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La crise financière internationale et le secteur congolais des télécommunications

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 décembre 2010

Le Potentiel,Kinshasa, 21/12/2010
La crise financière internationale, qui a fait éruption il y a maintenant près de trois ans, n’a pas épargné le secteur des télécommunications. Partout dans le monde, le secteur des Nouvelles technologies de l’information et de la communication a souffert d’une réduction de la demande, des restrictions opérationnelles et d’une baisse des investissements.
Notre préoccupation est celle de savoir : comment le ralentissement de l’économie mondiale, en général et congolaise, en particulier, a-t-il affecté le secteur congolais des télécommunications ? Autrement dit, notre souci est de savoir : si oui ou non, les entreprises des Télécommunications mobiles installées au Congo-Kinshasa, ont été affectées par la crise ?

Contexte de libéralisation du secteur

Jusqu’au milieu des années 1980, dans la plupart des pays, les services des télécommunications et le commerce international de service étaient considérés comme des domaines séparés de politiques. L’élaboration des politiques et des règlementations nationales dans le service des télécoms était liée à leur configuration de monopole.

C’est à partir de l’année 1989 que le secteur congolais des télécommunications connaitra une« libéralisation de fait » par l’entrée des opérateurs cellulaires privés Télécel et Comcell.

Cependant, il faudra attendre plus de douze ans pour que le cadre légal et réglementaire soit réformé par la publication de la loi-cadre n°013/2002 sur les télécommunications et la loi n°014/2002 portant création de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications du Congo, en sigle ARPTC.

La publication de ces différentes lois au cours de l’année 2002, va ouvrir la voie à la concurrence et permettre l’entrée massive des opérateurs privés sur le marché congolais des télécoms, avec les opérateurs comme : Vodacom-Congo, Zain-Congo (ex-Celtel), Tigo-Congo (ex-Oasis), Congo Chine Télécom, Standard-Congo (ex-Congo Korea Télécom), Starcel, Lam-Télécom, Sogetel, Supercell, etc.

Impact sur la politique d’investissement des télécoms

L’investissement dans l’infrastructure de télécommunications, est toujours source de croissance économique plus soutenue et plus durable. Outre les deux lois ci-haut citées, la promulgation du code des investissements en février 2002, qui visait à attirer et à stimuler les investissements au Congo-Kinshasa, a permis, une année après, que le marché congolais de la téléphonie mobile connaisse un très fort développement.

Malgré le faible niveau de Produit Intérieur Brut par habitant évalué à 79,3 Usd à fin 2002 et à 190,89 Usd à fin 2009 (au prix de 2000), ce marché est passé d’un taux de pénétration de 2,2% en 2003 à plus de 15% à fin 2009, avec un parc d’abonnés évalué à 9.458.587.

Bien avant l’éclatement de la crise financière en 2007, le monde des télécommunications en Afrique était en perpétuel mouvement jusqu’à donner le tournis.

Ce secteur a connu une forte expansion au cours de dix dernières années (1998-2008). A titre d’exemple, l’Egyptien Orascom, le Sud-Africain MTN et le Koweitien Zain ; ces trois ont investi en Afrique pour un total d’environ 13 milliards Usd.

Selon Patrick Sandouly, avant la crise financière, la stratégie des opérateurs de télécommunication dans les pays africains, a consistée, tout d’abord, à grandir dans les zones urbaines, où ils ont pu atteindre le maximum de clients avec le minimum d’infrastructures.

Pour élargir leur clientèle, ils devront maintenant investir dans les réseaux pour s’installer dans les zones de plus en plus pauvres. Si telle est la situation au niveau continental, qu’en est-il du marché congolais des télécoms ?

La politique d’investissement de sociétés des télécommunications congolaises, s’est-elle modifiée du fait de la crise financière et économique mondiale ? Selon les études récentes, entre 2008 et 2009, on a assisté, au plan continental, à plusieurs rachats d’actions des sociétés de télécommunications.

Les gros opérateurs croient au continent et mettent les bouchés double. Tel est le cas de la société des télécommunications du Mali, en sigle Sotelma et de Ghana Télécom. Pour la première société, Maroc Télécom, l’opérateur historique des télécommunications marocaines venait d’acquérir, mi-janvier 2009, 51% de Sotelma, lors d’une opération de privatisation, en versant 252 millions d’euros à l’Etat du Mali.

Alors que le Britannique Vodafone (la maison mère de la succursale congolaise) vient de verser 900 millions de dollars en août 2009 pour acquérir 70% de Ghana Telecom. Le Koweitien Zain, pour sa part, vient d’augmenté son capital de 4,9 milliards de Dollars et investirait en Afrique 4 milliards de dollars d’ici 2010.

En septembre 2009, alors que l’opérateur indien Bharti Airtel renonçait à fusionner avec le Sud-africain MTN, le Koweitien Zain, très présent sur le continent, trouvait finalement un accord avec un consortium indo-malaisien mené par le groupe Vavasi pour lui céder 46% de son capital pour un montant de près de 13 milliards de dollars.

Depuis janvier 2009, d’importants contrats continuent à être conclus, notamment au Togo, au Burkina Faso, en Namibie, au Ouganda, au Rwanda, voire même au Congo-Kinshasa.

Et ceci, en dépit de la crise financière et économique mondiale. Selon les sources du ministère congolais des Postes, Téléphones et Télécommunications, au cours des années 2009 et tout au long de 2010, une vingtaine de demandes d’achats de licence de téléphonie mobile, fixe et de réseaux Internet a été enregistrée.

Il s’agit de demandes de sociétés telles que MTN, France Télécom, la Congolaise de Développement Rural (Coder Com), Ktel Africa, Télécom So et beaucoup d’autres. Comment peut-on expliquer, en pleine crise financière internationale, l’intérêt des investisseurs en télécoms pour le marché congolais, s’ils étaient affectés par la crise ou si la rentabilité financière n’y est pas ?

Comment comprendre l’engouement pour ce marché si les avantages fiscaux contenus dans le nouveau code des investissements congolais et/ou la liberté de rapatriement des dividendes telle que garantie par la nouvelle réglementation de change ne s’y prêtent pas ?

La thèse d’une incidence faible de la crise financière sur le secteur congolais des télécommunications demeure soutenable. Comme indiqué ci-dessus, l’intérêt de télécoms pour le marché congolais est d’autant plus grand que les nouveaux marchés accessibles et rentables sont de plus en plus rares.

Au fil du temps, les opérateurs télécoms ont appris à apprécier la rentabilité de la téléphonie mobile en Afrique en général et au Congo-Kinshasa, en particulier. Pour ce dernier pays, l’analyse des données disponibles sur les sociétés de télécoms permet de comprendre que ce secteur est dans sa phase expansive, comme illustré par les données du tableau 1.

Il ressort de ce tableau que le volume d’investissements réalisé par les opérateurs de télécommunications mobile et fixe est beaucoup plus important en 2003 et 2004. Evalué à plus 1.067,9 millions Usd en 2003, les investissements dans le secteur de télécommunications se sont hissés à plus 1.688,4 millions Usd à fin 2004 avant de chuté en 2005 et 2006.

Cet accroissement du volume des investissements au cours des années 2003 et 2004 s’explique, toutes choses égales par ailleurs, par la libéralisation du marché de télécommunications, consacrée par la publication de la loi portant nouveau code des investissements, la loi-cadre n°013/2002 sur les télécommunications et la loi n°014/2002 portant création de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications du Congo.

On observe, en outre, en pleine crise financière, que le volume des investissements réalisé dans ce secteur a enregistré un accroissement de 37,20%, passant de 473,2 millions Usd en 2007 à 649,2 millions Usd en 2008. Par contre en 2009, les investissements réalisés ont connu une baisse de 48,51%, soit 334.287.382 Usd.

Ce fléchissement observé entre 2008 et 2009, s’explique par les effets de la crise financière internationale sur les possibilités d’accès au crédit pour la majorité d’investisseur. Le nombre d’emplois direct créés entre 2004 et 2008 est passé de 1192 à 2004 et est estimé à plus de 1700 en 2008.

Toutefois, il convient de préciser qu’en dépit de la baisse d’investissement privé en télécoms observée entre 2008 et 2009, le gouvernement congolais a adopté une politique visant à stimuler le déploiement de la connexion haut débit et en large bande (dans le cadre d’un service mobile câblé et celui sans fil) dans les zones peu desservies en déployant (dans sa première phase) la fibre optique de Muanda à Kinshasa.

Ainsi, le gouvernement congolais a investi dans la fibre optique pour un volume respectif de 32 millions de dollars en 2008 et 30.767.692 Usd en 2009. Il est fort dommage de constater que de mars 2009 à ce jour, ce projet semble mourir de sa belle mort par suite de l’immobilisme du personnel appelé à le piloter. Qu’à cela ne tienne.

Quelle est la situation actuelle du marché congolais des télécoms ? Il ressort du tableau n°2 que les sociétés des télécommunications œuvrant au Congo-Kinshasa, ont connu, avant et pendant la crise, des performances en termes du parc d’abonnés et de taux de pénétration du territoire congolais. En effet, de 1.246.225 en 2003, les abonnés à la téléphonie mobile atteignent plus 9,4 millions à fin 2009, soit un accroissement 7,6 fois plus en sept ans.

D’une année à l’autre, le taux de croissance du parc d’abonnés est passé respectivement de 59,7% en 2004, 37,9% en 2005, 60,8% en 2006, 46,9% en 2007 et 41,6% en 2008.

D’un taux de couverture du territoire national et/ou le taux de pénétration (rapport entre parc d’abonnés sur la population totale) de 2,15% en 2003, il passe à 7,12% en 2006 avant de doublé et atteindre 15,25% en 2009.

Cette tendance amorcée depuis 2004 milite en faveur d’une évolution positive du marché congolais des télécommunications.

Toutefois, il convient de relever qu’entre 2008 et 2009 en pleine crise financière internationale, le marché de télécommunications a enregistré une baisse de son parc d’abonnés de 4,82%. Cette baisse est le fait des sociétés Vodacom Congo et Supercell qui ont vu leur parc d’abonnés baissé respectivement de 15,57% et de 20,89% alors que le parc d’abonnés de leurs concurrentes s’est accru de 1,79% pour Zain, 3,28% pour Tigo et 5,51% pour Congo Chine Télécom au cours de la dite période.

En cherchant à comprendre si la baisse est due aux effets de la crise financière internationale, il nous a été rapporté lors de notre interview avec les responsables de Vodacom que la baisse du parc d’abonnés enregistré en 2009 est le fait non de la crise financière mais de l’opération d’identification initiée et exigée par le gouvernement congolais.

Ainsi, la société Vodacom s’est vu obligée de supprimer 629.392 numéros activés et détenus par certains abonnés qui ne se sont pas fait identifier ou qui ne les ont pas utilisés pendant une longue période de temps.

Par contre, pour la société Supercell qui œuvre uniquement à l’Est du pays et qui jouissait d’un certain monopole pendant la période de la guerre, elle a vu plusieurs de ses abonnés quitter son réseau au profit de ses concurrentes. Ce qui a entrainé la baisse progressive de son parc d’abonner depuis l’unification du pays et plus particulièrement en 2009, avec 20,89%.

Cette baisse serait due, d’après nos enquêtes sur terrain, à la tarification appliquée par la société (qui coûte cher) du fait que tous les appels en émission comme en réception transitent par le Rwanda avant atteindre le correspondant, ce qui occasionne un coût supplémentaire par appel et pour l’abonné.

De ce qui précède, nous pouvons conclure que le secteur n’a pas été affecté, en termes de parc d’abonnés, par les effets de la crise financière internationale. Car, les baisses enregistrées par certaines sociétés résultent des facteurs autres que ceux dus à la crise financière mondiale. Il n’y a donc pas de raisons que la crise, ait eu des conséquences sur la demande des services de Télécoms au Congo-Kinshasa.

Impact sur les chiffres d’affaires des sociétés de télécoms

Depuis 2003 les activités de télécoms installées au Congo ont connu une croissance en termes de chiffre d’affaires, comme repris dans le tableau 3.

En effet, depuis 2003 le chiffre d’affaires s’est accru en moyenne de plus 20%, passant respectivement de 264 millions de dollars en 2003 à 556,17 millions Usd en 2006 et atteint plus de 803,2 millions Usd à fin 2009. Sur le plan d’exploitation, l’analyse de la marge d’Ebitda (rapport entre le bénéficie d’exploitation sur le chiffre d’affaires) révèle que le niveau d’activité n’est pas retombé en dessous de 40% entre 2008 et 2009.

Par ailleurs, il ressort de la comptabilité des sociétés de télécommunications, qu’avant la crise financière, c’est-à-dire entre 2006 et 2007, que le secteur congolais des télécoms a enregistré un taux de croissance du chiffre d’affaires d’environ 20%, alors que pendant la crise financière internationale, ce taux n’a cessé de baisser. Ainsi, il s’est accru de 20% en 2007, 11,28% en 2008 et clôture l’année 2009 à 8,2%. L’accélération moins rapide du chiffre d’affaires du secteur résulte de la baisse du niveau d’activités surtout des opérateurs Vodacom et Supercell.

En effet, un examen des données comptables des opérateurs pris un à un, renseigne que les deux leaders Vodacom et Zain ont enregistré respectivement, entre 2006 et 2007, un taux d’accroissement du chiffre d’affaires de 42,44% et 106,84%. Par contre, entre 2007 et 2008, le chiffre d’affaires de Vodacom a baissé de 2,42% alors que celui de la société Zain s’est accru 10,67%.

Quant aux sociétés Tigo/Oasis et Congo Chine Télécom, il a été observé une nette amélioration de leurs chiffres d’affaires respectifs de l’ordre de 101,6% en 2008 contre 62,5 % en 2007 et de 216,7 %, en 2007 contre 228,42% en 2008. En 2009, les sociétés Zain, Tigo et Congo Chine Télécom ont vu leurs chiffres d’affaires croitre alors que celui de Vodacom et de Supercell n’ont cessé de décliner.

Pour le cas spécifique de la société Supercell, la chute progressive et continue de son chiffre d’affaires date de 2006. Ce dernier a baissé respectivement de 34,4% en 2007, 61,5% en 2008 et atteint 78,8% à fin 2009. Le comportement du chiffre d’affaires de cette dernière, laisse présager, toutes choses égales par ailleurs, sa fermeture d’ici 2012.

Il convient toute fois de préciser que la baisse du chiffre d’affaires de Vodacom et de Supercell est non le fait de la crise financière internationale mais plutôt elle résulte de la baisse du parc d’abonnés qui, in fine, a conduit à la baisse du niveau d’activité observable à travers l’évolution du chiffre d’affaires, comme indiqué précédemment.

Il ressort de ce qui précède qu’en dépit de l’évolution préoccupante des activités de ces deux sociétés, au cours des années 2008 et 2009, les effets pervers de leurs activités sur le secteur congolais de télécommunications ont été atténués par l’évolution favorable des activités de leurs concurrentes.

Part des télécoms dans le Pib et le budget de l’Etat

Par ailleurs, les sociétés de télécommunication congolaises ont estimées que la fermeture et le désinvestissement dans le secteur minier congolais, aurait eu une incidence significative sur l’évolution de leur chiffre d’affaires en 2009. Ces allégations semblent occulter deux facteurs important qui ont joué en faveur des activités des télécommunications.

D’une part, l’évolution positive du parc d’abonnés et les opportunités de nouveaux produits à offrir à la clientèle et d’autre part, l’amélioration de cours boursiers et la reprise des activités dans le secteur minier depuis le début de l’année 2009.

Depuis sa libéralisation en 2002, le secteur congolais des télécommunications occupe de plus en plus une place dominante dans les activités économiques congolaises. Les données disponibles indiquent, qu’entre 2004 et 2008, ce secteur a contribué à la formation du Produit Intérieur Brut congolais à hauteur de 6,12% en moyenne.

D’après la Banque centrale du Congo (rapport annuel, 2006, p14), le secteur de transport et « télé » communication participe à la croissance économique entre 2001 et 2006, en raison de 15,1%. Alors que les télécommunications, à elles seules, y ont respectivement contribué en raison de 5,18% en 2004, 5,97% en 2005, 6,30% en 2006, 6,64% en 2007, 6,64% en 2008 et 6,25% en 2009. Comme repris dans le tableau 5.

Il appert, entre 2004 et 2008, la contribution des télécoms dans le produit intérieur brut congolais se révèle être supérieur à la moyenne africaine de 4% enregistrée en 2006. En effet, selon plusieurs sources, la téléphonie mobile a contribué dans la formation du Produit Intérieur Brut (PIB) de la plupart des pays avec respectivement 5,3% au Ghana, 4,3% en Afrique du Sud, 4,1% au Niger, 4,0% au Nigeria et au Rwanda, 3,8% en Ouganda, 3,5% en Tanzanie et 3,4% au Kenya. La performance congolaise s’expliquerait, toutes choses égales par ailleurs, par plusieurs facteurs.

Parmi lesquels : (i) la nouveauté de la téléphonie mobile sur le marché de la Télécommunication au Congo-Kinshasa resté longtemps dominé par l’opérateur public inopérant ; (ii) le dynamisme et la croissance observé sur le marché des télécoms depuis l’ouverture du marché à la concurrence ; (iii) le rythme sans cesse croissant du parc d’abonnés ; (iv) les stratégies marketing, c’est-à-dire, les actions commerciales menées par les opérateurs du secteur ; (v) et enfin, les efforts consentis par ces derniers en matière de déploiement des réseaux sur l’étendue du territoire national et encouragé par le régime d’exonération dont jouissent l’importation des matériels et équipements des réseaux. Que dire de la contribution du secteur des télécoms dans le budget de l’Etat congolais ?

Fiscalité de sociétés de télécoms de 2006 à 2008

Les opérateurs de télécoms se sont toujours plaints que leurs activités font l’objet d’une fiscalité lourde et qu’elles contribuent annuellement, à hauteur de 37% dans le budget de l’Etat congolais. Qu’indiquent les faits ? Le tableau 6 retrace l’ensemble de la charge fiscale supportée par chaque opérateur Télécom, au cours des années 2006 à 2008.

De l’examen de ce tableau, il en ressort que le marché congolais de télécommunications est dominé par une structure duopolistique où nous avons d’un coté les leaders (Vodacom, Celtel-Zain et Oasis-Tigo, surtout les deux premiers) qui dictent les règles de jeu et de l’autre, les suiveurs qui calquent leur comportement sur celui de acteurs dominants. Les trois opérateurs (Vodacom, Zain et Tigo) supportent en moyenne près de 98% de l’ensemble des impôts payés par le secteur.

Il appert que le secteur des télécoms a contribué au budget de l’Etat avec respectivement 7,04% en 2006 ; 9,53% en 2007 et 12,42% en 2008. Ce qui infirme largement les allégations des sociétés de télécommunications selon lesquelles elles contribuent avec 37% dans les recettes publiques.

Bien que les statistiques ci-haut ne comprennent pas les taxes et redevances payées par les télécoms auprès d’autres ministères, mais il serait trivial de postuler que ces taxes payées soient abondantes au point atteindre plus de 3% de recettes publiques totales.

Perspectives du marché congolais de télécommunications

Actuellement, les opérateurs œuvrant dans ce secteur, disposent d’une large gamme d’opportunités à exploiter. Avec la migration de fréquence radio analogique vers les numériques, le Broadband qui prend de plus en plus le relais du GSM (avec les technologies de troisième génération en sigle 3G où le Wimax), capables de délivrer un accès sans fil haut débit à Internet.

L’accès sans fil aux réseaux fixes commence aussi à percer, avec des innovations comme la WiFi (wireless fidelity), dont l’impact sur l’accès à des services Internet rapides via des réseaux locaux pourrait également bénéficier aux particuliers et aux entreprises.

Les paiements par téléphone mobile avec le lancement des produits permettant aux usagers de transférer de l’argent, de payer leurs factures et de régler leurs achats par l’intermédiaire de leur téléphone portable.

D’ailleurs, aujourd’hui, la téléphonie mobile peut faciliter l’essor rapide de la bancarisation en Afrique en général et au Congo-Kinshasa, en particulier. La seule question à poser est celle du rapport des opérateurs avec les banques, les établissements financiers et les institutions de micro-finance qui doivent garantir les différentes transactions, en tant qu’émettrices agréées de monnaie électronique.

La question sensible reste celle de l’interopérabilité des réseaux. Un abonné Vodacom, Tigo ou CCT pourra-t-il envoyer de l’argent à un abonné Airtel/Zain, standard ou Supercell et vice-versa ?

Telle semble être la première contrainte. La seconde est celle liée au fait que les multinationales solidement installées dans le secteur de transfert d’argent (Western Union, Mister cash, Money gram, Soficom, etc.) n’ont pas dit leur dernier mot.

C’est donc dans ces trois domaines ; les communications mobiles, Internet haut débit et les paiements par téléphone mobile, qu’un gisement de développement continu à exister. C’est aussi dans ces domaines que le secteur des télécommunications devra relever des défis particulièrement difficiles, avec la mise sur pied des licences de troisième génération que compte lancer le Congo-Kinshasa au cours de l’année 2011-2013.

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