Copenhague : la mission de Fodé Sylla dénoncée

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 26 novembre 2009

Yann Cohignac
Le ministère du Développement durable a confié la semaine dernière à Fodé Sylla, ex-président de SOS Racisme, une mission auprès des pays africains en vue du Sommet de Copenhague : soutenir son action. Pour le réseau Sortir du Nucléaire, il s’agit surtout d’appuyer les activités du groupe Areva…

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« Fodé Sylla a pour mission de convaincre les dirigeants africains de soutenir les manœuvres des autorités françaises qui tentent de faire inclure le nucléaire dans les options favorables au climat » (Réseau Sortir du Nucléaire)

Le 19 novembre, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie et du Développement durable, a fait appel à Fodé Sylla, ancien président de l’association SOS Racisme, ex-député européen, et membre du Conseil économique et social, pour l’aider dans les négociations de Copenhague à venir. Sa mission : « Appuyer l’action du ministre et entretenir les contacts avec les ministres africains de l’environnement » d’ici la conférence de l’ONU sur le climat à Copenhague. Une tâche similaire à celle du mois dernier, lorsque M. Borloo lui avait demandé de l’accompagner au Forum mondial du développement durable, à Ouagadougou.

 

Mais pour le réseau Sortir du Nucléaire, il y a là matière à polémique, car M. Sylla est « présenté comme ancien président de SOS Racisme, alors qu’il est aussi – et surtout – salarié de la multinationale Areva » (depuis plusieurs années). Autrement dit, officieusement, il « a pour mission de convaincre les dirigeants africains de soutenir les manœuvres des autorités françaises qui tentent de faire inclure le nucléaire dans les options favorables au climat ». Et la fédération de dénoncer une mission de la diplomatie française « littéralement fusionnée avec les intérêts de la multinationale Areva » (communiqué).

« Don’t nuke the climate ! »

Le réseau anti-nucléaire conteste donc « avec la plus grande vigueur » cette nomination et demande son annulation car « il n’est pas difficile de comprendre que, quand M. Sylla suggère à un dirigeant africain de soutenir la France lors du Sommet de Copenhague, c’est en même temps la multinationale Areva qui laisse planer la menace de rétorsions économiques ou au contraire de récompenses ». Dans son communiqué, Sortir du Nucléaire cite d’ailleurs Fodé Sylla pour appuyer son argumentaire : « Une entreprise comme Areva a besoin de l’Afrique, et l’Afrique a besoin d’une entreprise comme Areva » (le groupe exploite notamment sur le continent la mine d’Imouraren, au Niger).

Les militants rappellent en outre qu’ils sont totalement opposés à « l’idée que le nucléaire permette de lutter contre le changement climatique », qui progresse de plus en plus à l’approche de Copenhague. L’association anime pour cela la campagne internationale « Don’t nuke the climate » (« N’atomisez pas le climat »).

 

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Les femmes pourraient bien sauver la planète

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 26 novembre 2009

Les femmes seraient-elles plus « écolo-vertueuses » que les hommes ? Selon un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), les femmes des pays industrialisés auraient un comportement plus favorable à l’environnement. Mais ce rapport souligne surtout le rôle clé que les femmes pourraient jouer au sein des pays en voie de développement dans la lutte contre les changements climatiques, à condition qu’on leur en donne les moyens.

 

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Les femmes ont été en grande partie oubliées dans les discussions sur la lutte contre les bouleversements climatiques. Elle pourraient pourtant bien jouer un rôle-clé dans le développement durable de la planète.

L’étude de l’UNFPA met en valeur le comportemnent des femmes, qui seraient plus soucieuses de l’environnement que les hommes. D’après l’étude, qui cite un document de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) de 2008, les femmes des pays industrialisés, plus que les hommes, auraient tendance à acheter des produits écologiques et à recycler leurs déchets. Par ailleurs, l’étude, s’appuyant elle-même sur d’autres études effectuées dans les pays nordiques, souligne que dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement, les femmes ont un moindre impact sur l’atmosphère car elles prennent moins l’avion que les hommes et se déplacent moins qu’eux en voiture. Une différence qui ne serait cependant pas seulement liée à un choix, mais aussi à une inégalité d’accès aux ressources économiques.

 

Cette inégalité entre l’homme et la femme est le plus souvent néfaste pour la planète : chacun sait à quel point, dans les pays en voie de développement, la pauvreté et les difficultés d’accès à l’éducation sont facteurs de croissance démographique incontrôlée. L’étude rappelle que dans ces pays, investir dans l’éducation des femmes aboutit à freiner la croissance démographique, ce qui a un effet positif sur la réduction des gaz à effet de serre. De plus, au-delà de la question de la régulation des naissances, les femmes qui travaillent aux champs peuvent avoir un rôle actif dans l’adaptation aux changements climatiques, en développant des cultures résistantes aux inondations et aux sécheresses ou en protégeant les ressources en eau.

Des personnalités féminines engagées

L’étude s’appuie également sur les témoignages de plusieurs personnalités féminines à travers le monde, comme Wangari Maathai, lauréate du Prix Nobel de la Paix en 2004 et fondatrice du « Green Belt Movement au Kenya ». Ce mouvement, qui était au départ un simple programme de plantation d’arbres par les femmes (plus de 40 millions d’arbres plantés à ce jour) est devenu un vecteur de l’autonomisation des femmes et de leurs familles, qui deviennent de véritables acteurs du développement durable et du développement économique équitable. Ces femmes-là veulent compter dans la lutte contre les changements climatiques.

Le rapport de l’UNFPA plaide la cause de leur implication, comme de l’implication des autres femmes de bonne volonté à travers le monde. Dans la lutte face aux bouleversements climatiques, l’engagement féminin pourrait bien faire la différence…

Pour consulter l’étude complète : State of world population 2009

 

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Forum international des affaires et de l’investissement, IPAD 2009

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 16 octobre 2009

 

Il s’est tenu à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, du 6 au 8 Octobre 2009 au Grand Hôtel Kinshasa, la 5ème édition de la conférence internationale des affaires et de l’investissement, IPAD 2009, (Infrastructures en Afrique, Partenariats pour le Développement).

Organisée par une entreprise Sud Africaine Spintelligent, la conférence IPAD est devenue le plus grand forum annuel de la République Démocratique du Congo qui explore les stratégies de développement des infrastructures dans les secteurs des mises, énergie, transports, finances et des télécommunications.

IPAD RDC avec ses expositions et une série de conférences est le seul forum international business-to-business en République Démocratique du Congo où le gouvernement et les secteurs public et privé ont l’occasion de se rencontrer et d’explorer les opportunités de développement et d’investissement dans le secteur des infrastructures dans le pays et dans la région.

OForum international des affaires et de l'investissement, IPAD 2009 dans CONFERENCEuvertes le mardi 6 octobre 2009 à 9 heures, par un événement de pré-conférence sur les Technologies de l’Information et de la Communication, par le ministre de l’Industrie, Simon Mboso Kiamputu, représentant le ministre des Postes, Téléphones et Télécommunication en mission, ces assises ont rassemblé des investisseurs de haut niveau, venus de partout, de ministres, de chefs d’entreprise, de gouverneurs de provinces, des exposants et la presse internationale ainsi que locale.

P dans e-busnessour le Ministre Simon Mboso Kiamputu, l’initiative de ce forum est un signal fort pour le développement de la République Démocratique du Congo. Car, a-t-il indiqué, les télécommunications jouent un rôle très important dans le développement d’un pays. Il a également exhorté les participants à cette rencontre d’enrichir les débats pour que ce forum n’accouche pas d’une souris. A la société civile, Simon Mboso a estimé qu’elle doit faire des plaidoyers aux partenaires et aux investisseurs de bien cibler les actions de leurs investissements. A entendre le ministre de l’Industrie, l’IPAD RDC, qui est un rassemblement de haut niveau d’investissement, des ministres et des chefs d’entreprises, a révélé que le pays est prêt pour l’investissement et impatient de mettre de l’ordre dans ses affaires.

Selon la directrice de la conférence, Nicole Smith : « Depuis son inauguration, il y a 5 ans, l’IPAD RDC a été témoin de l’augmentation des flux de capitaux vers la République Démocratique du Congo et cela malgré les soi-disant risques et en dépit du ralentissement économique actuel qui a touché le secteur  dans ECONOMIEminier et des produits comme le cuivre. Dans l’intervalle, nous avons néanmoins vu une augmentation des investissements dans des secteurs comme l’énergie, les transports et les communications. Maintenant que la transition vers un développement économique se met en route, à la suite de l’engagement pour la stabilité grandissante dans des régions comme le Nord et le Sud-Kivu, il y a un renouveau dans l’enthousiasme des investisseurs. »

L dans GEOPOLITIQUEe programme de haut-niveau de ces assises comprend une visite des centrales hydroélectriques d’Inga 1 et 2 dans la province du Bas-Congo.

Pour Madame Nicole Smith, les plans d’Inga 3 et le succès de ce projet impliquera non seulement la RDC, mais également la région Afrique central et méridionale dans son ensemble, avant d’ajouter qu’au bout du compte, ce projet vise à électrifier l’Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie et l’Angola. Elle a, en plus, indiqué que la RDC est  dans RECHERCHE ET DEVELOPPEMENTaujourd’hui, non seulement la plus excitante opportunité d’exploration sur le continent, avec une multitude de ressources naturelles et des réserves minérales à l’intérieur de ses frontières, mais représente également un élément essentiel pour le développement économique en Afrique.

Plusieurs thèmes ont été débattus pendant trois jours lors de ces accises, il s’agit entre autres :

  1. Les télécommunications en République Démocratique du Congo ;

  2. Opportunités d’investissement dans le secteur des télécommunications ;

  3. Implications chinoises dans le secteur d’investissement en infrastructure des TIC pour le maillage régional ;

  4. Accès aux réseaux des fibres optiques facilitant le développement des télécommunications ;

  5. Rôle d’infrastructures de télécommunications dans la proportion du développement rural ;

  6. Environnement réglementaire ;

  7. Les télécommunications et les systèmes de payement.

Didier SALAKIAKU

 

 

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Absence de Responsabilité !

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 14 septembre 2009

Kinshasa, le 11/09/2009

Un très mauvais vent souffle au sein des Assemblées Provinciales. En tout cas, celles-ci sont mal en point. Les nouvelles qui défraient la chronique, à propos, prouvent qu’il se pose un problème. Ce doit être un manque de vision ou l’absence de responsabilité. Alors qu’elles doivent tenir la session budgétaire, certaines excellent dans des bagarres, d’autres dans des divisions et d’autres encore, se retrouvent sans domicile fixe. On dirait, elles sont visitées par un démon. L’Assemblée Provinciale de l’Equateur occupe le haut de l’affiche. Il y règne un climat malsain qui rappelle la ville de Texas. Apparemment, personne n’y comprend rien. L’Hémicycle où se réunissent les Honorables Députés ne doit à aucun cas être un lieu de démonstration des forces à l’image des « Kuluna », mais un lieu où les idées s’affrontent pour sortir la province du gouffre. N’est-ce pas que la tolérance zéro devra aussi s’appliquer là-bas ? Au Nord-Kivu, la dichotomie mine la majorité parlementaire. Le courant ne passe pas entre les Députés d’une même tendance. A l’ouverture de la session, l’unique point à l’ordre du jour sur le projet du budget les a désunis. Les uns estiment que le Président de cette institution a voulu cavalier seul en proposant un point non discuté au niveau des groupes parlementaires. Ce n’est pas de cette manière que les choses doivent se passer, ont-ils fait savoir. Question. Est-on en présence des gens non conscients de leur responsabilité ou c’est simplement des inexpérimentés ? S’il est vrai que les Assemblées Provinciales sont une première expérience qui dure en République Démocratique du Congo depuis 1960, cela ne peut en rien être une cause d’excuse pour engendrer autant des conflits. De toutes les façons, quand on en arrive aux coups de poing, ce qu’on a oublié sa mission ; celle d’élaborer des lois. Par contre à Kinshasa, les députés provinciaux ne savent sous quel manguier se rencontrer ; des véritables sans domicile fixe (SDF). Pourtant, ce n’est pas l’argent qui manque. Si c’est pour autre chose, l’argent est disponible. Mais, pour trouver un siège fixe, les regards des responsables sont ailleurs. Ce qui pousse certains observateurs à parler de manque de vision. C’est le mot. C’est aussi le cas pour l’Exécutif provincial. C’est lui qui doit disponibiliser les moyens à travers son budget. Hélas ! A un sage de se demander s’il y a des gens qui veulent franchement aider le Chef de l’Etat. Le 6 décembre prochain, Joseph Kabila totalise trois ans à la tête du pays, depuis son élection. Auréolé doublement à la CEEAC et à la SADC, il doit tourner son regard vers la base, ou plutôt vers ceux animent les institutions à la base. A contrario, ceux-ci doivent sincèrement s’interpeller. Ils ont reçu un mandat et doivent agir dans l’intérêt de la population et au lieu de chercher à assouvir leurs instincts égoïstes. C’est aussi une occasion pour les masses populaires de savoir qui placer à la tête d’une institution. D’ailleurs, Malumalu s’active pour les élections dans la petite territoriale. Une aubaine pour faire un bon choix. Seulement, l’heure est grave. Il n’est plus temps de se vanter par gloriole d’être Honorable alors qu’on ne joue pas un grand rôle. Quelle image doit garder la population du mandat de leurs représentants ? Il est donc temps, avant les élections prochaines, que les uns et les autres apportent la preuve de leurs œuvres. C’est pour ne pas donner raison aux sceptiques, ceux qui disaient que ça n’allait pas tenir.

Hubert Mwipatayi

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Un Plan Marshall pour sauver la planète ?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 10 septembre 2009

CLIMAT – Actu-Environnement.com – 09/09/2009

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Comment associer les pays en développement à la lutte contre le changement climatique sans entamer leur aspiration à la croissance ? Selon une étude récemment diffusée par les Nations unies, la transformation structurelle qu’implique la « décarbonisation » nécessitera un niveau de soutien international et de solidarité rarement réuni en dehors des temps de guerre.

Alors que l’Union européenne va annoncer dans les jours prochains le montant de son aide aux pays pauvres dans la lutte contre le changement climatique, une étude des Nations unies diffusée le 1er septembre a dévoilé l’ampleur des investissements nécessaires. 500 milliards de dollars par an, soit un pour cent du PIB mondial, devraient être mobilisés pour financer ce qui s’apparente à rien moins que l’équivalent d’un Plan Marshall de transformation du système énergétique mondial. Selon cette Etude sur la situation économique et sociale dans le monde 20091, pour que le charbon et le pétrole ne représentent plus que 20% dans le budget énergétique mondial, il faudra multiplier par dix l’offre actuelle d’énergies renouvelables d’ici à 2100, et systématiser l’efficacité énergétique.

Actuellement, le nombre de personnes privées de l’accès à l’énergie varie de 1,6 à 2 milliards, essentiellement dans les zones rurales. Dans un avenir prévisible, les pays en développement vont devoir subventionner l’énergie au profit de leurs classes à revenu moyen et plus faible afin de rendre ces services abordables. La fourniture de ces services en énergie à ces groupes de la population coûtera 25 milliards de dollars par an au cours des 20 prochaines années. Cependant, la production de plus grandes quantités d’énergie propre demandera de considérables investissements, de 10.000 à 20.000 milliards de dollars par an d’ici à 2030, estime l’étude de l’ONU. Parce que les coûts et les risques initiaux pourraient décourager les investisseurs privés, le secteur public devra assumer un rôle prépondérant, du moins durant les premières phases de développement. Il faut concevoir cette mobilisation des ressources à grande échelle non pas comment un plan ad hoc de plus pour le climat, mais comme un système international de soutien à une croissance à faible émission et de protection du climat.

 

Diffusé le 7 septembre, le rapport 2009 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)2 va dans le même sens : l’atténuation des changements climatiques ne s’oppose pas aux objectifs de développement. Il faut au contraire l’appréhender comme un processus de transformations structurelles dans le monde entier qui offre de considérables possibilités économiques. De fait, les technologies sans incidences sur le climat, le matériel et les appareils à faible intensité de carbone, les modes de consommation plus durables contribueront à relancer de nouvelles politiques industrielles. Les pays en développement participeront aux marchés de biens environnementaux. Ils intégreront les chaînes internationales de production, à l’image de ce qu’un grand nombre d’entre eux ont fait avec succès dans d’autres secteurs de l’industrie manufacturière. Ils contribueront eux-mêmes à l’innovation dans le domaine de la protection du climat et dans celui de la production de systèmes adaptés aux situations locales.

Les technologies de protection du climat sont des biens publics

La contribution des marchés financiers au bien être socio-économique est très discutable, constate en un euphémisme la CNUCED, qui prône un nouveau régime réglementaire qui fasse un tri impitoyable entre les services financiers centrés sur les investissements productifs et les paris ou jeux à somme nulle. A fortiori, le financement des technologies favorables au climat ne saurait être confié aux seuls mécanismes de marché. L’importance des technologies à faible intensité de carbone en tant que bien public et l’urgence de réduire les émissions de GES exigent une intervention directe des pouvoirs publics par le biais de normes d’émission et de réglementation strictes. Une politique dynamique est donc indispensable, notamment par l’octroi de subventions et l’acquisition publique de brevets, pour promouvoir le progrès technologique et accélérer le processus de rattrapage en matière d’investissement. L’expérience montre que les changements technologiques sont souvent plus rapides lorsqu’ils bénéficient de la recherche-développement menée dans les institutions publiques et que le secteur public montre la voie dans l’application pratique des nouvelles technologies. Il faut considérer que l’atténuation des changements climatiques revêt le caractère de bien public mondial. En conséquence, le régime des brevets doit être revu et l’Accord de l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Accord sur les ADPIC) doit être révisé de manière à autoriser la concession de licences obligatoires pour la production de matériels et de biens incorporant des technologies sans incidences sur le climat, à l’image des exemptions appliquées à certains médicaments pour des motifs de la santé publique.

Il est donc difficilement concevable de s’en remettre au marché carbone comme source principale de financement. Selon un document de travail de la Commission européenne, la contribution de l’UE au financement climatique devrait provenir de différentes sources, puisées dans le schéma européen d’échange de quotas (SCEQE) et dans des « sources innovantes ». La Commission estime que le SCEQE apporterait 15 à 40 milliards d’euros par an à partir de 2013, en fonction du développement du prix des quotas3. Mais cela risque d’être un vœu pieux, car l’évolution limitée des marchés du carbone et l’actuelle crise financière vont décourager l’investissement privé à court et moyen terme en une période des plus critiques. Il faut que la mobilisation de ressources nationales et internationales en vue de l’investissement se poursuive de manière plus vigoureuse et à une beaucoup plus vaste échelle, exhorte l’étude de l’ONU. La question du recours à de nouvelles sources de financement telles que les « obligations vertes » émises par l’État, et les « DTS » (droits de tirage spéciaux) du Fonds monétaire international devra être examinée. Il faudra également envisager la possibilité du paiement de droits ou taxes sur le carburant en soute pour les transports aériens et maritimes, les voyages en avion ou les transactions financières. Le Plan de l’ONU propose d’instaurer un Fonds mondial pour les énergies propres, une tarification préférentielle de l’électricité provenant des énergies renouvelables, et une réforme des Mécanismes de développement propre de manière à financer les programmes et les politiques plutôt que les projets.

Limites de la croissance

Reste que les matières premières en général se raréfient. Selon Fatih Birol, chef économiste à l’Agence internationale de l’énergie, le temps du pétrole abondant et bon marché sera très bientôt derrière nous. Dans un entretien accordé le 3 août au journaliste Steve Connor du quotidien britannique The Independent, ce spécialiste chargé de mesurer les possibilités d’approvisionnement des pays de l’OCDE donne une évaluation très pessimiste des réserves de pétrole à l’échelle de la planète. Les trois quarts des sites pétroliers auraient déjà atteint leur capacité maximale et seraient sur le déclin, un déclin lui aussi plus rapide que prévu. Aggravée par un sous-investissement chronique des pays producteurs dans leurs infrastructures, la pénurie de pétrole pourrait compromettre tout espoir de reprise après la crise économique actuelle, a déclaré le Dr Birol au journal. Cet « oil crunch » devrait se traduire par une augmentation durable du prix du baril car la demande continue à augmenter et devrait même dépasser l’offre disponible dès l’année 2010.

L’appétit de croissance des pays développés et des grands émergents tels que la Chine devra être modéré par la réalité géologique. Les métaux nécessaires à la fabrication des alliages nécessaires à la production de produits manufacturés high tech et aux technologies de l’information se raréfient. Le lithium impliqué dans la construction de batteries et de panneaux solaires n’est lui-même pas illimité. Les prix de ce métal ont dejà flambé de 350 dollars la tonne en 2003 à 6.000 dollars récemment. Utilisé dans les médicaments antidépresseurs comme dans les véhicules hybrides, le lithium n’aura sans doute pas de quoi alimenter les appetits féroces des grands groupes industriels, de Bolloré à Mitsubishi. Et ce ne seront pas forcément les pays les plus développés qui seront les plus résilients face à la crise. Tout un modèle reste à inventer, avec en son coeur, une inéluctable modération.

Agnès SINAÏ

 

 

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Développement durable

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 7 août 2009

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Le développement durable (ou développement soutenable, anglicisme tiré de Sustainable development) est une nouvelle conception de l’intérêt public, appliqué à la croissance économique et reconsidéré à l’échelle mondiale afin de prendre en compte les aspects écologiques et culturels généraux d’une planète globalisée.

Il s’agirait, selon la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland[1] :

« Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Il s’agirait aussi, en s’appuyant sur de nouvelles valeurs universelles (responsabilité, participation et partage[2], principe de précaution, débat[3], innovation[4], …) d’affirmer une approche double :

  • Dans le temps : nous avons le droit d’utiliser les ressources de la Terre mais le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations à venir ;
  • Dans l’espace : chaque humain a le même droit aux ressources de la Terre.

Au contraire de la notion d’intérêt public qui caractérise les États et qui est mise en oeuvre d’office par leur ministère public, le programme de développement durable est un thème de gouvernance proposé comme réponse contractuelle des nouvelles institutions non gouvernementales et des entreprises transnationales, aux préoccupations de la société civile en ce qui concerne les impacts environnementaux et sociaux de l’activité des agents économiques sur leurs parties prenantes[5].

En dehors des activités financières, tous les secteurs d’activité sont concernés par le développement durable : l’agriculture, l’industrie, mais aussi les services, l’habitation, l’organisation familiale qui, contrairement à une opinion quelquefois répandue, ne sont pas immatériels.

 

Pour plus d’information, téléchargez les documents suivants:

Développement durable      dans COOPERATION INTERNATIONALE doc dveloppementdurable.doc

 

 

 

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Les Coûts de la Corruption

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 1 août 2009

Par Mamadou KOULIBALY

La corruption, c’est le fait d’être corrompu, c’est-à-dire transformé en mal. Il s’agit donc d’une perversion, d’une altération d’un phénomène, d’un individu, d’une personne ou d’un acte.

Au-delà d’être un fait, la corruption est aussi un acte. Celui de corrompre quelqu’un en s’assurant son concours à prix d’argent pour qu’il agisse contre son devoir.

Il s’agit dans ce cas, d’un pourrissement de l’acte, de sa dépravation,

donc d’une action de décadence. Dans cette acception, la corruption relève de la morale individuelle, même si elle peut conduire à des coûts macroéconomiques non intentionnels.

Le devoir est l’obligation à quelque chose, qu’une personne peut avoir envers une autre par la loi, la morale ou les convenances.

Donc soudoyer quelqu’un, le corrompre pour qu’il agisse contre son devoir, c’est violer et provoquer la violation de règles de conduite en usage dans une société.

 

Le corrupteur, comme le corrompu, refuse de se conformer aux règles en vigueur et qui sont considérées comme honnêtes et justes. La corruption est donc un vice individuel qui débouche sur une décadence collective. Donc, aussi bien à l’échelle micro-, méso- que macroéconomique, elle a des coûts directs et indirects.

 

 

Pour plus d’information, téléchargez le document suivant:

Les Coûts de la Corruption     dans ANALYSE doc lacorruption.doc

 

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Panorama de l’économie de la RD Congo en 2008

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 31 juillet 2009

Vue D’ensemble

En  2008, la République Démocratique du Congo (RDC) a enregistré de faibles performances économiques, financières et sociales, malgré des perspectives prometteuses sur le plan de la résolution des conflits, de l’exploitation des richesses minières et des réformes structurelles. Ces résultats sont dus à des facteurs exogènes, tels que le contexte mondial de crise alimentaire, énergétique et financière, et à des facteurs structurels endogènes, notamment le manque d’infrastructures de base et de transports, d’énergie, sans omettre le faible niveau de gouvernance politique et économique.

Au cours de cette année, le taux de croissance s’est établi à 5.7 pour cent en fin d’année contre 6.3 pour cent en 2007, et le taux d’inflation a été de 26.2 pour cent contre 16.7 pour cent en 2007. Pendant la même période, le franc congolais (CDF) s’est déprécié de 29.3 pour cent par rapport au dollar américain (USD).

La situation dégradée des finances publiques, la lenteur des réformes, le manque de bonne gouvernance et l’absence d’un seuil de libéralité des prêts consentis au pays par un groupe d’entreprises chinoises n’ont pas permis à la RDC de conclure en mars – comme convenu – un programme avec le Fonds monétaire international (FMI) au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC). Par conséquent, la RDC n’a pas atteint en 2008 le point d’achèvement qui aurait allégé la dette du pays de 9 milliards de dollars (USD).

Les effets limités de la croissance économique sur le niveau de vie de la population éloignent toujours le pays des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Il faut tout de même noter que des progrès ont été réalisés en ce qui concerne l’amélioration de la santé maternelle.

La situation politique et sécuritaire dans le pays a été instable en 2008. L’année a été marquée par un changement de gouvernement en novembre 2008, des émeutes qui ont éclaté dans le Bas-Congo et la reprise des combats dans l’est du pays qui ont entraîné de lourdes pertes humaines. La signature d’un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement et l’une des factions rebelles, en décembre 2008, ainsi que la mise en résidence surveillée en janvier 2009 au Rwanda du général Laurent Nkunda, laissent présager une amélioration de la situation sécuritaire dans l’est du pays.

Sur le plan socio-économique, l’année 2009, année de crise mondiale, s’annonce difficile pour le pays. Le ralentissement de la croissance amorcé au dernier trimestre 2008 devrait se poursuivre et atteindre un taux de moins 0.6 pour cent, étant donné la tendance à la baisse de la demande pour les produits d’exportation de la RDC, la diminution des cours mondiaux des principales exportations et les déséquilibres macro-économiques. En 2010, la croissance redémarrerait pour atteindre 2.7 pour cent.

 

Pour plus d’information, téléchargez le document suivant:

Panorama de l'économie de la RD Congo en 2008 dans DEVELOPPEMENT doc rdcrapport2009.doc

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Nature et spécificité de la dollarisation de l’économie congolaise (RDC)

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 27 juillet 2009

Kola LENDELE,Joseph KAMANDA KIMONA-MBINGA

Depuis le début des années 1990, la République Démocratique du Congo (RDC)2 connaît une instabilité socio-politique qui a abouti à une désintégration graduelle de son économie, attestée par une contraction cumulée du produit intérieur de plus de 50 % en treize ans (1990-2003). L’évolution de la situation économique congolaise depuis 1990 à ce jour se résume en quatre phases distinctes suivant les tendances inflationnistes.

La première phase est celle des épisodes d’hyperinflation qui ont caractérisé les années 1990-1994. Pendant les années quatre-vingt, l’inflation, mesurée par le taux de croissance annuel de l’indice des prix à la consommation, était d’environ 50%. Elle est passée à 256% en 1990. Elle a poursuivi sa progression au cours des années 1991-1993 avec un taux annuel compris entre 3 000 et 4 500 %, avant d’atteindre son niveau historique de près de 10 000 % en 1994.

La deuxième phase s’étale sur les années 1995-1997. C’est une phase de relative stabilisation pendant laquelle l’inflation est retombée à 370% en 1995, suite à une politique de contrôle des émissions monétaires et des dépenses publiques menée à l’époque. L’accalmie relative observée à cette époque a été brutalement interrompue en 1996 par l’éclatement de la première guerre qui a abouti au renversement du régime du Maréchal Mobutu, en mai 1997. Avec la guerre, l’inflation est remontée à 753% en 1996. Le changement de régime intervenu en mai 1997 s’était accompagné d’une brève période de désinflation, avec un taux d’inflation négatif (-0,4%) en 1997.

La troisième phase a débuté en 1998 et s’est achevée en 2001. C’est la période du second épisode de la guerre qui a impliqué plusieurs pays africains et qui a abouti à la destruction totale de l’infrastructure économique du pays. Afin de soutenir l’effort de guerre, le financement monétaire des dépenses publiques a été remis en marche.

L’inflation a repris de manière très vive, se situant à 135% de stabilisation macroéconomique, appuyés par les programmes d’assistance des institutions financières internationales, ont permis de maîtriser l’inflation. Celle-ci a atteint 16% en 2002, puis descend en dessous de 10% en 2003. La relative stabilité observée entre 2002 et 2003 s’est poursuivie en 2004.

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Nature et spécificité de la dollarisation de l’économie congolaise (RDC) dans DEMOCRATIE ET ETAT DE DROIT pdf ladollarisationdelconomiecongolaise.pdf

 

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L’Afrique peut devenir un acteur majeur du green business

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 23 juillet 2009

Actuellement perçus comme une contrainte et n’étant pas encore une priorité pour plusieurs pays africains, le changement climatique et l’écologie offrent pourtant de vastes opportunités pour le continent.

Dans le secteur économique émergent qu’est le green business, n’étant pas à la pointe des innovations technologiques, c’est de sa biodiversité et de son écosystème que l’Afrique peut tirer le plus grand profit et se positionner comme un acteur majeur.

Le continent africain dispose là d’un immense gisement de création d’emplois verts et d’éco-entreprises, de formation des jeunes et de revenus supplémentaires pour les Etats, les collectivités locales et les populations les plus démunies.

Toute la question est de savoir comment valoriser ces richesses et ce potentiel économique, comment valoriser ce capital naturel et l’ensemble des services qu’il peut rendre.

L’enjeu est considérable. Pour référence, une étude du Centre d’analyse stratégique, remise le mois dernier au Ministère français de l’écologie, estime, en moyenne, à 970 euros par hectare et par an les services rendus par la forêt française. Sur cette base de calcul, les 200 millions d’hectares de forêts que représente le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète derrière l’Amazonie, seraient valorisables à 194 milliards d’euros par an, répartis entre l’Angola, le Cameroun, le Congo (Brazzaville), la RDC, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad.

Valeur de stockage du CO2

Il est facile d’estimer la quantité de dioxyde de carbone (CO2) stockée par les arbres pendant leur cycle de vie, et donc, en fonction du coût de la tonne de CO2 sur le marché, de déterminer la valeur économique la forêt africaine (notamment le bassin du Congo).

La Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation de la forêt tropicale (REDD) permet d’obtenir des crédits carbone. Certes, la Banque africaine de développement gère le Fonds forestier du bassin du Congo, un fonds de 200 millions de dollars, dont les donateurs initiaux sont le Royaume-Uni et la Norvège. C’est sûrement un premier pas encourageant, mais le caractère volontaire de cette contribution et l’absence de données chiffrées sur le montant des émissions de CO2 à compenser, montrent la limite de cette initiative au vu de l’importance du bassin du Congo pour l’avenir du monde. Il est pour le moins urgent que la Banque africaine de développement initie une véritable estimation économique du rôle de la forêt africaine dans le stockage du CO2, en prévision des négociations climatiques qui auront lieu en décembre 2009 à Copenhague, au Danemark.

Intégration de la valeur écologique des arbres dans le prix du bois

Il est également impératif, aujourd’hui, d’étudier cette valeur écologique des arbres afin de l’intégrer dans le prix de vente du bois en tant que matière première.

Il s’agit d’établir une équité entre les bénéfices des Etats producteurs de bois et les industries d’exploitation et de transformation, qui bénéficient nettement de cette filière. La finalité n’est pas de pénaliser les industriels, mais de définir un prix pour l’exploitation du bois qui encourage la transformation dans le pays producteur et qui permet une gestion durable de la forêt (boisement et reboisement avec création d’emplois pour les populations locales).

Rôle de la forêt dans la préservation des ressources hydriques

Si l’évaluation économique du rôle de la forêt dans la lutte contre le changement climatique est relativement aisée, l’exercice est un peu plus difficile si on le considère dans le stockage et l’approvisionnement en eau, qui est pourtant l’une des ressources indispensables à l’autosuffisance alimentaire et au développement d’activités économiques. Quelle valeur économique accorder aux forêts africaines dans leur rôle de tampon hydrique ? Le couvert végétal a un impact important sur l’alimentation des nappes phréatiques souterraines et les cours d’eau. Comment traduire ces fonctions en indicateurs économiques ?

Manque à gagner agricole

Préserver la forêt oblige à ne pas utiliser les terres pour d’autres secteurs d’activités, comme l’agriculture, pourtant cruciale pour l’autosuffisance alimentaire et le développement économique de l’Afrique. Le continent doit exiger des compensations pour la sauvegarde de ce bien commun à l’humanité.

Valeur de la biodiversité africaine

La forêt africaine, de part sa richesse, regorge de nombreux principes actifs indispensables à la fabrication de médicaments. Quelle estimation monétaire pour la pharmacopée africaine qui contribue à la prospérité de l’industrie pharmaceutique, et dont les Africains ne bénéficient tque très peu ? Dans le même contexte, peut-on estimer la valeur culturelle de la biodiversité et des écosystèmes pour les populations locales ? Dans le bassin du Congo par exemple, comment évaluer les impacts de la transformation et de la modification de la forêt sur le mode de vie et la culture des Pygmées ?

Des gisements d’emplois verts pour l’Afrique

L’évaluation économique et la valorisation de la forêt et de la biodiversité peuvent, à court terme, générer de nombreux emplois pour les chercheurs et les jeunes diplômés africains dans différents domaines (sociologues, biologistes, ethnologues, écologues, économistes, etc.), car la discipline est nouvelle et nécessite un travail transversal et pluridisciplinaire. A moyen terme, la création d’emplois verts touchera les populations rurales par le développement de nouveaux métiers (analyste de la biodiversité, reconversion des pêcheurs, etc.). A long terme, on prévoit la création de banques de compensation écologique et de fonds d’investissement pour la biodiversité en Afrique.

Les décideurs politiques : acteurs incontournables de la compensation de la biodiversité

Depuis les années 70, les Etats-Unis ont mis fin à la « gratuité de la nature » avec la création des banques de compensation (Mitigation Banks). En effet, la loi sur la préservation des zones humides (Clean Water Act) permet aux opérateurs dont les activités ont un impact sur une zone humide de contribuer financièrent à la préservation d’une autre zone humide. De nombreuses entreprises se sont ainsi positionnées sur ce nouveau marché. Une étude récente démontre cependant que seules 46% des zones détruites ont été restaurées.

La France s’est également positionnée sur ce créneau, avec la création, en février 2008, de la CDC Biodiversité, filiale de la Caisse des dépôts et de consignation, dotée de 15 millions d’euros. Elle intervient auprès des entreprises, des collectivités, des maîtres d’ouvrage et des pouvoirs publics, dans leurs actions en faveur de la biodiversité : restauration, reconquête, gestion, valorisation et compensation. L’un de ses projets phares est la réhabilitation de 357 hectares d’une ancienne exploitation arboricole à Saint-Martin-de-Crau dans les Bouches-du-Rhône (sud de la France), qui a perdu près de 80% de sa superficie originelle et a été classée réserve naturelle nationale en 2001. Selon les calculs de la CDC Biodiversité, un opérateur qui, après avoir détruit une formation steppique, voudrait s’acquitter de ses obligations de compensation dans cette zone, devrait débourser 35.000 euros pour un hectare. La compensation de la biodiversité, mise en œuvre actuellement en France, est l’application d’une loi de 1976 sur les installations classées, qui indique que tous les projets doivent faire l’objet d’une étude d’impact présentant, entre autres, les mesures envisagées pour supprimer, réduire et, si possible, compenser les dommages d’un projet sur l’environnement.

Thierry Téné pour Les Afriques (France – Suisse)

Thierry Téné est directeur d’A2D Conseil, expert et formateur sur le développement durable, la RSE et le green business.
© DR

 

Source: http://www.infosdelaplanete.org/5499/l-afrique-peut-devenir-un-acteur-majeur-du-green-business.html

 

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