Réchauffement planétaire et tergiversation des pays du Nord.

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 15 décembre 2010

 

Les pays du Nord ont été interpelllé jeudi dernier à Cauncun (Mexique) par les pays du bassin du Congo.Ces derniers, par la voix du Ministre Congolais de l’Environnement, de la Conservation de la Nature et du Tourisme(RDC),José Endundo,demandent aux pays du Nord de recompenser les efforts consentis par leurs pays dans le cadre de la lutte contre le réchauffement planétiare.

Ils ont déclaré que «  Nous avons fourni des efforts. Nous sommes disposés à les poursuivre, mais, pour cela, les efforts devraient être réciproques. Les discussions qui traînent en longueur sur la REDD + (Réduction des émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) notamment sur les mesures de sauvegarde et sur les engagements à long terme doivent cesser.

 

Ils se sont engagés collectivement, estiment-ils, pour développer des stratégies d’utilisation rationnelles des ressources naturelles pour en assurer la pérennité par la signature d’un plan de convergence sous-régionale sur cette question. Les pays de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale(COMIFAC) détiennent 15 millions d’hectares de forêts gérées de façon durable,ont-ils manifesté. Cinq hectares sont déjà certifiées et près de 40 millions d’hectares de forêts sont dédiés à la conservation stricte. Leur ambition est d’atteindre 100% de forêts de production certifiée, pendant que le processus continue, et une augmentation significative de la superficie des forêts d’içi à 2020.

Les pays du bassin du Congo s’opposent à ce que la RDD+ soit incluse dans le volet NAMAS, conscients de l’importance qu’ils apportent dans le processus de stabilisation du climat et de leur rôle dans le régime climatique en perspective.

La COMIFAC est composée des pays suivants: Cameroun, Tchad, Burundi, Rwanda, Sao Tomé et Principe, la République Démocratique du Congo (RDC), République du Congo, République Centrafricaine (RCA), Gabon et Guinée Equatoriale.

 

 

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Afrique: La FAO lance un système de surveillance des incendies sur internet

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 12 août 2010

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé mercredi un nouveau portail en ligne d’information et de gestion des incendies en temps réel, afin d’assister les pays pour lutter efficacement contre les feux.

Le nouveau Système mondial de gestion de l’information sur les incendies (GFIMS) repère les points chauds à l’origine des incendies à partir des données satellites administrés par l’agence spatiale américaine (NASA).

« Le GFIMS est lancé à moment où les conséquences des méga-incendies tendent à s’accentuer », explique Pieter van Lierop, expert forestier de la FAO chargé des activités de gestion des feux. « La maîtrise de ces feux est devenue un thème prépondérant, non seulement en raison du nombre croissant de victimes et des superficies colossales incendiées, mais aussi des incidences sur des questions d’intérêt mondial, comme le changement climatique », a-t-il ajouté.

Mis au point en collaboration avec l’Université du Maryland, le GFIMS dispose d’une interface de cartographie en ligne pour visualiser les points chauds en temps quasi-réel, c’est-à-dire avec un décalage d’environ 2 heures et demie entre le passage des satellites et la mise en ligne des données.

En Russie la combinaison de la canicule, qui porte les températures à 40°C, et des vents soufflant jusqu’à 20 m/seconde, a entrainé des incendies sur une surface totale qui dépasse les 14 millions d’hectares, selon les données de l’Institut Sukachev des forêts de la ville de Krasnoyarsk. Le dernier bilan de ces incendies en Russie s’élèverait à 52 morts.

Chaque année dans le monde, les feux de végétation ravagent 350 millions d’hectares dont la moitié en Afrique. En Méditerranée, entre 700.000 et 1 million d’hectares partent en fumée chaque année.

Le GFIMS permet aux usagers de télécharger des informations en fichiers de petite taille et formats faciles à utiliser, indique la FAO qui souligne qu’auparavant il était complexe pour les experts d’avoir des données complètes, cohérentes et en temps réel.

« Le GFIMS a suscité un vif intérêt de recherche », a déclaré un expert de la FAO au sein du département de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement, John Latham.

« Relier le système à la couverture végétale nous montre ce qui est en train de brûler. Le GFIMS offre désormais des analyses sur les tendances de prévalence du feu par mois et par an, et comprendra à l’avenir des informations sur l’étendue des superficies incendiées, ventilées par type de couverture végétale. Il permettra d’améliorer les données d’analyses et l’intervention dans les meilleurs délais », a-t-il encore précisé.

Le système pourrait servir aux responsables forestiers et aux pompiers, ainsi qu’aux organismes chargés de la surveillance des ressources agricoles et naturelles. L’abonnement est gratuit. Il suffit d’une adresse e-mail. Le GFIMS, disponible en trois langues -anglais, français et espagnol, est hébergé par le Département de gestion des ressources naturelles et de l’environnement de la FAO.

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Ces Etats qui accaparent les terres agricoles en Afrique

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 17 septembre 2009

 
Arabie Saoudite, Chine, Corée du Sud, Egypte… externalisent leur production nationaleL’insécurité alimentaire créée par la hausse des prix des denrées alimentaires provoque l’essor d’un phénomène en Afrique : l’acquisition d’exploitations agricoles par des étrangers. Gouvernements et firmes de certains pays achètent ou louent de vastes territoires agricoles pour assurer leurs propres besoins alimentaires.

La nouvelle a provoqué un tollé fin août à Kampala. L’Egypte, selon la presse du pays des pharaons, s’apprêtait à cultiver du blé pour sa propre consommation sur des terres ougandaises. L’Ouganda avait accepté de mettre à sa disposition, près de 850 000 hectares de terres, soit 2,2 % de la superficie totale du pays. L’information, d’abord démentie par le ministre ougandais des Terres, a été confirmée. Début novembre, le ministre égyptien de l’agriculture, Amin Abaza, a fait état de discussions « fructueuses » avec l’Ouganda, écrit La Dépêche. Il a affirmé que les autorités ougandaises ont accepté de louer des terres à l’Egypte et que sept grands groupes privés égyptiens étudient déjà les variétés de blé et de maïs appropriées au sol ougandais.

M. Abaza a également indiqué que son pays « étudie sérieusement » le projet de plusieurs groupes arabes de cultiver au Soudan des céréales, notamment du blé. Selon l’ONG Grain, en mars 2008, le Premier ministre jordanien a annoncé que son pays allait produire des aliments pour ses concitoyens sur des terres que lui avait attribuées Khartoum. Quelques mois plus tard, son ministre de l’Agriculture a mandaté une société privée pour gérer les investissements agricoles du gouvernement à l’étranger. Il s’agit pour la Jordanie de lutter contre l’insécurité alimentaire du pays.

Des cas de plus en plus nombreux

Plus récemment, en novembre, selon Financial Times, Daewoo Logistics, un groupe sud-coréen, a conclu avec le gouvernement malgache un accord portant sur la location de 1,3 million d’hectares de terres, ce qui représente la moitié des terres arables de la grande île. L’objectif ici est le même que dans les deux cas précédents : assurer l’alimentation de la Corée du Sud, quatrième importateurs de maïs au monde. Dès l’année prochaine, en échange de créations d’emplois dans l’île et de la construction d’infrastructures, le groupe sud-coréen va exploiter pendant 99 ans cette immense étendue de terres pour la culture du maïs et la production d’huile de palme.

Les exemples se multiplient ces derniers mois sur le continent. Dans son dernier rapport, Grain explique le phénomène par la conjugaison des graves crises alimentaires et financières qui frappent le monde et par l’inflation qui en découle. Pour garantir à leurs populations leur nourriture, certains pays riches dépendant des importations, veulent externaliser leur production alimentaire nationale en prenant le contrôle d’exploitations agricoles à l’étranger. Parmi ces « accapareurs » de terres, l’ONG cite, entre autres : l’Arabie Saoudite, le Japon, la Chine, l’Inde, la Corée, la Libye et l’Égypte.

Protéger les producteurs locaux

Ce phénomène se développe à un moment où la question des investissements pour relancer l’agriculture en Afrique se pose avec insistance. Elle a été longuement débattue les 8 et 9 décembre à Paris, lors d’une conférence intitulée « Investir dans l’agriculture en Afrique Sub-saharienne ». A cette occasion, le secrétaire d’Etat français à la coopération et à la francophonie, Alain Joyandet, a mis en garde contre ces investissements provenant de pays étrangers. D’après lui, ils ne devraient pas se faire « sans une protection des populations locales contre d’éventuelles crises alimentaires ».

Autre problème posé par l’exploitation des terres agricoles en Afrique par d’autres pays et par les multinationales étrangères : le droit à la propriété foncière. Dans plusieurs pays du continent, les législations autour de ce droit sont floues. Début décembre, à l’initiative de la Banque africaine de développement (BAfD) et de la Commission de l’Union africaine, des experts africains ont lancé une série de réunions consultatives régionales pour harmoniser un document de politique foncière pour le continent. Ils avaient alors insisté pendant leurs premières réunions sur le fait, que toute réforme agraire devait reconnaître le droit souverain d’un Etat à posséder les terres au nom des citoyens.

Un point de vue que Tidiane Ngaido, chercheur à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, ne partage pas. Interrogé par RFI, il affirme que « ce n’est pas normal que l’Etat s’arroge le droit de propriété et distribue des terres à des sociétés qui viennent de l’Etranger. Il faut nécessairement une sécurisation foncière pour les populations. »

Selon de nombreux experts, la crise alimentaire de ces deux dernières années a durement frappé les pays pauvres en Afrique et en Asie, parce que les efforts de ces dernières années ont été déployés pour produire des denrées alimentaires destinées aux marchés extérieurs plutôt qu’aux marchés intérieurs. De ce fait, les acquisitions de terres pour produire des denrées alimentaires destinées à l’exportation ne feront qu’aggraver le problème.

Consulter :

- Le rapport de l’ONG Grain

Auteur/Source : par Stéphane Ballong, Afrik.com

Date : Vendredi 12 décembre 2008

 

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L’Afrique, nouvelle pépite agricole

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 26 juin 2009

Sujet polémique du moment : la ruée sur les terres arables africaines. Officiels et experts dénoncent une forme de néo-colonialisme de la part des pays asiatiques et des Emirats notamment. Des cris outragés pour cacher notre incapacité à investir dans ce continent ?

 

Mais à quoi se dope-t-il ? La question mérite d’être posée quand on voit que l’agribusiness transforme actuellement l’Afrique en véritable paradis agricole mondial. Devant des observateurs abasourdis, il est en train de réussir à faire de ce continent, rythmé depuis des décennies par les famines et les images d’enfants mal nourris, une zone d’abondance de céréales, d’huile de palme ou encore de riz. Selon les estimations, ces terres produiront en moyenne 30 à 40 millions de tonnes de céréales sur une production mondiale de 220 millions de tonnes. Son arme ? Des millions de dollars investis dans des millions d’hectares de terres. Un récent rapport de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, a fait le décompte : depuis trois ans, il s’est emparé de 15 à 20 millions d’hectares, essentiellement en Afrique.
Des pays – Chine, Corée du sud, Arabie saoudite… – ou des boîtes – Huyndai, Morgan Stanley… – achètent ou louent donc en masse. Ces transactions ont été résumées par le terme « land grabbing » ou « accaparement de terres ». Leurs motivations sont diverses : recherche de la sécurité alimentaire face à la pression démographique ou des prix mondiaux en dents de scie, opportunités d’investissements plus stables que les marchés financiers, ruée vers les agrocarburants… Le magazine The Economist qualifie ce phénomène inédit de « 3ème vague de délocalisation mondiale » : « Dans les années 1980, on a délocalisé la production industrielle ; dans les années 1990, les services informatiques ; et maintenant, ce sont les terres. »
A deux vitesses
Les Nations unies, les ONG et les experts internationaux s’alertent tous azimuts depuis quelques mois. Ils prédisent des expulsions de cultivateurs locaux – un million de fermiers chinois travaillent aujourd’hui en Afrique – ; la fin des productions vivrières au profit des cultures d’exportations ; et un néo-colonialisme déguisé – au Soudan, les investissements pourraient atteindre 7,5 milliards de dollars en 2010, soit la moitié de tout ce qui est investi dans le pays. Au-delà de ses risques réels, c’est une agriculture à deux vitesses qui se met en place à l’intérieur même de ces pays.
L’exemple le plus flagrant est celui de l’Éthiopie : d’une main, ce pays vient de recevoir 100 millions de dollars de l’Arabie saoudite et de son fonds « King Abdullah initiative for Saudi agricultural investment abroad » ; de l’autre main, il a « reçu » 116 millions de dollars du Programme alimentaire mondial afin d’assurer l’aide alimentaire, entre 2007 et 2011, de 4,6 millions d’Éthiopiens menacés par la famine et la malnutrition (sur une population totale de 81 millions). Depuis fin 2008, l’Éthiopie subit en effet sa plus grave famine depuis vingt-cinq ans. Ironie du capitalisme mondial, l’agribusiness est en train de prouver au monde entier que les difficultés agricoles de l’Afrique ne sont pas une fatalité. Qu’elle souffre depuis des années de sous-investissement. Que, finalement, personne n’a voulu croire à ce continent.
A lire aussi dans Terra eco :
  Les terres cultivables objet de convoitise
 Tchad : « les paysans sont dépossédés de leurs terres »

 

 Karen Bastien
32 ans, journaliste multimédia .

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Estimations des superficies agricoles – L’informatique impulse la modernisation du secteur au Sénégal

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 16 février 2009

Une étude, réalisée par Manobi et ses partenaires sur l’analyse d’estimations des superficies agricoles et leurs impacts pour le secteur, présentée hier, au cours d’une conférence de presse, a révélé que les agriculteurs surestiment la taille de leur exploitation agricole en moyenne de plus de la moitié d’un hectare.

L’absence de statistiques fiables sur les superficies agricoles constitue-t-elle un obstacle à la prévision de récoltes pour toute campagne agricole ? C’est en tout cas l’avis de Manobi, dont le directeur général, Daniel Annerose, précise : « cette surestimation, qui concerne près de 65% des agriculteurs se trouve principalement chez les petits agriculteurs exploitant 2 ha ou moins. De manière générale, l’erreur ainsi commise sur l’ensemble de la production des agriculteurs est de l’ordre de 40% supérieure à la superficie globale mesurée ».

Or, cette surestimation a un impact sur l’endettement excessif du producteur, sur le coût exagéré de la production dû à la surestimation des besoins en intrants, sur le faible niveau des rendements, sur la santé avec des produits sur-dosés en intrants et en produits phytosanitaires, sur l’environnement avec les excès d’intrants utilisés dans ces conditions. Par ailleurs, Manobi a décidé d’apporter son expertise aux petits agriculteurs et exportateurs désireux de moderniser leurs pratiques afin de maîtriser leurs espaces à travers son passeport Fft.

« Ce service informatique innovant vient compéter l’offre déjà riche de Manobi pour le secteur dont l’élément le plus connu est son système d’information sur les marchés qui permet aux agriculteurs de recevoir les prix des marchés agricoles sur leur téléphone mobile « , a fait savoir M. Annerose.

Et ajoute-t-il,  » en deux mois de test, près de 500 producteurs sont déjà enregistrés dans le passeport Fft et le développement du partenariat de Manobi avec les opérateurs, les associations d’agriculteurs, les partenaires de l’aide au développement et des organismes de financement permet d’envisager une évolution rapide de la maîtrise des superficies agricoles par l’agriculteur lui-même « .
(Source: Le Soleil)

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Droits fonciers: le combat des femmes

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 14 juin 2008

 
Droits fonciers: le combat des femmes dans AGRICULTURE droits-fonciers-le-combat-des-femmes

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Ce n’est que quand l’acheteur est venu nous expulser que nous l’avons appris, explique Mme Kures. Elle a réussi à récupérer l’usage de cette parcelle grâce à l’assistance juridique de l’Uganda Land Alliance, groupe de la société civile qui défend les droits fonciers.

Ce genre de situation n’est pas rare en Afrique, bien que Mme Kures ait eu plus de chance que la plupart des autres femmes qui, après un divorce ou la mort de leur époux, sont nombreuses à ne jamais recouvrer l’accès ou les droits aux terres détenues en commun.

Les Africaines sont à l’origine de 70 % de la production alimentaire. Elles représentent également près de la moitié de la main-d’oeuvre agricole et prennent en charge de 80 à 90 % de la transformation, du stockage et du transport des aliments, ainsi que des travaux de sarclage et de désherbage.

Mais les femmes ne disposent souvent d’aucuns droits fonciers, note Joan Kagwanja, chargée de la sécurité alimentaire et du développement durable à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), dont le siège se trouve à Addis-Abeba (Éthiopie). Ces droits sont souvent détenus par des hommes ou des groupes de parenté contrôlés par des hommes, et les femmes n’y ont généralement accès que par l’intermédiaire d’un parent de sexe masculin. Elles sont également fréquemment tenues de remettre à cet homme l’argent provenant de la vente de produits agricoles et ne peuvent décider de l’usage qui en sera fait.

Cet accès restreint aux terres est en outre très précaire. Une étude réalisée en Zambie révèle que plus du tiers des veuves sont privées d’accès aux terres familiales à la mort de leur mari. C’est cette dépendance à l’égard des hommes qui place de nombreuses Africaines en situation de vulnérabilité, déclare à Afrique Renouveau Mme Kagwanja.

Des militants tentent donc d’introduire ou de renforcer des lois qui garantissent les droits fonciers des femmes et combattent les normes et pratiques sociales préjudiciables. Malgré les nombreux obstacles auxquels ils se heurtent, ils réalisent certains progrès ici et là.

Les conséquences du sida

La progression du VIH/sida et les préjugés qui entourent cette maladie n’ont fait qu’affaiblir les droits fonciers des femmes. Les veuves d’hommes qui meurent du sida sont souvent accusées d’avoir introduit la maladie dans leur famille et risquent ainsi de voir leurs terres et autres biens confisqués. Elles sont alors contraintes de vivre, avec leurs enfants, en marge de la société. Elles sont souvent privées du droit de cultiver leurs terres et doivent survivre en vendant des aliments dans la rue, explique Kaori Izumi, chargée de la lutte contre le VIH et du développement rural à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elles n’ont pas où dormir. Cela crée des problèmes de sécurité alimentaire.

Il arrive souvent que ces femmes perdent la garde de leurs enfants, finissent par se prostituer ou par squatter. Comme elles ne peuvent subvenir elles-mêmes à leurs besoins, elles sont plus vulnérables face à la violence et à d’autres formes de maltraitance. La FAO étudie ces situations depuis 2001, ajoute Mme Izumi, appuyant ainsi l’action menée dans l’un des domaines prioritaires du Groupe de travail du Secrétaire général sur les femmes, les filles et le VIH/sida.

La FAO a constaté qu’il était possible d’améliorer la qualité de vie des femmes en leur accordant un plus grand pouvoir de décision sur les terres. Au Botswana et au Swaziland, explique Mme Izumi à Afrique Renouveau, nous avons observé que la prostitution et d’autres comportements à risque diminuaient considérablement lorsque les femmes disposaient de véritables droits de propriété sur les biens et les terres. Les droits fonciers et droits de propriété sont donc essentiels pour assurer l’égalité sexuelle et la sécurité alimentaire.

Malheureusement, après plusieurs décennies de travail, les militants et les organismes des Nations Unies ont à peine réussi à améliorer les droits fonciers des femmes, observe Mme Izumi. Nous devons faire le bilan de nos connaissances, de ce qui a été efficace ou non, et définir précisément l’action à mener pour garantir les droits fonciers et les droits de propriété des femmes.

Le poids de l’histoire

Les chercheurs de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) de Washington notent que l’insuffisance des droits fonciers des femmes est un problème de longue date en Afrique. Avant la colonisation, la propriété et l’accès aux terres revêtaient diverses formes mais revenaient essentiellement aux lignées, clans et familles, et étaient placés sous le contrôle de chefs de sexe masculin. Les membres d’une lignée ou d’un clan particulier devaient demander à ces chefs communautaires ou familiaux la permission d’utiliser ces terres.

Sauf dans quelques communautés où l’héritage passait par la mère, les droits fonciers revenaient généralement aux seuls fils. Les femmes avaient rarement de véritables droits fonciers. Leurs revendications se faisaient indirectement, par le biais d’un parent de sexe masculin. Avant de se marier, une femme pouvait dans certains cas avoir accès aux terres de son père.

Mais dans de nombreuses communautés, elle perdait ce droit en se mariant, en vertu du principe selon lequel elle aurait alors accès aux terres de son mari ou de la famille de celui-ci. Lors du décès du mari, ces terres étaient transmises à ses fils, ou s’il n’en avait pas, à des parents de sexe masculin.

Benjamin Cousins, chercheur à l’IFPRI explique que, si par le passé, les femmes n’avaient pas de droits fonciers directs, elles étaient cependant protégées par des traditions qui leur permettaient de continuer à avoir accès aux terres même après une séparation, un divorce ou la mort de leur époux. Il existait également des moyens d’arbitrage traditionnels auxquels les femmes pouvaient avoir recours si l’accès aux terres leur était refusé.

Mais la colonisation a introduit les régimes occidentaux d’occupation des terres. En Afrique orientale et australe, les nombreux colons blancs ont encouragé la privatisation et la division des terres et l’octroi de titres individuels de pleine propriété.

En Afrique de l’Ouest, les formes de propriété collective ont continué de s’appliquer à une grande partie des terres, gérées par les chefs traditionnels.

A l’indépendance, certains gouvernements nouvellement formés ont proclamé, par exemple en Tanzanie, au Mozambique et au Bénin, que toutes les terres appartenaient à l’État. Au Kenya et en Afrique du Sud, la propriété privée a subsisté aux côtés de la propriété par lignée ou par clan. Au Nigéria, ces trois formes de propriété ont coexisté, notamment en milieu urbain.

Au fil des ans, l’accroissement rapide de la population a contribué à l’exploitation excessive des terres et à l’épuisement des sols. Les terres fertiles ont ainsi pris de la valeur et fait l’objet d’une concurrence accrue. Ces difficultés ont, conjointement à l’évolution des structures familiales et des relations entre clans, affaibli les mécanismes sociaux traditionnels qui garantissaient aux femmes un certain accès aux terres. Si le droit coutumier continue d’être appliqué à de nombreux conflits fonciers en Afrique, note M. Cousins, de nombreux mécanismes de protection des femmes ne subsistent pas dans leur intégralité à l’époque moderne. Il existe en outre aujourd’hui, dit-il à Afrique Renouveau, de nombreuses situations, comme la cohabitation sans mariage, auxquelles les normes traditionnelles ne s’appliquent pas. Par conséquent, un grand nombre de femmes n’ont plus accès aux terres.

Doubles systèmes

Bon nombre de pays africains reconnaissent aujourd’hui à la fois les régimes traditionnels de propriété foncière et les lois écrites suivant le modèle occidental. Au Nigéria, l’État a pris possession de toutes les terres après l’indépendance acquise en 1960. Bien que cela ait affaibli le régime coutumier d’occupation des sols, le gouvernement a continué de reconnaître les lois traditionnelles dans les régions où les terres étaient depuis longtemps la propriété des clans et des lignées. La reconnaissance des lois islamiques dans les États du Nord du Nigéria n’a fait que compliquer la situation.

Dans le Sud-Ouest du Nigéria, note l’IFPRI, la complexité des lois a permis à de riches élites de s’associer à des chefs tribaux pour acheter des terres qui appartenaient officiellement à des groupes de parenté, sans que quiconque, et surtout pas les femmes, puisse les en empêcher.

Ces doubles systèmes, qui associent le droit occidental et les lois coutumières, ont souvent défavorisé les femmes. Les auteurs d’une étude réalisée en 2000 sur les femmes et l’agriculture par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale donnent l’exemple de la loi sur la succession au Kenya. Cette loi stipule que les hommes et les femmes ont les mêmes droits en matière d’héritage. Mais elle indique que si un homme meurt sans testament, la transmission des terres est régie par la loi coutumière du groupe auquel il appartient. Très peu d’hommes ayant un testament et la plupart des communautés kenyanes ne permettant pas à une femme d’hériter des biens de son mari ou de son père, l’égalité que prévoient les dispositions de la loi sur la succession ne s’applique généralement pas. En pratique, estiment les auteurs de l’étude, les femmes n’ont aucun droit en matière d’héritage.

Titres de propriété

L’une des solutions préconisées à l’origine par les experts du développement pour remédier aux lacunes du droit coutumier consistait à donner des titres de propriété aux individus. Esther Mwangi, spécialiste de la question à l’université d’Harvard, observe que les gouvernements d’Afrique orientale et australe ont suivi cette approche afin de donner aux habitants la maîtrise de leurs terres sur le plan juridique. Cela devait permettre aux femmes de devenir légalement propriétaires des biens qu’elles possédaient ou dont elles héritaient.

Dans les régions où je fais des recherches, la privatisation a en réalité privé les femmes de leur accès aux terres, explique Mme Mwangi à Afrique Renouveau. Lorsque les titres de propriété ont été octroyés, ce sont principalement les hommes qui ont fait mettre leur nom sur les documents, car ils étaient considérés comme les chefs de famille. Les veuves qui ont eu la chance d’obtenir des terres n’ont eu que les plus petites parcelles.

Le nombre de foyers polygames en Afrique a encore compliqué la situation. Il arrive souvent que les femmes de différents âges, leurs enfants et plusieurs belles-familles se disputent l’accès aux terres. En tant que titulaire officiel du titre de propriété, l’homme peut faire ce qu’il veut, explique Mme Mwangi. Certains d’entre eux vendent même leurs terres sans en informer leur femme.

Pour garantir l’accès des femmes aux terres, les militants du droit à la terre proposent de séparer la propriété officielle des terres de la possibilité d’en faire usage. Le titre de propriété d’une parcelle pourrait ainsi être établi au nom d’un homme mais celui-ci n’aurait pas le droit de la vendre sans l’accord de sa ou de ses femmes ou d’autres héritiers. Le Ghana dispose d’une loi qui fait obligation au chef de famille de rendre compte de ses actes, afin que les biens d’une famille ne puissent être vendus sans que les autres membres en soient informés, aient donné leur accord ou en perçoivent les bénéfices.

Une autre solution consisterait à établir le titre de propriété au nom des familles ou des hommes et des femmes, propose Mme Mwangi. Lorsque les ressources telles que l’eau, l’assainissement et les pâturages doivent être partagées, on pourrait déclarer propriétaires de la terre des communautés entières, tout le monde bénéficiant ainsi d’un accès égal.

Résistance à la réforme

Mais de telles idées sont plus faciles à proposer qu’à mettre en oeuvre. Il faut, en premier lieu, modifier les lois. Les militants du droit des femmes à la terre ont essayé de faire adopter des lois dans de nombreux pays, avec des résultats mitigés, note Mme Izumi. En Ouganda, où l’Uganda Land Alliance a fait pression pour que les titres de propriété soient établis à la fois au nom des hommes et des femmes, en tant que copropriétaires, le projet de loi a été présenté à de nombreuses reprises au Parlement sans être adopté, situation qui s’explique en partie, d’après Mme Izumi, par la résistance du secteur privé.

En Tanzanie, où les terres appartiennent à l’État mais font l’objet de baux de longue durée (généralement de 99 ans), les entreprises ont fait valoir qu’il serait difficile, avec un régime de propriété collective, de se servir des terres comme garanties aux prêts bancaires ou comme sources de revenus. Elles ont déclaré que si les acheteurs devaient obtenir l’accord des membres de leur famille avant de vendre des terres ou de les utiliser à certaines fins, la situation serait très complexe et ne favoriserait guère le marché foncier, explique Mme Izumi.

Cet argument, poursuit-elle, ne tient pas compte du fait qu’il est rare que les femmes bénéficient de ces transactions foncières ou se servent de terres comme de garanties à un prêt. Car elles ne sont généralement pas maîtres des ressources financières de leur famille et n’ont pas les moyens d’acheter des terres. Ou bien elles ont du mal à obtenir un prêt car dans de nombreux pays elles doivent obtenir l’accord de leur mari avant de faire une demande de crédit.

Là où des lois favorables aux femmes ont été adoptées, la situation ne s’améliore pas nécessairement. Au Mozam-bique, des groupes de la société civile ont fait adopter en 1997 une loi qui garantit aux femmes un accès aux terres et aux biens. L’adoption de cette loi constitue une victoire, a déclaré à un journaliste Lorena Magane de la Rural Association of Mutual Support.

Mais Rachael Waterhouse, coordinatrice d’un rapport sur les femmes et les terres au Mozambique, dit que si la loi est appréciable en théorie, elle s’est avérée difficile à mettre en oeuvre car les tribunaux traditionnels, auxquels la plupart des femmes font appel en milieu rural, considèrent encore l’homme comme le chef de famille qui a donc pleine maîtrise sur les terres.

De même, au Zimbabwe, le gouvernement a modifié la loi sur l’héritage de façon à ce que le conjoint survivant, qu’il s’agisse du mari ou de la femme, soit l’héritier légitime. Mais, explique Mme Izumi, de nombreuses femmes des régions rurales ne sont pas au courant de cette loi.

Au Ghana, la loi de 1985 sur la succession ab intestat et la loi relative à la responsabilité du chef de famille ont toutes les deux été adoptées dans le but d’améliorer la situation des veuves et des enfants. Lorsqu’un homme meurt sans testament, la loi sur la succession stipule que ses biens seront répartis également entre sa veuve, ses enfants et les autres membres de la famille élargie. Mais il est ressorti d’une étude réalisée par la FAO dans la région ghanéenne de la Haute Volta que peu de femmes étaient au courant de ces lois et que les successions continuaient de s’effectuer selon les pratiques coutumières. Bon nombre de femmes n’avaient ainsi plus accès aux terres après la mort de leur conjoint.

En général, résume Mme Izumi, les lois progressistes adoptées en Afrique ne sont pas correctement appliquées. Dans les pays où des groupes de pression essaient de faire adopter des lois progressistes, ils se heurtent à une résistance importante.

Agir sur de multiples fronts

Selon Mme Kagwanja, les femmes ont besoin que leurs droits fondamentaux soient inscrits dans la constitution et que l’égalité des droits en matière de propriété soit explicitement reconnue par la loi. Lorsque cela est déjà fait, il faut harmoniser toutes les lois sur la succession et les terres avec la constitution, afin qu’elles aillent toutes dans le même sens. En outre, les institutions juridiques chargées de l’application des lois foncières doivent fonctionner équitablement, respecter les femmes et ne pas œuvrer seulement dans les villes.

À présent, dit-elle, nous avons des institutions très centralisées. En outre, ce sont les hommes qui sont chargés du système de règlement des conflits et le système judiciaire est très coûteux et intimidant.

Il faut en particulier repenser les régimes fonciers traditionnels, ajoute-t-elle. Les chefs locaux autorisés à répartir les terres les confient généralement aux hommes. Comment démocratiser les systèmes d’allocation des terres ?, s’interroge Mme Kagwanja. Faut-il instaurer de nouveaux conseils d’administration foncière, dont les membres seront élus et qui traiteront les femmes aussi équitablement que les hommes, comme en Tanzanie et en Ouganda ? Ou faut-il démocratiser l’ancien système ? Voilà des questions auxquelles il nous faut répondre.

Répondre à ces questions, suggère Mme Izumi, nécessite d’agir sur plusieurs fronts à la fois. L’accent a été mis sur la réforme juridique. Les lois et politiques sont importantes et il faut continuer d’essayer de parvenir à les modifier. Nous devons cependant également aider les gouvernements à améliorer les moyens techniques et financiers dont ils disposent pour faire appliquer les lois.

Les responsables du système judiciaire et les chefs traditionnels doivent également être formés, ajoute-t-elle, à aider l’ensemble de la communauté à reconnaître les droits fonciers des femmes. On peut aussi instaurer des tribunaux communautaires qui jouent un rôle d’arbitrage. Le plus important, ajoute Mme Izumi, est d’informer les femmes de leurs propres droits et de ce qu’elles pourraient faire ou à qui elles pourraient s’adresser pour obtenir de l’aide.

Combattre les normes négatives

Il est aussi essentiel de faire évoluer la culture, explique Mme Mwangi. Ceux qui décident de l’allocation des terres ont une perception du rôle des femmes dans la société qui dépend de leur culture. Il faut donc, de manière plus générale, remédier à la répartition inégale du pouvoir sur le plan économique et politique.

Elle a passé un certain temps à discuter avec des hommes et des femmes du partage de la propriété foncière. Je pense que les hommes n’y sont pas prêts, fait-elle observer. Ils ne semblent pas très réceptifs à l’idée que les femmes puissent jouer un rôle de décision lorsqu’il s’agit des terres. C’est un paradoxe, ajoute-t-elle. Le travail des femmes est essentiel pour la productivité, mais les terres sont véritablement hors de leur portée. Les hommes ne semblent pas voir là de problème.

M. Cousins est du même avis. Pour améliorer la situation, il faut remédier aux relations de pouvoir inégales au sein des familles. Tant que l’on ne changera pas ces relations de pouvoir, peu importe à qui la loi conférera des droits, indique-t-il à Afrique Renouveau.

Nous avons observé une forte résistance, relate Mme Izumi. Ces normes sont profondément ancrées. Les relations entre les sexes sont, de toutes les relations sociales, les plus difficiles à faire évoluer.

Des progrès

Mais certains progrès ont été réalisés. Au Swaziland, les femmes ne peuvent être propriétaires de terres car elles sont mineures au regard de la loi. Mais des femmes séropositives qui n’avaient plus accès à leurs terres après la mort de leur mari ont réussi à inciter une femme-chef à convaincre d’autres chefs de donner aux veuves des terres qu’elles pourraient exploiter pour subvenir à leurs besoins. Elles ont ainsi obtenu 13 parcelles collectives dans différentes régions, raconte Mme Izumi.

Au Kenya, des organisations communautaires et d’autres groupes qui fournissent des soins à domicile aux personnes vivant avec le VIH/sida interviennent. Lorsque des terres sont saisies, ils négocient, le plus souvent avec les hommes de la famille, pour que les femmes et les filles puissent continuer d’avoir accès aux terres et autres biens.

Au Rwanda, le gouvernement a adopté en 1999 une loi qui donne aux femmes les mêmes droits d’héritage qu’aux hommes, contrairement à la tradition selon laquelle seuls les enfants de sexe masculin pouvaient hériter de biens. Les veuves et orphelines du génocide de 1994 ont ainsi pu obtenir des terres.

Au Ghana, d’après l’IFPRI, la production de cacao fait évoluer la situation. Cette culture fait appel à une main-d’œuvre importante et, de plus en plus, les hommes et les femmes échangent du travail contre des terres. Selon cette approche, la femme mariée reçoit une parcelle en échange de son travail. Ce don est considéré comme irrévocable par la communauté et la femme reste propriétaire de la parcelle même en cas de séparation.

A l’heure actuelle, des organismes des Nations Unies comme la FAO, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et le PNUD s’efforcent, en collaboration avec les organisations non gouvernementales, d’informer les femmes de leurs droits et d’appuyer la reconnaissance dans les lois nationales de l’égalité d’accès aux terres.

Mais Mme Izumi estime qu’il faut intensifier l’action menée à cette fin. Il faut mettre en œuvre à plus grande échelle les petites initiatives. Un petit groupe ne dispose que d’un pouvoir d’action restreint. Nous avons diffusé de l’information sur ce que font les autres et demandé à différents groupes d’essayer de faire de même. Il faut appuyer ces efforts. Le problème est de plus en plus reconnu comme tel, et il y a lieu de rester optimiste.

Mary Kimani pour Africa Renewal (ONU)

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PACIFIQUE-ECONOMIE: Profiter de la crise pour repenser l’agriculture

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 14 juin 2008

Shailendra Singh – ECLAIRAGE

SUVA (Fidji), 12 juin (IPS) – Les gouvernements des pays de la région du Pacifique ne devraient pas voir la crise alimentaire actuelle comme une menace, mais plutôt comme l’occasion de repenser et de redynamiser leur agriculture trop longtemps négligée, estiment plusieurs experts et institutions de la zone.

« La crise alimentaire mondiale, la baisse des stocks et la hausse du prix des aliments devraient servir d’incitants pour investir davantage dans l’agriculture », estime Biman Prasad, professeur en économie du développement à l’Université du Pacifique Sud. « L’agriculture a un potentiel énorme et il faut développer des infrastructures et des stratégies qui permettraient de redynamiser la production et les exportations », estime ce spécialiste, « car l’agriculture peut améliorer les revenus des populations rurales et contribuer à favoriser la sécurité alimentaire ».

Dans la région du Pacifique, plusieurs pays et atolls sont cependant limités en terre, en eau et leurs sols, souvent peu fertiles, ne permettent que la culture d’arbres à pain, de taro ou de noix de coco. « Mais d’autres pays, qui sont des terres volcaniques, possèdent toutefois un sol riche et qui présente un réel potentiel pour l’agriculture », souligne-t-il.

Depuis quelques mois, plusieurs dirigeants de la région du Pacifique sont très inquiets à cause de la flambée des prix des aliments. Les prix du blé et du riz, par exemple, ont plus que doublé en un an. Cette situation est encore exacerbée par la hausse du prix du baril, car la plupart des petits Etats insulaires de la zone dépendent des importations de nourriture et de pétrole.

La République des îles Fidji, par exemple, est directement concernée par cette crise. « Fidji, comme tous les autres petits Etats insulaires du Pacifique, est bien sûr inquiète de la situation, car nos niveaux de productions sont si faibles qu’il nous est impossible de rivaliser avec n’importe quel scénario de commerce international », rappelait encore au début de ce mois son Premier ministre, Frank Bainimarama, lors du sommet de la FAO à Rome.

Des îles éloignées des marchés

Ces dernières décennies, les Etats du Pacifique sont devenus de plus en plus dépendants des importations de denrées alimentaires comme le riz, la farine ou les nouilles, ce qui les rend particulièrement vulnérables à toute hausse des prix, souligne un récent rapport de la Communauté du Pacifique Sud (CPS). Et le coût du transport de ces marchandises est un élément clé dans cette région, car la distance qui sépare les différents Etats insulaires les éloigne chaque jour un peu plus des principaux marchés.

D’après la Banque asiatique de développement (ADB), la hausse des prix des aliments risque en effet d’aggraver la pauvreté dans cette région du monde. Ces experts estiment, par exemple, que 50.000 personnes supplémentaires pourraient sombrer cette année dans la pauvreté en raison de la flambée du prix des denrées alimentaires. Mais pour certains, ce chiffre est déjà largement sous-estimé.

« Rien que pour la République des îles Fidji, des chiffres datant de 2005 – soit avant la hausse des prix des denrées alimentaires – estimaient que 28% des 850.000 habitants vivaient sous le seuil de pauvreté et qu’environ 30% de la population étaient à la limite de ce seuil de pauvreté », explique Biman Prasad, qui estime, par ailleurs, que des institutions comme les banques de développement ou les agences internationales devraient se concentrer sur des stratégies de production et des politiques de développement durable.

Un point de vue que partage également le ministre des finances de Fidji, Mahendra Chaudhry. « La sécurité alimentaire doit à présent être placée au centre des stratégies de développement mises en place par les pays riches », a-t-il récemment déclaré lors d’une réunion de la Banque asiatique de développement (ADB), à Madrid. « Dans cette optique, la Banque devrait fournir à ses pays membres l’assistance nécessaire pour relever les défis humanitaires actuels à court et à long terme », a-t-il ajouté.

Dans des pays comme Fidji, dont l’économie est principalement basée sur le tourisme, la plupart des légumes et des fruits sont importés, alors qu’ils auraient pu être produits localement. « A présent que la hausse des prix des aliments touche aussi l’Australie et la Nouvelle-Zélande, des pays comme Fidji, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon ou Vanuatu pourraient cultiver des fruits, des légumes, du riz, du sucre, du taro ou du tapioca pour les exporter vers ces pays », fait remarquer Prasad.

Pour la Communauté du Pacifique Sud (CPS), une hausse de la production agricole devrait cependant être accompagnée à court terme de mesures telles qu’une réduction des tarifs à l’importation ou des transferts monétaires, afin de lutter contre les conséquences d’une éventuelle nouvelle hausse de prix. Et à plus long terme, les donateurs internationaux devraient investir davantage dans l’agriculture et reconnaître le rôle primordial qu’elle joue dans le maintien de la sécurité alimentaire des populations.

(FIN/IPS/2008) MDG1 MDG8

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Les politiques chinoises de réduction de la pauvreté peuvent-elles être mises en oeuvre en Afrique?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008


Le 20 mai 2008
— Le rôle d’investisseur et de donateur joué par la Chine auprès des pays africains suscite beaucoup d’attention. Alors que les investissements privés et les flux d’aide envoyés par la Chine peuvent profiter aux populations pauvres en Afrique, la contribution la plus importante sera sans doute les leçons que les pays africains peuvent tirer des succès de la lutte contre la pauvreté en Chine.

Certains chercheurs ayant souligné le danger d’imposer des pratiques occidentales aux institutions africaines, un risque similaire est à prévoir lorsqu’il s’agit de transposer des idées en provenance de l’Asie. Il serait naïf de croire que l’Afrique n’a qu’à copier certaines politiques d’actions pour obtenir les mêmes succès qu’en Chine.

L’Afrique d’aujourd’hui fait face à des contraintes bien différentes de celles rencontrées par la Chine au moment où celle-ci s’est embarquée dans son programme de réformes. Citons, par exemple, une plus forte inégalité de revenus, une plus faible densité de la population et un taux plus élevé de personnes à charge.

Toutefois, l’Afrique peut tirer des leçons importantes de l’expérience chinoise, d’après Martin Ravallion, directeur du Groupe de recherche sur le développement de la Banque mondiale. En fait, certaines de ces leçons pointent du doigt des travers dans lesquels pays africains doivent éviter de tomber, comme la forte hausse des inégalités en Chine. 

« La réussite chinoise illustre le principe générique que la libéralisation des marchés peut servir les intérêts des pauvres », a déclaré M. Ravallion. « Les fermiers chinois ont réagi de façon spectaculaire aux incitations du marché et les fermiers africains ne devraient pas se comporter différemment à cet égard – mais la réussite chinoise ne se borne pas à laisser les marchés faire leur travail. »

Dans un nouveau document de recherche, M. Ravallion indique qu’un des messages dont l’Afrique devrait s’inspirer est la priorité à accorder immédiatement à l’économie rurale et à la hausse de productivité des petits fermiers.

Justin Lin, actuellement professeur, directeur et fondateur du Centre chinois de recherche économique de l’université de Pékin, deviendra Économiste en chef de la Banque mondiale en juin 2008. Le professeur Lin a effectué les premiers travaux de recherche sur les répercussions économiques des réformes agraires en Chine. C’est en Afrique qu’il effectuera son premier voyage d’étude où, parmi d’autres missions, il visitera des projets agricoles en Ethiopie.

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La lutte contre la pauvreté en Chine et en Afrique : 1981-2004

En s’appuyant sur les meilleures données disponibles, M. Ravallion a relevé que, en 1991, deux Chinois continentaux sur trois vivaient avec moins de 1 dollar par jour, sur la base des prix internationaux de 1993. À la même époque, seulement 40 % environ de la population d’Afrique subsaharienne était dans la même situation.

Et pourtant, la Chine et l’Afrique ont obtenu des résultats très différents quant à la réduction de la pauvreté. Dès 2004, moins d’un Chinois sur dix vivait dans la pauvreté, en fonction des mêmes critères, alors que la proportion des pauvres en Afrique subsaharienne s’élevait encore à 40 %.

Cet écart est encore plus frappant si l’on considère le nombre de personnes vivant dans la pauvreté. En 1981, on dénombrait presque 4 fois plus de pauvres en Chine qu’en Afrique, mais dès 2004, le nombre de Chinois qui vivaient avec moins de 1 dollar par jour avait baissé de 500 millions comparé à 1981, alors qu’en Afrique, le nombre des pauvres a augmenté de 130 millions au cours de la même période.

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Les politiques chinoises de réduction de la pauvreté peuvent-elles être mises en oeuvre en Afrique? dans ACTUALITES spacer

spacer dans AGRICULTURE

Caractéristiques de la réussite chinoise dans le domaine de la réduction de la pauvreté
Green bullet

Alors que les dernières estimations (tirées des parités du pouvoir d’achat en 2005) semblent indiquer que le nombre absolu de pauvres encore présents en Chine est plus grand qu’on ne le pensait, ce qui demeure inchangé, c’est l’ampleur gigantesque de la réduction de la pauvreté à l’échelle nationale depuis 1981, dans la mesure où des centaines de millions de personnes ont été sorties de la pauvreté.

Green bullet

En dépit de la considérable réussite de la Chine dans la lutte contre la pauvreté, le fait est qu’aujourd’hui, de façon moins visible, 10 % de la population chinoise vit encore dans des conditions aussi misérables que les 40 % de pauvres de la population africaine. Il suffit de visiter les zones enclavées rurales dépourvues de ressources pour découvrir la pauvreté extrême qui persiste encore dans certaines parties du pays.

Green bullet

Depuis le milieu des années 1980, la Chine connaît une forte hausse des inégalités, du fait des disparités sociales et géographiques en termes d’opportunités. La différence frappante entre les niveaux de vie en zones urbaines et rurales reflète l’accès inégal aux ressources publiques. Cette situation crée des inégalités en termes d’opportunités pour la santé et l’éducation.

( Le Rapport sur le développement dans le monde 2009 : Restructuration de la géographie économique (a)  sera publié en octobre 2008.)

Green bullet

Il est tentant de penser que les exportations et l’essor du secteur secondaire,  avec l’aide des investissements étrangers directs (IED), sont à l’origine de la réduction de la pauvreté en Chine. Pourtant l’expansion des IED est survenue dans les années 1990 – après le recul massif de la pauvreté en Chine. En fait, MM. Ravallion et Chen (2007) ont découvert que la croissance agricole pendant la période allant de 1981 à 2004 avait eu quatre fois plus d’impact sur la pauvreté nationale que la croissance dans les secteurs secondaire et tertiaire.

« La croissance industrielle a aidé à réduire la pauvreté dans les années 1990 en absorbant l’excédent de la main-d’œuvre rurale, mais il est important de noter que le « gros œuvre » dans cette lutte a eu lieu au début des années 1980, dans le sillon des réformes de l’économie rurale en Chine », a indiqué M. Ravallion.

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Industry and smokestacks in China
Il est tentant de penser que les exportations et l’essor du secteur secondaire sont à l’origine de la réduction de la pauvreté en Chine…
spacer dans COMMERCE ET DEVELOPPEMENT
Rice field in China
… mais il est important de noter que le « gros œuvre » dans cette lutte a eu lieu au début des années 1980, dans le sillon des réformes de l’économie rurale en Chine.

spacer dans COOPERATION INTERNATIONALE

Leçons pour l’action des pouvoirs publics en Afrique

African farmer with oxen
La libéralisation des marchés peut servir les intérêts des populations pauvres.

La libéralisation des marchés peut servir les intérêts des populations pauvres. En présence d’incitations commerciales, les fermiers chinois ont réagi de façon spectaculaire. Les fermiers africains ne réagiront pas différemment et l’ouverture des marchés fera reculer la pauvreté.

Une réforme axée sur le marché doit s’accompagner de solides institutions publiques. Le succès chinois reposait sur de solides institutions publiques qui ont su mettre en œuvre des politiques de soutien et des investissements publics. L’Afrique doit renforcer sa capacité de mise en œuvre des politiques nécessaires.

Les politiques d’action doivent éviter de porter préjudice aux pauvres. Bien entendu, l’Etat doit utiliser ses capacités pour mettre en œuvre de bonnes politiques d’action et éliminer les moins satisfaisantes. Une méthode pour aider les pauvres consiste à diminuer les impôts explicites et implicites qui leur sont souvent imposés et à réduire les inégalités en leur défaveur dans la répartition des dépenses publiques.

La stabilité macroéconomique est un élément crucial. L’expérience de la Chine (ainsi que celle d’autres pays en développement) indique qu’il est préférable d’éviter les chocs inflationnistes pour assurer un recul durable de la pauvreté.

L’intégration du marché intérieur ne doit pas être négligée. Bien qu’il s’agisse d’un domaine où la Chine ait réalisé des progrès rapides (en partie en raison des restrictions à la migration intérieure), l’intégration du marché intérieur a joué un rôle clé dans la réduction de la pauvreté. Toutefois, l’Afrique est confrontée à des obstacles plus grands que la Chine, en raison notamment de problèmes de coordination au-delà des frontières nationales.

Little boy in Kalahari Desert
Une stratégie axée sur l’agriculture doit être au centre de toute politique efficace de lutte contre la pauvreté.

Le secteur agricole doit être privilégié. Bien que la forte croissance de l’agriculture en Chine dans les années 1980 soit en partie imputable à un événement historique ponctuel (la décollectivisation), elle souligne également que mettre l’accent sur le développement rural et agricole est primordial pour assurer une croissance favorisant les pauvres ; en particulier dans les premiers stades du processus, dans la mesure où les petites fermes peuvent rapidement donner du travail à une main-d’œuvre non qualifiée. Vu les niveaux de pauvreté et l’abondance relative des terres disponibles en Afrique, auxquels s’ajoutent les prix alimentaires élevés actuellement, une stratégie axée sur l’agriculture doit être au centre de toute politique efficace de lutte contre la pauvreté.

Rapport sur le développement dans le monde 2008 : Agriculture et développement

La Chine peut aider l’Afrique à concevoir des systèmes de recherche et de vulgarisation agricoles. La croissance agricole n’est pas une chose facile et elle nécessitera des investissements dans la recherche et le développement (R&D) d’une agriculture adaptée aux conditions africaines (culture sous pluie le plus souvent) et des efforts pour faire parvenir les résultats des travaux de recherche aux fermiers locaux. La Chine peut aider l’Afrique à mettre ces systèmes sur pied et offrir, par la même occasion, un marché pour les exportations agricoles africaines.

La Chine peut aider l’Afrique à concevoir des systèmes de recherche et de vulgarisation agricoles. La croissance agricole n’est pas une chose facile et elle nécessitera des investissements dans la recherche et le développement (R&D) d’une agriculture adaptée aux conditions africaines (culture sous pluie le plus souvent) et des efforts pour faire parvenir les résultats des travaux de recherche aux fermiers locaux. La Chine peut aider l’Afrique à mettre ces systèmes sur pied et offrir, par la même occasion, un marché pour les exportations agricoles africaines.

La hausse des inégalités sociales n’est pas le résultat inévitable d’une forte croissance et d’un recul de la pauvreté. Les observateurs africains de la réussite chinoise pourraient être tentés de conclure que l’accroissement des inégalités sociales est le prix à payer pour la réduction de la pauvreté. En réalité, les résultats varient d’un pays à l’autre. Les périodes au cours desquelles la réduction de la pauvreté a été la plus rapide en Chine ont été caractérisées par une baisse des inégalités. Lorsque la croissance est due à un relâchement des contraintes qui empêchent les pauvres d’avoir accès aux marchés, elle peut aider à contrer la montée des inégalités.

« Il ne faut pas oublier que l’Afrique est constituée de 48 pays, pas d’un seul », indique M. Ravallion. « Il n’y a pas un gouvernement central africain qui transmet des leçons destinées aux pouvoirs publics d’un endroit à l’autre, et c’est là où la communauté internationale, notamment la Chine, peut apporter son aide. »

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Note d’information sur la crise alimentaire

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008

Mécanisme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale :
Ce nouveau mécanisme permettra d’accorder rapidement des financements au titre de programmes d’investissement et d’appui budgétaire dans les pays admis à bénéficier des crédits de l’IDA et dans ceux qui peuvent emprunter à la BIRD pour faire face aux besoins immédiats engendrés par la crise alimentaire. Ce mécanisme de 1,2 milliard de dollars non seulement financera de nouvelles opérations mais il permettra aussi d’accélérer le déroulement des opérations en préparation, comme le Crédit d’appui transitoire au Bangladesh, d’un montant de 200 millions de dollars, conçu pour aider le gouvernement bangladais à faire face à la crise.

 

Fonds fiduciaire financé par un seul donateur :
En procédant au transfert d’un montant prélevé sur le revenu de la Banque internationale pour la reconstruction et de développement (BIRD), qui est l’institution de la Banque mondiale poursuivant des opérations avec les pays à revenu intermédiaire, la Banque mondiale a entrepris de constituer un fonds fiduciaire de 200 millions de dollars. Ce fonds fiduciaire fournira une aide rapide aux pays et aux territoires les plus fragiles, les plus pauvres et les plus touchés qui n’ont guère de possibilités de lever rapidement des capitaux. Cette aide est plafonnée à 10 millions de dollars par pays. Des dons sont approuvés aujourd’hui en faveur de Djibouti (5 millions de dollars), Haïti (10 millions de dollars) et le Libéria (10 millions de dollars) dans le cadre du mécanisme. En juin, des demandes de financement seront traitées pour le Tadjikistan, le Togo et le Yémen. Les projets correspondants permettront d’appuyer des filets de protection sociale pour les populations les plus vulnérables, l’apport de micronutriments pour lutter contre la malnutrition, et la fourniture rapide de semences et d’engrais aux petits agriculteurs, dans le but de compenser la forte réduction des recettes budgétaires dans certains pays. La Banque a reçu des demandes de sept autres pays, qu’elle traitera rapidement.

 

Fonds fiduciaire pluridonateurs :
Un fonds fiduciaire pluridonateurs est en instance de création afin d’aider d’autres partenaires de développement à appuyer les efforts déployés par les pays pour faire face à la crise. Ce fonds fiduciaire est conçu de manière à compléter les activités d’aide alimentaire d’urgence du PAM, de la FAO et du FIDA en fournissant un appui immédiat à la production sous forme de semences et d’engrais dans la perspective de la prochaine campagne, et il vise plus particulièrement les petits agriculteurs. Le fonds fiduciaire pluridonateurs facilitera également la coordination des politiques et des opérations des partenaires de développement et contribuera à assurer le caractère général de cet appui ainsi que son adaptation au cas par cas. 

 

Renforcement de l’appui à l’agriculture :
Le Groupe de la Banque mondiale renforce son appui global à l’agriculture mondiale, qui doit passer de quatre à six milliards de dollars au cours de l’année qui vient. Ce montant comprend les prêts de la BIRD, les dons et les crédits très concessionnels de l’Association internationale de développement (IDA), institution membre de la Banque mondiale qui fournit son appui aux pays les plus pauvres du monde, ainsi que les financements axés sur les agroentreprises et le commerce. Les prêts à l’agriculture passeront ainsi de 450 à plus de 800 millions de dollars en Afrique, et de 250 à plus de 400 millions de dollars en Amérique latine. La Banque continuera de fournir un appui portant sur plus d’un milliard de dollars au titre de nouveaux projets de développement agricole et rural en Asie du Sud. Elle compte également doubler le montant de ses prêts dans les domaines de la protection sociale, de la nutrition, de la sécurité alimentaire et de l’atténuation des risques sociaux au cours de l’année qui vient pour le porter à environ 800 millions de dollars. L’IFC prévoit de porter le montant de ses activités de financement au titre des agroentreprises et des échanges agricoles à plus de 1,7 milliard de dollars, contre 1,3 milliard de dollars cette année.  

 

Produits de gestion des risques :
Plusieurs propositions sont soumises à l’examen des administrateurs de la Banque mondiale.

 

En juin, les administrateurs examineront une proposition consistant à faire jouer à la Banque mondiale le rôle d’intermédiaire sur les marchés financiers pour permettre aux pays pauvres d’avoir accès à des dérivés climatiques. Les produits proposés donneraient aux pays un moyen de se protéger d’une sécheresse qui aurait pour effet de porter les prix du maïs à des niveaux qu’ils pourraient difficilement se permettre de payer. Les dérivés climatiques sont basés sur un indice qui mesure le niveau des pluies. Si cet indice tombe en dessous d’un certain seuil dans un pays, un montant est versé au pays en question qui peut, grâce à ce montant, acquérir une option d’achat négociable qui aura pour effet de plafonner le prix du maïs

 

Une deuxième proposition soumise à l’examen des administrateurs émane de l’IFC, qui est l’institution membre du Groupe de la Banque mondiale ayant pour mission de promouvoir le développement du secteur privé. Cette proposition a pour objet d’appuyer la fourniture d’assurances récoltes et cheptel aux petits exploitants des pays en développement en créant une société qui offrira des produits d’assurance contre les aléas climatiques et d’autres risques de catastrophes basés sur des indices. Le Mécanisme mondial de réassurance basé sur un indice vise les agriculteurs et les communautés agraires, entre autres bénéficiaires.

 

La Banque et les organismes qui sont ses partenaires collaborent déjà à l’élaboration d’instruments de couverture des aléas climatiques. En Éthiopie, le PAM, avec l’assistance technique de la Banque mondiale par le biais du Groupe de gestion des risques liés aux produits de base, a lancé un dérivé climatique à vocation d’aide humanitaire permettant d’accorder des financements en cas de sécheresse extrême durant la campagne 2006.

 

Appui dans le domaine des politiques nationales :
La Banque fournit aux pays, outre son appui financier, des conseils dans le domaine de l’action à mener, sur des questions techniques et dans le cadre d’études. Au cours des six derniers mois, les gouvernements de plus d’une quarantaine de pays ont sollicité l’avis de la Banque sur les mesures à prendre pour faire face au renchérissement des prix alimentaires. En collaboration, notamment avec le PAM, la FAO, le FIDA, le NEPAD, l’UNICEF, la Banque mondiale a réalisé des évaluations des besoins dans plus de 25 pays et en poursuit plus d’une douzaine d’autres. Les évaluations des besoins sociaux tout autant qu’agricoles contribueront à définir les conseils sur l’action à mener ainsi que l’assistance financière à ces pays.

 

Exemples d’activités en cours du Groupe de la Banque :

En Afrique :
La Banque met un montant de 100 millions de dollars à la disposition du Burkina Faso, du Burundi, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de Madagascar, du Mali et du Niger dans le cadre de financements supplémentaires et de la restructuration d’opérations en cours.
Des évaluations rapides des besoins ont été menées au Burkina Faso, au Burundi, au Libéria, au Mali, en Sierra Leone, et au Togo. Des évaluations sont en cours en Érythrée, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Kenya, au Malawi, en Mauritanie et au Niger. En Guinée, la Banque prépare une opération d’appui budgétaire d’urgence pour aider le gouvernement à gérer la forte hausse des prix des denrées alimentaires et du pétrole.
La Banque poursuit des opérations dans les domaines de l’irrigation et de la gestion de l’eau en Éthiopie, de l’utilisation des engrais au Malawi, de l’accès des petits producteurs aux marchés au Sénégal, et de la diversification des cultures au Mali et en Ouganda.

 

En Europe et Asie centrale :
La Banque collabore avec la République kirghize et le Tadjikistan pour fournir une aide financière immédiate afin de fournir des compléments nutritionnels aux femmes enceintes, aux mères allaitantes, aux nourrissons et aux jeunes enfants pour lutter contre la sous-nutrition et des carences particulières telles que les carences en vitamines A, en fer et en folate. Des projets sont en cours de préparation pour aider ces deux pays à améliorer le cadre institutionnel et le cadre infrastructurel dans lesquels opèrent les agriculteurs et les éleveurs transhumants et à accroître la production et la productivité.
En Ukraine et en Russie, la Banque mondiale fournit son appui pour accroître la production et la productivité agricole.

 

En Amérique latine et aux Caraïbes :
La Banque met un don de 10 millions de dollars à la disposition du Gouvernement haïtien pour l’aider à maintenir la stabilité macroéconomique, améliorer l’assistance ciblée et appuyer des mesures axées sur l’offre visant à accroître le revenu des agriculteurs.
Au Honduras, la Banque prépare une opération d’urgence liée à la crise alimentaire afin d’élargir l’appui accordé aux efforts déployés par le pays pour s’attaquer aux effets négatifs du renchérissement des denrées alimentaires.

 

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord :
La Banque prépare deux opérations d’intervention rapide pour Djibouti et le Yémen. À Djibouti, le gouvernement a ramené à zéro le taux de toutes les taxes à la consommation intérieures frappant les cinq produits alimentaires de base. L’appui de la Banque aidera le gouvernement à maintenir l’équilibre budgétaire pendant qu’il formule de nouveaux leviers pour la politique fiscale.

 

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Pour en savoir plus, se rendre à l’adresse
http://www.worldbank.org/html/extdr/foodprices (a)

 

Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/RD6WRXEEP0

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La Banque mondiale lance un mécanisme d’intervention rapide d’un montant de 1,2 milliard de dollars face à la crise alimentaire

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 juin 2008

Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé aujourd’hui qu’il appuierait les efforts déployés au plan international pour surmonter la crise alimentaire mondiale en créant un mécanisme de financement rapide portant sur un montant de 1,2 milliard de dollars pour faire face aux besoins immédiats ;   sur ce montant, 200 millions de dollars seront accordés sous forme de dons en faveur des populations vulnérables des pays les plus pauvres du monde.

En annonçant l’adoption de plusieurs mesures pour faire face aux problèmes alimentaires qui se posent dans l’immédiat et à plus long terme, le Groupe de la Banque mondiale a indiqué qu’il porterait le montant global de son appui mondial au titre de l’alimentation et de l’agriculture, qui est actuellement de 4 milliards de dollars, à 6 milliards de dollars l’année prochaine et qu’il lancerait des instruments de gestion des risques, ainsi que des mécanismes d’assurance des récoltes pour protéger les pays pauvres et les petits agriculteurs.

« Il est essentiel que, dans la perspective de la réunion qui se tiendra à Rome la semaine prochaine, nous fassions porter nos efforts sur des initiatives précises. Celles-ci nous aideront, avec nos partenaires, à lutter contre le risque de souffrir de la faim et de malnutrition que courent les deux milliards d’êtres humains qui se débattent pour survivre dans le contexte du renchérissement des prix alimentaires, et à contribuer à l’adoption d’une solution pour le long terme à laquelle devront participer de nombreux pays et institutions », a expliqué le Président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick.

Des dons sont approuvés aujourd’hui en faveur de Djibouti (5 millions de dollars), Haïti (10 millions de dollars) et le Libéria (10 millions de dollars). Dans le mois qui vient, la Banque mondiale compte fournir un appui sous forme de dons au Togo, au Yémen et au Tadjikistan. Ces pays sont inscrits sur la liste des pays hautement prioritaires établie sur la base des évaluations rapides des besoins menées sur le terrain en collaboration avec le Programme alimentaire mondial, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Fonds international de développement agricole. Des évaluations rapides des besoins ont déjà été réalisées dans plus de 25 pays, et 15 autres sont en cours.

Le mécanisme de 1,2 milliard de dollars, qui est conçu pour faire face aux besoins immédiats, appuie des systèmes de protection des plus vulnérables tels que les programmes « vivres contre travail », les transferts monétaires conditionnels et l’alimentation scolaire. Il appuie la production de denrées alimentaires — pour cette année mais aussi les suivantes — en fournissant des semences et des engrais, en améliorant les systèmes d’irrigation des petits agriculteurs et en fournissant un appui budgétaire pour compenser la réduction des droits frappant les produits alimentaires et autres charges imprévues

La Banque mondiale constitue également, dans le cadre de ce nouveau mécanisme, un fonds fiduciaire pluridonateurs pour faciliter la coordination des politiques et des opérations des bailleurs de fonds, et mobiliser un appui financier en vue de la fourniture rapide de semences et d’engrais aux petits agriculteurs pour les prochaines semailles.

Le nouveau mécanisme d’intervention rapide vient s’ajouter à d’autres activités entreprises par le Groupe de la Banque mondiale pour faire face à la crise alimentaire mondiale. Les Administrateurs de la Banque mondiale examinent actuellement des propositions d’initiatives visant à fournir des instruments de gestion des risques aux pays pauvres confrontés à la sécheresse et à d’autres catastrophes.

«  Nous collaborons avec nos Administrateurs au déploiement de produits d’assurance et d’instruments de couverture sur base indicielle afin de protéger les agriculteurs et les pays pauvres de chocs liés au climat et à l’offre », a expliqué M. Zoellick.

Suite à une proposition qui sera examinée par le Administrateurs de la Banque en juin, le Malawi pourrait être le premier de plusieurs pays à avoir recours à la Banque mondiale en tant qu’intermédiaire pour obtenir accès à des dérivés climatiques. Si le Malawi devait connaître une sécheresse, il serait protégé d’une hausse du prix du maïs importé. L’IFC, qui est l’institution membre du Groupe de la Banque mondiale chargée de promouvoir les investissements dans le cadre du secteur privé, propose de fournir des systèmes d’assurance récoltes et cheptel aux petits agriculteurs des pays en développement.

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