Sommet Régional sur la Crise en RD Congo

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 2 février 2009

(Arib)-Un sommet des chefs d’Etats de la région des Grands lacs africains se tenait samedi après-midi à Addis Abeba sur la crise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où la situation a radicalement changé depuis dix jours.Réuni à la veille de l’ouverture du 12e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA), cette rencontre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) devait à l’origine être consacrée aux pourparlers de paix entre le gouvernement de Kinshasa et la rébellion du général tutsi congolais Laurent Nkunda et à la mise en œuvre des différents accords signés pour stabiliser le Kivu (est de la RDC).

Mais, depuis le 20 janvier, l’ordre du jour initial de la rencontre est caduc. Ce jour-là, les armées congolaise et rwandaise ont lancé une opération conjointe contre la rébellion hutu rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), basée dans le Kivu. Le premier objectif de l’offensive s’est avéré être la neutralisation de Laurent Nkunda, arrêté au Rwanda le 22 janvier alors qu’il fuyait l’avancée des troupes rwandaises et congolaises vers ses positions, selon les deux gouvernements.

Face à ces « récents développements », le sommet de la CIRGL va « examiner les progrès réalisés dans la recherche des solutions à la situation sécuritaire à l’Est de la RDC », indique un communiqué de la Conférence. « Onze chefs d’État et de gouvernement des principaux pays membres de la CIRGL, à savoir l’Angola, Burundi, République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Kenya, le Soudan, le Rwanda, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie sont attendus à Addis Abeba », selon ce communiqué.

« Les co-facilitateurs de la crise de l’Est de la RDC, les anciens présidents Olusegun Obasanjo du Nigeria et Benjamin Mkapa de Tanzanie informeront le sommet sur l’état d’avancement des pourparlers de paix entre le gouvernement de RDC et le CNDP », le Congrès national pour la défense du peuple (rébellion tutsi) dirigée jusqu’à son arrestation par Laurent Nkunda, dont une partie des combattants a depuis rallié le gouvernement de Kinshasa. Ce sommet est organisé conjointement par l’UA et la médiation dans la crise présidée par le Kenya.

« Malgré les derniers développements en RDC qui semblent indiquer des perspectives très encourageantes quant à la fin des hostilités, la situation humanitaire demeure incertaine et inquiétante pour les populations », a relevé de son côté le président de la Commission de l’UA, Jean Ping. Les hostilités à grande échelle avaient repris fin août 2008 dans l’est de la RDC entre l’armée et la rébellion du CNDP, faisant redouter une nouvelle catastrophe humanitaire dans la région.

A la suite d’intenses pressions internationales, des pourparlers directs avaient débuté le 8 décembre à Nairobi entre le CNDP et le gouvernement congolais.

Depuis le déclenchement de l’opération congolo-rwandaise, la Mission de l’ONU en RDC (Monuc) a indiqué avoir constaté une nette augmentation des rapatriements volontaires de rebelles hutus rwandais. Au cours des deux premières semaines de janvier, 48 Rwandais, dont 33 rebelles, avaient été rapatriés vers le Rwanda par la Monuc. Depuis le 18 janvier, ce sont 148 Rwandais, dont 93 rebelles, qui sont rentrés volontairement dans leur pays, selon les chiffres de la Monuc.

 

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Le Colonel Kadhafi Nouveau Président de l’UA

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 2 février 2009

(APA)-Le colonel Mouammar al-Kadhafi, 67ans, Guide de la révolution libyenne, a été élu lundi à Addis-Abeba par ses pairs, nouveau président en exercice de l’Union africaine (UA).

L’élection de Kadhafi, qui succède au président tanzanien Jikaya Kikwete, a eu lieu au cours de la douzième session ordinaire de l’UA tenue dans la capitale éthiopienne. Le nouveau président en exercice de l’organisation panafricaine a longtemps milité pour la mise en place d’un gouvernement continental. L’Acte constitutif de l’UA a d’ailleurs été lancé à Syrte, sa région natale, en Libye, en mars 2001.

La transformation de la Commission de l’UA en une Autorité de l’Union, décidée dimanche à Addis-Abeba par les chefs d’Etat, voit son projet de création des Etats-Unis d’Afrique se dessiner.

Issu d’une famille bédouine modeste, il accède au pouvoir en 1969 à l’âge de 27 ans à la suite d’un coup d’Etat ayant renversé le roi Idriss 1er.

 

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Guerre au Nord-Kivu, Appui du Rwanda au Cndp : Kagame dément sans convaincre

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 décembre 2008

Kinshasa, 20/12/2008 / Politique

Pince sans rire, Paul Kagame soutient ne jamais « connaître Nkunda ». Il a déclaré : « Je ne le connais pas. Je n’ai jamais parlé avec lui. Je ne l’ai vu qu’à la télévision comme tout le monde ». Amnésie ou démenti ? Nul ne le sait.Guerre au Nord-Kivu, Appui du Rwanda au Cndp : Kagame dément sans convaincre dans POLITIQUE kagame_ruberwa_tutsiLe président rwandais est monté au créneau pour rejeter le rapport des Nations unies sur le soutien qu’apporte son gouvernement au CNDP, la rébellion qui sévit dans l’Est de la RDC. Devant la presse, l’homme fort de Kigali dément, sans convaincre ne jamais connaître Laurent Nkunda. Là où Paul Kagame a failli dans sa stratégie de communication pour se tirer de l’étreinte du rapport onusien, c’est lorsqu’il affirme n’avoir jamais parlé avec Laurent Nkunda.

Face à ces déclarations, pour le moins surprenantes, aucun observateur sérieux n’y a prêté le moindre crédit. Et pourtant, l’histoire récente de ces deux hommes démontre qu’ils ont d’une manière ou d’une autre évolué ensemble. D’abord, lors de la marche victorieuse du Front patriotique rwandais (FPR) qui a conduit Paul Kagame au pouvoir, Laurent Nkunda avait pris part aux combats. Il est ainsi exclu que Kagame ne l’ait jamais rencontré à cette occasion. Un frère d’armes, pour les militaires, ne s’oublie pas. La solidarité du front ne s’efface pas par un coup de baguette magique ou une amnésie circonstancielle.

Comme pour contredire le général-président, des analystes rappellent le soutien total apporté au RCD. En cette période, des réunions mixtes d’états-majors se tenaient à Kigali tout comme à Goma et dans d’autres villes sous le contrôle de ce mouvement politico-militaire de 1998 à 2003. Personne de censé suivant l’évolution politique dans la sous-région des Grands Lacs africains ne peut accepter d’avaler cette mixture de Paul Kagame. Dans le pire des cas, il se pourrait que Laurent Nkunda n’ait été qu’un petit exécutant de basses besognes. Est-ce pour autant vrai que le président rwandais ne lui ait jamais adressé la parole ?

En bon stratège militaire, Paul Kagame oublie, sans aucun doute, que Laurent Nkunda a déclaré avoir en commun avec le Rwanda la neutralisation des interhamwe. Il est exclu que celui-là même qui exécute la besogne, si chère au Rwanda, ne soit pas en contact avec le président de ce pays. Une relecture de l’interview du président rwandais au journal belge Le Soir ne révèle-t-elle pas mieux son état d’esprit vis-à-vis de Nkunda ? L’autre preuve qu’administrent les analystes repose sur l’attaque de Bukavu par Mutebusi et le même Nkunda. Vers quel pays s’étaient-ils repliés ? N’est-ce pas le Rwanda ?

Dans le même élan, les spécialistes des renseignements militaires contactés considèrent que le président rwandais ne pouvait se permettre le luxe de s’interdire de scruter en profondeur la personnalité qui partage plusieurs centaines de kilomètres de frontières avec son pays. «Dans cette zone où pullulent des hors-la-loi de tout genre, ne pas parler avec celui qui soustraite la question des interhamwe est un mensonge éhonté », a confié un attaché militaire africain en poste à Kinshasa.

Une autre évidence qui bat en brèche les déclarations de Paul Kagame touche à l’approvisionnement du CNDP. Si ce mouvement rebelle s’est battu pour prendre le contrôle des frontières communes avec le Rwanda, c’est justement pour assurer ses arrières dans l’éventualité d’un retrait. Qu’un conseiller de Kagame reconnaisse la présence des démobilisés rwandais dans les rangs du CNDP démontre si besoin en était encore que le Rwanda connaît non seulement l’existence de ce mouvement mais aussi son chef.

Il est vrai que Kagame ne pouvait pas accepter publiquement ses collusions avec Nkunda, mais il s’y est mal pris en prenant l’opinion pour naïve et incapable d’analyses. Paul Kagame a simplement menti !

Soutien à Nkunda : la Suède suspend son aide budgétaire au régime de Kigali

Le Rwanda a rejeté hier le rapport de l’ONU l’accusant de soutenir et d’armer la rébellion tutsie dans l’Eest du Congo mais, emboîtant le pas à la Hollande, la Suède a suspendu son aide budgétaire au régime de Kigali. Le Conseil de sécurité de l’ONU étudie cette semaine le rapport de 132 pages du Groupe d’experts sur le pillage de la République démocratique du Congo (RDC). Les enquêteurs blâment aussi le Congo pour son appui aux rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), en lutte contre le régime à prédominance tutsie de Kigali.

nkunda_detroie dans POLITIQUEEt ils accusent les FDLR de participer au pillage des ressources du Congo, au même titre que le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du « général » Laurent Nkunda, Un Tutsi congolais. Dans une réponse de sept pages, le Rwanda décrit le rapport de l’ONU comme « inexact et partial », estimant qu’il « a été calculé pour détourner le blâme » du Congo et de l’ONU, « qui n’ont pu résoudre le conflit ».

Le Parlement hollandais pressait le ministre de la Coopération Bert Koenders depuis novembre pour qu’il gèle l’aide de 4 millions de dollars de La Haye au Rwanda.

Soutien détaillé

« J’attends les conclusions de l’ONU avant de décider », avait déclaré Koenders le 29 novembre, de retour de Kigali. Les conclusions, tombant cette semaine, sont accablantes pour le Rwanda. « La Suède prend au sérieux le rapport de l’ON U et a bloqué le versement annuel de 14;5 millions de dollars au budget du Rwanda », a annoncé hier Stockholm. L’enquête, effectuée en vertu d’un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, révèle dans ses moindres détails le soutien systématique et multiforme du Rwanda à la rébellion de Nkunda.

Fournitures d’armes et de militaires, enrôlement d’enfants soldats, facilités bancaires sont autant de contributions de Kigali au combat contre ses exiles hutus en territoire congolais les empêchant de ramener la guerre au Rwanda. Les FDLR regroupent d’anciens « génocidaires » du régime Habyarimana renversé en 1994 par le FPR (Front patriotique rwandais) tutsi, et des Hutus rwandais nés au Congo après leur exil massif. Ils veulent reconquérir le Rwanda pour la majorité hutue (85%), tout comme la minorité tutsie (14%), exilée après l’abolition de la monarchie, ont repris le Rwanda par les armes avec la guerre de 1990-94.

Guerre inachevée

Cette guerre, inachevée, se poursuit dans l’est du Congo. Les victimes sont congolaises – mourant au rythme de « deux tsunamis » (500.000 personnes) par an, selon l’ONU. Et les ressources pillées pour la financer sont congolaises – diamant, or, coltan, bois, cheptel, café, plus des taxes imposées aux civils.

Des voix s’élèvent aussi en Grande-Bretagne, principal soutien de Kigali, avec les Etats-Unis, pour pousser le Rwanda à lâcher Nkunda et pacifier le Congo. « Paul Kagame, le président du Rwanda, est un favori des Britanniques qui lui versent des dizaines de millions de livres en soutien budgétaire. Mais son rôle dans l’Est du Congo est inquiétant. Il est temps de lui dire que l’aide cessera s’il ne met pas Nkunda au pas », écrit le directeur de la Royal African Society.

Kenneth Roth, directeur de Human Rights Watch (HRW), écrit que Londres doit « cesser de tourner en rond » et pousser l’Europe à déployer une force de soutien aux Casques bleus de la MONUC dans l’est du Congo. L’intervention de Roth coïncide avec le refoulement, pour la deuxième fois en trois mois, d’Alison Desforges, principale conseillère de HRW sur l’Afrique, par les autorités rwandaises le 2 décembre. Mme Desforges avait soutenu le FPR en 1994, mais elle ne se gène plus pour critiquer les violations commises par Kigali.

(SL/Th/GW/Yes)

Le Potentiel/ Le Palmarès

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Concertations Gouvernement–CNDP à Naïrobi : échec et inquiétude

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 décembre 2008

Kinshasa, 22/12/2008 / Politique

Présenté par la facilitation, l’acte de prolongation de la cessation des hostilités, qui a pour but de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et de poursuivre les négociations dans un climat apaisé, n’a été signé que par la délégation gouvernementale, prouvant ainsi sa bonne foi.Concertations Gouvernement–CNDP à Naïrobi : échec et inquiétude dans POLITIQUE nkunda-terroristeAux concertations de Nairobi, au Kenya, seule la délégation gouvernementale a signé samedi soir l’acte de prolongation de la cessation des hostilités présenté par la facilitation. Le CNDP de Laurent Nkunda n’a pas signé le document.
Par ailleurs, au terme de la réunion du Comité interministériel région de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, l’on parle des pressions à exercer sur les parties congolaises. Aucun écho sur la prochaine réunion des chefs d’Etat des pays membres de la région des Grands Lacs. Ni encore sur l’application de la Déclaration de Dar es-salaam et le Pacte de sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs. Echec et inquiétude, comme si les pays de l’Afrique des Grands Lacs ont peur de s’assumer.

La signature de cette prolongation de la cessation des hostilités a pour but de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et de poursuivre les négociations dans un climat apaisé. Selon un analyste à Nairobi, la signature unilatérale par le gouvernement, faute d’avoir obtenu un cessez-le-feu, est un acte de sa bonne foi. Cela signifie que le gouvernement ne développera plus d’hostilité envers le CNDP, a expliqué le même analyste.

Selon la facilitation, le CNDP a justifié son refus de signer le document, alléguant que ses positions auraient été attaquées par les FARDC. Allégations qui se sont révélées sans fondement, a indiqué la facilitation, après vérification auprès d’au moins trois sources dont la Monuc. Néanmoins, les deux délégations auraient réaffirmé leur volonté de continuer le dialogue le 7 janvier prochain. Le temps de permettre peut-être au CNDP, qui a très souvent joué à l’enfant gâté, selon les termes d’un analyste, d’être un peu plus responsable.

Pour clôturer les débats sur la forme, il ne reste plus que l’adoption des termes de référence et la participation des autres institutions nationales comme facilitateurs, tel que demandé par le CNDP. Ainsi, le deuxième round des négociations entre le Gouvernement et le CNDP s’est soldé par un échec. On continue par conséquent à jouer les prolongations avec toutes les conséquences que cela pourrait entraîner. Notamment de consolider le statu quo avec un début de la balkanisation de la République démocratique du Congo.

Grands Lacs : pacte sur la paix et la sécurité

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères, ou leurs délégués, des 11 Etats membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs se sont réunis samedi à Nairobi, au Kenya, pour parler du pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de cette région. La RDC y était représentée par son ministre de la Coopération régionale, Raymond Tshibanda.

L’objectif de la rencontre consistait en l’évaluation de la mise en oeuvre du Pacte sur la sécurité, la paix et le développement dans cette région, notamment la question de la sécurité à l’Est de la RDC. A ce sujet, le facilitateur des concertations de Nairobi entre le CNDP et le gouvernement congolais, Olusegun Obasanjo, et son assistant Mkapa, ont présenté aux conférenciers pendant près d’une heure l’état d’avancement des discussions entre les deux parties. Des intervenants à la séance inaugurale de la conférence interministérielle ont exprimé leur satisfaction à ce propos.

Cependant, le ministre kenyan des Affaires étrangères a déclaré que des fortes pressions devraient être exercées sur les parties pour que cette crise [de l’Est de la RDC] soit définitivement résolue. Il a par ailleurs demandé à l’Onu de donner à la Monuc un mandat pro actif et plus impliquant, non seulement pour garder la paix, mais aussi la renforcer.

Sentiment d’inquiétude. L’on s’attendait à ce que les participants dégagent des pistes de solution à proposer pour qu’ils les entérine. Or, aucun écho sur la prochaine réunion des chefs d’Etat des pays membres de la conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Ce qui laisse à supposer que les pays membres des Grands Lacs hésitent sur la nouvelle impulsion à donner à la Déclaration de Dar es-Salaam et au Pacte de paix et de sécurité dans la région des Grands Lacs. Cette hésitation risque de porter un coup dur en la confiance envers cette institution.

D’autres questions prévues à l’ordre du jour de la conférence ont été, le rapport du secrétariat exécutif sur la mise en oeuvre des recommandations de la dernière réunion ministérielle, les contributions des Etats membres et l’adoption du budget du secrétariat exécutif pour l’exercice 2009-2010.

Les conclusions de cette réunion devront être examinées lundi prochain par la Commission paix et sécurité de l’Union africaine, a indiqué pour sa part, le vice-président de cette institution panafricaine. Les Etats représentés à cette réunion sont l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie et la Zambie.

(SL/Ern./GW/Yes)

Le Potentiel/Radio Okapi

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Conseil des ministres : Mise sur pied de trois commissions ministérielles permanentes au sein du gouvernement

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 décembre 2008

Kinshasa, 22/12/2008 / Politique

Le Conseil des ministres, réuni vendredi à la Cité de l’Union africaine, sous la direction du Premier ministre Adolphe Muzito, a décidé la mise en place de trois commissions ministérielles permanentes au sein du gouvernement, dans le cadre de l’adaptation des textes antérieurs au nouveau contexte institutionnel qui se dégage de l’ordonnance présidentielle instituant le gouvernement actuel, a indiqué le ministre de la Communication et des médias et porte-parole de cette institution.Conseil des ministres : Mise sur pied de trois commissions ministérielles permanentes au sein du gouvernement dans POLITIQUE conseil_ministresLes membres du gouvernement ont examiné, sur le plan économique, le dossier relatif à la révisitation des contrats miniers, a indiqué M. Mende. Il a relevé, en ce qui concerne la situation sécuritaire, qu’un calme relatif règne sur toute l’étendue du territoire national, hormis quelques actes de provocation observés dans le district de l’Ituri (province Orientale) et dans l’entité provinciale du Nord-Kivu.
Et­ dessous le texte intégral du compte-rendu du conseil : « Le Conseil des ministres s’est tenu ce vendredi 19 décembre 2008 à la cité de l’Union africaine sous la présidence de Son Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, Adolphe Muzito.

L’ordre du jour comportait les points ci-après :

  1. Points d’informations sur l’état du territoire et la situation sécuritaire du pays ;
  2. Audition du rapport sur la revisitation des contrats miniens ;
  3. Examen et adoption des textes réglementaires sur le fonctionnement du gouvernement, les attributions des ministères et la fixation des cabinets ministériels ;
  4. Examen du projet de code sur les marchés publics ;
  5. Examen du projet de loi sur l’Aviation civile.

1. Points d’information sur l’état du territoire et la situation sécuritaire du pays

Abondant le premier point de l’ordre du jour, le Conseil des ministres a constaté qu’un calme relatif règne sur toute l’étendue du territoire national à l’exception de quelques attaques contre les FARDC provoquées la semaine dernière dans le district de l’Ituri par des éléments hors­ la-loi d’une milice dénommée FPJC (Front populaire pour la justice congolaise). Les FARDC, appuyées par la MONUC, ont d’ores et déjà récupéré plusieurs localités qui avaient été occupées par cette milice.

Il a été également fait état d’un calme précaire dans la province du Nord-Kivu où, en dépit des négociations en cours, les miliciens du CNDP continuent des manœuvres de provocations en vue de déstabiliser cette partie de la République Démocratique du Congo.

En matière de sécurité publique, suite aux inondations provoquées par les pluies diluviennes du 8 décembre 2008 avec destruction de quelques 500 maisons d’habitations à Mbandaka, une délégation du gouvernement, conduite par le ministre de l’intérieur, s’y est rendue le 10 décembre pour y convoyer une assistance du gouvernement aux sinistrés.

300 tentes, des produits pharmaceutiques, vêtements et une enveloppe de 70.000 dollars américains ont été mis à la disposition de la population de Mbandaka par le gouvernement. Les difficultés que connaissent certaines entreprises du Portefeuille à forte incidence socio-économique frappées par une conjoncture défavorable autant que par des graves dysfonctions ont été également évoquées par le conseil. Une commission interministérielle présidée par le vice-Premier ministre en charge de la Reconstruction a été mise sur pied pour présenter dans les dix jours un état des lieux sur lesdites sociétés en vue de permettre la finalisation de mesures éventuelles de redressement.

2. Rapport sur la révisitation des contrats miniers

Il convient de noter que la révisitation des contrats miniers a été effectuée par les entreprises publiques du secteur et leurs partenaires privés en présence des représentants du gouvernement. Le rapport présenté à cet effet par le ministre des Mines, a permis au conseil de mettre à jour quelques anomalies dans ce secteur au détriment de l’Etat. Cette révisitation a été initiée notamment pour obtenir une participation plus active des entreprises minières publiques dans la vie des joint-ventures constituées avec leurs partenaires privés ainsi qu’un engagement social plus visible de tous les partenaires dans ces joint-ventures. Il a été en outre convenu que dorénavant, en cas de litige, quelle que soit la juridiction saisie, la loi congolaise sera d’application.

Décisions suivantes ont été prises :

1. Le Conseil des ministres a décidé d’approuver les contrats et conventions minières qui présentent des éléments nouveaux de nature à favoriser le redressement et le développement des entreprises publiques. Il s’agit de 9 contrats de la GECAMINES, un contrat de l’OKIMO ainsi que la Convention minière liant l’Etat à ANVIL Mining Congo.

2. Le Conseil des ministres a approuvé les contrats n’ayant pas encore produit leurs études de faisabilité, mais pour lesquels des avancées notables ont été observées notamment en ce qui concerne le commencement des travaux sur terrain. Sont concernés : 110 contrats de la GECAMINES, 5 contrats de la « MIBA, 2 contrats de SODIMICO, un contrat  de EMK-MN et 3 contrat » de SAKIMA.

3. Le Conseil a pris acte de la résiliation par les entreprises publiques minières et leurs partenaires privés de contrats qui les liaient, sous réserve d’un accord formel de résiliation et de l’approbation formelle de la dite résiliation par le ministère du secteur.

Il s’agit de trois contrats pour la GECAMINES, quatre contrats pour SODIMICO, trois contrats pour SAKIMA, un contrat pour la MIBA, trois contrats pour OKIMO et un contrat pour l’Entreprise minière de Kisenge Manganèse.

4. Le conseil a approuvé l’option proposée par le ministre des Mines de faire renégocier les contrats et conventions qui n’ont pas abouti en vue de leur finalisation en tenant compte de divers avantages que l’Etat congolais pourrait en tirer.

Une    commission gouvernementale ad hoc a été Constituée à cet effet. Le cas échéant, le concours de nos partenaires au développement, notamment la Société civile nationale et internationale (Centre Carter, Osisa, etc. sera requis. Il s’agit des contrats GECAMINES-KMT    et    Mwana Africa-OKIMO     et des conventions entre l’Etat et TFM, AGK, Banro et MDDK.

5. Le Conseil des ministres a retenu l’option que les pas de porte attendus soient répartis à concurrence de 50 % pour l’Etat et 50 % pour l’entreprise publique concernée. Il sera demandé à chaque requérant de signer avec l’entreprise publique un projet minier. La joint-venture mettra à jour un projet relatif à la réalisation des Infrastructures à caractère social.

6. Les cumuls de fonctions au sein des joint-ventures sont interdits aux mandataires de l’entreprise publique partenaire. Le Conseil des ministres a arrêté par ailleurs une série de principes qui devront être prises en compte à l’avenir dans ce secteur.

3. Examen et adoption des dossiers

Le conseil des ministres a été saisi de trois projets de textes réglementaires.

Il s’est agi d’un travail d’actualisation et d’harmonisation de textes antérieurs qu’il a fallu adapter au nouveau contexte institutionnel créé par l’ordonnance présidentielle mettant en place le gouvernement dirigé par Monsieur le Premier ministre Muzito. Trois commissions ministérielles permanentes font leur apparition dans l’espace gouvernemental :

  1. Commission des besoins sociaux de base,
  2. Commission politique, défense et sécurité,
  3. Commission économique et de la reconstruction.

Les trois textes enrichis ont été adoptés par le conseil et seront soumis incessamment à la sanction de Son Excellence Monsieur le Président de la République et du Premier ministre.

4. Examen du projet du code sur les marchés publics

Le ministre du Budget a présenté au Conseil des ministres un projet de code sur les marchés publics. Un débat enrichissant a mis l’accent sur les impératifs de transparence et de lutte contre la corruption avant son adoption par le conseil. Il sera transmis pour adoption au Parlement.

5. Projet de loi sur l’Aviation civile

Le ministre des Transports et voies de communication a brossé l’économie du projet de loi sur l’Aviation civile pour apporter les correctifs indispensables à l’ancien texte régissant cette matière sensible et rendre notre législation conforme aux normes de l’Aviation civile mondiale.

Après débats et délibérations, le projet a été adopté et sera envoyé aux chambres parlementaires.

Commencée à 10h30’, la réunion a pris fin à 19h15’.

Concernant la politique économique dans le cadre du budget « 2008 » ma lumière des conseils du FMI, a dit M.Brian qui a insisté que cette démarche est obligatoire avant tout programme formel avec le FMI à l’avenir. Cela peut aider a-t-il soutenu au processus d’atteindre le point d’achèvement pour l’allégement de la  dette.

(SL/Ern./GW/Yes)Acp

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Programme de politique générale du gouvernement : A. Muzito annonce les 6 fronts prioritaires

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 novembre 2008

Discours volontariste du Premier ministre, Adolphe Muzito, devant l’Assemblée nationale hier vendredi. Il a annoncé les 6 fronts prioritaires qui concernent son «programme d’urgence » : fronts militaire, politique et diplomatique, humanitaire, populaire, économique et médiatique. Reste à savoir comment le gouvernement va s’y prendre. La réponse ce samedi lors du débat général qui débouchera certainement sur l’investiture du gouvernement.

Le Premier ministre, Adolphe Muzito, a répondu hier vendredi à l’invitation de l’Assemblée nationale pour présenter son programme de politique générale. Invitation émise au terme d’une procédure d’urgence au regard de la gravité de la situation qui prévaut dans le pays de manière à combler le vide juridique découlant de la démission de l’ancien Premier ministre, Antoine Gizenga, et de la nomination de son successeur.

Dans un discours volontariste devant les députés, le Premier ministre a présenté son programme de politique générale. Un programme qui comporte deux volets, à savoir : un plan d’urgence et des actions à mener à court, moyen et long termes.

En ce que concerne le «Programme d’urgence », le Premier ministre s’est empressé de définir les fronts prioritaires, au nombre de six, pour s’attaquer à des situations d’urgence. Notamment la fin de la guerre au Kivu. Aussi, le Premier ministre et son gouvernement s’engagent-ils aux fronts suivants : militaire, politique et diplomatique, humanitaire, populaire, économique et médiatique.

PLAN DE SORTIE DE CRISE

Sur un ton ferme, le Premier ministre a souligné que la fin de la guerre au Kivu est l’une des priorités de son gouvernement. Aussi, a-t-il déclaré qu’il ira partout où sa présence est nécessaire pour atteindre cet objectif. Mais dans l’immédiat, il a déclaré que le gouvernement s’est approprié le « Plan de sortie de crise au Kivu », proposé par l’Assemblée nationale. Il a rassuré que des actions seront entreprises dans ce sens en vue de ramener la paix au Kivu et partout dans le pays. Mais aussi de rétablir l’autorité de l’Etat. A ce sujet, il a relevé que trois initiatives sont déjà en cours : le respect du cessez-le feu, la neutralisation des FDLR ou forces négatives pour enlever tout prétexte aux voisins ainsi qu’à ceux qui ont pris des armes, et enfin la mise en place d’une force combattante avec le concours de la Monuc et autres partenaires très intéressés par la réforme de l’armée congolaise.

NORMALISATION AVEC LES VOISINS

Dans le même élan volontariste, le Premier ministre a promis de redynamiser notre diplomatie. D’ores et déjà, il a annoncé la reprise du processus de normalisation des relations avec les pays voisins. Particulièrement le Rwanda, normalisation émaillée par cette succession de visites des ministres des Affaires étrangères des deux pays, tant à Kigali qu’à Kinshasa. Il s’est empressé de souligner qu’il ne s’agit point de faiblesse, mais une nécessité dans le cadre de la politique de bon voisinage d’instaurer un dialogue permanent dans la sous-région, sans chantage ni compromission.

Dans le même ordre d’idées, il entend nouer le dialogue avec le CNDP, dans le cadre du Programme Amani. Une proposition qui a suscité immédiatement des interrogations dans la mesure où le CNDP réclame des négociations directes avec Kinshasa après avoir quitté le Programme Amani. Certainement que le Premier ministre répondra à cette préoccupation aujourd’hui lors du débat général.

Quant au front populaire, le Premier ministre envisage de renforcer la mobilisation générale et de constituer des brigades d’auto-défense en vue de soutenir les forces combattantes et du maintien de l’ordre. A ce stade également, des interrogations ne manqueront pas aujourd’hui au regard des initiatives précédentes qui n’ont été que des feux de paille.

Le front économique nécessite le mécanisme de contrôle des richesses pour barrer la route aux fraudeurs de tout genre qui se livrent à des pillages à grande échelle. Décourager tous ces groupes armés qui ne se constituent que pour entretenir des « économies de guerre » et nuire à la République démocratique du Congo. Enfin, toutes ces actions, ces fronts disons-le, doivent être soutenues par une campagne médiatique visant à renforcer la conscience nationale et à conforter la cohésion nationale.

ACTIONS CONCRETES

Il est vrai que le Premier ministre a livré un discours classique mais volontariste. Ce qui revient à dire que nombreux observateurs sont demeurés sur leur soif, faute de détails ou de précisions.

Certes, le Premier ministre a évoqué les 5 chantiers, s’est attardé longuement sur la réforme de l’Armée, la réintégration des éléments des ex-FAZ, la mise hors d’état de nuire des officiers véreux et corrompus, la reconstruction nationale, le refondation de la Nation, l’amélioration des conditions de vie et salariales. Mais puisque le Premier ministre a déclaré que son gouvernement qui s’inscrit dans la continuité des actions du gouvernement précédent, Muzito doit tirer les leçons du passé récent pour donner une nouvelle impulsion à l’action du gouvernement.

Aussi, lors du débat de ce jour, le Premier ministre est obligé d’énoncer les actions concrètes sur lesquelles s’appuiera son gouvernement pour mettre rapidement fin à la guerre, accélérer les réformes au sein de l’armée, de la Police, combattre la corruption, l’impunité, assainir les milieux politiques, administratifs, sécuritaires….

Que cette volonté de favoriser la bonne gouvernance, de renforcer la collaboration avec le Parlement pour les missions de contrôle et d’enquête, ne soit pas de simples faits d’annonce. Pour y parvenir, il faut combattre la dissonance, le dysfonctionnement au sein même du gouvernement.

Ceci dit, le Premier ministre revient à la « barre » ce samedi lors du débat général. Mais auparavant, il était intéressant de noter que la séance d’hier vendredi n’a pas dérogé aux us et coutumes parlementaires pour ce qui est des séances animées. Intervenant par motion de procédure, les députés François Muamba, Kiakwama et Sessanga, tous de l’Opposition, ont fustigé les irrégularités de la séance d’hier. Aussi, ont-ils évoqué les articles 51 et 52 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale et l’article 90 de la Constitution pour s’opposer à donner un chèque en blanc au gouvernement. Faute de documents de travail et la non tenue de la réunion des présidents de la Conférence, l’Opposition a menacé de ne pas prendre part ni à l’examen du programme ni au débat général.

Ce à quoi, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a rétorqué qu’il s’agissait d’une procédure d’urgence adoptée par l’Assemblée nationale et que l’article 61 du Règlement intérieur ne sanctionne point la remise tardive des documents. Après une interruption de 15 minutes afin de permettre à l’Opposition d’apprécier la situation grave de l’heure, celle-ci s’est pliée à la procédure d’urgence et la séance s’est poursuivie normalement.

Kinshasa, 1/11/2008 (Le Potentiel, via mediacongo.net)

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Enfin, le gouvernement Muzito complet est là !

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 novembre 2008

Fini, l’ère des Ministres d’Etat. Place désormais aux Vice-Premiers Ministres. Ainsi, trois personnalités épauleront-elles, à ce titre, Adolphe Muzito dans la coordination. Nzanga Mobutu aux besoins de base, Emile Bongeli à la Reconstruction et Mutombo Bakafwa Nsenda à la Sécurité. Adolphe Lumanu, Pierre Lumbi Okongo, Athanase Matenda Kyelu, José Endundo, André-Philippe Futa, Martin Kabwelulu et Esdras Kambale se maintiennent à leurs postes. Seize nouveaux entrants dont Alexis Thambwe Mwamba et Raymond Tshibanda. Des permutés sont nombreux. Marie-Ange Lukiana, Mbusa, Lambert Mende Omalanga et Charles Mwando Nsimba sont dans le lot. Nkulu Kilombo, Mayobo, Muyambo, Omatuku Philomène… quittent. Alain Lubamba revient comme Vice-Ministre au Budget. Equilibre géopolitique et Gender respectés.

Le suspense aura été long, voire très long. Le Président Kabila a finalement mis les points sur les « i ». Hier, tard la nuit, son Ordonnance n°08/067 a tordu le coup aux folles rumeurs qui, depuis la nomination de Muzito, le 10 octobre dernier, ont alimenté les commentaires dans tous les salons ouatés de Kinshasa, la capitale.
C’est un gouvernement de mission comme l’avait si bien nommé le Chef de l’Etat, dans son allocution du 9 octobre. Il se veut costaud, a-t-on dit, dans l’économie du texte présenté sur les antennes de la télévision d’Etat.
Trois Vice-Premiers Ministres renvoient à la poubelle de l’histoire, les fonctions de Ministres d’Etat. Nzanga Mobutu prend les questions liées aux besoins de base, Emile Bongeli va à la Reconstruction et, enfin, Mutombo Bakafwa Nsenda cède le Ministère de la Justice pour celui de Vice-Premier Ministre chargé de matières de sécurité.
Ils sont trente-sept Ministres au lieu de trente-trois, comme au gouvernement Gizenga II sortant. Au total, les Ministres et Vice-Ministres dûment comptés, sont au nombre de 54 membres.

Des Ministres se maintiennent: Il s’agit de Pierre Lumbi Okongo aux Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, Adolphe Lumanu aux Relations avec le Parlement, Athanase Matenda Kyelu aux Finances, José Endundo Bononge à l’Environnement et Tourisme, André-Philippe-Futa à l’Economie et Commerce Extérieur, Martin Kabwelulu aux Mines, Olivier Kamitatu au Plan, Esdras Kambale à la Culture et Arts, Jeannine Mabunda garde le Portefeuille,Maker Mwangu continuera à gérer l’EPSP.

Seize nouveaux entrants sont signalés au Gouvernement:
parmi eux, des noms très connus de l’agora politique. Alexis Thambwe Mwamba, un fils du Maniema quitte sa casquette de Député National pour rejoindre Muzito I, aux Affaires Etrangères. Raymond Tshibanda quitte le Cabinet du Chef de l’Etat pour entrer au gouvernement, à la Coopération Internationale et Régionale. Mbusa Nyamwisi, lui, récupère le Ministère de la Décentralisation, l’un des chantiers importants du pays. Le vieux Charles Mwando Nsimba remplace Tshikez Diemu à la Défense Nationale. Tandis que Célestin Mbuyu succède à Denis Kalume Numbi à l’Intérieur. Luzolo à la Justice, Lokola Michel au Budget, Norbert Basengezi, l’ancien Premier-Vice Président de la CEI rebondit. Il prend l’Agriculture.

Nkulu Kilombo, Mayobo Godefroid, Philomène Omatuku, Tshikez Diemu, Jean-Claude Muyambo, Denis Kalume Numbi, Willy Bakonga, Edouard Kabukapu, Victor Makwenge… quittent le gouvernement. C’est sûr qu’ils sont appelés à de nouvelles fonctions, fait-on observer dans les milieux généralement mieux éclairés.

Alain Lubamba revient au gouvernement comme Vice-Ministre du Budget. Il va donc abandonner son poste de Président du Conseil d’Administration du CEEC. Le MSR César Lubamba va poursuivre sa mission au Vice-Ministère des Finances. Il sera toujours aux côtés de Matenda, l’argentier national.
Innovations

Le nouveau gouvernement se présente donc de la manière ci-après :

- Vice-premier ministre chargé des besoins sociaux de base : François Joseph Mobutu Nzanga
- Vice-premier ministre chargé de la reconstruction : Emile Bongeli Yeikolo ya Ato
- Vice-premier ministre chargé de la sécurité et défense : Mutombo Bakafwa Nsenda

- Ministre de l’Intérieur et sécurité : Célestin Mbuyu Kabanga
- Ministre de la Défense nationale et des anciens combattants : Charles Mwando Nsimba
- Ministre des Affaires étrangères : Alexis Thambwe Mwamba
- Ministre des la Décentralisation et aménagement du territoire : Antipas Mbusa Nyamwisi
- Ministre de la Coopération internationale et régionale : Raymond Tshibanda Ntunga Mulongo
- Ministre de la Justice : Luzolo Bambi Lessa
- Ministre des Relations avec le Parlement : Adolphe Lumanu Mulenda Bwana N’Sefu
- Ministres des Infrastructures, travaux publics et reconstruction : Pierre Lumbi Okongo
- Ministres des Finances : Athanase Matenda Kyelu
- Ministre du Plan : Olivier Kamitatu Etsu
- Ministre du Budget : Michel Lokola Elemba
- Ministre de l’Environnement, conservation de la nature et tourisme : José Endundu Bononge
- Ministre de l’Economie nationale et du commerce : André Philippe Futa
- Ministre du Portefeuille : Jeannine Mabunda Lioko
- Ministre de l’Agriculture : Norbert Basengezi Katitima
- Ministre des Transports et voies de communication : Matthieu Pita
- Ministre des Mines : Martin Kabwelulu L.
- Ministre de l’Energie : Laurent Muzangisa Mutalamu
- Ministre des Hydrocarbures : René Isekemanga Nkeka
- Ministre des PTT : Louise Munga Mesozi
- Ministre de l’Industrie : Simon Mboso Kiamputu
- Ministre de la Communication et des médias : Lambert Mende Omalanga
- Ministre de la Santé publique : Auguste Mupipi Mukulumania
- Ministre de l’EPSP : Maker Mwangu Famba
- Ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire : Léonard Mashako Mamba
- Ministre des Affaires foncières : Kisimba Ngoy Maj
- Ministre de l’Urbanisme et habitat : Générose Loshiku Muya
- Ministre de l’Emploi, travail et prévoyance sociale : Ferdinand Kambere Kalumbi
- Ministre de la Fonction publique : Michel Botoro Bodias
- Ministre de la Culture et des arts : Esdras Kambale Bahekwa
- Ministre du Développement rural : Safi Adiki
- Ministre de la Jeunesse et sports : Patrick Sulubika Matchembera
- Ministre des Petites et moyennes entreprises : Claude Basibuhe Nyamulabu
- Ministre de la recherche scientifique : Joseph Lititiyo Apata
- Ministre des Droits humains : Upio Kakura
- Ministre du Genre, de la famille et de l’enfant : Marie-Ange Lukiana Mufwankol
- Ministre des Affaires sociales, action humanitaire et solidarité nationale : Barthélémy Botswali Lengomo
- Vice-ministre de l’Intérieur : Zéphyrin Mungongo
- Vice-ministre de la Défense et des anciens combattants : Oscar Masamba Matemo
- Vice-ministre des Affaires étrangères : Ignace Gata Mavita wa Lufuta
- Vice-ministre des Congolais de l’étranger : Colette Tshomba Ntundu
- Vice-ministre de la Justice : Musonda Kalusambi
- Vice-ministre des Travaux publics : Gervais Ntirumenyerwa Kimonyo
- Vice-ministre des Finances : César Lubamba wa Ngimbi
- Vice ministre du Budget : Alain Lubamba wa Lubamba
- Vice-ministre de l’Agriculture : Kibibi Kamanzi
- Vice-ministre des Mines : Victor Kasongo Shomari
- Vice-ministre des Hydrocarbures : Gustave Beya Siku
- Vice-ministre de l’Enseignement professionnel : Arthur Sedea Zabuso
- Vice-ministre de l’Enseignement supérieur : Bokele Djema
- Vice-ministre du Développement rural : Willy Mubobo Nzamba.
Le gouvernement Muzito est le fruit d’une série de tractations au sein de la coalition gouvernementale. Il s’inscrit dans la droite ligne de missions lui assignées par le Président Kabila. C’est un gouvernement de combat. Il est, à la fois, sollicité pour mettre un terme aux poches résiduelles d’insécurité mais surtout, de restaurer l’autorité de l’Etat bafouée dans certains coins du pays. Il doit également s’atteler à la reconstruction du pays. Les chantiers ne sont pas un credo. C’est la raison pour laquelle il a l’obligation de le prouver sur pièces qu’il est à la hauteur des attentes du Chef de l’Etat et du peuple congolais. Enfin, ce gouvernement devra tout mettre en œuvre pour améliorer les conditions de vie des congolais. Lutter contre les tensions inflationnistes, stabiliser le taux de changer et les prix de denrées alimentaires. C’est aussi un gouvernement appelé à juguler des crises dans les relations entre la RD. Congo et ses partenaires bilatéraux et multilatéraux. Les tumultes avec l’ancienne puissance métropolitaine, la Belgique, l’affaire des contrats chinois avec le scepticisme qu’ils ont suscité à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International seront parmi ses priorités.

Et l’investiture ?

A la prochaine étape, les Députés et Sénateurs ttendent Muzito avec son programme au Palais du Peuple. Ils n’ont plus besoin d’un catalogue de bonnes intentions. Ils veulent d’un vrai programme réaliste et réalisable ; d’un programme assorti d’un chronogramme d’actions à entreprendre. L’investiture s’annonce donc comme un véritable baptême de feu, pour Muzito et les siens. D’ici la fin de la semaine, le débat sera houleux, sur la suite du chemin à parcourir avant d’entrer en fonction

Marcel Ngoyi
Kinshasa, 27/10/2008 (La Prospérité/ACP/MCN, via mediacongo.net)

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Guerre de l’Est : les tireurs des ficelles

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 novembre 2008

Guerre de l’Est : les tireurs des ficelles  dans DEMOCRATIE ET ETAT DE DROIT goma_refugies_08_01A qui profite la guerre de l’Est ? Interrogation pertinente au moment où l’on se prépare à une nouvelle rencontre au sommet, au plan régional, à Nairobi pour ramener la paix en République démocratique du Congo. Si cette rencontre ne répond pas à cette interrogation, elle est vouée à l’échec. Ce serait continuer à tourner en rond et en dérision le peule congolais.

La Communauté internationale se penche à nouveau sur ce « grand malade » qu’est le Congo pour lui administrer une nouvelle thérapeutique. Attitude résultant de la troisième guerre qui sévit actuellement dans le pays avec une situation humanitaire catastrophique.

Initiative encourageante mais qui risque de n’apporter aucune solution durable tant que l’on n’ira pas au fond du problème. C’est-à-dire, s’appesantir sur les causes profondes de toutes ces guerres à répétition. En d’autres termes, dénicher les vrais commanditaires de ces crimes ainsi que les vrais bénéficiaires. D’où la nécessité de répondre à cette interrogation : A qui profite la guerre de l’Est ?

Eluder cette question au moment où le CNDP amorce le morcellement du territoire national sans qu’il soit condamné par la communauté internationale, consisterait à se moquer merveilleusement du peuple congolais. Ce serait exprimer du mépris envers la Nation congolaise pour mettre à exécution un plan machiavélique qui a pour finalité de consacrer l’inexistence de la Nation et de l’Etat congolais.

Sinon, comment expliquer que le Dialogue intercongolais, la période de transition avec la fameuse formule 1 + 4, l’organisation des élections, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, l’Accord de Washington, Tripartite plus 1, l’Accord de Nairobi, la Conférence de Goma n’aient pas pu ramener la paix en République démocratique du Congo ? Les Congolais seraient-ils incapables de comprendre le langage de la paix, de la sécurité et du développement ?

Aujourd’hui, l’on est à la case départ avec les mêmes acteurs, les mêmes financiers comme ce fut lors de la signature de l’Accord de Lusaka. Le Kivu, toujours à l’Est, est à feu et à sang et Rutshuru échappe au contrôle de Kinshasa. C’est qu’il y a anguille sous roche. Que l’on continue à tourner autour du pot en évitant d’aborder les vraies questions de fond.

L’EXISTENCE D’UN COMPLOT

Eviter d’aborder les questions de fond demeure une preuve irréfutable de l’existence d’un complot. Un vaste complot, comme déjà souligné dans l’une de nos dernières livraisons, qui soit à la fois interne et externe.

Interne, de par l’existence des « Faucons » congolais. Les va-t-en guerre qui ont toujours adopté des positions radicales dans le but de soutenir une option militaire. Mais en réalité, ils visent les prébendes de cette guerre en s’enrichissant illicitement avec le sang des autres. Ces constructions insolentes que l’on observe dans la capitale et certains chefs-lieux de province constituent l’une des faces à découvert de l’iceberg. A en croire quelques rumeurs, la guerre coûterait mensuellement 8 millions de dollars à l’Etat congolais. Une somme à ne pas justifier puisque classée dans la rubrique des « efforts de guerre et dépenses de souveraineté ». Ces extrémistes, tant qu’ils exerceront une influence sur la prise de décisions à quelque niveau du sommet de l’Etat que ce soit, ne favoriseront jamais une attitude flexible pour un compromis politique. La guerre pour eux demeure un fonds de commerce à entretenir par tous les moyens.

La même catégorie de « Faucons » se retrouve également dans les pays voisins qui ont reçu « mandat » d’agresser la République démocratique du Congo, si pas les régimes en place. Ils doivent leur existence de par la continuité de cette guerre. Effectivement, les Interahamwe ont servi de prétexte pour pousser ces pays voisins sur le sentier de la guerre, oubliant qu’ils étaient en train d’exporter leur idéologie de violence interethnique dans les territoires voisins. Obnubilés par ce pouvoir de domination, d’étendre des territoires géographiques, ils ont opté de bâtir leur pyramide de pouvoir sur l’argent et le fusil. Raison pour laquelle ils se sont acharnés à se constituer des « solides économies de guerre » pour mieux entretenir leur pouvoir, alors que leurs fonds propres ne peuvent permettre ce genre d’aventure militariste.

Une nouvelle classe de dirigeants est en train d’émerger dans ces pays grâce aux trafics illicites des matières premières et des armes. Les mutations qui s’opèrent dans ces pays limitrophes sur le plan social ne sont nullement synonymes de « bonne gouvernance », mais bel et bien découlant du butin de la guerre.

Mais au-dessus de tous ces faucons tant en République démocratique du Congo que dans les pays voisins, les multinationales, jusqu’ici anglo-saxonnes, tirent les ficelles dans l’ombre. Elles passent pour les vraies commanditaires de toutes ces guerres tant elles organisent tout et pèsent de tout leurs poids financiers sur la politique étrangère de leurs pays. Ce sont elles qui donnent les gros moyens financiers à leurs gouvernements pour exécuter leur politique sociale et monétaire. La preuve la plus irréfutable est cette crise financière internationale qui vient de secouer sérieusement le monde occidental avec la désarticulation du système bancaire. Conscients de la fragilité de leurs régimes, les gouvernements occidentaux se sont solidarisés pour soutenir les banques privées. Du jamais vu dans un régime capitaliste, plutôt que de les sanctionner à cause de leur faillite.

Cette crise est bel et bien une lumière pour comprendre les causes cachées de la guerre à l’Est. Notamment au Kivu, région riche avec la province Orientale, à l’image de l’Afghanistan à cause de la mer Gaspienne pour son gaz, l’Irak avec son pétrole. La RDC recèle du pétrole, du diamant, du gaz, de l’or, du bois, du nobium, du coltan, etc.

Donc des multinationales qui ne reculent devant aucun sacrifice, sont sans état d’âme et disposent des « pions majeurs » au sein des gouvernements occidentaux, dans des institutions internationales pour servir leurs causes et leurs intérêts, orienter les grandes décisions au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies. La faiblesse des missions de paix de l’Onu tant en Angola, au Rwanda, en Bosnie Herzégovine, qu’en Somalie, et maintenant en République démocratique du Congo n’est point un fait au hasard. Ce sont des échecs voulus, programmés et qui profitent à tous ces commanditaires pour qu’ils prennent le contrôle des gouvernements et les richesses de leurs pays, érigent des « Etats nains » à travers le monde pour le même objectif.

LE DERNIER MOT AUX CONGOLAIS

L’heure est grave. La Nation congolaise est réellement en danger. Il appartient aux Congolais de mieux saisir ce complot et de l’éventrer. Nairobi I, II, III ou IV n’apporteront rien de positif si les Congolais ne se rendent pas compte que parmi les bénéficiaires de ce guerres, certains compatriotes en mal de gloire et cupides trahissent leur pays. Ce sont des traîtres, des complices, des loups dans la bergerie. Que des voisins ne cherchent qu’à affaiblir ce «géant » de l’Afrique dans cette lutte de leadership dans la région pour l’assujettir. Ils sont soutenus dans cette entreprise machiavélique par des multinationales qui ne voient que leurs intérêts économiques et financiers. Et que, par contre, des millions de morts qu’affiche déjà la RDC ne sont que des « faits divers » à leurs yeux.

Le problème fondamental pour restaurer la paix, la sécurité et le développement de la RDC et de la région des Grands Lacs, consiste à décourager tous ces vrais bénéficiaires de cette guerre de l’Est. C’est le combat permanent que doit livrer le peuple congolais qui ne peut plus se permettre ce « geste suicidaire » de se tromper de cibles. Il n’a pas de choix et doit poser le problème en ces termes s’il tient à la survie de son espèce dans cette planète, à l’existence de l’Etat et de la Nation Congo.

«Il faut que l’élite congolaise soit élargie à l’ensemble de la classe dirigeante. Depuis pratiquement 20 ans, la RDC n’a plus d’armée. Celle-ci a beaucoup plus de figurants portant des galons. Or l’armée, c’est la colonne vertébrale d’un pouvoir. Je vous ai parlé de ces puissances présentes en Afrique centrale, précisément au Congo. Je vous ai dit que l’Est du Congo est devenu une zone d’influence anglo-américano-sud-africaine. Le monde anglo-saxon qui gère ces pays-là a trouvé une porte d’entrée avec comme tête de pont le Rwanda et l’Ouganda. Il a armé le Rwanda et l’a poussé à attaquer le Congo. Dès la première invasion en 1997, on savait comment cela a été financé. Le Rwanda n’a pas un budget pour lancer une guerre au Congo. Au début, cette guerre était financée par ces puissances extérieures. Aujourd’hui, la guerre est financée par les produits de vente des ressources minières que le Rwanda exploite au Congo. La présence des Banyarwanda dans l’armée, des gens qui ont toujours le cordon ombilical avec le Rwanda fait que ce pays est toujours bien informé de tout ce qui se fait au Congo. Dans mon livre, je fais voir comment les armées de la région ont évolué au cours de ces dernières années. J’ai été dans ces pays-là, j’ai discuté avec les ambassadeurs dont certains me révélaient que l’armée de tel ou tel autre pays vient d’acquérir des chars de combats et autres auto-blindés. Mais avec quel argent ? Pour quel objectif ? Sachant très bien que l’agresseur se trouve en face d’un géant aux pieds d’argile – et la chute de Kisangani a été cette grande révélation. On avait compris qu’il n’y avait rien devant. Et jusqu’ici, il n’y a toujours rien. Tous les efforts consentis pour avoir une armée sont faits avec ou par le Rwanda ou annihilés par celui-ci. Ceux qui sont derrière ce pays sont aussi ceux qui devant les Congolais plaident pour le mixage afin de monter une armée congolaise. Depuis quand reconstruit-on une armée avec les anciens rebelles ? Nous sommes déjà mal partis de ce côté-là».

Kinshasa, 3/11/2008 (LP/MCN, via mediacongo.net)

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La partition de la RD Congo est-elle acceptable ?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 31 octobre 2008

La partition de la RD Congo est-elle acceptable ? dans ACTUALITES refugies_08_05Le temps des crises internationales généralisées est généralement le temps des grandes manœuvres des régimes impopulaires qui en profitent pour se livrer à tous les coups bas. Une analyse du timing de certains actes répréhensibles qui ont marqué les deux dernières décennies dans de nombreux pays de gouvernance totalitaire, permet de confirmer cette assertion de façon incontestable. Profitant de la crise financière internationale et de la fièvre de l’élection présidentielle américaine, le Rwanda, qui est devenu un véritable cancer au cœur de l’Afrique Centrale, a relancé son vieux projet d’annexion d’une partie du Congo démocratique.

La situation du Congo est en effet de plus en plus inquiétante au regard de l’avancée des troupes rwandaises sur le terrain sous le couvert d’une rébellion officiellement emmenée par le général Laurent Kunda dont personne n’ignore plus qu’il n’est que le petit pion aux mains du très ambitieux et insatiable Paul Kagamé. Le simple fait de parvenir à occuper des villages, des villes, et des installations militaires congolaises, laisse entrevoir dorénavant, une planification politico militaire dont le but ultime ne peut être que la partition du pays.

Il importe de faire un peu d’histoire pour se souvenir que la partition du Congo n’est pas un projet nouveau. Fruit de l’imagination des puissances coloniales qui n’hésitèrent pas à assassiner Patrice Lumumba après avoir vainement tenté de créer une République du Katanga avec à sa tête un certain Moïse Tsombé de triste mémoire, l’émiettement du Congo, pays vaste et riche en ressources minérales risque d’entrer dans les faits à très brève échéance.


Comprendre la stratégie de Kagamé

De prime abord, il est important de souligner, n’en déplaise à quelques chancelleries puissantes, que monsieur Paul Kagamé qui dirige le Rwanda de fait depuis 1995, est l’un des plus redoutables et le plus dangereux dictateur en Afrique Centrale. Apôtre de l’épuration ethnique sous le couvert d’une unité nationale qui privilégie le pouvoir et la dictature Tutsi, l’auto proclamé général a trouvé un véritable fond de commerce intarissable dans le regrettable génocide de 1994 qui fit près d’un million de morts. Le Général-Président tient carrément aujourd’hui le monde entier sous une forme de chantage éhontée et aime bien se présenter en héritier des rescapés du génocide. La moindre l’on, enquête le mettant en cause ou le moindre article de journaliste discutant certaines idées reçues sur l’affaire, provoque à Kigali, une montée d’adrénaline et des procès. Par ailleurs, le régime a soigneusement bâti un réseau de lobby qui assure ses relations publiques à travers le monde et veille au maintien dans toute sa logique de même que dans toutes ses implications, les vérités inaltérables de ses historiens devenus des Dieux de la raison scientifique.
Il est pourtant clair, quoi que en dise, que Kagamé et le FPR, son front de libération devenu parti politique, sont responsable du déclenchement du génocide pour avoir préparé et mis en exécution, la destruction de l’avion du président Juvénal Habiryamana et la mort subséquente de ce dernier. Mais simplement parce que Kagamé s’est voulu ou s’est muer en tête de pont d’importants intérêts géostratégiques dans la Sous-région, il a du coup acquis une immunité de fait, devenant intouchable. Depuis son avènement au pouvoir, le pays est installé dans une dictature sans pareil, un régime policier qui a occasionné d’autres génocides dont les médias aseptisés ou trop corrompus, n’en parlent pas. Le Rwanda d’aujourd’hui n’est pas différent du Chili sous Pinochet et ce qui tient lieu d’élection, n’est que farce. Officiellement, le pays est sensé avoir dépassé les clivages ethniques et toute allusion à la discrimination, est jugée attentatoire à l’ordre public et à la morale publique. En réalité, c’est de la chasse de l’opposition qu’il s’agit. Il est strictement interdit de contredire le régime, de le critiquer, ou de se singulariser par rapport à ses mots d’ordre. En fait, toute opposition est proscrite, et tous les opposants sont contraints à l’exil.
Le jeu ambigu des grandes puissances et des institutions internationales

Le parallèle avec le Chili de Pinochet est saisissant lorsque l’on analyse l’attitude des grandes puissances et des institutions internationales. Dans le contexte que nous venons de dépeindre, le Rwanda est présenté dans la plupart des brochures et autres documents des organismes internationaux, comme un pays stable, un modèle de croissance et de réussite économique. Les auteurs de ces tracts propagandistes dont il n faut pas oublier de chercher les connections compromettantes, ferment les yeux sur les graves violations des droits de l’Homme et les truquages électoraux qui forment l’idéologie du régime.

Mais ce qui choque le plus tout en avalisant la thèse d’une planification diabolique, c’est le silence voire l’absence de toute réaction énergique de la part des grands pays si prompts à dénoncer ce genre de travers ailleurs. Il est absolument impossible que même en se servant de l’opportunité du contexte international de crise, l’on en soit dans les chancelleries occidentales particulièrement, à observer sans mot dire l’avancée des troupes rwandaises en territoire congolais. Le paradoxe voudrais justement que l’on en soi aussi, en juste retour de dialectique du diable, à se demander pour quelles raisons les mêmes puissances s’étaient-elles tant investies dans les efforts de stabilisation du pays après la mort de Kabila père. Il y a comme une volonté machiavélique soit de maintenir ce grand pays dans une instabilité relative et contrôlée, soit de le préparer pour une partition à long terme pour satisfaire alors des calculs anciens de maîtrise géopolitique et géostratégique.


L’éternelle équation ethnique et personnalisée

L’on serait tenté de comparer le Rwanda à Israël, par allusion au petit pays guerrier, battant, intelligent et bien gouverné qui se met débout contre plus grand, plus riche, et plus disant. Hélas, comparaison n’est pas raison et les éléments d’un contentieux réel et profond qui existent dans le cas d’Israël au proche Orient n’existent pas dans le cas du Rwanda dans les Grands Lacs. Rien à priori, ni dans l’histoire, ni dans la géographie, ni dans les articulations diplomatiques des Etats de la Sous-région, ne prédisposent le régime de Kigali, à se comporter avec autant d’arrogance et à se livrer à autant d’aventures et de provocations.

Par ailleurs, il est essentiel de souligner qu’en étudiant minutieusement les rapports des forces, il est impossible qu’un Congo (RDC) bien gouverné, soit à la merci de la volonté des dirigeants Rwandais. Ce qui est en cause effectivement, c’est la tradition des puissances coloniales qui consiste à maintenir des pays sous domination en usant soit des combines ethniques où l’on marginalise des ethnies trop entreprenantes et trop nationalistes, soit à tenir éloignée du pouvoir ou à éliminer physiquement toute personnalité charismatique et populaire.

L’histoire du Congo offre une photographie nette de la mise en œuvre à outrance de cette machination impérialiste qui a conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba en 1960, et à la mise en accusation de Jean Pierre Bemba en 2007 sous le fallacieux prétexte de crime de guerre, de crime contre l’humanité, et de violation grave du droit international. En éliminant Patrice Lumumba, les colonialistes mettait hors jeu le principal obstacle qui se dressait à l’exploitation massive et sauvage des vastes ressources minières du pays et ouvrait la voie à l’installation d’un pantin à leur entière solde, de même qu’il délivrait un message retentissant à tous les nationalistes africains tentés de rêver d’une véritable indépendance nationale. En mettant Bemba en prison, ceux qui hier ont comploté contre le peuple congolais, ont réussi un coup encore plus lourd de conséquences….

Kagamé quant à lui, sait jouer avec le temps et compte sur une décrépitude progressive du régime de Kabila qui conduira à une espèce de cessez-le-feu à partir des positions conquises par son armée sur le terrain. Si la première conférence de réconciliation entre toutes les parties avait abouti à des accords préservant l’intégrité territoriale du pays, il est presque impensable que la seconde, qu’il faut bien envisager, reprenne les mêmes termes de référence. La résurgence des mouvements armés dans le nord et ailleurs dans le pays, devrait être perçue comme le signal que les assaillants entendent occuper suffisamment d’espace pour aller imposer leur autonomie dans les négociations. Une fois de plus, il n’apparaît pas sérieux d’un point de vue objectif, de croire que l’ONU et les grandes puissances ont fait tout ce qui relève de leur pouvoir et surtout de leur autorité, pour décourager ces séditions en cascade qui portent atteinte à l’intégrité territoriale du pays.


L’impuissance embarrassante de l’Union Africaine

La dégradation de la situation au Congo et la menace réelle de partition du pays, placent l’Union Africaine dans l’un de ses plus grands dilemmes depuis qu’elle a succédé à l’Organisation de l’Unité Africaine. Il s’agit d’un dilemme aussi important que celui qu’avait représenté en son temps pour l’OUA, la rébellion du Biafra dans le Nigéria des années 1970 alors dirigé par le général Yakubu Gowon. La République Démocratique du Congo il convient de le dire, est un cocktail explosif constitué de tous les maux qui minent les pays africains et freinent leur développement.

Nous ne sommes certes ni dans les schémas du Darfour, ni dans celui de la RCA et encore moins du Tchad, mais nous sommes en même temps dans tout cela à la fois. Or si l’on peut contempler les bras croisés le Tchad vivre une rébellion à répétition qui n’en finit pas de faire tourner à la tête du pays de petit aventuriers improvisés soldats d’une ethnie ou d’une autre, il est insensé de faire la sourde oreille et de jouer les aveugles dans le cas du Congo. C’est à terme toute l’Afrique qui pourrait s’embraser à partir des rives du fleuve Congo, et c’en sera terminé pour quelques dogmes qui ont jusqu’ici permit aux régimes les plus pourris de vanter une stabilité autant pompeuse que trompeuse.
Une projection réaliste à partir des donnes fiables de la situation, n’offre plus que trois hypothèses raisonnables : la première hypothèse et la plus gentille, aboutirait à ramener effectivement la paix en annihilant les ambitions de partition du pays. Cela suppose que les mouvements de rébellion et leurs soutiens soient mis au banc de touche et payés en concessions diverses dans l’équation politique concrète. Evidemment, la clé dans cette figure passe par la maîtrise du Rwanda sur lequel seul les Etats Unis sont en mesure de faire pression avec succès. C’est le montant et la valeur de la monnaie d’échange qu’il faudrait déterminer. La deuxième hypothèse consisterait à avaliser une partition de fait, dans un Congo démocratique devenu république fédérale ou à défaut pays constitué de régions jouissant d’une large autonomie. Nous sommes dans ce cas de figure, sur une planète politique réaliste que beaucoup d’analystes ont par le passé encouragé en théorie. Il ne resterait plus qu’à rédiger une constitution taillée sur mesure pour plaire à tout le monde. Bien évidemment, l’option fédéraliste ou de large autonomie implique l’existence à l’Est du pays, d’un Etat indépendant de fait à la solde du Rwanda. La troisième hypothèse enfin, est celle d’une option brutale qui imposerait au pouvoir actuel à Kinshasa, une partition du pays et le règne d’un relatif désordre. Il est indiscutable que nous serions exposés très vite dans ce cas, à un coup d’Etat militaire dont il faut encore réfléchir sur les commanditaires et les exécutants.
Il n’y a, projeté à long terme, aucune situation pouvant mieux mobiliser les congolais, qu’une partition de fait de leur pays orchestrée par Paul Kagamé. Contrairement à ce que l’on serait tenté de penser au regard de la nonchalance de la population, il existe un véritable nationalisme congolais puissant et attentif incarné par la nouvelle génération de 25-35 ans. Cette génération est en mesure de réinventer une vigueur patriotique égale à celle des années 1960. C’est par ailleurs, une génération qui sort peu à peu du complexe d’esclave et de citoyen vaincu dans lequel l’avait installé la dictature trentenaire, obscurantiste et sanguinaire de Mobutu.

Le dilemme pour l’Union Africaine se trouve exactement dans une alternative qui mettrait en jeu soit un coup d’Etat nationaliste, soit une partition de fait sous le patronage sournois des grandes puissances. Non seulement aucune des deux hypothèses ne rentre dans ce qui est acceptable pour l’organisation, mais plus grave, l’option fédéraliste, tirée d’une négociation à partir des positions sur le terrain ou imposée par la force des armes sous la houlette de Kagamé, sonne comme une mise à mort de certains Etats pressés par des revendications autonomistes. Au-delà des cas connus et récurrents du Sénégal, du Mali ou du Cameroun, aucun Etat n’est réellement épargné.
L’Hypothèque Hutu

Que l’on le reconnaisse ou non, le problème hutu existe aujourd’hui dans la Sous-région et encore mieux que celui des Tutsis qui est devenu le fond de commerce des dirigeants de Kigali. Il s’agit de comprendre à la fois le phénomène de confrontation ethnique permanent et ancien sur place, et d’évaluer le degré d’emprise sur les crises à répétition internes à tous les pays riverains. Sont concernés non seulement le Rwanda et le Congo que l’on retrouve aux avant postes du contentieux actuel, mais aussi le Burundi et l’Ouganda. Dans tous les quatre pays se retrouvent les deux ethnies dominantes que sont Tutsis et Hutus. Mais à la vérité, les Hutus sont largement majoritaires dans ces populations et c’est sans doute le nœud de toutes les crises. Lorsque l’on examine les dossiers des différents drames à l’instar de l’assassinat du premier Président Hutu rwandais Nelchior Ndadaye, l’on se rend compte que quelque part, une main obscure a travaillé de façon astucieuse pour parvenir au résultat qui existe aujourd’hui sur le terrain, c’est-à-dire une direction Hutu au Burundi d’une part, et une direction Tutsi au Rwanda d’autre part. Vu sous cet angle, le pauvre Ndadaye n’aurait été que la victime expiatoire d’une planification impérialo-machiavélique selon les termes de référence mis en exergue plus haut. Conviendrait-on alors que Kagamé serait un pur diable en mission pour ce plan ?

Nous ne l’avons que trop dit et répété, à savoir que tant que les dirigeants rwandais pourront tranquillement et impunément surfer sur les musiques du génocide, ils se permettront toutes les exactions. Il est par conséquent devenu urgent d’examiner ce problème en profondeur. Etre rescapé du génocide ou descendant de victime de génocide, ne confère point le droit à quiconque de se livrer lui-même à des actes de discrimination, de guerre, et de haine assimilables au crime contre l’humanité. Les milliers de congolais qui sont aujourd’hui jetés dans la rue et qui fuient dans tous les sens sans alimentation ni soin, sont les victimes de Kagamé au même titre que les victimes du génocide de 1994. Quand le Tribunal spécial pour le Rwanda aura clôturé ses comptes, il faudra bien mettre sur pied le Tribunal spécial pour le Congo pour juger les auteurs des crimes en cours. Comment pourra-t-il en être autrement, lorsque Charles Taylor est jugé pour son rôle supposé dans les crimes en Sierra Léone et que Bemba est embastillé à la Haye pour semble-t-il les crimes encore à prouver, commis en Centrafrique.

Ce qui est certain, c’est que le monde change et de nouvelles exigences plus rigoureuses, résultent de nouveaux rapports des forces. Kagamé a su invoquer toutes sortes d’arguties politiques et diplomatiques pour esquiver et même ridiculiser les conclusions des juges français qui l’ont mis nommément en cause. FPR devront répondre devant les tribunaux nationaux ou internationaux. L’Union Africaine devrait dès à présent utiliser cet argument pour tempérer les ardeurs conquérantes et revanchardes d’un Chef d’ Etat qui est devenu un cancer non plus seulement dans la région des Grands Lacs, mais pratiquement pour toute l’Afrique.
Enfin, il faudrait rappeler à tous ceux qui seraient dans le genre de planification géopolitique dont Kagamé est le vil instrument et dont la finalité est de tenir à l’écart du pouvoir les ethnies majoritaires, que les enseignements historiques prouvent à suffire, qu’ils sont voués à la défaite, la perdition et la honte.

 
SHANDA TONME
Yaoundé – Cameroun
L’article au complet est disponible à l’adresse : http://www.icicemac.com/news/index.php?nid=11776&pid=38

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Contribution d’ACSIS au Forum sur la Gouvernance de l’Internet

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 17 septembre 2008

ACSIS
African Civil Society for the Information Society
Cadre Légal: Arrêté N° 03917/MINT/DAGAT/DEL/A
DAKAR-SENEGAL
Site Web: www.acsis-africa.org

Pour un réel impact du FGI dans les paysles moins avancés

Contribution du réseau de la société civile africaine pour la société de l’information ACSIS aux travaux préparatoires du FGI 2008 en Inde

Le réseau de la société civile africaine pour la société de l’information (ACSIS) suit avec attention les travaux préparatoires à la réunion annuelle du Forum sur la Gouvernance de l’Internet qui se tiendra en Inde en décembre prochain. Elle voudrait par ce biais contribuer au document de programme provisoire de la rencontre, dans le cadre des consultations publiques devant avoir lieu le 15 septembre 2008 en Suisse, et en profiter pour faire quelques commentaires généraux à l’étape actuelle de mise en œuvre du FGI.

1. Sur le programme d’Hyderabad en cours d’élaboration, le réseau ACSIS :

a) apprécie les efforts déployés pour que le programme de la rencontre d’Hyderabad ne soit mécaniquement articulé autour des quatre ou cinq
thématiques principales discutées à Athènes et à Rio ;
b) propose une reformulation du thème 2 : ainsi, au lieu de retenir « Promoting cybersecurity, and Trust », il est plus adéquat d’adopter une
formulation comme celle-ci : «Promoting cybersecurity, and Freedom of expression in the information society » ;
en effet, il est crucial de donner plus de visibilité aux droits de l’homme afin de réaliser un équilibre avec la forte évocation des
considérations sécuritaires, toute chose susceptible de conduire à une vision ultra-sécuritaire de la gouvernance de l’internet ;
c) recommande qu’il soit discuté des normes et standards ouverts sous le thème traitant de l’ « Openness » ;
d) recommande qu’il soit également discuté des contraintes auxquelles fait face l’éducation numérique, du fait du renforcement
exagéré du régime de la propriété intellectuelle ;
e) recommande aux organisateurs du FGI de renforcer les dispositifs de participation à distance prévus et de donner plus de visibilité
aux initiatives alternatives des acteurs, en particulier sur le site web du FGI ;
f) recommande de donner une bonne visibilité aux « Best practice forums » et de les consolider, car ils sont susceptibles de favoriser
le renforcement de capacités des participants et pays du Sud ;
g) recommande, à ce state de mi-parcours du processus, qu’un réel début d’évaluation du FGI soit réalisé dans le cadre de la session
« Stock-taking and Way forward » prévue en Inde, notamment afin que l’impact rôle du Forum pour les pays en développement soit examiné;

2. De façon plus générale, sur la mise en œuvre du FGI, ACSIS voudrait relever
les points suivants :

Le réseau reste toujours préoccupé par l’impact réel que le Forum sur la Gouvernance de l’Internet devrait avoir sur la consolidation de la gouvernance de l’internet pour le développement en Afrique. En effet, il a du mal à percevoir les impacts concrets à ce jour du Forum pour les pays les moins avancés dont la majorité se trouvent en Afrique. Bien que le paragraphe 72 de l’Agenda de Tunis, attribue une fonction d’espace d’échanges sur les enjeux de politiques publiques au Forum, et bien que de nombreux échanges aient eu lieu, notamment au cours des deux dernières rencontres annuelles du Forum, l’impact de ces débats en Afrique n’est pas encore fortement perçu. Cet impact, il est vrai, reste tributaire de l’action de tous les acteurs concernés par la gouvernance de l’internet en Afrique, toutefois, afin que l’empreinte du FGI soit réellement perceptible, il importe que des
mécanismes concrets soient suscités ou mis en place par pour rendre visible la contribution du FGI et pour susciter ou soutenir des actions de consolidation de la gouvernance de l’internet dans les régions sus-nommées. Il est entendu que ces actions devraient impliquer tous les acteurs interpellés par ces questions, y compris donc la société civile. Il est indispensable pour la pleine réalisation de cet objectif,
qu’une lecture plus dynamique et plus volontariste du mandat du FGI soit effectuée (en particulier celle des alinéas d), e) f), h) et i) du paragraphe 72) qui appellent en réalité à davantage d’actions concrètes;

Ainsi, dans le même ordre d’idées que ce qui précède, ACSIS recommande
vivement :

a) que des publications (sous forme électronique et/ou imprimé, sous forme de manuel et/ou de recueil d’expériences, etc.) soient réalisées à mi-parcours et d’ici la fin des cinq années définies par l’Agenda de Tunis pour le Forum, en vue de capitaliser les résultats et expériences acquis, en particulier ceux pouvant servir à la promotion de la gouvernance de l’internet dans les pays les moins avancés ;

b) que des groupes de travail thématiques ciblés soient mis en place autour
de questions clés de la gouvernance de l’internet et que leurs travaux soient
soutenus et capitalisés ;

c) qu’il y ait davantage de transparence, d’ouverture à tous les acteurs concernés et de facilitation de la participation de la société civile, dans les
discussions et processus de mise en place des normes et standards liés à l’internet ;

d) que des ressources adéquates soient mises à disposition pour la mise en œuvre des activités du Forum sur la Gouvernance de l’Internet et que les Nations Unies endossent davantage le processus et ses résultats ;

e) que davantage de ressources informationnelles majeures et fondamentales du site du FGI soient transcrites dans les différentes langues des Nations Unies ; ceci contribuera à une certaine démocratisation du FGI qui s’avère nécessaire pour faciliter la participation effective de tous les acteurs ;

f) que le FGI sensibilise davantage les autres acteurs de la gouvernance de l’internet au niveau international, pour la mise que des actions concrètes envers les pays les moins avancés ;

g) que les différents acteurs africains de la gouvernance de l’internet, y compris l’ensemble de la société civile africaine, puissent activement jouer leur rôle dans ce domaine, notamment en prévision de la réunion du FGI qui se tiendra en Afrique en 2009 ;

h) qu’un appel pressant soit lancé, dans les documents finaux devant sanctionner la rencontre Hyderabad, envers les gouvernements des pays les moins avancés, afin qu’ils initient ou soutiennent de façon de plus décisive, des activités nationales structurées pour renforcer la gouvernance de l’internet ; en effet, jusqu’à présent, peu de gouvernements ont mis en place des stratégies cohérentes et holistiques sur ces questions en Afrique par exemple ;

i) que dans cet appel, il soit rappelé aux gouvernements africains, que les stratégies nationales doivent être mises en oeuvre sur la base des principes du SMSI, en particulier avec l’inclusion et la prise en compte des acteurs de la société civile ; à ce jour en Afrique, ces principes sont peu suivis ;

j) les processus d’évaluation du FGI doivent se réaliser dans un cadre multilingue, afin de permettre la prise en compte de toutes les préoccupations des acteurs au niveau mondial.

En outre, le réseau ACSIS

4) lance également un appel à toute la société civile internationale, au Secrétariat du FGI et aux organisations internationales, afin qu’un forum de la société civile sur la gouvernance de l’internet soit organisé avant la tenue de la réunion annuelle du FGI en Egypte en 2009 ;

5) demande enfin expressément au Secrétariat du FGI, de sensibiliser les autorités indiennes sur la nécessité de faciliter les formalités de visa pour la participation à la rencontre d’Hyderabad ;

6) demande au Secrétariat du FGI secrétariat de FGI de renforcer la mobilisation des ressources afin de mettre de mettre à la disposition des membres de la société civile des pays Sud et en particulier ceux d’Afrique, un nombre suffisant de bourses de participation à la rencontre d’Hyderabad.

7) félicite le Secrétariat du FGI pour tous les efforts qu’il entreprend pour la réussite du Forum sur la Gouvernance de l’Internet.

12 septembre 2008.

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