenu sur le Web, ou elle compte près de 7 millions de fans sur Facebook. Au cours des 30 derniers jours, la marque a ainsi fait progresser son nombre de fans de 44 %. Elle est en revanche plus discrète sur Twitter (à peine 1 400 followers) et sur la plate-forme vidéo Youtube.

Nationalité : américaine

Secteur d’activité : agro-alimentaire

Fans Facebook : 6,911 millions

Followers Twitter : 1 431

Abonnés Youtube : 7 523

 

4. Skittles
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Skittles, l’une des marque de confiseries du groupe Wrigley’s (Mars) est une habituée du Web social. La marque s’est en effet illustrée en misant en 2009 sur le viral. Elle a notamment rempli la page d’accueil de son site avec les tweets contenant le terme « skittles », avant de rediriger son site vers sa page Facebook. Elle a ainsi attiré plusieurs millions de fans sur ces deux plates-formes.

 

Nationalité : américaine

Secteur d’activité : agro-alimentaire

Fans Facebook : 7,066 millions

Followers Twitter : 3 401

Abonnés Youtube : 1 045

 

3. Red Bull

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Seule marque non américaine à faire partie des 10 plus populaires sur les réseaux sociaux, Red Bull bénéficie d’une forte popularité sur Facebook. La preuve ? La marque de boisson énergisante a passé le cap des 6 millions de fans le 13 juillet et a encore gagné plus de 700 000 fans en à peine une dizaine de jours. Le tout, sans pour autant faire un usage excessif du réseau social.

Nationalité : thaïlandaise

Secteur d’activité : agro-alimentaire

Fans Facebook : 6,743 millions

Followers Twitter : 53 441

Abonnés Youtube : 73 672

 

2. Coca-Cola

 

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La boisson gazeuze la plus célèbre du monde est aussi la marque alimentaire la plus populaire du Web, avec notamment plus de 8 millions de fans sur Facebook. Coca-Cola y propose outre les traditionnelles photos et vidéos de marque, des goodies à télécharger réservés à ses fans. La marque dispose également de pages MySpace et Bebo.

Nationalité : américaine

Secteur d’activité : agro-alimentaire

Fans Facebook : 8,321 millions

Followers Twitter : 59 314

Abonnés Youtube : 12 188

 

1. Starbucks

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Très populaire sur les réseaux sociaux, la chaîne de cafés Starbucks y est aussi très active. Notamment sur le mobile où l’entreprise fait partie des premières enseignes nationales à avoir intégré le réseau social géolocalisé Foursquare dans sa stratégie de recrutement et de fidélisation. Elle est par ailleurs la seule marque à avoir dépassé le cap des 10 millions de fans sur Facebook. 

Nationalité : américaine

Secteur d’activité : restauration

Fans Facebook : 10,796 millions

Followers Twitter : 964 323

Abonnés Youtube : 7 157

 

 Méthodologie 

Ce classement a été établi à partir des données du site Famecount.com, qui recense les données de popularités des utilisateurs de Youtube, Twitter et Facebook. Il s’appuie sur l’index Famecount, qui calcule quotidiennement la popularité des utilisateurs de ces plates-formes en additionnant leurs fans (Facebook), abonnés (Youtube) et followers (Twitter) après pondération de ces résultats en fonction de l’audience respective de chacun des trois sites. Le classement présenté dans ce sujet a été établi le 23 juillet 2010.

 

 

 

 

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Satellite panafricain de Rascom : acte II

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 août 2010

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En lançant un nouvel engin spatial au-dessus du continent, le 4 août, le consortium compte faire oublier le demi-échec de 2007.

Le 4 août, une partie du continent aura les yeux rivés sur le pas de tir d’Arianespace, en Guyane, pour le lancement du nouveau satellite de l’Organisation régionale africaine de communication par satellite (Rascom), baptisé RQ1R. Un décollage sans accroc devrait enfin apporter de vraies perspectives commerciales à ce projet cofinancé par le fonds Libya Africa Investment Portfolio (63 %), 45 opérateurs de téléphonie africains (25 %) et le constructeur spatial européen Thales Alenia Space (12 %).

Victime d’une fuite d’hélium au moment de sa mise sur orbite en décembre 2007, son grand frère RQ1 avait vu son espérance de vie chuter de 15 à environ 3 ans. Avec pour conséquences, d’une part l’obligation de le remplacer début 2011 au plus tard, et d’autre part l’évaporation quasi instantanée de toutes les promesses de contrat enregistrées, soit 80 % de la capacité du satellite, selon les déclarations faites par Jacques Akossi Akossi, secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications, au moment du lancement. Seuls un programme de télémédecine et un contrat de trois ans avec une télévision, dont le nom est resté secret, auront finalement transité par RQ1. Un échec à la mesure des espoirs placés dans le projet Rascom, qui a d’ailleurs failli ne jamais s’en remettre.

Car une fois les remboursements des assurances encaissés – quelque 230 millions de dollars, soit environ 180 millions d’euros –, les actionnaires ont longuement hésité à réinvestir leur pécule dans un nouvel engin spatial, provoquant plusieurs mois de flottement inquiétant. Sans doute la participation financière de Thales, également constructeur du satellite, et le potentiel du marché des télécoms auront eu raison de leurs atermoiements. Reste que, en trois ans, la concurrence s’est accrue au-dessus de l’Afrique : en témoigne le lancement, également prévu le 4 août par Arianespace, du satellite de l’égyptien Nilesat, qui couvrira le Maghreb et le Moyen-Orient.

Pour l’heure, les clients ne se bousculent pas au portillon. « Il y a, c’est vrai, encore une certaine méfiance, et beaucoup d’utilisateurs potentiels attendent que RQ1R soit lancé et testé pour se décider, consent Faraj Elamari, directeur général de Rascom. Toutefois, il ne se passe pas une journée sans que nous recevions des demandes d’information sur nos services qui, grâce à notre position orbitale (2,9° est), couvriront toute l’Afrique. » Mais que faut-il vraiment attendre de ce satellite dont la genèse remonte à 1992, autant dire à l’Antiquité à l’échelle de temps des télécoms ?

Combler la fracture numérique

Comme son prédécesseur, RQ1R a pour vocations d’offrir des services de télécommunication aux opérateurs africains et de combler la fracture numérique en reliant au haut débit les grandes villes du continent, mais aussi en apportant le téléphone dans des zones reculées via des terminaux low cost. 130 000 villages isolés pourraient être desservis par Vsat : 15 000 antennes auraient déjà été commandées dans ce but et seraient prêtes à être installées. Autres clients visés, les télévisions, qui, avec le passage à la haute définition, deviennent de très grosses consommatrices de liaisons satellitaires. Pour assurer sa promotion, Rascom annonce également 386 millions d’euros d’économies pour le secteur des télécoms grâce à la suppression des frais d’interconnexion.

« Le projet conserve tout son intérêt car les besoins du continent sont immenses », assure un expert. Pour réussir son pari, Rascom pourra compter sur ses actionnaires, les opérateurs de téléphonie. « Un lien privilégié que n’ont pas ses concurrents SES, Arabsat ou Intelsat », précise-t-il. De son côté, Faraj Elamari prévoit un avenir radieux : « 2010 sera une grande année pour Rascom. » Et d’annoncer, comme pour conjurer le sort avant le lancement, un nouveau satellite pour le consortium panafricain : « L’étude est en cours de finalisation, la décision de sa construction devrait être prise avant la fin de l’année. »

Jeune Afrique N°2586

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