Journal du Net

Neuf chef d’entreprises Web, membres de l’Internet Managers Club, partagent leur vision de ce que sera Internet en 2012. Usages, technologies, tendances, découvrez leurs prévisions.

Andrew Buckman, managing director, Webloyalty
L’internet en 2012 sous le signe du « self-cial service » : le self service social – comment auto-diagnoser ta vie avec l’aide de ton réseau avant de faire appel aux bons professionnels. Ta santé, tes finances, ta carrière, ta famille, ta voiture… tout est géré à partir du device dans ta poche et toutes tes décisions sont guidées par les expériences de tes amis grâce au suivi live de ta life sur internet.

Emmanuel Vivier, cofondateur et directeur de la stratégie de Vanksen et CultureBuzz.fr
Les deux années précédentes ont été incontestablement l’avènement des réseaux sociaux avec, d’un coté, Facebook et Twitter pour une cible grand public, puis Linkedin et Viadeo se partageant la cible pro et entreprises. Les prochaines années seront à mon sens celles d’un recentrage sur la technologie. Alors qu’elle fut délaissée et moribonde après les années ‘bulle’ celle-ci va revenir au galop sur un marché mature et démocratisé de l’Internet, avec notamment l’Internet mobile en toile de fond, voir fondu ouvrant ainsi une nouvelle ère…
Cette nouvelle ère c’est Apple qui fut le premier à la toucher, à la déceler en lançant l’iPhone puis l’iPhone 3GS…Désormais, nous pouvons surfer sur Internet à grande vitesse, prendre des photos et des films les envoyer sur Youtube, changer les statuts de son réseau social préféré…Publier un article sur son blog le tout en effleurant son iPhone…Oui, cela existe aujourd’hui et cela ne va pas s’arrêter. Il y a peu, Apple, encore lui, a lancé son dernier ‘screen touch product’ l’Ipad.
Nous y voyons même s’il ne fait pas l’unanimité ce que sera l’Internet dans deux ans… Nous pouvons envisager que dans deux ans nous serons plus tactiles qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux auront permis de structurer, canaliser, fédérer des groupes, des affinités qui se rencontreront physiquement plus facilement et plus rapidement qu’aujourd’hui.
| Le clavier va peu à peu laisser p lace au doigt et à l’œil |
On peut imaginer des lieux dédiés un peu partout destinés à accueillir ces rencontres dans des endroits confortables, agrémentés ou non de collations, de drinks, suivant des cibles et des thématiques définies, le virtuel et le réel ne faisant plus qu’un… Sur le plan technologique, nous serons également plus tactile, nous aurons au moins une tablette de type Ipad sur nous, plus souple physiquement, plus complète permettant via Skype par exemple, de faire une Visio conférence nomade de chez soi, du bureau, du TVG, sans problème de coupure de réseau… D’appeler ses amis, de créer des improvisations, des shows, des évents musicales privées à regarder avachie dans son canapé… Les screen touch auront envahi l’industrie automobile, il sera possible pour nos chères têtes blondes de passer le doigt sur une icône pour écouter de la musique, regarder un film, surfer sur Internet alors qu’il y a peu ils se contentaient de lire un DVD dans le même appuie-tête…Le tout contrôlé par papamaman qui pourront également, s’ils le souhaitent, écouter via Bluetooth la musique de leur progéniture…
Concrètement, le clavier va peu à peu laisser place au doigt et à l’œil…Avec la réalité augmentée il sera facile de consulter sur son GPS, au fur et à mesure que le véhicule défilera, les restaurants, les stations services en 3D, ou l’intérieur d’une boutique de mode avec en temps réel la visualisation de la dernière collection printemps été… Bref, tout ce qui était à l’étude il y a dix ans sera prêt et bien en place… De nouveaux services verront le jour, il faudra plus d’écoute, plus d’assistance, à la fois pour les très jeunes et les seniors… A noter que le mobile et les opérateurs actuels auront un effort à faire au niveau du rapport prix/services. Peu à peu, de nouveaux acteurs vont entrer en piste, cassant peut-être les offres actuelles à l’instar de Free pour Internet…
Nous allons nous diriger vers une démocratisation de l’offre mobile qui est encore beaucoup trop élevée… Le tout associé à un Internet nomade. Tout laisse à penser que mobile et Internet seront l’enjeu des deux années à venir, nous nous dirigeons vers ce que nous voulions il y a 10 ans : un Internet accessible partout, donc nomade, au meilleur prix…

Emmanuel Vivier, cofondateur et directeur de la stratégie de Vanksen et CultureBuzz.fr
2012, ou l’année du ‘web punk’ contre le ‘web jukebox’
Depuis 10 ans, Internet s’est développé avec un formidable essor… 1.0 , puis web 2.0, synonyme de toujours plus de choix, de contenus, d’outils, de liberté et de perspectives avec les nouvelles possibilités du mobile (merci l’iPhone). Pourtant, 2012 sera l’année d’une véritable bataille entre deux conceptions du web diamétralement opposées, entre le ‘web punk’ et le ‘Web jukebox’.
Le web 2.0 a démocratisé les outils pour créer, et distribuer l’information, et le contenu… Avec lui, les marques et les media ont perdu leur quasi monopole sur la communication de masse. N’importe quel ado peut créer et partager une vidéo avec le monde entier, n’importe quelle fan de cuisine lancer son magazine, blog,… concurrençant peu à peu l’élite médiatique et du divertissement. Certes, la qualité est variable, mais tels des fourmis, les internautes 2.0 sont tellement nombreux, leur production tellement prolifique, leurs outils en constante amélioration… que leur impact est impossible à négliger. Bienvenue dans le ‘web punk’, où 400 millions de personnes publient sur un blog, 94 millions tweetent, podcastent,… avec passion et liberté.
| Un web propre, au contenu validé par Apple |
Menacés, media, labels et studios ont pris le web de haut, puis essayé de résister (la bataille contre le P2P..) en regrettant la bonne époque du Minitel et du paiement au temps passé. Après 10 ans d’errance, un nouveau prophète semble enfin leur proposer une planche de salut : Steve Jobs. Avec son écosystème innovant et astucieux, mixant terminal sécurisé (100 millions d’iphone + ipod + iPad) pour consommer audio, vidéo et applications, plate-forme de paiement et de distribution (iTunes), ergonomie et design, Apple a réalisé un vrai coup de maître suivi par Microsoft avec Xbox, Sony & Playstation, Google et YouTube. Bienvenue dans le camp du ‘web Jukebox’.
Un web propre, au contenu validé par Apple. Adieu porno, chaos… et liberté. Bonjour monétisation. Bye bye téléchargement illégal, CPM de misère… Bienvenue dans un ‘web Playskool’ où certes les copyrights sont respectés, les auteurs rémunérés, mais un web prémâché, prêt à consommer, et entièrement contrôlé… 2012 sera donc une année capitale dans l’avenir du web…. si les créateurs de contenus doivent et peuvent enfin espérer être rémunérés, le temps dira s’ils ne fuient pas la liberté extrême du web 2.0 pour se mettre sous la protection d’Apple and co, futurs Wallmart de demain qui auront droit de vie ou de mort digitale sur chaque contenu, sur son prix, son format…

Alain Garnier, cofondateur et pdg de Jamespot
2012. Il paraît que c’est la fin du monde annoncé par les Maya… Alors Internet aura-t-il survécu malgré tout ? Que peut-il bien se passer en 14 ans humains (une année Internet correspondant à une année Chien et va donc sept fois plus vite) ? Que se passe-t-il en moins de deux ans, ce qui implique déjà exister dans les cartons de la R&D mais qui accepte une évolution d’usage très fort ? Ce n’est donc pas de la science fiction mais bien des problématiques accessibles dont l’usage n’est pas encore devenu massif.
Trois grandes composantes d’usage me paraissent centrales. La mobilité, la socialisation globale du Web et enfin l’irruption du numérique dans le réel. Commençons par la mobilité. Aujourd’hui, l’essentiel des accès au Net se font depuis un ordinateur fixe ou quasi fixe (portable). Demain, la tendance va s’inverser pour laisser la place à des objets communicants s’appropriant une part de l’accès au Net. C’est bien sûr le téléphone mobile, permettant de naviguer, mais aussi d’acheter, de consulter en temps réel les informations, bref il est devenu le compagnon permanent de notre vie numérique.
Mais c’est aussi de nouveaux « devices » mobiles, connectés à Internet et qui auront des tâches dévolues. Les tablettes actuelles en sont la préfiguration et permettront de manière très simple d’être connecté à Internet pour des usages précis : tablette dans la cuisine pour les recettes, tablette sur le réfrigérateur pour les courses, grand écran connecté à Internet dans la chambre ou le salon pour regarder des films. Bref, depuis un accès Internet fixe, on pourra s’y connecter de partout, c’est ce que j’appelle la mobilité.
| En fait, je suis sûr d’une seule chose : on ne va pas s’ennuyer ! |
Ensuite, la socialisation du Web, déjà bien entamée par ce que nous montre Facebook, va s’étendre à l’ensemble des fonctions du Web. Que ce soit pour l’achat (en temps réel, je vais pouvoir chatter avec les amis et les amis de mes amis pour avoir leurs avis sur un achat, un service), ou pour lire (en temps réel ce que je lis est mis en relation avec les lectures et avis de ceux avec qui je veux partager), ou pour organiser un voyage, un événement, etc… C’est ce que j’appelle la socialisation globale du Web. Aucune information n’existera plus sans le lien avec des personnes qui en donneront le sens et la valeur.
Pour moi, l’évolution la plus importante concerne l’irruption du numérique dans le monde réel et son interaction. Il s’agit pour être concret de remplacer ou d’ajouter des éléments numériques dans le monde réel de manière contextuelle pour celui qui le regarde. On peut découvrir un aperçu lors d’une des conférences TEDX portée par une entreprise appelée 6e Sens. On y voit quelqu’un regarder une étiquette dans un magasin et sur laquelle apparaît des informations relatives aux questions qu’il se pose, et pouvoir interagir en cliquant sur cette étiquette pour acheter le produit. Bref, on ne va plus sur Internet. Le monde contient Internet et Internet contient les informations du monde.
Au-delà de ces trois grandes évolutions, on va voir aussi la domination du SaaS sur le logiciel, l’apparition d’un géant qui fera trembler Google, le problème de privacy qui va aller croissant, le bazar des nouveaux TLDs, un grand désastre de cloud computing ou des millions de personnes vont perdre des données, l’apparition d’un Internet à plusieurs vitesses, une monnaie Internet qui va apparaître, et, enfin, un grand black out du Net qui va montrer combien nous en sommes tous devenus très dépendants.

Daniel Bréchignac, fondateur de Brechignac Associates
1- Google régresse en pénétration et en revenus, le marché confirme qu’il doit partager le marché du search avec un challenger tel que Microsoft-Yahoo et les grands réseaux d’agrégation des inventaires publicitaires en liens contextuels. L’effritement de son revenu sur le search tente d’être compensé par des services facturés à la demande sur les professionnels notamment et/ou des applications verticales (search sur intranets et autres google docs sécurisés).
2- La concentration des régies digitales se poursuit avec une contre-attaque du groupe Orange qui se retrouve face à Lagardère et MSN-Yahoo. Les premiers modèles de places de marché font leur apparition avec une extension du modèle économique des liens sponsorisés (enchères sur pricing model variable : cpm, cpc, cpa). L’achat de la publicité en ‘display’ peut désormais se faire directement sur des plates-formes électroniques de ‘bid and ask’ comme sur une place de marché financière.
3- Les plates-formes d’affiliation ne progressent plus et les premières concentrations s’opèrent. Elles sont violemment challengées par les « advertising exchanges » des grands réseaux publicitaires. Elles doivent revoir leurs rémunérations à la baisse.
4- Les agences média confirment leur main mise sur une approche ‘mass-media’ du canal internet et sur les campagnes de branding. Elles confirment l’utilisation sommaire du media notamment sur la remontée de datas qu’elles continuent de négliger.
5- Le ciblage comportemental confirme qu’il ne permet pas aux régies de défendre leurs marges et de faire remonter le niveau des prix nets. Aucun case study probant ne sort pour démontrer que le modèle est plus puissant qu’un media planning sommaire mais performant économiquement.
6- En e-commerce, la restructuration en cours avec la débâcle des VPCistes historiques se confirme. De nouveaux indépendants émergent sur les ruines des ventes catalogues avec un canal papier qui devient une source de trafic comme une autre et un facteur de légitimité pour des pur players e-commerce. La vente en ligne confirme sa fonction de transfert de business model pour les VPCistes historiques, mais devant la réforme impossible de leurs structures internes, leur rentabilité s’écroule et ils sont obligés de laisser la place à de nouveaux acteurs libérés de la culture du catalogue.
7- Les pur players e-commerce se concentrent majoritairement sur leur croissance hors frontières. Le secteur bricolage-décoration a commencé à décoller. La crise a nettoyé le nombre d’acteurs et des groupes d’enseignes e-commerce commencent à structurer le marché.

Hervé Bloch, fondateur et pdg de Digilinx
Certains illuminés pensent qu’en 2012, des astéroïdes cachés pour l’instant dans l’orbite de la Terre vont venir frapper notre planète. Et si tout simplement Internet continuait sa folle ascension dans le monde et initiait de nouveaux horizons…
Une chose est certaine, le mobile sera incontestablement le point d’entrée de la toile le plus courant. Qui aurait cru que l’iPod, Myspace ou Yahoo allaient un jour se ringardiser ? Cela veut-il dire que l’iPad sera en 2012 une vulgaire tablette de première génération, Facebook un média social obsolète et Google, un moteur de recherche inefficace ? Il est donc difficile d’imaginer l’Internet en 2012 quand tout va si vite. Il sera évidemment de plus en plus présent, sous toutes ses formes, avec ses travers honteux et ses gisements d’opportunités.
Je vais essayer d’évoquer la question par génération.
La génération X commencera à s’intéresser à la révolution digitale. Ils n’auront pas le choix. Le clivage va être de plus en plus fort, et il est impensable aujourd’hui de ne pas pénétrer cet univers quand on pense que Facebook est le 4ème pays le plus peuplé du monde. Il faudrait activer le tourisme digital !
La génération Y commencera à arriver sur le marché du travail, cette génération qui passe plus de temps sur internet que devant la tv. La carrière passera incontestablement par l’utilisation des réseaux sociaux professionnels. La tribu sociale passera incontestablement par les médias sociaux et Facebook sera probablement encore là. De nouveaux médias sociaux de niches feront probablement leur apparition. L’internet social sera probablement le meilleur moyen de combler le vide laissé par l’éclatement de la cellule familiale.
La génération Z fera la loi sur la toile et il faudra trouver les moyens de protéger cette communauté digitale née avec une souris dans le berceau. Ma fille aura 3 ans et elle disposera probablement d’un écran tactile relié à la toile pour échangera vec ses copines les dernières iconographies d’Hello Kitty. Mais il ne faudrait pas que des pédophiles s’invitent dans ces sites infantiles. En tant que père, je suis terrorisé par cette dérive. L’Internet du futur devra lutter contre ces cybercriminels.
Barack Obama est le premier candidat présidentiel américain, si ce n’est le premier homme politique au monde, à avoir réussi une campagne à 360° avec un fort investissement sur la toile. L’année 2012 sera en France une année de cyber politique et je m’en réjouis d’avance.
Alors prêt à voter pour son candidat via iPad ???

Godefroy Jourdan, Directeur Général Adjoint Internet Spir Communication
2012 : l’Internet mobile devient mature
Le scenario que je privilégie pour les trente prochains mois est celui d’une seconde révolution Internet portée par les téléphones mobiles. Le fait qu’Apple ait annoncé 250 milions de dollars de revenus de commercialisation des applications iPhone sur iTunes en décembre 2009, ou encore que Gartner prévoit 22 milliards de dollars de revenus en 2013 pour l’Apple AppStore, témoigne que nous entrons dans une ère nouvelle de l’Internet où les contenus se monétisent.
Les éditeurs et détenteurs de contenus premium profiteront des nouveaux écosystèmes intégrés (harware + software, + CRM), qui favorisent la concentration des usages sur un nombre limitée d’applications, au détriment des sites web mobiles. La très forte intensité d’usage des mobinautes, connectés en temps réel et partout à l’Internet grâce à leur téléphone, ne se démentira pas. Ce scenario laisse à penser que chacun des leaders positionnés aujourd’hui développera un business de plusieurs milliards de dollars. Ainsi, Apple pourrait avoir vendu 200 millions d’iPhones en cumul à fin 2012. L’iPhone restera un téléphone haut-de-gamme, générant plusieurs milliards de téléchargements d’applications et quelques milliards de dollars de publicité via le réseau iAd.
| Goggles démocratisera définitivement la réalité augmentée. |
Microsoft pourrait connaître un grand succès avec la nouvelle évolution de son Kin, qui rivalisera avec Nokia et Google sur le marché gigantesque des smartphones moyens de gamme. Le Nexus Two de Google sera le téléphone dont tout le monde parle : son moteur de recherche d’images Goggles, parfaitement au point, changera la vie quotidienne de ses utilisateurs et démocratisera définitivement la réalité augmentée. La majorité des quotidiens et de nombreux magazines seront diffusés exclusivement en version digitale, le Web leur servant uniquement de support de conquête et de relations clients, le mobile de support de consommation de l’information.
Enfin, la publicité vivra une mutation très forte, le géociblage s’imposant de manière systématique du fait de la masse critique de contacts potentiels. Les annonceurs se détourneront un peu plus de la publicité audiovisuelle au profit de campagnes mobiles associant créations multimédia et ciblage spatio-temporel personnalisé. Et l’ensemble du dispositif législatif de protection des données personnelles sera en cours de révision au Parlement européen. Le monde de 2012 ne sera guère différent de celui d’aujourd’hui : nos usages Internet mobiles ressembleront forts à ceux que nous connaissons. Il y aura simplement beaucoup plus d’utilisateurs, un usage plus systématique et quelques nouveaux services malins.

Olivier Luet, manager e-business chez Plastic Omnium
Minority Report, ça vous dit quelque chose ?
Hé bien précipitez-vous pour le voir car il y a des chances qu’en 2012 internet ressemble bientôt à ça : un internet quotidien, modulaire, communautaire, un brin totalitaire (?) et multidimensionnel et pendant que vous y êtes, feuilletez la saga ‘Hypérion’ de Dan Simmons pour vous projeter encore plus loin.
Divagations me direz-vous ? Et bien je vous renvoie à la présentation de Pattie Maes à TED (février 2009-longbeach Californie) qui parle du ‘sixième sens’, ce sens qui nous donnera accès quotidiennement à une masse colossale d’informations venant d’internet et qui nous aidera à prendre des décisions aussi triviales que ‘quelle livre choisir’ ? ou ‘Ce produit a-t-il un indice carbone faible’ ?.
Le prototype de ce 6e sens existe déjà ! Cette présentation nous montre qu’internet s’affranchit rapidement du support ordinateur, pour essaimer vers d’autres supports tels les ‘Smartphones’, les télévisions, dernièrement les tablettes, les voitures… et techniquement rien n’est impossible. Verra-t-on prochainement des abris bus intelligents donnants des infos sur le trafic, véritables interfaces connectées et où l’on pourra se connecter ?
Cette présentation nous montre également qu’Internet ‘augmentera’ notre réalité. Promenez-vous en ville et vous saurez (via Smartphone aujourd’hui, autre support demain) où sont les restos les plus proches, quels avis ont été déposés dessus, et votre Smart-truc vous y guidera. La ‘réalité augmentée’ fera partie de notre quotidien : elle vous présentera le plat du jour devant un resto inconnu, elle vous procurera du contenu devant un monument historique, ou devant un individu en vous présentant les réseaux sociaux sur lesquels il est présent.
Internet en 2012 sera communautaire et installera le ‘social commerce’ à la place du e ou du m-commerce. Aujourd’hui déjà, ce n’est plus la marque qui contrôle son image. En 2012, plus de 80 % du contenu sur Internet sera généré par les internautes et non par les marques (aujourd’hui, 25 % du contenu relatif aux 20 plus grandes marques internationales est généré par les internautes).

Carlos Diaz, cofondateur et pdg de Blue-Kiwi Software
BtoB, BtoC ?
En 2012, la distinction entre BtoB et BtoC n’existera plus : 400 millions d’utilisateurs de Facebook, 75 millions sur twitter, des millions de blogs…Le problème est évident : l’entreprise doit aujourd’hui gérer le « Crow » (la foule) et les opinions, visibles de tous.
Des responsables de marques aux directeurs marketing et innovation, en passant par les nouveaux community managers (ou community conversationalists), tout le monde s’efforce de capter les messages en provenance des communautés sur le Web. L’époque du site web « vitrine et mur de verre » est définitivement révolue, il convient désormais de créer des ponts entre la marque et ses clients.
Effet de mode ? Si l’on se réfère à une étude Nielsen datée de mars 2009, il ressort que blogs et réseaux sociaux sont devenus le 4e usage le plus populaire sur internet (66,8 %) devant l’email (65, %). Plus intéressant encore, ce taux de croissance est le double de celui des autres usages. Quant à Facebook, il a dépassé le stade de phénomène de mode pour jeunes adolescents puisqu’un tiers des utilisateurs a entre 35 et 49 ans et un tiers plus de 50 ans.
| Capter et faire transiter en interne les bonnes conversations |
Pourtant, force est de constater que ces nouveaux medias sociaux ont été exclusivement conçus pour des usages individuels et grand public. A défaut de lieux d’échanges proposés par les entreprises et les marques elles mêmes, ces nouveaux espaces d’oxygène s’imposeront de plus en plus dans les années qui viennent comme les espaces d’échanges privilégiés voire uniques. Aujourd’hui, ouvrir une Facebook Fan Page ou créer un compte Twitter est un bon début, mais ne constitue qu’une réponse partielle et court termiste. En effet, les débats présents ne sont pas ceux de l’entreprise mais restent encore ceux de la plate-forme qui les accueille.
Je suis certain que d’ici 2012, les entreprises capitaliseront sur ces nouveaux outils d’une façon plus contrôlée et créeront des espaces conversationnels privées plus adaptées à leur logique business. Au-delà de la simple conversation, elles mettront en place des stratégies et des processus capables de collecter sur le net les meilleures idées et conversations et de les rapatrier en interne pour les mettre au service des bons interlocuteurs et de les traduire en actions business. Une sorte de coconversation temps réel, de focus-groupes permanents qui inversent le modèle B2C traditionnel pour introduire une dimension nouvelle C2B.
In fine, plus que l’information recueillie, c’est sa transformation en valeur et la valorisation des individus impliqués qui compteront.
Capter et faire transiter en interne les bonnes conversations et construire avec les parties prenantes des relations fortes et authentiques pour transformer le tout en business quantifiable constitue déjà le challenge de l’entreprise 2.0.