La Miba et la Snel… prennent le pari de desservir, d’ici cinq ans, 80% des Congolais en eau et électricité

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 7 juin 2008

Le Pad de la Miba, Luabeya Tshitala, veut jouer gros via le projet Tshimbulu. Il entend doubler la production actuelle de cette entreprise d’économie mixte.

Le mardi 9 mai 2006

La Miba et la Snel... prennent le pari de desservir, d'ici cinq ans, 80% des Congolais en eau et électricité dans ACTUALITES pix pix dans ECONOMIE pixpixpix pix
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LA Minière de Bakwanga -Miba-, la Snel et la Regideso veulent, d’ici 5 ans, combler le déficit en énergie électrique et en eau de près de 80 % de la population rd-congolaise.

Luabeya Tshitala, le Pad de la Miba
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Leur projection se fonde sur le lancement ce jeudi 05 mai lors de la clôture de la table ronde internationale ouverte mercredi 3 mai à ce sujet à l’hôtel Memling, Kinshasa, du projet final de soutirage, à partir de Tshimbulu, Kasaï Occidental, de l’énergie électrique THCC – haute tension courant continu- sur la ligne Inga-Kolwezi. A défaut du Chef de l’Etat Joseph, Kabila lui-même, la cérémonie sera présidée par une haute personnalité politique du pays.

L’étude a été menée par le leader mondial de la technologie courant continu avec près de 25 % du marché mondial établi à Zurich en Suisse, le groupe ABB représenté en RD-Congo par NSM et pressenti comme le principal exécutant des travaux. Les études initiales menées en 1998 sous Laurent-Désiré Kabila prévoyaient un soutirage de 120 mégawatts pour un coût de 200 millions de dollars.

Des sources ont rapporté à AfricaNews que la dernière étude ABB via NSM a l’ambition de faire un soutirage de 200 mégawatts pour le même montant. Le financement serait assuré par les bailleurs de fonds traditionnels et certains partenaires publics et privés.

Initialement prévue pour 26 mois, la durée d’exécution des travaux est entrain d’être reéxaminée. Le timing peut être réaménagé. Mais, de manière générale, on parle d’une durée de 24 mois.

Résultats attendus à la Miba

La Miba, principal opérateur dans le Kasaï, attend de pied ferme la matérialisation de ce projet. La consommation actuelle de cette entreprise estimée à 10 mégawatts ne lui permet pas d’atteindre une production satisfaisante.

Son Pad, Luabeya Tshitala, a indiqué à AfricaNews qu’avec Tshimbulu, la Miba doublera sa production actuelle. Des résultats très positifs sont donc attendus à Bakwanga. La Regideso espère également profiter du courant de la station de Tshimbulu pour desservir les populations de l’intérieur du pays en eau potable.

La Snel, dont l’Adg Vincent Noël Vika di Panzu dirige le comité de pilotage du projet, entend également faire de grosses affaires. Le projet de Tshimbulu vise à électrifier tout le Kasaï, le Nord Katanga, le Maniema et la Province Orientale.

A l’origine du projet, les experts avaient évoqué Tshimbulu et la ville de Kikwit, Bandundu. Le village du Kasaï semble avoir la préférence du constructeur en raison de sa situation avantageuse. A part les coins de la RD Congo précités, la liaison Tshimbulu-Province Orientale avec la centrale de Wagenya en interconnexion avec Ruzizi I et Ruzizi II donne une possibilité d’extension vers l’Afrique orientale.

L’objectif poursuivi par la Snel est celui d’avoir un réseau national de distribution de courant électrique d’ici 5 ans. « Tshimbulu n’en est que le premier stade », affirme l’Adg de la Snel. Il y a lieu de souligner qu’il s’impose une mise en place d’un dispositif de contrôle efficace du fait de l’interaction entre le courant continu et le courant alternatif qui a toujours posé des sérieux problèmes à la Snel et aux consommateurs.

Ces cas sont très fréquents à Kwilu. Vika di Panzu a également souligné que Tshimbulu et Katende ne s’excluent pas mais sont plutôt complémentaires. La Snel étudie également la possibilité d’optimiser économiquement Tshimbulu.

Ce qui lui permettrait de reprendre la Centrale thermique locale renouvelée dernièrement avec le concours de la Coopération belge et la réinstaller ailleurs. La Snel a déjà fait une opération du genre lors du lancement de Inga I quand elle a démonté la centrale thermique de Limeté, Kinshasa, pour la replacer à Mbuji-Mayi et à Kisangani.

Certains experts ont exprimé des inquiétudes quant aux effets que pourrait avoir la station de Tshimbulu sur la population. A ce sujet, le vice-gouverneur du Kasaï Occidental, Clément Kanku, a indiqué que les habitants de Tshimbulu ne demandent qu’une délocalisation pourvu qu’ils savourent le bonheur de l’éclairage.

Les experts du NSM, conduits par leur président, Antoine Ghonda M. Mangalibi, père de son fils, ont indiqué que le parc de la station prévu pour être construit sur une étendue de moins de 200 mètres carré a été conçu pour avoir un degré de nuisance négligeable.

Toutefois, les études sont entrain d’être menées pour voir dans quelle mesure prévoir la construction des habitations à une distance plus sécurisante.

Achille Kadima © Infocongo 05.05.2006

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LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME STIGMATISÉS POUR LEURS ACTIONS CONTRE L’IMPUNITÉ

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 7 juin 2008

L’OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME (OMCT-FIDH)

COMMUNIQUÉ

 

 

RDC : LES DÉFENSEURS STIGMATISÉS POUR LEURS ACTIONS CONTRE L’IMPUNITÉ

 

 

Genève-Paris, le 6 juin 2008. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), s’inquiète du contexte de stigmatisation et d’insécurité croissante touchant les défenseurs des droits de l’Homme et les organisations de défense des droits de l’Homme qui luttent contre l’impunité et en faveur de la justice internationale en République démocratique du Congo (RDC).

 

L’Observatoire a été informé de plusieurs sources fiables des injures et menaces proférées par des personnes proches ou appartenant au Mouvement pour la libération du Congo (MLC) à l’encontre de la FIDH et des responsables ou membres de ses organisations membres en RDC, l’Association africaine des droits de l’Homme (ASADHO), le Groupe Lotus (GL) et la Ligue des Électeurs (LE). Ces organisations sont en effet la cible de nombreuses pressions et menaces à la fois en raison de l’action de la FIDH auprès de la CPI et de leurs activités de dénonciation des violations des droits de l’Homme perpétrées en RDC, quels que soit leurs auteurs. Ces pressions, menaces et actes d’intimidations se sont multipliés depuis l’arrestation, le 24 mai 2008, de M. Jean-Pierre Bemba, président du MLC, par les autorités belges, conformément au mandat d’arrêt international délivré par la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes dont se serait rendu responsable M. Bemba en République centrafricaine (RCA) en 2003.

 

Ainsi, le 3 juin 2008, le député du parti RCD National de la circonscription électorale de Kabinda au Kasai-oriental, M. Martin Munkokole, proche du MLC, et des députés du MLC seraient intervenus dans l’émission « Point de vue » sur la Radio Télévision Groupe l’Avenir (TV RTGA), au cours de laquelle ils auraient notamment proféré des injures et des menaces contre la FIDH et ses organisations membres en RDC qu’ils jugent en partie à l’origine des poursuites judiciaires à l’encontre de M. Bemba. Me Eleye, considéré comme proche de MLC, se serait exprimé à plusieurs reprises sur des chaînes de télévisions tels que Canal Congo Télévision (CCTV) et Congo Web, où il aurait tenu des propos similaires à l’encontre des organisations précitées.

 

En outre, le 28 mai 2008 au soir, M. Kitenge, président du Groupe Lotus et vice-président de la FIDH, a reçu deux appels téléphoniques anonymes. Ses interlocuteurs, un homme et une femme, l’ont sérieusement insulté, le qualifiant d’avoir « vendu Bemba à la FIDH et aux occidentaux« , l’avertissant du mauvais sort qui l’attendait si M. Bemba était condamné et que le président congolais M. Joseph Kabila perdrait les prochaines élections. Ces événements font aussi suites à un cours donné par M. Kitenge aux étudiants du deuxième cycle en droit à l’université de Kisangani, sur les conséquences juridiques de l’arrestation de M. Jean-Pierre Bemba.

 

Par ailleurs, M. Kitenge serait aussi régulièrement suivi et surveillé par les forces de sécurité congolaises en raison de ses prises de position en faveur d’un plus grand respect des droits de l’Homme en RDC,  particulièrement dans l’Est du pays. Ainsi, le 26 mai 2008, le Groupe Lotus a publié un communiqué de presse pour demander que toute la lumière soit faite et les responsabilités établies sur le cas d’un jeune homme décédé des suites de probables mauvais traitements et d’actes de tortures alors qu’il se trouvait en détention. Le 28 mai 2008, M. Kitenge est intervenu sur les ondes de quatre radios de Kisangani pour demander aux autorités judiciaires de poursuivre les responsables en justice.

 

L’Observatoire condamne ces menaces à l’encontre des défenseurs et des organisations de défense des droits de l’Homme dont le travail et la dénonciation des violations des droits de l’Homme sont assimilés à des partis pris politique. A cet égard, l’Observatoire rappelle que la FIDH, l’ASADHO, le GL et la LE sont des organisations apolitiques, indépendantes et non-confessionnelles et qu’elles dénoncent les violations des droits de l’Homme perpétrées en RDC ou ailleurs, et quelles que soient leurs auteurs.

 

Par ailleurs, l’Observatoire prie les autorités congolaises de cesser tout acte de répression à l’encontre de ces organisations et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme.

 

L’Observatoire réaffirme les dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1998 et notamment ses articles 1 et 9.4 qui disposent que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international » et « s’adresser sans restriction aux organes internationaux compétents de manière générale ou spéciale pour recevoir et examiner des communications relatives aux droits de l’Homme, et de communiquer librement avec ces organes ». Selon ce dernier principe, les organisations de défense des droits de l’Homme doivent bénéficier de la possibilité de travailler librement avec la CPI qui demeure une juridiction internationale indépendant et mandatée pour connaître des crimes  les plus graves.

 

Pour plus d’informations, merci de contacter :

FIDH : Gaël Grilhot : + 33 1 43 55 25 18

OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39

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Le développement de l’Afrique et la coopération entre l’Asie et l’Afrique sont à l’honneur à la Conférence TICAD

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008

Les chefs d’Etats de plus de 40 pays africains rencontrent des hauts fonctionnaires de pays asiatiques et des dirigeants d’organisations internationales dans le cadre de la quatrième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD IV) qui se déroule du 28 au 30 mai à Yokohama, au Japon.

La Conférence qui est une initiative du gouvernement du Japon a pour but de promouvoir un dialogue entre les dirigeants africains et leurs partenaires dans le domaine du développement et de permettre une meilleure coopération entre l’Asie et l’Afrique sur les questions relatives au développement.

Les principales questions à l’ordre du jour de la conférence sont :

  • accélérer la croissance économique ;
  • garantir la sécurité des personnes (atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) et consolider la paix et la démocratisation) ; et
  • aborder les problèmes liés à l’environnement/au changement climatique

ticad-storyLe programme d’action adopté par la TICAD IV, qui comprend un mécanisme de suivi, devrait permettre de répondre à ces enjeux. Les organisateurs de l’évènement, qui ont adopté une approche davantage orientée sur l’action que par les années précédentes, y proposeront des projets spécifiques pour relever ces défis.

Les participants devraient également profiter de cette occasion pour discuter de la crise mondiale des prix des produits alimentaires et de ses répercussions sur l’Afrique. Au cours de l’année dernière, le prix du blé a augmenté de 120 %. Le prix du riz a grimpé de près de 75 % à l’échelle mondiale pour se situer près de ses pics historiques.
Cette hausse des prix a provoqué des émeutes dans bon nombre de pays d’Afrique dont le Burkina Faso, le Cameroun, la Guinée, le Mozambique et le Sénégal. Selon les estimations de la Banque mondiale, cette hausse des prix pourrait plonger plus de 100 millions de personnes dans une pauvreté encore plus grande.

Le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a prononcé aujourd’hui un discours lors de la séance plénière et il participera également à une discussion sur les prix des produits alimentaires organisée en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies et le Fonds international de développement agricole.

Dans son discours lors de la séance plénière de la conférence, M. Zoellick a félicité le Japon pour son aide au développement dans des pays étrangers et en particulier pour sa contribution à la reconstitution des ressources de l’IDA. Il a aussi salué l’intérêt grandissant du Japon pour l’Afrique, un changement de tendance pour ce pays qui concentrait traditionnellement toute son attention sur ses voisins asiatiques.

« Les représentants officiels du Japon et le public japonais reconnaissent l’importance grandissante de l’Afrique. Il est donc utile que les représentants du Japon entendent de la bouche même des dirigeants d’Afrique quels sont leurs projets », affirme M. Zoellick.

M. Zoellick a également déclaré qu’il est convaincu que l’Afrique peut devenir un nouveau pôle de croissance mondiale d’ici une génération.

« J’ai entendu ce qu’une nouvelle génération d’Africains pense être en mesure d’accomplir et j’ai constaté des progrès encourageants », indique M. Zoellick. « Je sais également que les Africains veulent de la croissance. Ils veulent ce que les Japonais et les Européens voulaient lorsqu’ils ont reconstruit leurs propres pays il y a 60 ans, c’est-à-dire des infrastructures, de l’énergie, une intégration des économies régionales au sein d’une économie mondiale ouverte ainsi que l’expansion du secteur privé pour les petites et grandes entreprises ».

La Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) a vu le jour en 1993 et elle a lieu tous les cinq ans depuis son lancement.

La TICAD a deux objectifs essentiels : 1) promouvoir un dialogue politique de haut niveau entre les dirigeants africains et leurs partenaires ; et 2) obtenir un soutien pour des projets de développement conçus par les Africains eux-mêmes Selon les organisateurs, ces objectifs sont intégrés dans les concepts des principes directeurs de la conférence que sont l’« appropriation » et le « partenariat ».

 

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Les politiques chinoises de réduction de la pauvreté peuvent-elles être mises en oeuvre en Afrique?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008


Le 20 mai 2008
— Le rôle d’investisseur et de donateur joué par la Chine auprès des pays africains suscite beaucoup d’attention. Alors que les investissements privés et les flux d’aide envoyés par la Chine peuvent profiter aux populations pauvres en Afrique, la contribution la plus importante sera sans doute les leçons que les pays africains peuvent tirer des succès de la lutte contre la pauvreté en Chine.

Certains chercheurs ayant souligné le danger d’imposer des pratiques occidentales aux institutions africaines, un risque similaire est à prévoir lorsqu’il s’agit de transposer des idées en provenance de l’Asie. Il serait naïf de croire que l’Afrique n’a qu’à copier certaines politiques d’actions pour obtenir les mêmes succès qu’en Chine.

L’Afrique d’aujourd’hui fait face à des contraintes bien différentes de celles rencontrées par la Chine au moment où celle-ci s’est embarquée dans son programme de réformes. Citons, par exemple, une plus forte inégalité de revenus, une plus faible densité de la population et un taux plus élevé de personnes à charge.

Toutefois, l’Afrique peut tirer des leçons importantes de l’expérience chinoise, d’après Martin Ravallion, directeur du Groupe de recherche sur le développement de la Banque mondiale. En fait, certaines de ces leçons pointent du doigt des travers dans lesquels pays africains doivent éviter de tomber, comme la forte hausse des inégalités en Chine. 

« La réussite chinoise illustre le principe générique que la libéralisation des marchés peut servir les intérêts des pauvres », a déclaré M. Ravallion. « Les fermiers chinois ont réagi de façon spectaculaire aux incitations du marché et les fermiers africains ne devraient pas se comporter différemment à cet égard – mais la réussite chinoise ne se borne pas à laisser les marchés faire leur travail. »

Dans un nouveau document de recherche, M. Ravallion indique qu’un des messages dont l’Afrique devrait s’inspirer est la priorité à accorder immédiatement à l’économie rurale et à la hausse de productivité des petits fermiers.

Justin Lin, actuellement professeur, directeur et fondateur du Centre chinois de recherche économique de l’université de Pékin, deviendra Économiste en chef de la Banque mondiale en juin 2008. Le professeur Lin a effectué les premiers travaux de recherche sur les répercussions économiques des réformes agraires en Chine. C’est en Afrique qu’il effectuera son premier voyage d’étude où, parmi d’autres missions, il visitera des projets agricoles en Ethiopie.

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La lutte contre la pauvreté en Chine et en Afrique : 1981-2004

En s’appuyant sur les meilleures données disponibles, M. Ravallion a relevé que, en 1991, deux Chinois continentaux sur trois vivaient avec moins de 1 dollar par jour, sur la base des prix internationaux de 1993. À la même époque, seulement 40 % environ de la population d’Afrique subsaharienne était dans la même situation.

Et pourtant, la Chine et l’Afrique ont obtenu des résultats très différents quant à la réduction de la pauvreté. Dès 2004, moins d’un Chinois sur dix vivait dans la pauvreté, en fonction des mêmes critères, alors que la proportion des pauvres en Afrique subsaharienne s’élevait encore à 40 %.

Cet écart est encore plus frappant si l’on considère le nombre de personnes vivant dans la pauvreté. En 1981, on dénombrait presque 4 fois plus de pauvres en Chine qu’en Afrique, mais dès 2004, le nombre de Chinois qui vivaient avec moins de 1 dollar par jour avait baissé de 500 millions comparé à 1981, alors qu’en Afrique, le nombre des pauvres a augmenté de 130 millions au cours de la même période.

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Les politiques chinoises de réduction de la pauvreté peuvent-elles être mises en oeuvre en Afrique? dans ACTUALITES spacer

spacer dans AGRICULTURE

Caractéristiques de la réussite chinoise dans le domaine de la réduction de la pauvreté
Green bullet

Alors que les dernières estimations (tirées des parités du pouvoir d’achat en 2005) semblent indiquer que le nombre absolu de pauvres encore présents en Chine est plus grand qu’on ne le pensait, ce qui demeure inchangé, c’est l’ampleur gigantesque de la réduction de la pauvreté à l’échelle nationale depuis 1981, dans la mesure où des centaines de millions de personnes ont été sorties de la pauvreté.

Green bullet

En dépit de la considérable réussite de la Chine dans la lutte contre la pauvreté, le fait est qu’aujourd’hui, de façon moins visible, 10 % de la population chinoise vit encore dans des conditions aussi misérables que les 40 % de pauvres de la population africaine. Il suffit de visiter les zones enclavées rurales dépourvues de ressources pour découvrir la pauvreté extrême qui persiste encore dans certaines parties du pays.

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Depuis le milieu des années 1980, la Chine connaît une forte hausse des inégalités, du fait des disparités sociales et géographiques en termes d’opportunités. La différence frappante entre les niveaux de vie en zones urbaines et rurales reflète l’accès inégal aux ressources publiques. Cette situation crée des inégalités en termes d’opportunités pour la santé et l’éducation.

( Le Rapport sur le développement dans le monde 2009 : Restructuration de la géographie économique (a)  sera publié en octobre 2008.)

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Il est tentant de penser que les exportations et l’essor du secteur secondaire,  avec l’aide des investissements étrangers directs (IED), sont à l’origine de la réduction de la pauvreté en Chine. Pourtant l’expansion des IED est survenue dans les années 1990 – après le recul massif de la pauvreté en Chine. En fait, MM. Ravallion et Chen (2007) ont découvert que la croissance agricole pendant la période allant de 1981 à 2004 avait eu quatre fois plus d’impact sur la pauvreté nationale que la croissance dans les secteurs secondaire et tertiaire.

« La croissance industrielle a aidé à réduire la pauvreté dans les années 1990 en absorbant l’excédent de la main-d’œuvre rurale, mais il est important de noter que le « gros œuvre » dans cette lutte a eu lieu au début des années 1980, dans le sillon des réformes de l’économie rurale en Chine », a indiqué M. Ravallion.

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Industry and smokestacks in China
Il est tentant de penser que les exportations et l’essor du secteur secondaire sont à l’origine de la réduction de la pauvreté en Chine…
spacer dans COMMERCE ET DEVELOPPEMENT
Rice field in China
… mais il est important de noter que le « gros œuvre » dans cette lutte a eu lieu au début des années 1980, dans le sillon des réformes de l’économie rurale en Chine.

spacer dans COOPERATION INTERNATIONALE

Leçons pour l’action des pouvoirs publics en Afrique

African farmer with oxen
La libéralisation des marchés peut servir les intérêts des populations pauvres.

La libéralisation des marchés peut servir les intérêts des populations pauvres. En présence d’incitations commerciales, les fermiers chinois ont réagi de façon spectaculaire. Les fermiers africains ne réagiront pas différemment et l’ouverture des marchés fera reculer la pauvreté.

Une réforme axée sur le marché doit s’accompagner de solides institutions publiques. Le succès chinois reposait sur de solides institutions publiques qui ont su mettre en œuvre des politiques de soutien et des investissements publics. L’Afrique doit renforcer sa capacité de mise en œuvre des politiques nécessaires.

Les politiques d’action doivent éviter de porter préjudice aux pauvres. Bien entendu, l’Etat doit utiliser ses capacités pour mettre en œuvre de bonnes politiques d’action et éliminer les moins satisfaisantes. Une méthode pour aider les pauvres consiste à diminuer les impôts explicites et implicites qui leur sont souvent imposés et à réduire les inégalités en leur défaveur dans la répartition des dépenses publiques.

La stabilité macroéconomique est un élément crucial. L’expérience de la Chine (ainsi que celle d’autres pays en développement) indique qu’il est préférable d’éviter les chocs inflationnistes pour assurer un recul durable de la pauvreté.

L’intégration du marché intérieur ne doit pas être négligée. Bien qu’il s’agisse d’un domaine où la Chine ait réalisé des progrès rapides (en partie en raison des restrictions à la migration intérieure), l’intégration du marché intérieur a joué un rôle clé dans la réduction de la pauvreté. Toutefois, l’Afrique est confrontée à des obstacles plus grands que la Chine, en raison notamment de problèmes de coordination au-delà des frontières nationales.

Little boy in Kalahari Desert
Une stratégie axée sur l’agriculture doit être au centre de toute politique efficace de lutte contre la pauvreté.

Le secteur agricole doit être privilégié. Bien que la forte croissance de l’agriculture en Chine dans les années 1980 soit en partie imputable à un événement historique ponctuel (la décollectivisation), elle souligne également que mettre l’accent sur le développement rural et agricole est primordial pour assurer une croissance favorisant les pauvres ; en particulier dans les premiers stades du processus, dans la mesure où les petites fermes peuvent rapidement donner du travail à une main-d’œuvre non qualifiée. Vu les niveaux de pauvreté et l’abondance relative des terres disponibles en Afrique, auxquels s’ajoutent les prix alimentaires élevés actuellement, une stratégie axée sur l’agriculture doit être au centre de toute politique efficace de lutte contre la pauvreté.

Rapport sur le développement dans le monde 2008 : Agriculture et développement

La Chine peut aider l’Afrique à concevoir des systèmes de recherche et de vulgarisation agricoles. La croissance agricole n’est pas une chose facile et elle nécessitera des investissements dans la recherche et le développement (R&D) d’une agriculture adaptée aux conditions africaines (culture sous pluie le plus souvent) et des efforts pour faire parvenir les résultats des travaux de recherche aux fermiers locaux. La Chine peut aider l’Afrique à mettre ces systèmes sur pied et offrir, par la même occasion, un marché pour les exportations agricoles africaines.

La Chine peut aider l’Afrique à concevoir des systèmes de recherche et de vulgarisation agricoles. La croissance agricole n’est pas une chose facile et elle nécessitera des investissements dans la recherche et le développement (R&D) d’une agriculture adaptée aux conditions africaines (culture sous pluie le plus souvent) et des efforts pour faire parvenir les résultats des travaux de recherche aux fermiers locaux. La Chine peut aider l’Afrique à mettre ces systèmes sur pied et offrir, par la même occasion, un marché pour les exportations agricoles africaines.

La hausse des inégalités sociales n’est pas le résultat inévitable d’une forte croissance et d’un recul de la pauvreté. Les observateurs africains de la réussite chinoise pourraient être tentés de conclure que l’accroissement des inégalités sociales est le prix à payer pour la réduction de la pauvreté. En réalité, les résultats varient d’un pays à l’autre. Les périodes au cours desquelles la réduction de la pauvreté a été la plus rapide en Chine ont été caractérisées par une baisse des inégalités. Lorsque la croissance est due à un relâchement des contraintes qui empêchent les pauvres d’avoir accès aux marchés, elle peut aider à contrer la montée des inégalités.

« Il ne faut pas oublier que l’Afrique est constituée de 48 pays, pas d’un seul », indique M. Ravallion. « Il n’y a pas un gouvernement central africain qui transmet des leçons destinées aux pouvoirs publics d’un endroit à l’autre, et c’est là où la communauté internationale, notamment la Chine, peut apporter son aide. »

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Note d’information sur la crise alimentaire

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008

Mécanisme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale :
Ce nouveau mécanisme permettra d’accorder rapidement des financements au titre de programmes d’investissement et d’appui budgétaire dans les pays admis à bénéficier des crédits de l’IDA et dans ceux qui peuvent emprunter à la BIRD pour faire face aux besoins immédiats engendrés par la crise alimentaire. Ce mécanisme de 1,2 milliard de dollars non seulement financera de nouvelles opérations mais il permettra aussi d’accélérer le déroulement des opérations en préparation, comme le Crédit d’appui transitoire au Bangladesh, d’un montant de 200 millions de dollars, conçu pour aider le gouvernement bangladais à faire face à la crise.

 

Fonds fiduciaire financé par un seul donateur :
En procédant au transfert d’un montant prélevé sur le revenu de la Banque internationale pour la reconstruction et de développement (BIRD), qui est l’institution de la Banque mondiale poursuivant des opérations avec les pays à revenu intermédiaire, la Banque mondiale a entrepris de constituer un fonds fiduciaire de 200 millions de dollars. Ce fonds fiduciaire fournira une aide rapide aux pays et aux territoires les plus fragiles, les plus pauvres et les plus touchés qui n’ont guère de possibilités de lever rapidement des capitaux. Cette aide est plafonnée à 10 millions de dollars par pays. Des dons sont approuvés aujourd’hui en faveur de Djibouti (5 millions de dollars), Haïti (10 millions de dollars) et le Libéria (10 millions de dollars) dans le cadre du mécanisme. En juin, des demandes de financement seront traitées pour le Tadjikistan, le Togo et le Yémen. Les projets correspondants permettront d’appuyer des filets de protection sociale pour les populations les plus vulnérables, l’apport de micronutriments pour lutter contre la malnutrition, et la fourniture rapide de semences et d’engrais aux petits agriculteurs, dans le but de compenser la forte réduction des recettes budgétaires dans certains pays. La Banque a reçu des demandes de sept autres pays, qu’elle traitera rapidement.

 

Fonds fiduciaire pluridonateurs :
Un fonds fiduciaire pluridonateurs est en instance de création afin d’aider d’autres partenaires de développement à appuyer les efforts déployés par les pays pour faire face à la crise. Ce fonds fiduciaire est conçu de manière à compléter les activités d’aide alimentaire d’urgence du PAM, de la FAO et du FIDA en fournissant un appui immédiat à la production sous forme de semences et d’engrais dans la perspective de la prochaine campagne, et il vise plus particulièrement les petits agriculteurs. Le fonds fiduciaire pluridonateurs facilitera également la coordination des politiques et des opérations des partenaires de développement et contribuera à assurer le caractère général de cet appui ainsi que son adaptation au cas par cas. 

 

Renforcement de l’appui à l’agriculture :
Le Groupe de la Banque mondiale renforce son appui global à l’agriculture mondiale, qui doit passer de quatre à six milliards de dollars au cours de l’année qui vient. Ce montant comprend les prêts de la BIRD, les dons et les crédits très concessionnels de l’Association internationale de développement (IDA), institution membre de la Banque mondiale qui fournit son appui aux pays les plus pauvres du monde, ainsi que les financements axés sur les agroentreprises et le commerce. Les prêts à l’agriculture passeront ainsi de 450 à plus de 800 millions de dollars en Afrique, et de 250 à plus de 400 millions de dollars en Amérique latine. La Banque continuera de fournir un appui portant sur plus d’un milliard de dollars au titre de nouveaux projets de développement agricole et rural en Asie du Sud. Elle compte également doubler le montant de ses prêts dans les domaines de la protection sociale, de la nutrition, de la sécurité alimentaire et de l’atténuation des risques sociaux au cours de l’année qui vient pour le porter à environ 800 millions de dollars. L’IFC prévoit de porter le montant de ses activités de financement au titre des agroentreprises et des échanges agricoles à plus de 1,7 milliard de dollars, contre 1,3 milliard de dollars cette année.  

 

Produits de gestion des risques :
Plusieurs propositions sont soumises à l’examen des administrateurs de la Banque mondiale.

 

En juin, les administrateurs examineront une proposition consistant à faire jouer à la Banque mondiale le rôle d’intermédiaire sur les marchés financiers pour permettre aux pays pauvres d’avoir accès à des dérivés climatiques. Les produits proposés donneraient aux pays un moyen de se protéger d’une sécheresse qui aurait pour effet de porter les prix du maïs à des niveaux qu’ils pourraient difficilement se permettre de payer. Les dérivés climatiques sont basés sur un indice qui mesure le niveau des pluies. Si cet indice tombe en dessous d’un certain seuil dans un pays, un montant est versé au pays en question qui peut, grâce à ce montant, acquérir une option d’achat négociable qui aura pour effet de plafonner le prix du maïs

 

Une deuxième proposition soumise à l’examen des administrateurs émane de l’IFC, qui est l’institution membre du Groupe de la Banque mondiale ayant pour mission de promouvoir le développement du secteur privé. Cette proposition a pour objet d’appuyer la fourniture d’assurances récoltes et cheptel aux petits exploitants des pays en développement en créant une société qui offrira des produits d’assurance contre les aléas climatiques et d’autres risques de catastrophes basés sur des indices. Le Mécanisme mondial de réassurance basé sur un indice vise les agriculteurs et les communautés agraires, entre autres bénéficiaires.

 

La Banque et les organismes qui sont ses partenaires collaborent déjà à l’élaboration d’instruments de couverture des aléas climatiques. En Éthiopie, le PAM, avec l’assistance technique de la Banque mondiale par le biais du Groupe de gestion des risques liés aux produits de base, a lancé un dérivé climatique à vocation d’aide humanitaire permettant d’accorder des financements en cas de sécheresse extrême durant la campagne 2006.

 

Appui dans le domaine des politiques nationales :
La Banque fournit aux pays, outre son appui financier, des conseils dans le domaine de l’action à mener, sur des questions techniques et dans le cadre d’études. Au cours des six derniers mois, les gouvernements de plus d’une quarantaine de pays ont sollicité l’avis de la Banque sur les mesures à prendre pour faire face au renchérissement des prix alimentaires. En collaboration, notamment avec le PAM, la FAO, le FIDA, le NEPAD, l’UNICEF, la Banque mondiale a réalisé des évaluations des besoins dans plus de 25 pays et en poursuit plus d’une douzaine d’autres. Les évaluations des besoins sociaux tout autant qu’agricoles contribueront à définir les conseils sur l’action à mener ainsi que l’assistance financière à ces pays.

 

Exemples d’activités en cours du Groupe de la Banque :

En Afrique :
La Banque met un montant de 100 millions de dollars à la disposition du Burkina Faso, du Burundi, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de Madagascar, du Mali et du Niger dans le cadre de financements supplémentaires et de la restructuration d’opérations en cours.
Des évaluations rapides des besoins ont été menées au Burkina Faso, au Burundi, au Libéria, au Mali, en Sierra Leone, et au Togo. Des évaluations sont en cours en Érythrée, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Kenya, au Malawi, en Mauritanie et au Niger. En Guinée, la Banque prépare une opération d’appui budgétaire d’urgence pour aider le gouvernement à gérer la forte hausse des prix des denrées alimentaires et du pétrole.
La Banque poursuit des opérations dans les domaines de l’irrigation et de la gestion de l’eau en Éthiopie, de l’utilisation des engrais au Malawi, de l’accès des petits producteurs aux marchés au Sénégal, et de la diversification des cultures au Mali et en Ouganda.

 

En Europe et Asie centrale :
La Banque collabore avec la République kirghize et le Tadjikistan pour fournir une aide financière immédiate afin de fournir des compléments nutritionnels aux femmes enceintes, aux mères allaitantes, aux nourrissons et aux jeunes enfants pour lutter contre la sous-nutrition et des carences particulières telles que les carences en vitamines A, en fer et en folate. Des projets sont en cours de préparation pour aider ces deux pays à améliorer le cadre institutionnel et le cadre infrastructurel dans lesquels opèrent les agriculteurs et les éleveurs transhumants et à accroître la production et la productivité.
En Ukraine et en Russie, la Banque mondiale fournit son appui pour accroître la production et la productivité agricole.

 

En Amérique latine et aux Caraïbes :
La Banque met un don de 10 millions de dollars à la disposition du Gouvernement haïtien pour l’aider à maintenir la stabilité macroéconomique, améliorer l’assistance ciblée et appuyer des mesures axées sur l’offre visant à accroître le revenu des agriculteurs.
Au Honduras, la Banque prépare une opération d’urgence liée à la crise alimentaire afin d’élargir l’appui accordé aux efforts déployés par le pays pour s’attaquer aux effets négatifs du renchérissement des denrées alimentaires.

 

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord :
La Banque prépare deux opérations d’intervention rapide pour Djibouti et le Yémen. À Djibouti, le gouvernement a ramené à zéro le taux de toutes les taxes à la consommation intérieures frappant les cinq produits alimentaires de base. L’appui de la Banque aidera le gouvernement à maintenir l’équilibre budgétaire pendant qu’il formule de nouveaux leviers pour la politique fiscale.

 

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Pour en savoir plus, se rendre à l’adresse
http://www.worldbank.org/html/extdr/foodprices (a)

 

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La Banque mondiale lance un mécanisme d’intervention rapide d’un montant de 1,2 milliard de dollars face à la crise alimentaire

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008

Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé aujourd’hui qu’il appuierait les efforts déployés au plan international pour surmonter la crise alimentaire mondiale en créant un mécanisme de financement rapide portant sur un montant de 1,2 milliard de dollars pour faire face aux besoins immédiats ;   sur ce montant, 200 millions de dollars seront accordés sous forme de dons en faveur des populations vulnérables des pays les plus pauvres du monde.

En annonçant l’adoption de plusieurs mesures pour faire face aux problèmes alimentaires qui se posent dans l’immédiat et à plus long terme, le Groupe de la Banque mondiale a indiqué qu’il porterait le montant global de son appui mondial au titre de l’alimentation et de l’agriculture, qui est actuellement de 4 milliards de dollars, à 6 milliards de dollars l’année prochaine et qu’il lancerait des instruments de gestion des risques, ainsi que des mécanismes d’assurance des récoltes pour protéger les pays pauvres et les petits agriculteurs.

« Il est essentiel que, dans la perspective de la réunion qui se tiendra à Rome la semaine prochaine, nous fassions porter nos efforts sur des initiatives précises. Celles-ci nous aideront, avec nos partenaires, à lutter contre le risque de souffrir de la faim et de malnutrition que courent les deux milliards d’êtres humains qui se débattent pour survivre dans le contexte du renchérissement des prix alimentaires, et à contribuer à l’adoption d’une solution pour le long terme à laquelle devront participer de nombreux pays et institutions », a expliqué le Président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick.

Des dons sont approuvés aujourd’hui en faveur de Djibouti (5 millions de dollars), Haïti (10 millions de dollars) et le Libéria (10 millions de dollars). Dans le mois qui vient, la Banque mondiale compte fournir un appui sous forme de dons au Togo, au Yémen et au Tadjikistan. Ces pays sont inscrits sur la liste des pays hautement prioritaires établie sur la base des évaluations rapides des besoins menées sur le terrain en collaboration avec le Programme alimentaire mondial, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Fonds international de développement agricole. Des évaluations rapides des besoins ont déjà été réalisées dans plus de 25 pays, et 15 autres sont en cours.

Le mécanisme de 1,2 milliard de dollars, qui est conçu pour faire face aux besoins immédiats, appuie des systèmes de protection des plus vulnérables tels que les programmes « vivres contre travail », les transferts monétaires conditionnels et l’alimentation scolaire. Il appuie la production de denrées alimentaires — pour cette année mais aussi les suivantes — en fournissant des semences et des engrais, en améliorant les systèmes d’irrigation des petits agriculteurs et en fournissant un appui budgétaire pour compenser la réduction des droits frappant les produits alimentaires et autres charges imprévues

La Banque mondiale constitue également, dans le cadre de ce nouveau mécanisme, un fonds fiduciaire pluridonateurs pour faciliter la coordination des politiques et des opérations des bailleurs de fonds, et mobiliser un appui financier en vue de la fourniture rapide de semences et d’engrais aux petits agriculteurs pour les prochaines semailles.

Le nouveau mécanisme d’intervention rapide vient s’ajouter à d’autres activités entreprises par le Groupe de la Banque mondiale pour faire face à la crise alimentaire mondiale. Les Administrateurs de la Banque mondiale examinent actuellement des propositions d’initiatives visant à fournir des instruments de gestion des risques aux pays pauvres confrontés à la sécheresse et à d’autres catastrophes.

«  Nous collaborons avec nos Administrateurs au déploiement de produits d’assurance et d’instruments de couverture sur base indicielle afin de protéger les agriculteurs et les pays pauvres de chocs liés au climat et à l’offre », a expliqué M. Zoellick.

Suite à une proposition qui sera examinée par le Administrateurs de la Banque en juin, le Malawi pourrait être le premier de plusieurs pays à avoir recours à la Banque mondiale en tant qu’intermédiaire pour obtenir accès à des dérivés climatiques. Si le Malawi devait connaître une sécheresse, il serait protégé d’une hausse du prix du maïs importé. L’IFC, qui est l’institution membre du Groupe de la Banque mondiale chargée de promouvoir les investissements dans le cadre du secteur privé, propose de fournir des systèmes d’assurance récoltes et cheptel aux petits agriculteurs des pays en développement.

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MONDE: Investissements agricoles – passer de la parole aux actes

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008

ROME, 4 juin 2008 (IRIN) – Au moins sept pays (en majorité africains) sont considérés comme extrêmement vulnérables à la hausse du prix des denrées alimentaires, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La Gambie, le Liberia, la Mauritanie, le Niger, le Zimbabwe, la Jordanie et la Moldavie, qui ont tous contracté de lourdes dettes, pourraient être contraints de consacrer pas moins de deux pour cent de leur produit intérieur brut à l’importation de vivres.

Dans la plupart de ces pays, déjà aux prises avec une insécurité alimentaire chronique, la hausse spectaculaire du prix des vivres fait planer la menace d’une instabilité politique.

Leur vulnérabilité a été soulignée mardi par Jacques Diouf, directeur général de la FAO, qui a lancé un appel passionné aux leaders mondiaux réunis à Rome, en Italie, à l’occasion d’un sommet, afin que ceux-ci consacrent la somme de 30 milliards de dollars par an à revitaliser l’agriculture et à éviter de futurs conflits alimentaires.

Inégalité

Dans son discours, prononcé à l’ouverture d’un sommet de trois jours sur la crise alimentaire mondiale, M. Diouf a souligné le niveau d’inégalité observé dans un monde où les déchets alimentaires annuels d’un seul pays atteignent 100 milliards de dollars.

« Est-il possible dans ces conditions d’expliquer aux personnes de bon sens et de bonne foi que l’on ne peut pas trouver 30 milliards de dollars par an pour permettre à 862 millions d’affamés de bénéficier du droit humain le plus fondamental, celui à la nourriture donc à la vie ? », a-t-il demandé.

Consacrer des fonds suffisants aux programmes agricoles dans les pays en voie de développement permettra « d’écarter définitivement le spectre des conflits alimentaires qui se profilent à l’horizon », a estimé M. Diouf.

En effet, a-t-il ajouté, « la solution structurelle au problème de la sécurité alimentaire dans le monde, c’est l’accroissement de la productivité et de la production dans les pays à revenu bas et à déficit vivrier ».

Pourtant, en termes réels, les fonds consacrés à l’agriculture ont diminué de 58 pour cent entre 1980 et 2005, et en 2006, des subventions de 11 à 12 milliards de dollars ont abouti au détournement de 100 millions de tonnes de céréales, soustraites à la consommation humaine, et employées « pour notamment étancher la soif de carburant des véhicules ».

Face à la hausse du prix des denrées alimentaires, qui n’ont jamais été aussi élevés depuis les années 1970, M. Diouf a appelé à mettre en place des « solutions novatrices et imaginatives », et notamment à développer des « accords de partenariat entre, d’une part, les pays qui ont des ressources financières, des capacités de gestion et des technologies et, d’autre part, ceux qui ont des terres, de l’eau et des ressources humaines ».

Apporter un soutien

Ali Gurkan, chef du service produits, analyse des politiques et prévisions de la FAO, a dit espérer que plusieurs mesures possibles seraient prises de toute urgence pour soutenir les pays vulnérables, notamment ceux qui affichent déjà des taux élevés d’insécurité alimentaire chronique, et qui importent une majorité de leurs vivres et de leur carburant.

Parmi ces mesures, on pourrait notamment envisager la mise en place d’un mécanisme mondial qui permettrait, au moins, de contenir les prix des denrées alimentaires et de fournir une aide alimentaire et monétaire.

Mais bien que la FAO reconnaisse qu’il est « particulièrement important » de renforcer les mécanismes de protection sociale des populations urbaines, le déploiement de programmes de nutrition ciblés dans des villes très peuplées pose un problème délicat.

« Bien sûr, il y a toujours un risque de dépendance à l’aide alimentaire, et on ne devrait avoir recours à l’aide alimentaire que dans le cadre des interventions d’urgence. En guise d’intervention à court terme, des intrants, tels que des semences et des engrais, devraient également être fournis aux agriculteurs, pour assurer que la production de la saison suivante est lancée », a déclaré M. Gurkan.

En Gambie, les prix des vivres ont monté en flèche, observant une hausse de plus de 50 pour cent en une année, selon Bakary Trawally, secrétaire permanent du ministère gambien de l’Agriculture. Le riz est l’aliment de base et le pays importe la majorité du riz dont il a besoin.

« Mais nous ne voulons pas d’aide alimentaire ; nous voulons des engagements financiers solides à investir dans notre secteur agricole, et de nouvelles technologies pour nous permettre d’améliorer notre rendement. Nous pouvons faire changer les choses », a-t-il déclaré à IRIN.

Partage des responsabilités

La crise alimentaire mondiale a été déclenchée par une chute de la production dans un grand nombre des principaux pays producteurs de céréales, par une consommation élevée de viande et de produits laitiers dans certains pays en pleine croissance économique tels que la Chine et l’Inde, et par le passage aux cultures consacrées à la production de biocarburant.

Les prix devraient retomber en 2009, mais ils resteront élevés au cours des 10 prochaines années, selon la FAO et l’Organisation de coopération et de développement économiques, qui soutient les principes de la démocratie et du libre-échange.

Le Government Accountability Office (GAO) des Etats-Unis a récemment publié un rapport où il critique les organisations et les bailleurs de fonds multilatéraux (y compris les Etats-Unis) pour n’avoir pas fait assez d’efforts en vue d’accroître la production vivrière en Afrique ; dans son rapport, l’organisme reproche également aux gouvernements africains de n’avoir pas investi dans l’agriculture.

En effet, bien que les dirigeants des pays d’Afrique se soient engagés en 2003 à consacrer 10 pour cent des dépenses publiques à l’agriculture, la plupart des pays du continent (à l’exception de l’Ethiopie, du Malawi, du Mali et du Burkina Faso) n’avaient pas encore atteint cet objectif en 2005.

L’écart entre la production de céréales moyenne en Afrique subsaharienne et celle du reste des pays en voie de développement s’est creusé au fil des années, la productivité atteignant à peine 40 pour cent en 2006.

« La Zambie produit par exemple environ 1 800 kilos de maïs sur un hectare de terre, tandis que la Chine en produit près de trois fois plus sur la même superficie », pouvait-on lire dans le rapport du GAO.

Outre le peu d’investissements, les taxes élevées imposées aux agriculteurs font partie des politiques qui entravent la production et aggravent l’insécurité alimentaire.

Notamment, selon le rapport du GAO, « les agriculteurs tanzaniens doivent s’acquitter d’environ 55 impôts, taxes et autres redevances pour pouvoir vendre leurs produits agricoles, soit l’équivalent de 50 pour cent du prix qu’ils en obtiennent ».

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À la Conférence de Rome, Robert B. Zoellick lance un appel pour une action urgente en faveur des 20 pays les plus vulnérables

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008

Le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a déclaré aujourd’hui qu’il appartient aux participants au Sommet de l’alimentation de s’engager à venir en aide aux 20 pays du monde les plus vulnérables dans les toutes prochaines semaines, avant que la flambée des prix alimentaires ne condamne des millions de personnes de plus à vivre dans la pauvreté ou à souffrir de malnutrition.

 

Traçant trois lignes d’action prioritaires pour cette réunion consacrée à la crise alimentaire, M. Zoellick a estimé que les organisations et pays représentés à Rome doivent également s’engager à mettre semences et engrais à la disposition des petits exploitants agricoles pour les mois de semailles à venir, et s’entendre sur un appel à la levée des interdictions et restrictions sur les exportations de produits alimentaires.

 

« Globalement, nous avons estimé que cette crise pourrait faire basculer 100 millions de personnes dans la pauvreté — 30 millions sur le seul continent africain », a-t-il déclaré devant les participants à ce sommet. « Il ne s’agit pas là d’une catastrophe naturelle, mais d’une situation due à l’homme et à laquelle nous pouvons remédier. Cela ne requiert pas de complexes travaux de recherche : nous savons ce qu’il y a à faire ; tout ce qu’il nous faut, c’est mettre en œuvre une action et des ressources en temps réel. »

 

Comme l’a expliqué son président, la Banque mondiale a procédé, avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à une évaluation des besoins de 28 pays, et 15 autres études de ce type sont en cours de réalisation. Cela a permis d’identifier 20 pays pour lesquels une aide immédiate s’impose d’ici à la réunion du Groupe des Huit, en juillet.

 

Cela doit se traduire selon lui par un appui en matière de filets de protection sociale, de programmes d’alimentation scolaire et de vivres contre travail, de protection de la mère et de l’enfant, de transferts monétaires conditionnels et d’appui budgétaire. « Cela peut se faire par le biais du PAM, de l’UNICEF, de la FAO et des banques de développement », a-t-il ajouté. « Après l’aide alimentaire directe du PAM, c’est là que le financement doit aller. »

 

Pour M. Zoellick, une autre priorité dans les mois qui viennent consiste à approvisionner en semences et engrais les pays en développement dans lesquels les petits exploitants seraient en mesure d’accroître leur production lors de la campagne à venir. D’ores et déjà, les responsables africains ont identifié 15 pays prioritaires pour une intervention rapide à ce niveau.

 

Le troisième ordre de priorité, selon lui, est constitué par les 28 pays qui ont imposé des interdictions sur les exportations de produits alimentaires. Ces interdictions et autres restrictions ont encouragé un phénomène de monopolisation et fait monter les prix, au préjudice des populations les plus démunies. Le président de la Banque a demandé instamment aux pays d’abolir immédiatement les restrictions et taxes concernant les achats et le transport de produits alimentaires répondant à des besoins humanitaires, ainsi que les expéditions de denrées destinées à des États fragiles et à des pays moins développés.

 

« Si nous entreprenons ne serait-ce que ces trois actions, nous qui sommes réunis ici à Rome pourrons faire une différence, et permettre à des millions d’avoir de la nourriture sur la table au lieu d’en être privés », a-t-il dit. « Le choix est clair. »

 

Dans la perspective du Sommet du G8, le mois prochain, M. Zoellick a invité les dirigeants à s’attaquer au problème à plus long terme consistant à multiplier par deux la production mondiale de produits alimentaires sur les 30 années qui viennent. Dans un commentaire publié la semaine dernière dans les colonnes du Financial Times, il avait défini les mesures à prendre pour s’attaquer à cette crise alimentaire. Son plan en dix points vise notamment à renforcer le niveau de production et de productivité des pays en développement dans le domaine agricole, pour leur permettre de tirer profit de la demande croissante de produits alimentaires. Cette stratégie à plus long terme fera notamment appel à la recherche agronomique dans l’optique d’une multiplication par trois des rendements, et à la mise en place d’outils de gestion des risques pour assurer une protection aux agriculteurs à faibles revenus. La réduction progressive des subventions, mandats et mesures tarifaires sur les biocarburants devrait également s’inscrire dans ce train de mesures à long terme, ainsi que la conclusion du cycle de négociations commerciales de Doha.

 

À l’appui de ce programme, la Banque mondiale a mis en place, la semaine dernière, un mécanisme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale visant à décaisser, selon des procédures accélérées, 1,2 milliard de dollars pour faire face aux besoins immédiats, y compris 200 millions de dollars sous forme de dons aux pays particulièrement vulnérables. Des dons de ce type ont déjà été approuvés pour Haïti, Djibouti et le Libéria, et d’autres opérations sont en cours d’élaboration pour le Togo, le Tadjikistan et le Yémen. Globalement, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé qu’il se donne de renforcer son appui à l’agriculture et aux activités ayant trait à l’alimentation pour le porter, dans l’année qui vient, de 4 à 6 milliards de dollars.

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Editorial : Belgique-Rdc, Kinshasa est distrait

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 juin 2008

31-05-2008

La crise entre la Rdc et la Belgique est devenue un dossier belgo-belge. La Rdc elle, c’est l’agneau expiatoire à l’autel de l’éternel conflit Wallons-Flamands. Etonnant que la Rdc accepte de jouer le dindon de la farce dans un conflit belgo-belge. Les balles perdues dans cet affrontement ont pour cible J. Kabila. La presse belge semble reprocher à Louis Michel d’avoir fait ce qu’il a fait pour la Rdc. Il fallait laisser ce pays dans le cycle des transitions interminables afin de le rendre taillable et corvéable à souhait. Ce qui énerve le Flamand Karel De Gucht, c’est ce fait d’avoir permis à la Rdc d’avoir des ailes pour voler.

Hier, la Belgique et d’autres partenaires de la Rdc traitaient la Rdc en fonction de l’illégitimité du pouvoir. On attendait les élections pour changer d’attitudes. Où est le péché de Louis Michel en rappelle cela au gouvernement belge ? Car, en effet, les Belges se comportent avec la Rdc non pas seulement comme si les élections n’ont jamais eu lieu, mais aussi comme si le 30 juin1960 n’avait jamais existé. N’en déplaise aux démocrates chrétiens Flamands, la Rdc n’est plus une dictature. Quiconque ignorerait cela, non seulement ferait preuve d’obscurantisme, mais aussi trouvera le Congo conscient sur son chemin.

L’handicap au développement de la Rdc n’est nullement la prétendue corruption, mais des attitudes néocolonialistes qui empêchent ce pays à sonder ses propres voies de développement. A ce sujet, ni la Belgique ni la Banque mondiale n’a des leçons à donner. Car, le discours de Karel De Gucht sur la corruption, n’aurait pas eu lieu si la Belgique, par le port d’Anvers avait obtenu la gestion du port de Matadi. La Belgique ne se ferait pas apôtre de la bonne gouvernance si c’est le port d’Anvers qui avait gagné le marché. Les Belges mentent en disant avoir perdu le marché parce qu’on leur aurait exigé de pots de vin.

La vérité c’est que les Belges peu compétitif dans l’appel d’offre lancé n’avaient pas les milliards qu’exige la réhabilitation de ce port de Matadi. Le fait que le marché ait été gagné par une société des Emirats Arabes unis, a soulevé la colère de De Gucht. C’est juste le contraire de ce qu’il professe, la bonne gouvernance. Ce ne serait pas bonne gouvernance que de donner ce marché à une entreprise peu lotie, au nom des amitiés. Et la Belgique, à travers la presse érige en exemple concret de corruption ce dossier du port de Matadi. De là, avec un crochet vers le sauf-conduit des contrats chinois, les  » démocrates païens « , je voulais dire chrétiens, préparent l’enfer pour le peuple congolais. Ils font les yeux doux à la Banque mondiale, aux américains, bref à tous ceux qui peuvent nuire à la Rdc. Une vraie tentative de refaire le cocktail de 1960 qui avait emporté Lumumba. Pendant ce temps, en Rdc, ce qui est devenu une affaire de la Flandre qui veut en faire une affaire du royaume reste encore un fait divers diplomatique. C’est ainsi que pendant qu’en Belgique tout est mis en œuvre pour  » punir  » Kinshasa, le gouvernement semble ne pas prendre la vraie mesure du dossier. D’aucuns pensent que le premier ministre belge qui avait ricané à la télévision lorsqu’on lui parlait de la souveraineté de la Rdc, pouvait changer d’attitude peu après. Une sagesse de chez moi dit que,  » qui revient sur le champ de bataille après y avoir échappé, trouve souvent la mort en chemin « . Comprenne qui peut.

Joachim Diana G.

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M. François Muamba : « Nous réclamons la liberté provisoire pour J.P. Bemba afin qu’il comparaisse en prévenu libre »

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 juin 2008

3-06-2008

Mémorandum du MLC à Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur du Royaume de Belgique à Kinshasa à la suite de l’arrestation à Bruxelles de l’Honorable Sénateur Jean Pierre BEMBA.

Excellence Monsieur l’Ambassadeur,

C’est avec stupéfaction et indignation que nous avons appris par voie des médias l’arrestation rocambolesque par la police belge du Président National du Mouvement de Libération du Congo, l’Honorable Sénateur Jean Pierre BEMBA, en exécution d’un mandat d’arrêt international lancé par la Cour Pénale Internationale.

Nous venons par le présent mémorandum solliciter l’implication de votre pays pour que justice soit faite à l’endroit de l’Honorable Sénateur JP BEMBA, Président National du MLC et que cesse le complot formé contre ce dernier et dont les services de renseignements belges apparaissent clairement comme étant les principaux acteurs. Car, en effet, à entendre les déclarations du 28 mai 2008, du porte parole du Tribunal de Bruxelles, à savoir : « JP BEMBA ne sera pas mis en liberté parce que les services de renseignements belges détiennent des informations selon lesquelles, le leader du MLC en venant à Bruxelles après avoir quitté FARO au Portugal, avait l’intention de regagner son pays. Et ayant eu vent de ces informations, la CPI a précipité son arrestation, craignant qu’au Congo, l’ancien chef rebelle ne se rende dans une zone qui n’est pas sous contrôle du Gouvernement de Kinshasa, ce qui rendrait son arrestation impossible. » De même, la célérité avec laquelle l’exécution par la Justice Belge le samedi 24 mai 2008 du mandat d’arrêt décerné pourtant le vendredi 23 mai 2008 contre l’Honorable Sénateur JP BEMBA a été effectuée, confirme l’existence de ce complot.

Le MLC dénonce l’implication des services de renseignements belges dans une procédure judiciaire, mais aussi la justice partisane à double vitesse pratiquée par la Cour Pénale Internationale ainsi que la politisation de la procédure judiciaire initiée par le Procureur près la Cour Pénale Internationale, parce que ni Monsieur Ange Félix Patassé, Président de la République Centrafricaine, à l’époque des faits, et qui avait invité les troupes du MLC, ni le chef d’Etat Major de son Armée, encore moins Monsieur Bozize, chef d’Etat Major de l’armée du Président Patassé, d’abord et Chef des rebelles ensuite contre qui les éléments du MLC avaient combattu, et qui est devenu Président de la République, à la suite d’un coup d’état, n’ont fait l’objet, à ce jour, ni d’une quelconque procédure judiciaire encore moins d’interpellation. Le MLC considère que cette arrestation précipitée, suspecte et arbitraire illustre l’instrumentalisation de la Cour Pénale Internationale par des puissances et des forces obscures dans le dessein de disqualifier le Sénateur Jean Pierre BEMBA et de discréditer le Mouvement de Libération du Congo, et ainsi barrer la route à la volonté irréversible des congolais de réaliser l’alternance démocratique dans le pays. Le MLC pense que ce complot est fait contre la ROC aux fins de perturber le processus de démocratisation et de déstabiliser le pays tout entier.

Le MLC estime également que son leader paye le prix de sa volonté affichée de faire de la RDC un pays fort, capable de s’affirmer dans le concert des Nations, mais aussi le prix de l’état actuel des relations diplomatiques entre la Belgique et la RDC. Car, non seulement la détention du Sénateur JP BEMBA n’est pas justifiée mais aussi il n’a pas l’intention de se soustraire à la justice. Il devrait être remis en liberté et comparaître en tant que prévenu libre. Le MLC Parti Politique affirme avec force l’innocence de son leader le Sénateur JP BEMBA et le fait que le MLC Mouvement Politico-militaire n’avait jamais planifié les viols, les vols et autres crimes, ni laissé impunis les éléments indisciplinés de son armée comme cela ressort d’ailleurs des pièces annexées au présent mémo. Le MLC attire enfin l’attention du Royaume de Belgique sur les conséquences néfastes que cette arrestation qui frise l’arbitraire pourrait engendrer car, comment comprendre que la Belgique, Etat de droit, peut elle refuser de faire application des dispositions légales relatives à la mise en liberté provisoire à l’endroit d’un justiciable qui remplit pourtant les conditions requises ?

Kinshasa, le 27 mai 2008

François MUAMBA SecretaireGénéral

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