Les véritables clauses du contrat chinois

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 9 mai 2008

Alors que tous les regards des Congolais sont tournés vers le gouvernement Gizenga qui doit publier le rapport de la Commission gouvernementale chargée de la révisitation des contrats miniers, le contrat signé entre les entreprises chinoises et le gouvernement congolais ne cesse de susciter des interrogations au sein de l’opinion. Les clauses de ce contrat assimilé à un troc pour la réalisation des 5 chantiers du président Kabila demeurent toujours inconnues de la majorité des Congolais.
Tel est le cadeau de fin de l’année que la Ligue congolaise contre la corruption (Licoco) a voulu offrir à la population congolaise. Cette Ong spécialisée dans la lutte contre la corruption a saisi cette période d’échanges de vœux pour mettre à la disposition de ses partenaires de la société civile une copie du protocole d’accord entre le ministre d’Etat en charge des infrastructures et le PDG de la China Railway Engineering Corporation (CREC) qui représente un groupement des entreprises chinoises. Son message se résume en quelques mots : voici comment les richesses congolaises sont bradées.
Ce document paraphé par les deux parties en date du 17 septembre 2007 donne l’objet, les modalités, les conditions particulières, les droits et obligations des parties, la législation ultérieure, la liste des projets, l’exclusivité et l’entrée en vigueur du protocole.
Ce nouveau contrat met sur pied une société de joint-venture sous forme de société mixte de droit congolais regroupant des entreprises chinoises et des entreprises congolaises que le gouvernement va désigner. Le financement des travaux d’infrastructure pour les 5 chantiers est garanti par les concessions minières mises à la disposition de la société précitée. Dans cette nouvelle entreprise, la participation congolaise au capital est de 32 % alors que la partie chinoise se tape 68 %. L’annexe du protocole signale notamment les différents gisements de cuivre, du cobalt et de l’or dont la plupart sont situés dans le Katanga. En outre, le programme de reconstruction des infrastructures (chemins de fer, routes, voiries, et bâtiments) est également joint au protocole, sans beaucoup de précision sur la durée de tous ces travaux et l’exploitation des gisements. Le Phare propose à ses lecteurs la teneur du Protocole d’accord en question.

* * *

Ministère des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction
PROTOCOLE D’ACCORD
Entre

La République Démocratique du Congo représentée par Monsieur Pierre LUMBI OKONGO,
Ministre d’Etat en charge des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction d’une part :

Et
Le groupement des Entreprises Chinoises composé de l’Export-Import Bank of China (EXIM BANK of CHINA), la China Railway Engeneering Corporation (GREC), Société SA, et la société ; SINOHYDRO corporation, représenté par Monsieur, LI CHANGJIN, Président Directeur Général de la CREC; d’autre part ;

Ci-après désignés  » les Parties  »

PREAMBULE

Considérant les accords de coopération signés le 3 avril et le 07 décembre 2001 entre la République Démocratique du Congo et la République Populaire de Chine ;

Considérant les memoranda d’entente commune et accords sur le financement du développement des infrastructures de la République Démocratique du Congo par l’exploitation de ses ressources minières que le Gouvernement a signé respectivement
Le 9 août 2007 avec la SINOHYDRO, le 16 août. 2007 avec l’EXIM BANK et le 17 août 2007 avec la CREC ainsi que les accords conclus par elles sur la reconstruction de la RDC. Tous ces Vu les consultations des par1ies et suivant te mémorandum on understanding of ressources finance for infrastructures development:

IL A ETE CONVENU ET ARRETE CE QUI SUIT:

Il. DE L’OBJET

Article 1 : Le présent protocole porte sur la fixation des modalités de coopération de financement pour le déve1oppement des infrastructures de la première tranche, en contrepartie, de l’exploitation des ressources naturelles de la République Démocratique du Congo.

III. DES MODALITES

Article 2 : Les parties conviennent de constituer dans le cadre de l’exploitation minière une société de joint-venture (SJV) sous forme de société mixte de droit congolais regroupant d’une part les entreprises chinoises du groupement et d’autre part, d’entreprises congolaises désignées par le Gouvernement.
Le financement du développement des travaux infrastructure dans le cadre de cet accord sera garanti par les concessions minières mises à la disposition de la SJV par la RDC.

Article 3 : En vue d’assurer le suivi et l’évaluation, le Gouvernement mettra en place un
Comité compétent multisectoriel devant servir de guichet unique pour toutes
les questions et formalités relatives à l’exécution de tâche définie dans le présent Protocole.

Article 4 : La participation:du Gouvernement ou ses mandataires au capital social de 1a
Société de Joint. Venture dont question fi à l’article deux, procède du principe  » gagnant – gagnant « et la Société de Joint ~ Venture s’établira comme suit :
. Partie Congolaise : 32%
. Partie Chinoise : 68¨%
Article 5 : Sur le principe essentiel du financement du développement d’infrastructure par la réalisation du dividende de la part d’Etat RDC résultant de l’exploitation de la Société de Joint -Venture la répartition du résultat d’exploitation se fera en trois (3) états :

- La première étape dite étape d’amortissement d’investissement minier.
Durant cette étape la 1otatité du résultat d’exploitation servira au remboursement et à l’amortissement de l’investissement minier extractif et industriel el ce compris les intérêts

- La seconde étape est une étape de remboursement ou de paiement des travaux d’infrastructure. Durant cette étape, soixante six pour cent (66%) du bénéfice net du résultat d’exploitation de la Société de Joint-Venture sera utilisé pour le paiement et le remboursement des travaux d’infrastructure réalisés prévus dans la première tranche des projets dans la liste annexée tandis, que le reste, soir trente quatre pourcent (34%) sera distribué proportionnellement entre parties ;
Pendant cette étape, le montant total du paiement des projets des travaux infrastructure sera prévu de trois (3) milliards USD,

- La troisième étape sera une étape d’exploitations commerciales soit le remboursement et l’amortissement de la totalité des investissements à l’exploitation minière et au développement d’infrastructure, de la première tranche, la répartition du dividende résultant de se l’exploitation de la société de Joint-Venture.
Pendant cette étape, la Société de Joint-Venture se soumettra à la législation congolaise en vigueur en matière fiscale et douanière; en l’occurrence le Code des Investissements et le code de Minier.


IV. DES CONDITIONS PARTICULIERES

Article 6 : Le Gouvernement accorde à la partie Chinoise, le bénéfice de tous les avantages douaniers,et fiscaux prévus par le Code des investissements et le Code minier de ,.la République Démocratique du Congo ainsi que les dispositions particulières applicables ,aux marches publias à financement extérieur;
Afin que le cumul du dividende de la part de l’Etat résultant de l’exploitation minière de la Joint-venture atteigne le plus tôt possible un niveau capable de payer ou de rembourser la construction des travaux d’infrastructure, le Gouvernement, va consentir à la Partie Chinoise des disposition particulières applicables aux marchés publics. Toutefois pendant la période du remboursement, le Gouvernement se réserve le droit d’accorder d’autres avantages fiscaux et douaniers plus larges à la Joint-Venture pour la réalisation des projets. Ces conditions particulières comprennent l’exemption des frais et paiement relatifs à la demande, â l’octroi, au transfert et à la cession des droits et titres miniers, des permis de prospection et d’exploitation; l’exemption des frais d’entrée à la porte minière et de prélèvement préalable sur la valeur estimative du gisement etc
Elles comprennent aussi l’exonération totale de tous les impôts, droits, taxes, douanes, redevances, directs ou indirects, à l’intérieur ou à l’import et l’export, payables en République Démocratique du Congo et ceux liés aux activités minières et au développement d’infrastructures de la Société de Joint-Venture.
Aux fins d’assurer la réussite de son exploitation minière et des travaux d’infrastructure, la Société de Joint-Venture aura loisir de choisir librement le fournisseur du matériel et équipement, de technologie et de service, d’embaucher, à l’intérieur comme à l’extérieur pays, le personnel qualifié conformément à la législation congolaise en la matière.
Le Gouvernement garantit à la Société de Joint-venture la sécurité de son investissement minier et le paiement des travaux d’infrastructure qu’elle réalisera.

Compte tenu de l’importance du volume et du coût des projets d’Infrastructures avec leur caractère de travaux publics de longue périodicité d’amortissement minier et du fait de la lenteur du cumul du dividende de la pan de l’Etat et, en particulier afin d’accélérer développement d’infrastructures et de la reconstruction nationale pour servir le plus tôt possible le progrès socioéconomique, les parties reconnaissent. Que le financement du développement d’infrastructures par lé dividende de la part de l’Etat résultant de l’exploitation minière de la Société de Joint-Venture ne sera pas le choix unique dans le cadre de la collaboration entre le Gouvernement et la Société de Joint-Venture.
A cet effet et en cas de besoin, le Gouvernement proposera à la Société de Joint-Venture (j’accepter d’autres modalités du paiement d’une partie des projets des grands travaux d’infrastructures de volume et coût plus important Ladite modalité pourra être paiement par le Maître de l’Ouvrage moyennant le crédit acheteur. Dans ce cas, le Groupement pourra mener toutes les démarches nécessaires à l’assistance du Maître de l’ouvrage ou du Gouvernement pour la réalisation du financement auprès de l’institution bancaire en Chine avec des conditions acceptables et le Gouvernement s’engage de faire en temps corporation économique, à l’accord de prêt et à la matière etc.

Les conditions particulières du présent article auront une validité de trente (30) ans à partir de la date de prise d’effet du présent protocole d’accords. Elle peut être protocole pour une période égale à la demande de l’une des parties au moins six mois avant l’exploitation du terme de 30 ans.

V. DES DROITS ET OBLIGATIONS DES PARTIES

Article 7: A dater de la prise d’effet du présent protocole, les parties s’engagent à mettre rapidement en place, conformément à la législation congolaises, une Joint -Venture minière dans les 30 jours suivant la signature. L’apport au capital social de chaque actionnaire sera appelé proportionnellement. Après la signature du présent protocole, les projets ‘ainsi annexé au présent Protocole, seront soumis à l’appréciation et l’accords écrit d’EXIM Bank.
Le groupement Chinois s’engage à soumettre progressivement au comité su évoqué le rapport de préfaisabilité du projet minier et la demande d’octroi des titres miniers. Le gouvernement en achèvera le traitement et le transfert du titre minier dans un délai de 15 jours à dater du dépôt. Les droits et titres miniers octroyés à la Société de Joint-Venture seront propriétés de cette dernière pour toute la durée de la Joint-Venture.
Le Groupement Chinois s’engage à soumettre progressivement audit comité, le cahier des charges techniques proposé et l’offre financière des projets des travaux d’infrastructures. Le Gouvernement devra en achever le dépouillement et accorder son approbation dans un délai d’un mois à dater du dépôt.
Dans le cas où des travaux d’infrastructures seraient payés par le Gouvernement au moyen d’autres financements, celui-ci devra démarrer la procédure du montage financier dès la conclusion des contrats des travaux. Le Gouvernement s’engage à conclure avec la joint-venture, le marché concessionnel global des travaux d’infrastructures prévus à l’annexe 2.
Le gouvernement garantira au groupement ou à1a Société de Joint-Venture le libre transfert du fonds, la libre ouverture des comptes bancaires en devise et en monnaie locale à, l’intérieur comme à l’extérieur du pays et la sécurité des opérations intéressés et exemption des droits, impôts et frais bancaires lies à l’impossibilité administrative.
Le groupement Chinois, en déployant ses avantage professionnel, techniques et gestionnaires, s’engage à tout mettre en œuvre pour réduire le coût de revient, économiser les ressources financières des constructions, assurer la moderne conception, la qualité, le haut rendement, la fiabilité et la durabilité des travaux d’infrastructurels et de service à travers sa participation à la reconstruction nationale.
Sur demande du Gouvernement ou du Maître de l’ouvrage, la Société de Joint-Venture pourra assurer les travaux de proposition relative à la normalisation et régularisation des études, du gémie civil, de l’équipement et du fonctionnement des travaux d’infrastructure, de formation des ressources humaines concernés et de proposition concernant la planification et systématisation du développement national d’infrastructures et de construction.

VI. DE LA LEGISLATION ULTEURIEURE

Ar1icle 8 : Sans préjudice des avantages acquis dans le cadre du présent protocole d’accord, la société de Joint-Venture bénéficiera des avantages résultant de toutes les nouvelles dispositions légales et réglementaires qui seraient ultérieurement prises par le Gouvernement ou des conventions que celui-ci viendrai à conclure avec d’autres investisseurs.

VII. DE LA LISTE DES PROJETS

Article 9: La liste des projets des ressources minérales et des travaux d’infrastructure convenues dans: le cadre de la présente collaboration est prise aux annexes 1 et 2 du présent Protocole d’Accord.

VIII. DE L’EXCLUSIVITE

Article 10 : Le Gouvernement s’engage à ne pas conclu le avec les tiers une convention portant sur des projets faisant objet du présent Protocole.

IX. DE L’ENTREE EN VIGUEUR

Article 11: Le présent Protocole ainsi que l’accord précèdent sont considérés comme principe et base de chaque contrat ou marché sépare en la matière et entrera en vigueur à la date de sa signature par les parties et après approbation des projets d’exploitation minière et du développement des infrastructure par l’autorité compétente Chinoise.

Article 12: Le présent Protocole est rédigé en 8 exemplaires originaux, chaque partie en gardant deux :
En cas de divergence entre le présent protocole et l’accord précédent, le protocole prévaudra.
Toutefois, en cas de force majeur, les parties procèderont par négociations amiables pour adapter le présent Protocole aux nouvelles conditions.

Fait à Kinshasa, le 17 septembre 2007

Pour la République démocratique du Congo

Pour le Groupement des Entreprises chinoises

J-Alain Kabongo
Kinshasa, 31/12/2007 (Le Phare, via mediacongo.net)

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[ 2008, année d’ouverture des grands chantiers à travers toute la RDC

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 9 mai 2008

 
   
 

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2008, année d'ouverture des grands chantiers à travers toute la RDC dans ECONOMIE jkabila007 Le Président Joseph Kabila Kabange a annoncé lundi, à Lubumbashi, dans son message de vœux à la Nation, à l’occasion du nouvel an 2008, que cette année est celle au cours de laquelle seront lancés des grands travaux de reconstruction partout à travers la République Démocratique du Congo, 2007 ayant été l’année de la consolidation des bases pour la construction d’un Congo réellement prospère.
 » Aucune province ne sera en reste « , a-t-il martelé, ajoutant que l’an 2008 est celle du parachèvement du processus électoral et de la consolidation de la démocratie avec l’organisation des élections municipales, communales et locales.
Dans le même ordre d’idées, le Chef de l’Etat a invité tout le peuple congolais à s’impliquer activement dans l’exécution des cinq chantiers et à faire un choix judicieux des personnes appelées à diriger demain nos villes, communes et secteurs.
Il a par ailleurs fait savoir que la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a été initiée en vue de garantir une égale chance de reconstruction et de développement à toutes les provinces du pays. Pour y arriver, il s’avère nécessaire de restaurer la paix sur l’ensemble du territoire national sans laquelle ces bonnes perspectives deviendront illusoires.
Dans le but d’éclairer la lanterne des uns et des autres, le Chef de l’Etat a tenu à préciser que la conférence qui s’ouvre prochainement à Goma, au Nord-Kivu, n’a pas pour objet :  » un quelconque partage du pouvoir ; encore moins, la réouverture des débats sur des questions déjà tranchées par le peuple congolais à l’occasion du dernier référendum constitutionnel « .
Aussi, a-t-il souligné que  » cette conférence n’est pas non plus un procès d’une partie de la nation contre une autre, ni une négociation entre des institutions légitimes et ceux qui ne le sont pas « . Elle se veut plutôt une chance supplémentaire donnée à la paix, à la réconciliation et à la stabilité dans cette partie encore troublée de la RDC.
Ci-dessous, le texte intégral du message du Chef de l’Etat.

* * *

Mes chers Compatriotes,

Nous voici, une fois encore, à une charnière entre deux années. Une s’achève, et une autre commence. Puissent la première s’en aller avec sa part d’inachevé et d’insatisfactions, et la deuxième nous apporter lumière et espoir ! C’est donc porté par cette grande espérance que je viens à nouveau dans vos foyers ce soir pour, au nom de ma famille, en celui des Institutions de la République, et au mien propre, présenter à chacune et à chacun de vous, mes vœux les meilleurs pour l’année 2008.
Que cette année nouvelle soit, pour la Nation congolaise, l’année de la fraternité rétablie entre tous ses membres, de la paix totalement retrouvée, et de sa renaissance pleine et entière. L’année 2007 a certes été riche en événements politiques, économiques, et sociaux porteurs d’espoirs. Elle a cependant été également marquée par des moments de grande douleur.
Au niveau de notre pays, des nombreuses familles ont, une fois encore, été durement éprouvées par la perte des êtres chers, emportés par des accidents et des maladies pourtant curables ou fauchés à la fleur de l’âge par les baïonnettes insensées de quelques fils égarés. En cet instant où nous méditons sur notre passé récent et sur les perspectives qui s’offrent à notre pays, ayons une pensée pieuse pour ces victimes innocentes de la jeunesse de nos institutions et de la folie meurtrière de certains d’entre nous.

Par la même occasion, faisons preuve de compassion fraternelle pour les familles qui ont tant souffert et, rendons un hommage mérité aux sages-femmes, aux infirmiers, aux médecins, aux travailleurs humanitaires nationaux et étrangers, ainsi qu’aux éléments de la Police Nationale Congolaise, des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et de la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo, bref, à tous les compatriotes et amis de notre pays dont les sacrifices quotidiens ont contribué à alléger la souffrance de notre peuple, sinon à la prévenir. La patrie leur restera à jamais reconnaissante.

Chers compatriotes,

2007 n’aura pas été qu’une année de malheurs. Elle a aussi été celle de la consolidation des bases pour la construction d’un Congo réellement prospère. Les actions urgentes et à moyen terme en vue du changement voulu dans nos villes et campagnes ont ainsi été planifiées, et les montages financiers pour leur mise en œuvre conclus, annonçant ainsi une année 2008 marquée par le lancement effectif des grands travaux de reconstruction sur l’ensemble du pays.
En effet, dès la fin du prochain trimestre au plus tard des grands chantiers vont progressivement s’ouvrir partout à travers la République. Kinshasa, Bas-Congo, Bandundu, Katanga, Maniema, Equateur, Province Orientale, Kasaï Occidental, Kasaï Oriental, Nord-Kivu et Sud-Kivu, aucune province ne sera en reste !

De la même manière, et toujours au courant de l’an 2008, chacune de ces provinces sera appelée à vivre le parachèvement du processus électoral et la consolidation de la démocratie avec l’organisation des élections municipales, communales et locales. Je lance donc un appel pressant à toutes les congolaises et à tous les congolais pour que, par leur travail, dans l’ordre et la discipline, ils s’impliquent activement dans l’exécution de ces divers chantiers et prennent une part tout aussi active au choix de ceux qui, demain, auront la charge de diriger nos villes, communes et secteurs.

Pour chacun de nous, c’est un devoir civique. C’est aussi un service à soi-même, à sa progéniture et plus largement aux générations futures. Il est clair que sans paix durable partout, sur notre territoire, ces bonnes perspectives deviendront illusoires. C’est pour cette raison, et pour garantir une égale chance de reconstruction et de développement à toutes nos provinces que nous avons pris l’initiative de convoquer en cette fin d’année, une Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et du sud Kivu. Les travaux préparatoires en ont été lancés le 27 décembre dernier à Goma. Très prochainement, l’ouverture officielle aura lieu dans la même ville.

Voulue et annoncée depuis plus d’un an, cette conférence n’a pas pour objet un quelconque partage du pouvoir ; encore moins, la réouverture des débats sur des questions déjà tranchées par le peuple congolais à l’occasion du dernier référendum constitutionnel. Comme en toute démocratie, dans notre pays, le pouvoir se conquiert désormais par les urnes. Les élections d’il y a un an y ont adéquatement pourvu dotant le pays d’institutions légitimes, parce qu’animées par des hommes et des femmes démocratiquement élus. De même, comme dans tout Etat de droit, la République Démocratique du Congo a le devoir de sécuriser tout le monde par la stabilité et la stricte observance de ses lois et des décisions de justice.

Cette conférence n’est pas non plus un procès d’une partie de la nation contre une autre, ni une négociation entre des institutions légitimes et ceux qui ne le sont pas. Et le fait que son succès postule une grande ouverture d’esprit chez tous les participants ne signifie nullement qu’il faille envisager d’excuse absolutoire pour quiconque, ni des concessions attentatoires à la souveraineté nationale.

La conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu se veut donc plutôt une chance supplémentaire donnée à la paix, à la réconciliation et à la stabilité dans cette partie encore troublée de notre pays.

Elle a pour vocation d’être un moment de communion confraternelle de tous les frères et sœurs du Kivu, en présence de leurs compatriotes d’autres horizons, avec pour seuls et uniques objectifs de débattre des problèmes qui déchirent leurs provinces des années, et de dégager des solution à mettre en œuvre à leur propre niveau, ou à se soumettre, pour dispositions utiles, aux institutions compétentes, provinciales ou nationales selon le cas.
A cette fin, je compte sur la maturité, le patriotisme de tous. Sur cette note d’espoir, et fort de l’espérance renouvelée à l’occasion de la récente célébration de la nativité du Christ, à vous tous et à chacun, je souhaite à nouveau : succès, prospérité et bonheur ; mieux : une année 2008 faite d’abondantes bénédictions divines.

Je vous remercie
Kinshasa, 2/01/2008 (ACP, via mediacongo.net)

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Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 9 mai 2008

 Contrats chinois, problèmes d’électricité,..plusieurs ministres vont s’expliquer aujourd’hui à l’Assemblée nationale

 dans ECONOMIE palaisdupeuple003_gouvernement Au cours de la plénière d’aujourd’hui jeudi 8 mai à l’Assemblée nationale, les contrats conclus entre la RDC et la Chine seront examinés, pour la première fois depuis leur signature, par la représentation nationale congolaise. L’annonce a été faite par le président de la chambre basse du parlement, Vital Kamerhe, lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale qu’il a présidée hier mercredi 7 mai.

A cet effet, quatre ministres du gouvernement qui sont directement concernés par lesdits contrats sont invités à prendre la parole devant la tribune de l’Assemblé nationale lors de la plénière d’aujourd’hui.

Il s’agit notamment du ministre des Infrastructures et Travaux publics, Pierre Lumbi, du ministre des Mines, Martin Kabwelulu, du ministre des Finances, Athanase Matenda et de celui du Budget, Adolphe Muzitu.

L’exercice auquel vont se livrer les responsables de ces ministères pour la partie congolaise, consistera sans doute à répondre aux différentes questions que vont poser les élus du peuple en rapport avec les clauses de ces contrats chinois déjà en leur disposition.

Toutefois, signalons pour rappel que les accords de coopération économique que la RDC a signé avec la Chine consistent pour cette dernière à construire et réhabiliter sur l’étendue du territoire congolais des infrastructures (routes, industries, voies ferrées, écoles, hôpitaux,…) contre l’exploitation des matières précieuses congolaises.

Les ministres du Portefeuille, de l’Energie et le comité de gestion de la Snel sommés de se présenter

Outre les contrats chinois, un autre point important sera abordé toujours à la plénière de ce jeudi de la chambre basse. Il est relatif aux problèmes d’électricité qui se posent avec acuité ces derniers temps à travers le pays, notamment avec les délestages et les coupures intempestives du courant.

A ce sujet, dans une motion incidentielle, le député Bofasa Djema a d’abord fait remarquer au président de l’Assemblée nationale le fait de n’avoir pas inscrit dans l’ordre du jour de la plénière de ce mercredi, un autre point important, à savoir la question orale adressée aux ministres de l’Energie, du Portefeuille ainsi qu’au comité de gestion de la Snel par un député lors d’une plénière précédente. Il avait été convenu que ces ministres viennent s’expliquer devant les députés sur cette situation touchant à la Snel, ainsi que sur une autre question relative à la réhabilitation du barrage d’Inga par le groupe Mag Energy, et cela, à la plénière d’hier.

Etonné et révolté par l’absence des intéressés, le député Bofasa a stigmatisé leur absence qu’il a fermement condamnée, puis exigé du président Vital Kamerhe, tout en étant appuyé par ses collègues, que ces ministres et les membres du comité de gestion de la Snel, se présentent devant les élus du peuple à la plénière d’aujourd’hui. Ce qui a été vivement soutenu par toute la plénière. Face à cette exigence, le président de l’Assemblée nationale n’avait d’autre choix que de passer au vote la convocation des ministres concernés. Cela a été accepté par l’ensemble des députés.

Mais compte tenu de l’agenda chargé de l’Assemblée nationale cette semaine, avec notamment la prestation à la plénière de ce jeudi des ministres qui vont s’expliquer sur les contrats chinois et les obsèques du député César Tsasa di Ntumba décédé depuis lundi dernier, Vital Kamerhe a proposé et obtenu des députés que les personnes convoquées pour la question orale se présentent le mercredi de la semaine prochaine.

Le rapatriement des Mbororo attendu du gouvernement

L’autre point fort de la séance plénière d’hier à l’Assemblée nationale était consacré à la présentation d’un rapport par une commission parlementaire, chargée d’enquêter sur la situation d’insécurité causée dans la province Orientale par les tristement célèbres Mbororo ; ces éleveurs nomades venus de la partie nord de l’Afrique, à la recherche des pâturages pour leur bétail.

Ces Mbororo constitués des Tchadiens, des Centrafricains, des Nubiens… se sont installés dans les districts du Bas-Uelé et du Haut-Uelé, où ils sont en train de semer la désolation parmi la population autochtone.

Bien armés, ils dépossèdent la population locale de certains espaces de chasse, de pêche et commettent toute sorte d’exactions. Compte tenu de cette triste situation, les députés qui se sont succédé à la tribune de l’assemblée nationale, après la présentation du rapport d’enquête, ont tous formulé à l’égard du gouvernement des recommandations pour le rapatriement de ces envahisseurs.

 

Freddy Longangu
Kinshasa, 8/05/2008 (L’Observateur/MCN, via mediacongo.net)

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La violence politique atteint les sommets : les élections locales hypothéquées

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 6 mai 2008


(Jacques Kimpozo Mayala)

Après avoir été empêché de parler il y a une semaine à Boma et Matadi par des inciviques, le député national Gilbert Kiakwama kia Kiziki a subi, samedi dernier, un nouveau revers. Cette fois, il a été agressé et humilié dans son fief naturel, à savoir la cité de Mbanza-Ngungu, à 150 Km de Kinshasa. Alors qu’il voulait restituer à sa base l’essentiel de ses activités parlementaires ainsi que les péripéties de ses meetings manqués à Boma et Matadi, à la permanence de son parti, il a été attaqué à coups de pierres. On a enregistré d’importants dégâts matériels, notamment la mise à sac de ses bureaux et de deux de ses Jeeps.
En réaction à l’intolérance politique, dont il venait d’être victime pour la 3me fois en l’espace de 8 jours, Gilbert Kiakwama a accusé le gouverneur de la province du Bas-Congo, Mbatshi Mbatshia, et son adjoint, Deo Nkusu, d’être les commanditaires de cette montée de barbarie.

Coup dur contre la démocratie

Ce qui vient d’arriver à Kiakwama, membre de l’Assemblée Nationale, couvert d’une solide immunité dans son rôle de législateur et de surveillant de la « Cité », est de très mauvaise augure pour la suite de l’expérience démocratique au pays. Pour de nombreux observateurs, l’obstruction à la liberté d’expression qu’il vient de connaître au Bas-Congo porte à croire que les élections municipales et locales risquent d’être un long feuilleton de règlements de comptes entre « ennemis politiques ».
La question est de savoir si tous les acteurs politiques auront la patience, la sagesse, la lucidité et la tolérance de Gilbert Kiakwama pour se laisser marcher sur les pieds à l’occasion d’une réunion publique de leur parti ou regroupement politique, dans le cadre de la lutte pour le contrôle de la petite territoriale. Si tel n’est pas le cas, la RDC risque de devenir le théâtre des violences inimaginables entre sympathisants des candidats maires, conseillers urbains, bourgmestres, conseillers communaux, chefs de secteurs et conseillers de secteurs.
L’intolérance politique sera telle que le pays serait coupé en territoires interdits où régnerait la loi du plus fort.

Elections municipales et locales sans objet
L’environnement politique qui commence à se vicier à quelques mois des scrutins municipaux et locaux pousse de nombreux observateurs à suggérer leur annulation pure et simple. En effet, la RDC ne gagnerait rien à ouvrir le chantier des violences, du refus de la liberté de parole dans le débat politique, de la haine tribale et ethnique, de la diabolisation systématique entre adversaires politiques, de la montée du terrorisme politico-idéologique, de la corruption de la jeunesse, de l’achat des consciences, etc.
A considérer la difficulté des acteurs politiques congolais à accepter leurs différences politiques et idéologiques, il appert clairement qu’ils ne seraient pas en mesure de supporter une campagne électorale libre et saine, ni des défaites dans les urnes lors des élections municipales ou locales.
En clair, les électiobns locales, au-delà de la certitude qu’elles seront mal organisées, ne sont pas indispensables au stade actuel. D’autant qu’elles vont davantage fracturer la société congolaise alors que le pays a énormément besoin d’un minimum de sérénité pour faire face aux défis qui s’annoncent au plan de la reconstruction, de la crise alimentaire et de la moralisation de la vie tant publique que privée.
Il est important que tous et chacun réalisent que contrairement aux législatives dont les vainqueurs vont siéger dans la capitale, loin de leur milieu d’origine, le local désigne les dirigeants que l’on voit régulièrement, chaque semaine ou chaque jour. Le cafouillage qui se prépare à ce niveau est de nature à provoquer des frustrations qui peuvent se révéler meurtrières pour la population. Le Congo qui n’a ni routes ni avions ni trains ni nourritures décentes à offrir à ses fils n’a pas besoin de cette bêtise de trop.
Nous avons des chantiers annoncés pour reconstruire la nation, débattons-nous pour leur donner corps et assurer la renaissance d’un pays devenu la risée du monde.

Recenser pour mieux sauter
Le principal reproche fait à la Commission Electorale Indépendante, lors des élections présidentielle, législatives (nationales et provinciales) était de n’avoir pas recensé la population, de manière à déterminer avec précision taille du corps électoral. Pour d’aucuns, le chiffre de 25 millions d’électeurs avancé par la CEI ne reflétait pas la réalité, de même que les statistiques fantaisistes faisant état de l’existence de 60 millions de Congolais depuis la chute de Mobutu en mai 1997.
Compte tenu de l’impérieux besoin d’identifier les Congolais, jusque-là dépourvus de carte d’identité, et de les dénombrer de manière exhaustive, il serait de bonne politique que les fonds retenus pour le financement des élections municipales et locales soient affectés aux opérations de recensement de nos compatriotes, sur l’ensemble du pays.

2008-05-05

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1958-2008 : 50 ans de République Françafricaine

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 mai 2008



7 avril 2008
Surviehttp://www.survie-france.org/

 

Aujourd’hui, 7 avril 2008, on commémore le douloureux 14ème anniversaire du début du génocide des Tutsi au Rwanda qui, du 7 avril au 4 juillet 1994 a fait environ 1 million de victimes. Ce plan machiavélique d’extermination d’individus pour le simple fait d’être « tutsi » (ou pour s’être opposés à cette extermination) a été mis en œuvre grâce au soutien politique, diplomatique, militaire et financier que la France a apporté au régime d’apartheid de Juvénal Habyarimana dans un premier temps, puis aux génocidaires pendant et après le génocide lui-même.

Aujourd’hui très documenté, cet épisode a constitué la pire dérive d’un système de relations que la France entretient depuis les « Indépendances » avec les pays africains : la Françafrique. Le Rwanda a permis de voir jusqu’où était capable d’aller la République française, à savoir se rendre complice d’un génocide, pour défendre ses intérêts politiques ou économiques en Afrique, et ensuite nier toute responsabilité pour défendre l’honneur de son Armée.

Si la plupart des colonies françaises ont accédé à l’Indépendance en 1960, c’est bien dès 1958, en parallèle à l’instauration de la Vème République qui fêtera ses 50 ans cette année, qu’a été mise en place cette Françafrique néocoloniale, qui fait de la Vème République une « République françafricaine ».

Après un bref épisode consistant à tenter de mettre en place une Communauté avec les pays africains de l’ancien empire colonial, les indépendances formelles ont en effet été verrouillées par un ensemble d’accords économiques, monétaires, diplomatiques, militaires qui reviennent à établir une domination française de fait. Les hommes politiques africains qui ont eu d’autres ambitions pour leurs pays ont été éliminés par l’assassinat : Sylvanus Olympio en 1963, Thomas Sankara en 1988, ou par des coups d’Etat : Modibo Keita (1968), Amani Diori (1974), etc.

Tous les présidents français ont utilisé la trop fameuse « cellule africaine » de l’Elysée pour manipuler les pouvoirs africains. Lorsque, dans les années 90, des conférences nationales tenteront de réformer des relations opaques et corrompues et d’instaurer des régimes représentatifs, la manipulation des élections assurera la continuité du système. Omar Bongo (Gabon), Paul Biya (Cameroun), le clan Eyadéma (Togo), Lansana Conté (Guinée), Denis Sassou Nguesso (Congo-B.), Idriss Déby (Tchad), restent aujourd’hui en place grâce au soutien de la France. Le système de corruption mis en place est scandaleux. L’affaire Elf en a témoigné, même si les investigations sont restées très partielles, tandis que l’édification par les présidents africains de fortunes pharaoniques (« biens mal acquis ») commence à engendrer enquêtes et plainte.

Après avoir promis une rupture avec ce système de corruption, le président français Nicolas Sarkozy a donné des gages aux régimes les plus corrompus, avec comme dernier épisode l’éviction de Jean-Marie Bockel de son poste de Secrétaire d’Etat à la Coopération à la demande des principaux prédateurs qui, précisons-le, sont aussi bien des Présidents africains dictateurs que des affairistes français implantés en Afrique.

Afin de dénoncer cette perpétuation du néocolonialisme français en Afrique et de susciter un mouvement de réprobation, Survie lance aujourd’hui un « Moi(s) contre la Françafrique ».

Ce « Moi(s) » se déroulera du 7 avril (date du début du génocide au Rwanda en 1994) au 13 mai (le 13 mai 1958 pouvant être considéré comme l’avènement de la Vème République avec le retour au pouvoir du général de Gaulle). Conférences, projections-débats, concerts, manifestations seront organisés un peu partout en France sur les sujets aussi cruciaux que le soutien militaire à Idriss Déby au Tchad, le pillage de l’uranium nigérien par Areva, les biens mal acquis des dictateurs africains en France, etc. (Voir le dossier de presse ci-joint).

En cette année 2008, et à l’occasion du 50ème anniversaire d’une Vème République Françafricaine, il est plus que temps d’opérer une véritable rupture avec la Françafrique et de mettre en œuvre une réforme de la politique de la France vis-à-vis du continent africain par l’arrêt du soutien aux dictatures, la promotion de la démocratie et la défense des droits de l’Homme, la conditionnalisation de l’aide à la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l’instauration d’un contrôle sur les activités des multinationales françaises en Afrique, la fin de l’ingérence militaire, la fin du domaine réservé de l’Elysée et l’instauration d’un contrôle parlementaire sur la politique extérieure de la France. Un engagement à encourager à tous les niveaux, politiques et citoyens.

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L’union fait la force…

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 mai 2008

 

 

 

DeGucht280408250Depuis quelques jours, Kinshasa ne parle plus que de ça. Pour être plus précis, on ne parle que de lui. Lui, c’est notre bulldozer des affaires étrangères. Une fois encore, il s’est illustré par sa finesse et son sens de la diplomatie. Et dire que la dentelle est une spécialité brugeoise et le compromis, une affaire belge…

 

 

 

Sur le fond, personne ne peut lui donner tort. La corruption gangrène le Congo et certains n’hésitent pas à profiter de leur situation pour s’accorder des privilèges qui dépassent l’entendement. Fermer les yeux serait de la complicité. Mais il y a le moment et la manière d’ouvrir la bouche. On ne s’adresse pas au président légitimement élu d’un Etat souverain comme on le ferrait à son fils ou à un mauvais élève. Pourquoi cette sortie publique humiliante ? Pourquoi ne pas avoir souligné les progrès réalisés ? On peut se demander les motivations de cette « franchise » inhabituelle.

 

 

 

de_gucht_chineCurieusement, ce n’est qu’à Kinshasa que Monsieur De Gucht suscite la polémique. Les Congolais seraient-ils plus susceptibles que les autres ? Non. Je pense que notre ministre leur réserve des propos qu’il ne se permet pas ailleurs. Je ne me souviens pas avoir déjà entendu Monsieur De Gucht s’adresser de la sorte à un autre chef d’Etat. Sommes-nous allés à Washington pour dénoncer publiquement les atteintes aux droits de l’homme de Guantanamo ? Sommes-nous allés à Pékin pour parler haut et fort de liberté d’opinion ? Au contraire, ceux-là ont droit à nos « missions économiques » princières et aux discours consensuels. En revanche, il semble qu’au moment de s’adresser au Congo, certaines autorités belges ne peuvent se défaire de vieux réflexes paternalistes, une arrogance d’un autre âge.

 

 

 

D’aucuns y voient aussi une réaction épidermique par rapport aux nouveaux contrats passés avec la Chine. La Belgique réclamerait son du après son investissement dans le processus électoral. Les sorties de notre ministre traduiraient donc une certaine jalousie. La Belgique manifesterait ainsi un sursaut d’orgueil. Ses intérêts géo-stratégiques seraient menacés. Son influence en péril… Je ne le crois pas.

 

 

 

mineCertes, les opérateurs économiques occidentaux ont ri jaune en voyant les chinois leur damer le pion. Les Belges ont été logés à la même enseigne. En business pas de droit d’aînesse.  Mais il ne faut pas se faire d’illusion. Les grands investisseurs étrangers en RDC ne sont plus de chez nous. Les forestiers, les miniers, les diamantaires, les importateurs… sont ici indiens, américains ou sud africains. Si quelques entreprises belges ont pu se sentir laissées par le « troc du siècle » avec la Chine, je ne pense pas que cela puisse dicter la politique étrangère de la Belgique. Selon moi, le motif économique n’explique pas les excès de notre ministre. Je dirais même que c’est parce que la Belgique n’a plus trop à y perdre qu’elle peut se permettre une franchise déplacée.

 

 

 

albert_premierPersonnellement, je suis plus enclin à penser que les  propos de Monsieur De Gucht sont dictés par une opinion publique flamande conquérante et décomplexée, pragmatique et intransigeante. Fière de sa réussite économique, la classe politique flamande traite aujourd’hui avec le Congo comme elle l’a fait avec la Wallonie en déclin. Sure de ses méthodes, elle se présente en donneuse de leçon. Elle se sent investie d’une mission : remettre de l’ordre dans tout çà.

 

 

 

Dans le cas qui nous occupe, Monsieur De Gucht est coiffé d’une casquette fédérale. Mais à travers son discours, il se fait le relais de l’électorat flamand. Ses propos ne reflètent pas la position belge parce qu’il n’y a pas « une » position belge. Les incohérences au sein même du gouvernement illustrent clairement la dualité de notre opinion publique.

 

 

 

StanleyLa Belgique a toujours été le point de rencontre des cultures latines et germaniques. Aujourd’hui, cette incapacité à tenir un discours cohérent vers l’extérieur traduit à merveille ce conflit d’influences. Dans le chef des politiques francophones, on perçoit une démarche plus proche de la logique « France-afrique » alors que la diplomatie à la flamande ne s’encombre pas de copinages et de langue de bois. A priori, je préfère le franc-jeu flamand à l’hypocrisie de certains discours. Mais l’honnêteté ne doit pas nous dispenser de respect.

 

 

 

Les liens entre nos deux pays sont très particuliers. Nous sommes intimement liés et la Belgique peut jouer un grand rôle dans la reconstruction du Congo. D’abord parce que l’expertise belge en Afrique centrale est de grande qualité. Mais aussi parce que la Belgique est et restera le meilleur avocat de la RDC sur la scène internationale. L’engagement important de l’Union Européenne au Congo n’est pas le fruit du hasard. 

 

 

 

Il n’y a pas de doute, nous avons l’un et l’autre tout à gagner d’un partenariat fort et ambitieux entre nos deux Etats. Le Congo est en ruines et la Belgique est un confetti dans le monde. Travailler ensemble est une nécessité. Mais pour cela, il faudra commencer par respecter ce pays. Le traiter d’égal à égal…

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Très fort Kabila

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 30 avril 2008

MISE EN LIGNE 29 AVRIL | LE SOFT INTERNATIONAL DATÉ 26 AVRIL 2008.
Les rodomontades belges peuvent paraître inacceptables mais que cachent-elles? Sur le dossier Congo, la Belgique n’est jamais forte que quand elle se sait appuyée… par le reste du monde occidental, Europe et… surtout États-Unis.

Jeudi 24 avril en Belgique dans tous les presshop du royaume, il n’y avait que du Président Joseph Kabla Kabange. Toute la presse du pays – du nord flamand riche, mais aussi du Sud francophone pauvre qu’écoute peut-être trop facilement l’ex-Colonie, pour la langue en partage, et où se publie une gazette, «le Soir» – à la une il n’y avait que la photo de Grand Combattant, le Chef de l’Etat de R-dC. En colère – c’est clair. «Kabila aux Belges: «le rapport maîtres-esclave, c’est fini». Une phrase très mobutienne – c’est indiscutable. Le Président répondait aux rodomontades du ministre Karel de Gucht. «La prochaine fois, il y aura un incident». Puis: «Au Soudan, en Angola, en Afrique du Sud, on les aurait chassés». Très fort Kabila. Mobutu dirait: «Ce que j’ai entendu c’était fort de café». Décryptage.

BRUXELLES.
Corruption. Le mot est étalé à la une de toutes les gazettes du royaume – sauf «la Libre Belgique» qui paraît n’avoir pas trouvé une place dans l’avion ministériel belge pour faire voyager sa «spécialiste Congo».

«Corruption». D’où vient encore ce mot? On pensait avoir tourné le dos à cela, voilà que le passé nous rattrape. Ce pays est-il si corrompu?

On avait parlé de milliards de Mobutu, le Maréchal est mort… à quémander. Sa succession en est à chercher un gîte et une assiette. Où sont donc passés ces milliards?

On avait parlé de 50 morts au Campus universitaire. On en a pas montré plus d’un. Où sont les charniers?

On a parlé de 4 millions de morts des rébellions, on aimerait savoir qui a été sur quels cimetières les compter?

On nous avait dit qu’il suffisait de boire 1,5 litre d’eau par jour pour maigrir, aujourd’hui, on nous dit que tout cela fut du bidon. Un médecin de dire: «on a balancé comme cela»!

«Corruption». Comment nier? Qui ignore que nos douaniers sont aussi nos déclarants? Qui ignore que tel ministre a dû dépenser 25.000 euros dans une famille à Paris en une semaine? Avec quel salaire?

Le Président a raison quand il répond au «Soir»: «Si vous avez une liste avec des preuves incriminant des membres du gouvernement, de l’entourage du Président ou du Président lui-même, il faut me donner ces preuves, je prendrai des mesures. Mais je suis un homme juste, je n’aime pas l’arbitraire et je trouve que c’est à la justice de faire son travail».

CE QUE DE GUCHT A DIT A KINSHASA.
Tout comme il a raison quand il déclare au même «Soir»: «Il n’y a pas d’incident, car je n’ai pas voulu qu’il y en ait, il n’y a eu que le début d’un incident, quelque chose comme une provocation… Je sais seulement qu’en Angola, en Afrique du Sud, en Tanzanie, au Soudan et ailleurs, si la délégation belge portait un message comme elle l’a fait ici, elle aurait été chassée. C’est la dernière fois que j’ai accepté de recevoir une délégation porteuse d’un tel message. La prochaine fois, il y aura certainement un incident…»

Quel message donc le ministre belge est venu apporter au Chef de l’État d’un pays souverain – semble-t-il au nom du Gouvernement de sa Majesté le roi des Belges?

D’après ce qui se dit à Bruxelles, le ministre – flamand – des Affaires étrangères qui ne connait d’ailleurs pas la litote aurait accusé Kinshasa d’avoir vendu aux Chinois les mines du pays et d’avoir hypothéqué l’avenir de celui-ci. Le troc représenterait 10 milliards de dollars contre 70 milliards de matières premières. Les Belges auraient voulu savoir où est passé la différence. A moins que Kinshasa se soit fait rouler dans la farine de riz chinois?

Les Belges auraient fait état de leur mauvaise humeur sur au moins deux points: pourquoi le port d’Anvers – firme flamande – a débuté la réhabilitation du port de Matadi a-t-il perdu le marché face aux Emirats Arabes Unis?

Pourquoi le Congo n’a-t-il pas été reconnaissant – en concédant des parts de marché – à l’Europe qui lui a tant apporté dans le processus de normalisation politique? Kinshasa n’a-t-il pas fait montre d’ingratitude?

Pourquoi s’être endetté pour 10 milliards à Pékin alors que ceux-ci qui représentent la dette extérieure du pays vont être effacés grâce à l’accompagnement européen?

Last but not least, autre «point de friction» – reconnu par tous – De Gucht a interrogé le Chef de l’Etat sur le pourquoi de la suppression par Kinshasa du poste de rapporteur des Nations Unies pour les droits de l’homme.

SI PETITE, SI PUISSANTE.
Le Chef de l’État a raison quand il déclare – au même «Soir»: «L’État congolais n’est-il pas souverain? Nous prenons nos décisions en fonction de nos intérêts, de la politique de notre pays et surtout de son développement».

Sur le poste de rapporteur spécial: «Ici? Mais pourquoi chez nous et pas dans d’autres pays d’Afrique? La situation est-elle tellement grave ici qu’il faut que quelqu’un soit toujours là à observer, à surveiller? J’ai suivi les positions des ONG, belges et autres, mais je répète que c’est inacceptable. Ce que je refuse, c’est qu’une sorte de tutelle continue à s’exercer sur nous. Je ne réclame pas le droit de regard, car ici on applique la transparence. Qu’il s’agisse des droits de l’homme, de la gouvernance, tout le monde peut regarder ce qu’il veut. Je me considère comme le premier défenseur des droits de l’homme. Mais une tutelle, non, c’est inacceptable».

Le Chef de l’État a raison quand il déclare – au même «Soir»: «Je constate que chaque fois qu’une mission est dirigée par le ministre des Affaires étrangères, c’est avec beaucoup d’arrogance, comme si nos visiteurs venaient ici pour nom donner des leçons. C’est inacceptable. Le Congo n’acceptera jamais cela, et surtout pas moi. Un autre peut-être, mais pas moi. Dans ce pays, on a versé le sang, et pour notre indépendance, et pour notre libération. Je n’accepterai jamais de leçons de la part de qui que ce soit, qu’il s’agisse du ministre des Affaires étrangères belge ou chinois, peu importe. La Belgique doit décider du type de relations qu’elle souhaite entretenir avec le Congo».

Est-il vrai cependant que la Belgique entretient une relation de longue durée avec le Congo?

«Oui, mais la Belgique est d’abord un partenaire. Moi, j’espère bien que la Belgique sera toujours un pays ami, un pays frère, avec lequel je n’ai personnellement aucun problème. Mais une année et demie après les élections, on ne peut pas traiter avec la République démocratique du Congo comme si on était dans les années 90, qui ont été marquées par la conférence nationale souveraine, la transition, les guerres, etc. Il faut savoir que le Congo a complètement changé, et c’est cela le point de départ: il y a ici un pouvoir légitime. Même avant, Je ne pouvais pas accepter que les gens puissent traiter avec notre pays comme s’il était encore une colonie…»

Très fort Kabila. A Bruxelles, où l’unanimité n’existe pas, il s’est trouvé des bonnes gens pour nous applaudir – tel ce José Happart francophoniste des Fourons – le même! -, le président du parlement wallon. Tel – d’une certaine façon – Louis Michel qui se rendait à Pékin et reconnaissait aux Africains le droit de traiter avec les Chinois. Il a beau jeu le Commissaire européen: il a pris de la distance par rapport à la politique domestique.

Mais cette Belgique si petite mais si puissante, tout au moins quand elle opère sur le Congo! Cette Belgique à la rancune si dure que nous réserve-t-elle?

LES MEILLEURS COUPS PORTÉS.
Ceux qui autour du Président poussent, acquiescent, ne seraient-ils pas les mêmes qui comploteraient? Qui ne sait que les meilleurs coups portés contre l’ennemi sont ceux qui viennent de l’intérieur?

Lors de la guerre de l’Afdl, combien de ceux qui mangeaient avec Mobutu n’étaient-ils pas les mêmes qui refilaient les plans de guerre à «l’ennemi»?

L’ambassadeur de Chine à Kinshasa n’a-t-il pas déclaré récemment: «Nous sommes tout sauf des naïfs»?

Que cachent exactement les rodomontades belges proférées la semaine dernière à Kinshasa? La guerre économique a toujours été un moment crucial.

Comment expliquer que l’hebdomadaire franco-tunisien «Jeune Afrique» se soit invité, à Bruxelles, la même semaine, quasiment sur le même sujet de corruption!

Hasard de journaliste? Formidable capacité d’anticipation? La question reste posée quand on sait que les chancelleries ne sont jamais loin des salles de rédaction de presse.

Il est bon que le Chef de l’État déclare qu’il y a place pour tout le monde – Belges et Européens y compris. «Le Congo a besoin de se développer, le plus vite possible. Afrique du Sud, Angola, Congo-Brazzaville et tant d’autres ont déjà conclu des contrats avec les Chinois et ces pays commencent à se développer à une vitesse incroyable. Je ne vois pas pourquoi on empêcherait la RDC de décider des initiatives pour prendre à son tour son envol. On a besoin aussi d’hôpitaux, de l’accès aux soins pour tous, des écoles, il faut créer des emplois. L’option chinoise a été prise, et on assume, c’est tout à fait irréversible. Je sais qu’au niveau des institutions de Bretton Woods, il y a débat, mais la porte demeure ouverte, nous continuons à dialoguer avec eux. Les Belges ont tort d’avoir peur. Nous devons construire plus de 150.000 km de routes, avec en priorité 15.000 km de routes asphaltées en une quinzaine d’années! Les Chinois en construiront 3.000 : il y a encore de la place pour tout le monde, la reconstruction de ce pays ne se fera pas qu’avec les Chinois… Elle se fera avec tout le monde, avec nos partenaires de bonne foi, et avant tout avec nous-mêmes…»

T. MATOTU.

lesoftonline.net 29/04/2008

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Comment faire taire les Belges…

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 30 avril 2008

Le couple RDC-Belgique semble avoir renoué avec ses querelles de ménage des années Mobutu. Les « Noko » – entendez les Belges ont fait sortir de ses gongs, la semaine dernière, Joseph Kabila. Le président congolais n’a pas du tout apprécié le contenu et la tonalité du message lui apporté par trois ministres belges en séjour à Kinshasa, à savoir Karel de Gucht (Affaires Etrangères), Pieter De Crem (Défense) et Charles Michel (Coopération). Et, il a dit haut et fort qu’il n’acceptait pas des « leçons » portant sur la bonne gouvernance, la corruption, les contrats miniers, les droits de l’homme, la coopération bilatérale ou multilatérale…

Pour de nombreux observateurs, les officiels belges vont continuer à faire du bruit tant ils ont du mal à se débarrasser, 48 ans après l’accession de notre pays à sa souveraineté nationale et internationale, de leur costume de parrains de la classe politique congolaise et de surveillants des actes des gouvernants congolais. On se souvient de l’activisme de l’ancien ministre des Affaires Etrangères, Louis Michel, actuellement Commissaire Européen au Développement et à l’Action Humanitaire, dans la mise en forme du Dialogue Intercongolais et le financement, par l’Union Européenne, des élections congolaises.
Il était clair qu’il agissait davantage par sentiment que par raison d’Etat. Cet état d’esprit belge consistant à considérer le Congo démocratique, Etat indépendant et souverain, comme une éternelle colonie belge est difficile à évacuer. Pour amener les Belges à se taire, il faudrait que les Congolais leur apportent la preuve irréfutable qu’ils peuvent diriger et gérer autrement leur pays, comme un Etat moderne et démocratique. Un tel exercice devrait passer paradoxalement par des réponses de terrain aux sujets qui « fâchent » présentement.

Bonne gouvernance : des interrogations…

La bonne gouvernance, cette recette qui fonde le progrès des Etats modernes, est-elle d’application en République Démocratique du Congo ? A l’analyse de la marche générale des affaires publiques, le commun des Congolais est tenté d’en douter. Lorsque l’on apprend que le train de vie de l’Etat congolais, à travers les animateurs des institutions politiques nationales et provinciales, n’est pas en phase avec la modicité du Budget national et des budgets provinciaux, on est en droit de se poser des questions.
Lorsque les institutions financières internationales ajournent notre éligibilité à l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés, laquelle devrait conduire à l’effacement de plus de 9 milliards de notre dette extérieure sur environ 14 milliards à cause des dérapages à répétition dans l’exécution des budgets nationaux depuis cinq ans, cela montre que la RDC n’est pas à l’école de la bonne gouvernance.
La satisfaction du « point d’achèvement » parait désormais comme le meilleur indicateur de l’amélioration de la gestion du pays par les hommes au pouvoir. Des actions visibles de lutte effective contre la pauvreté devraient prendre la place des effets de démonstration d’un petit îlot de richesses détenues par un carré de bourgeois politiques. Le phénomène de nouveaux riches au pouvoir qui « s’installent et installent » comme sous le régime Mobutu ne ferait qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui croient au pillage continu des richesses du grand nombre par une poignée de prédateurs en cravates couverts par leurs immunités politiques.

Contrats miniers : la transparence

Les Belges s’inquiètent beaucoup de l’avenir des générations futures des Congolais qui risquent de se trouver bloquées par des contrats miniers et autres, courant sur 20 à 30 ans, et puant l’arnaque à mille lieues. Tout le monde sait que la Commission de revisitation des contrats miniers, mise sur pied par le gouvernement Gizenga et qui a livré des conclusions accablantes pour leurs signataires en fin d’année dernière, a suggéré au gouvernement la résiliation de plus de 2/3 de ces accords léonins et la renégociation du 1/3.
Lors des Etats généraux des mines organisés au mois de mars dernier, le ministre responsable du secteur a révélé que plus de 4.000 titres miniers étaient détenus par de prétendus investisseurs sans capitaux, sans outils de travail et sans personnel. Ces capitalistes aux mallettes vides à leur arrivée en RDC se contentent de miser en bourse, de se faire du beurre sur le dos du peuple congolais sans verser une seule goutte de sueur. Les dividendes de l’exploitation minière assise sur des contrats léonins sont dérisoires.
S’il y a un défi à relever par le gouvernement congolais, c’est celui de la transparence dans la gestion de fabuleux gisements miniers où dorment les richesses nationales. Ce n’est pas la cacophonie que l’on observe au Sénat au sujet du travail de dépoussiérage des contrats miniers qui pourrait rassurer les esprits, ni la cachotterie dans laquelle a tendance à se réfugier de nouveau le gouvernement, par la mise sur pied d’une super commission appelée à discuter, en catimini, avec les exploitants miniers à problèmes.
S’agissant des contrats chinois, le moyen de couper court à la spéculation serait de transformer le pays en ruche bourdonnante de chantiers routiers, ferroviaires, sanitaires, aéroportuaires, fluviaux, énergétiques, sociaux et autres, afin de confirmer la disponibilité effective des milliards de dollars promis par ces investisseurs d’un type nouveau. Le premier coup de pioche annonçant la réhabilitation de l’avenue de la Libération à Kinshasa et la construction de l’autoroute Kasumbalesa – Lubumbashi représentent déjà des signaux positifs.

Corruption : ouvrir les prisons

La seule façon de combattre la corruption, c’est de restructurer l’appareil judiciaire, au double plan humain et organique. Le coup de balai donné par le chef de l’Etat dans le secteur de la haute magistrature a constitué une alerte positive. Le débat en cours au sein de l’Assemblée Nationale autour de la réforme de la justice congolaise est encourageant.
La corruption- cela est vrai- est un fléau qui affecte toutes les sociétés humaines. Mais, elle a pris des proportions telles en RDC que pour la combattre et atténuer ses effets, il faut que les portes des prisons s’ouvrent effectivement aux corrupteurs et corrompus, qui se recrutent par centaines dans les cercles des décideurs politiques, des mandataires publics, des autorités administratives, militaires et policières, des fonctionnaires, des ministres de Dieu, des responsables des Ong, etc.
La fin de la récréation et donc de l’impunité serait la réponse appropriée à donner à ceux qui, par des pratiques illicites, qui appauvrissent l’Etat congolais et ses citoyens.

Restaurer l’Etat de droit

L’Etat de droit n’existe que de nom en République Démocratique du Congo. Les violations quotidiennes des droits de la personne humaine sont le lot du petit peuple. A Kinshasa comme en provinces, des citoyens sont arrêtés n’importe où et n’importe quelle heure pour des peccadilles, jetés dans des cachots ou en prison, torturés et truandés par les magistrats et leurs auxiliaires ou les agents des services spéciaux dans l’illégalité la plus parfaite.
Dans ce pays, un individu peut se faire arracher sa maison, son argent, ses biens, sa femme, ses enfants par quiconque détient une petite parcelle de pouvoir. La justice à deux vitesses, les abus de pouvoir, le trafic d’influence installent l’insécurité civile au quotidien.
L’unique rempart contre l’arbitraire serait une justice juste, comme dit plus haut, elle-même comptable d’une instance de contrôle et de sanction, afin que la République ne devienne pas l’otage des juges.
C’est, en définitive, aux Congolais d’organiser leur pays, de déblayer la voie du progrès social et économique, d’installer la démocratie, d’améliorer les conditions de vie du grand nombre pour mériter le respect des autres. Tant que le pays va pratiquer la politique de la main tendue, il s’expose au droit d’ingérence de ses donateurs.

(Jacques Kimpozo Mayala)

2008-04-29

 

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