MATIERES PREMIERES: Dollar Index : correction technique ou changement de tendance ?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 septembre 2008

Gabriel André

La corrélation dollar/matières premières toujours d’actualité…
Le Dollar Index, vous le savez, est un indice qui mesure la valeur du dollar américain contre un panier de devises (euro, yen, livre sterling, dollar canadien, couronne suédoise et franc suisse).

Cette année, l’indice a touché des plus bas historiques puisque le billet vert a été vendu massivement pendant que les prix des matières premières explosaient à la hausse. La corrélation négative entre le dollar et les commodities se vérifie encore, mais cette fois-ci dans l’autre sens. Entre mi-juillet et mi-août, les corrections observées sur les marchés ont confirmé cette corrélation.

Fondamentalement, les perspectives économiques n’ont pourtant pas changé. C’est la perception des investisseurs qui a changé. Et dans ce cas, ce sont les charts qu’il faut scruter avec attention et l’analyse technique qu’il est intéressant d’utiliser.

Premier excès : trop bas, trop vite
En fait, le marché a subitement considéré que le dollar était tombé trop bas trop vite. De plus, le contexte économique de son concurrent, l’euro, est très difficile. Ce n’est pas nouveau certes, mais les derniers chiffres montrent que les pays de l’Euroland vont devoir lutter ferme contre les effets conjugués d’une croissance faible et d’une inflation forte.

Second excès : la surévaluation
Les investisseurs, parallèlement, se sont aussi aperçu que les prix de l’énergie et des autres actifs tangibles — comme les métaux précieux et de base — étaient sans doute surévalués. Les craintes d’une demande asiatique en repli et des prises de profit ont fait récemment pencher la balance en faveur des vendeurs.

Les niveaux chartistes montraient clairement des configurations long terme de survente sur le dollar. Ainsi, entre le haut de juillet 2001 à 124,36 points et les deux récents points bas d’avril et de juillet derniers, le Dollar Index a perdu plus de 42% de sa valeur.

Où en est-on maintenant ? Est-ce que le retracement va se poursuivre dans les semaines qui viennent ?

Jetons un oeil au graphique moyen terme.
Grosso modo, le Dollar Index est donc en chute libre depuis juillet 2001. La seule contre-tendance significative de ces sept années a eu lieu en 2005, année où le dollar s’est apprécié contre l’ensemble des devises.

cours de l’or en dollar
Evolution du Dollar Index depuis début 2005

Depuis le dernier trimestre 2006 et jusqu’à très récemment, une nouvelle phase baissière sur le billet vert a propulsé l’indice vers des plus bas historiques. Cette phase baissière correspond au boom mondial des matières premières.

Un double-bottom favorise un rebond technique…
Ces points bas sont ceux du 22 avril dernier, à 71,45 (point B sur le graphique). L’indice a légèrement rebondi puis a rechuté vers ce point bas moins de trois mois plus tard, le 15 juillet dernier (point C). Il a depuis fortement rebondi jusqu’au niveau des 77,5 points, autour desquels il gravite ces derniers jours.

cours de l’or en dollar
Evolution du Dollar Index sur un an

Les points bas d’avril et de juillet, tous deux suivis de rebonds, forment ce que l’on appelle un « double-bottom », ou « double-creux ». Cette figure chartiste constitue un solide support pour l’évolution des cours. L’indice a rebondi effectivement de 8% en un peu plus d’un mois mais il devrait probablement baisser à nouveau prochainement.

Pour l’instant, le fondamental ne suit pas encore
En effet, le récent rebond n’est pas durable car essentiellement technique. Pour que le billet vert reprenne des couleurs à long terme, il faudrait plus que cela. Il faudrait que de nouveaux fondamentaux économiques incitent les gros flux de capitaux à acheter du dollar : ce n’est pas (encore ?) le cas.

Pour l’instant donc, le rebond technique n’est pas encore une tendance. Une tendance est toujours constituée d’une succession de vagues, suivie de mouvements de corrections. Il est donc trop tôt pour parler de mouvement haussier de long terme pour le dollar.

Plusieurs arguments font pencher la balance pour une baisse du Dollar Index à court terme
Tout d’abord, les oscillateurs techniques montrent que la hausse récente a été très rapide sur un laps de temps très court, il y a donc une configuration de surachat qui devrait mécaniquement générer une baisse corrective. Le RSI (Relative Strength Index) a ainsi déclenché un signal baissier après être monté jusqu’à 85 puis après avoir cassé à la baisse le niveau de 70.

Les acheteurs de dollar, pour la plupart des traders court terme qui ont eu le nez creux de passer long sur les plus-bas de mi-juillet, ont déjà commencé à prendre leurs bénéfices. Les autres, ceux qui sont vendeurs de dollar depuis plus longtemps, ont là une occasion de moyenner leurs positions à la baisse.

Parallèlement, la hausse de l’indice a buté sur un niveau de résistance assez classique sur les marchés de devises : les ratios de Fibonacci.

La semaine dernière, les cours ont buté sur le niveau de retracement de 38,2%, c’est-à-dire que le rebond a corrigé 38,2% de la dernière tendance baissière significative (ici les points extrêmes de cette baisse sont le plus-haut du 13 octobre 2006, point A, et le plus-bas d’avril dernier, point B).

Un repli et une consolidation probables
Toutefois, la plus grosse résistance se situe un peu au-dessus, au niveau de 78,5 points, qui a été un plus-bas significatif en 2004 (point D). Vous le savez, en analyse technique, les anciens bas deviennent les nouveaux hauts et vice versa. Ce niveau devrait donc être difficile à franchir en l’absence de données fondamentales qui puissent donner un véritable momentum au Dollar Index.

Un scenario de repli vers 75 est donc probable, ce qui corrigerait la forte hausse de ces dernières semaines. Ensuite, les investisseurs vont écouter attentivement les déclarations des banques centrales et scruter minutieusement les dernières statistiques économiques pour éventuellement créer une nouvelle tendance.

Les Etats-Unis ne sont pas en grande forme économique et financière, l’Europe non plus. Tant que rien ne bouge côté macro-économique, une phase de consolidation entre 71 et 78 est le plus probable.

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MATIERES PREMIERES: La course aux gisements pétroliers nous ouvre des opportunités

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 3 septembre 2008

Isabelle Mouilleseaux

Le secteur parapétrolier est sans aucun doute un secteur porteur. La tendance long terme de la demande de brut est clairement haussière, ce qui pousse les producteurs à investir dans l’exploration de nouveaux gisements. Alors pourquoi ne pas profiter du passage à vide du pétrole pour ausculter ce secteur de plus près, faire le tri et sélectionner les meilleures valeurs ? Il n’y aura ensuite plus qu’à investir au moment le plus opportun…

Renouveler coûte que coûte les réserves pétrolières…
Voilà l’un des principaux enjeux stratégiques des compagnies pétrolières. Leur survie à moyen long terme en dépend. Elles le savent…

Les états producteurs ne sont pas en reste : trouver de nouveaux gisements est une nécessité pour asseoir leur puissance économique et, de plus en plus souvent, politique.

Conséquence : une course effrénée aux nouveaux gisements est lancée tout autour de la planète. Même les gisements jusqu’ici totalement délaissés, car non rentables il y a quelques années encore, sont étudiés dans les plus petits détails.

Pour l’instant, on trouve encore…
On découvre de nouveaux gisements, régulièrement. En général ils sont de petite taille. Mais il y a des exceptions, comme cette énorme nappe découverte au large du Brésil à 5 000 mètres de profondeur sous la mer. Il y aurait également d’importantes quantités de brut sous les glaces de l’Arctique, et dans le sous-sol canadien sous forme de sables bitumineux…

Déployer des moyens technologiques impressionnants
Pour y accéder, il va donc falloir déployer des moyens technologiques impressionnants (dans certains cas de figure, les technologies n’existent pas encore !) afin de creuser et forer dans des conditions de plus en plus difficiles et pour transformer ces gisements en pétrole exploitable.

On le fait déjà, me direz-vous, certes. Heureusement, dans la plupart des cas, les gisements nouveaux sont accessibles avec les technologies actuelles.

Mais il faudra aller encore plus loin si l’on veut extraire le brut des mers du Brésil ou des glaces de l’Arctique, en misant sur des technologies encore plus pointues.

Tous ces investissements technologiques sont gigantesques en amont… et se chiffrent en milliards d’euros à l’échelle de la planète.

Puis il faudra installer des oléoducs et des gazoducs
Ce sont eux qui transportent le brut et le gaz sur des milliers de kilomètres, des pays producteurs vers les pays consommateurs. Depuis les terres et les mers hostiles vers les centres névralgiques.

Trois millions de kilomètres de pipelines en tous genres sillonnent ainsi la planète. Des pipelines dont le diamètre peut atteindre plus d’un mètre et qui amènent des millions de mètres cube de pétrole ou de gaz vers les ports d’embarquement et les raffineries.

25 000 km par an
Etant donné la hausse de la demande ces dernières années, les besoins en canalisations se développent rapidement. North Stream, South Stream, BTC… et tant d’autres ! Chaque année, on construit quelque 25 000 km de pipelines.

Ces canalisations peuvent être souterraines, en surface, ou installées sous la mer. Elles sont dotées de pompes puissantes visant à propulser le méthane et le brut vers leur destination.

Jetez donc un oeil au secteur
Vous vous êtes certainement déjà posé la question de savoir qui produit ces pipelines, ces pompes, les matériaux et équipements de forage, les canalisations sans soudure…

Les sociétés du secteur parapétrolier sont assises sur une mine d’or, tant la demande est forte et restera forte dans les années à venir. Leur avenir est très positif en termes d’activité. Car ce qui manque le plus en ce moment, ce ne sont probablement pas les gisements mais les prestataires de services qui permettent d’y accéder. D’où l’envolée des prix des prestations des dernières années, confrontation de l’offre et de la demande oblige…

Profiter du repli des cours du brut
Du point de vue de l’investissement, étant donné les fortes variations actuelles du cours brut, j’aurais tendance à privilégier les prestataires aux producteurs.

Le repli des cours du brut est sans doute une bonne occasion pour faire le tour de ces prestataires. Autant profiter du repli actuel des cours (auxquels les prestataires sont corrélés) pour faire sa sélection et être prêt à se positionner au moment le plus opportun sur ce secteur porteur.

Le brut à 108 $ et l’euro/dollar sous les 1,45
En attendant, au moment où je vous écris, le baril vaut 108 $ — il a cassé le support des 110 $ qui avait jusqu’ici bien résisté. Gustav s’est finalement transformé en simple tempête tropicale et les dégâts ont été limités. Rien à voir avec Katrina, heureusement. La pression est levée.

Parallèlement, l’euro/dollar est passé sous les 1,45 à 1,4493. Les spéculations quant à une baisse probable du taux directeur de la BCE jeudi vont bon train ! Nous verrons bien…

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Dans le domaine des TIC,Qu’est-ce que l’usurpation d’identité ?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 30 août 2008

L’usurpation d’identité est une forme d’activité criminelle. Des usurpateurs d’identité tentent d’obtenir frauduleusement des informations personnelles, telles que vos mots de passe, vos détails de comptes bancaires ou les numéros de vos cartes de crédit, en se faisant passer, via un message apparemment officiel, pour les représentants d’une société.
spy icon
Usurpation d’identité par message électronique
est une activité en ligne criminelle menée par des cybercriminels ;
est une tentative visant à vous forcer à révéler des informations personnelles telles que vos mots de passe ou vos numéros de comptes ;
peut conduire à l’usurpation de votre identité ;
peut provoquer la disparition du contenu de vos comptes bancaires ;
peut mener à une utilisation frauduleuse de vos cartes de crédit ;
peut être à l’origine de la vente de vos informations personnelles à un autre criminel, qui pillera vos comptes avant que vous ne vous rendiez compte du problème.
Comment l’usurpation d’identité par message électronique fonctionne-t-elle ?
Les criminels tentent de pousser les consommateurs à révéler leurs mots de passe et leurs numéros de compte en leur envoyant des messages avec des liens vers des faux sites Web qui ressemblent à s’y méprendre au site d’une compagnie connue. Les banques en sont les premières victimes.
Comment éviter d’en devenir la victime ?
Achetez un logiciel de sécurité qui vous protège contre l’usurpation d’identité.
Achetez un logiciel de sécurité avec un contrôle de la sécurité des sites Web.
Ne répondez jamais à un message que vous n’avez pas sollicité et qui vous invite à « vérifier » ou à « confirmer » des informations sur votre compte.
Méfiez-vous des messages qui vous demandent de fournir vos numéros de comptes bancaires ou de cartes de crédit.

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De l’air pour les compagnies aériennes ?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 30 août 2008

Ingrid Labuzan

Avec la hausse du prix du pétrole, le secteur aérien a connu l’une des plus graves crises de son histoire, pire encore qu’après le 11 septembre. Licenciements, suppressions de lignes, surcharges carburant et même faillites ont rythmé le début de l’année.

Les petites compagnies et les low cost ont pris de plein fouet la hausse du carburant et la diminution du nombre de voyageurs à mesure que les prix des billets augmentaient. Les grandes compagnies n’ont pas non plus été épargnées. Ainsi, British Airways a vu ses bénéfices plonger de 90% au premier trimestre 2008, alors que le prix du carburant augmentait de 49%. Cette année, la compagnie anglaise ne table que sur un maigre 3% de croissance de son chiffre d’affaires. Son président, Willie Walsh, s’inquiète de ce « pire environnement que l’industrie ait jamais connu ».

Avec la baisse des prix du pétrole, le cours des actions des compagnies aériennes remonte. Est-ce suffisant pour se laisser tenter ?

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Le coin des optimistes
Mi-juillet, les contrats à terme sur le pétrole atteignaient 150 $. Une calamité pour les compagnies aériennes, dont beaucoup avaient fonctionné cette année avec du pétrole négocié parfois à 60 $. Un mois plus tard, ces mêmes contrats se négociaient autour de 112 $. Il n’en fallait pas plus pour faire remonter le cours des actions des compagnies aériennes. L’United States Airlines Index réagit désormais à l’inverse des cours du pétrole. Quand ce dernier perd 12%, l’indice des compagnies aériennes américaines grimpe de 13%.

Pour certains, la récente chute du prix du carburant marque un nouveau tournant dans le secteur aérien. La fin des soucis. Parmi les optimistes se trouve la banque américaine Morgan Stanley. Elle estime que le secteur aérien pourrait à nouveau engranger des bénéfices dès 2009. Un miracle rendu possible grâce à la baisse du pétrole et à la combinaison des efforts fournis par les compagnies : se débarrasser de leurs vieux avions, augmenter le prix des billets, faire payer des services jusqu’alors gratuits, limiter le poids des bagages… Autant d’astuces plus ou moins efficaces pour limiter les coûts.

La bande des pessimistes
La baisse du coût du carburant est réelle. Cependant son prix reste à un niveau nettement supérieur à celui auquel les compagnies aériennes étaient habituées. En effet, elles achètent leur fuel grâce à des contrats à terme. C’est-à-dire qu’elles se sont engagées à acheter à l’avance et à prix fixe une importante quantité de carburant. Ces contrats ont été établis, pour certains, à une époque à laquelle le baril coûtait entre 75 et 85 $. Nous sommes bien en-dessous des 112 $ qui réjouissent aujourd’hui les actionnaires des compagnies aériennes.

Pour certaines compagnies, ces contrats sont aujourd’hui parvenus à terme. En revanche, d’autres compagnies en bénéficient encore et pourraient voir leurs dépenses exploser quand ils seront révolus.

IATA, l’Association internationale du secteur aérien, estime que 40% des compagnies aériennes bénéficient encore de contrats à terme avantageux. Autant de sociétés dont il faudra à l’avenir se méfier. IATA considère d’ailleurs que vingt nouvelles compagnies, en plus de celles ayant fait faillite depuis le début de l’année, présentent un risque financier élevé.

Plus gros, plus fort
Dans le secteur aérien, la tendance est au regroupement, suivant la maxime qui affirme qu’à plusieurs, on est plus fort. Trois compagnies aériennes majeures tentent de mettre en place une alliance : American Airlines (AA), British Airways (BA) et Iberia. Dernière barrière à leur ambition, les lois antitrust américaines. Avec une telle alliance, AA et BA auraient enfin accès au marché d’Amérique latine, où ils ne sont, pour l’instant, que des acteurs mineurs.

D’autres compagnies ont déjà scellé des accords, comme Delta et Air France-KLM. L’association entre AA, BA et Iberia inquiète cependant ses concurrents. Virgin craint l’émergence d’un « méga-pouvoir » qui monopoliserait toutes les routes aériennes au dessus de l’Atlantique au départ de deux pays européens majeurs.

Avec la hausse des prix du carburant, l’émergence de « mégas compagnies aériennes » pourrait devenir une réalité. Rien ne saurait remplacer le fuel pour faire voler nos avions dans les vingt ans à venir.

A côté des gros A380 pourrait naître une tendance inverse : à l’avenir, les avions pourraient perdre en taille. Plus petits, plus légers, ils consommeraient moins de carburant.

Les investisseurs les plus aventuriers peuvent miser sur les actions des compagnies aériennes afin de réaliser des profits sur du court terme. Sur du long terme en revanche, ce secteur sera sans doute à nouveau chahuté et devra réfléchir à son modèle de développement.

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La grève des médecins du secteur public en RDC est bien suivie

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 août 2008

La grève des médecins pour des augmentations salariales était bien suivie mardi dans les hôpitaux publics de la République démocratique du Congo (RDC), des malades étant priés de quitter les lieux.

Le Syndicat national des médecins (Synamed), qui a lancé lundi ce mouvement, exige une amélioration des conditions salariales des médecins conformément aux engagements pris en janvier 2008 par le gouvernement et qui ont permis de mettre fin à une grève « sèche » (sans service minimum) dans les hôpitaux publics du pays.

« A Kinshasa, tous les médecins des hôpitaux publics ont suivi notre mot d’ordre », a affirmé mardi à l’AFP le secrétaire exécutif du Synamed, Mankoy Badjoky.

Dans cette mégalopole de quelque huit millions d’habitants et qui compte une dizaine d’hôpitaux publics, des malades ont dû quitter l’Hôpital Général, le plus important du pays avec ses 2.000 lits, pour aller poursuivre leurs soins dans des centres privés.

Les nouveaux malades ne sont pas admis dans cet établissement, situé au centre-ville.

Seuls les cas très graves n’ont pas été priés d’évacuer les lieux, a indiqué à l’AFP le médecin-directeur de l’Hôpital Général, le Dr Dieudonné Diabeno.

« Un service minimum a été mis en place dans chaque département et service pour s’occuper des cas d’extrême urgence », a-t-il affirmé.

Le Synamed affirme avoir demandé aux responsables des hôpitaux publics d’ « organiser des services minimums ».

La même situation a été observée à l’Hôpital Roi Baudouin de Masina, un grand quartier populaire de l’est de la capitale congolaise.

Dans les provinces du Bas-Congo et du Bandundu (ouest) ainsi que dans la Province orientale et celle du Nord-Kivu (est) la grève est également bien suivie, selon des sources médicales locales contactées par l’AFP.

Dans deux autres provinces, le Katanga (sud) et le Sud-Kivu (est), le mouvement n’avait pas encore commencé mardi.

Les médecins exigent un « salaire décent », de l’ordre de 320.000 francs congolais (580 USD), le paiement d’une prime « de risque », l’apurement d’arriérés et la régularisation du statut de médecins vacataires.

Actuellement, un médecin congolais touche un salaire mensuel de 119.000 francs congolais (216 USD), prime de risque comprise.

Au cours des négociations de janvier, le gouvernement s’était engagé à chercher un « crédit supplémentaire » de 2 milliards de francs congolais (3,6 millions de dollars) pour augmenter les salaires des médecins « à partir de juillet ». Ce qui avait permis de mettre fin à un mouvement de grève déclenché en 2007.

Dans un message diffusé mardi dans les médias, le ministre de la Santé Victor Makwenge a rappelé « les conséquences regrettables » du mouvement de 2007 et appelé les grévistes à « poursuivre avec patience, abnégation et dans la sérénité le dialogue avec le gouvernement pour que des solutions durables soient trouvées ».

Selon M. Makwenge, cette nouvelle grève ne se justifie pas car « beaucoup de questions ont été résolues par le gouvernement entre janvier et août 2008″ notamment le paiement des arriérés des primes des médecins à Kinshasa ainsi qu’en province.

Il a évoqué les « temps difficiles » que traverse l’économie du pays jugeant « hâtif » l’argument du Synamed qui accuse le gouvernement de non respect des engagements.

Mardi, le Synamed a réaffirmé sa détermination de poursuivre la grève si le gouvernement ne répond pas aux revendications salariales des médecins.
CongoOne, Mise en ligne le 19-08-08

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Choisir l’avenir, bâtir l’indépendance

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 22 août 2008

Par Kä Mana

Plus je réfléchis sur l’indépendance qui a été octroyée au Congo par la Belgique en 1960, plus il me devient clair qu’elle n’a pas à être considérée comme un repère majeur à célébrer dans la vie de notre nation. J’ai acquis la conviction qu’il n’est pas nécessaire d’en perpétuer la mémoire de manière positive ni d’en revitaliser avec joie le contenu devant les tâches qui s’imposent à notre pays maintenant.

Nous le savons tous et toutes : cette indépendance n’en a pas été une, ni du côté de la Belgique, qui n’a jamais cru en un transfert global de destin aux Congolais, ni du côté des Congolais, qui n’ont jamais réfléchi profondément à ce qu’être indépendants devait signifier pour nous.

S’il y a un quelconque sens à donner aujourd’hui à la journée du 30 juin 1960, il consiste à mettre en lumière le marché ambigu et faux que l’autodétermination politique du Congo fut dès le début de la première République. Il consiste aussi à penser radicalement les conditions d’une indépendance réelle pour nous maintenant. Il consiste enfin à poser les bases d’une nouvelle société à bâtir, à partir des leçons que nous devons tirer de notre expérience malheureuse de près de cinquante ans de pseudo-autonomie globale.

En fait, toute notre réflexion devrait nous conduire à prendre conscience du fait que notre indépendance est devant nous et non derrière nous. Elle est en nous non pas comme un don reçu ou une victoire arrachée il y a quelques décennies, mais comme une exigence indestructible à assumer maintenant, un projet vital à accomplir face à l’avenir, dans un contexte mondial dont nous devons maîtriser les arcanes pour ne pas continuer à célébrer chaque année la coquille vide du 30 juin 1960.

UN LEURRE FUNESTE POUR NOTRE PAYS

Il est frappant de constater que l’indépendance qui nous fut octroyée ce jour-là a été pensée et célébrée en termes essentiellement politico-politiciens, ou plus exactement, dans un jeu de dribles dont les cérémonies mêmes de célébration de notre autodétermination ont manifesté l’ambiguïté et la fausseté.

Ce fameux jour de notre libération, le Roi des Belges, Baudouin I, fit un discours d’une effarante incongruité : il présenta l’indépendance du Congo comme l’aboutissement d’un long processus de civilisation lancé par son valeureux ancêtre Léopold II, pour le bien des Congolais. Il magnifia l’œuvre civilisatrice de la Belgique dont il tirait gloire. Il prétendit, avec l’inauguration de notre indépendance, ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre la Belgique et notre nouvelle République, pour le grand bonheur de nos deux peuples.

Pour qui pouvait savoir lire entre les lignes des euphémismes diplomatiques du Souverain belge, une telle falsification de l’histoire ne pouvait être qu’un discours à double sens. Il visait, en un premier sens, à apaiser l’inquiétude des Belges en leur disant que la nouvelle période qui commençait ne serait pas différente de la précédente, dans la mesure où la grande œuvre civilisatrice continuerait selon les mêmes rapports des forces. En un deuxième sens, il s’agissait d’endormir quelque peu les Congolais en leur faisant comprendre que leurs colonisateurs ne leur voulaient que du bien, pour le meilleur des destins possibles.

A ce mensonge, le premier président du Congo indépendant, Joseph Kasavubu, répondit par un mensonge plus monumental encore : il fit semblant de faire la même lecture de l’histoire congolaise que le Souverain belge. Il fit semblant de voir le présent et l’avenir sous les mêmes auspices et de vouloir s’inscrire dans les mêmes horizons d’une vie paisible entre le Congo et le Royaume de Belgique. Il obéissait ainsi aux règles d’une diplomatie où les mots doivent demeurer ambigus et garder une aura feutrée qui ne choque personne, surtout pas un hôte de marque comme l’était Baudouin I ce jour-là.

Patrice Emery Lumumba crut jouer le jeu de la vérité en présentant l’indépendance comme l’aboutissement d’une haute et grandiose lutte, le fruit de l’héroïsme du glorieux peuple congolais. Il pensait ainsi l’autodétermination de notre peuple sous le modèle de quelque chose qui s’arrache, et beaucoup moins comme une réalité qui se construit selon une durée déterminée par l’avenir, dans une volonté ferme de se confronter résolument à des tâches où la politique en tant qu’action pour la liberté n’aurait de sens que si elle est adossée aux exigences de ce que Hannah Arendt appelle le travail et l’œuvre. C’est-à-dire la capacité de répondre par soi-même et pour soi-même aux besoins primaires de la vie (se nourrir, se vêtir, se loger, éduquer ses enfants) et l’ardeur de construire un monde qui dure, une culture et une civilisation dont les réalisations dépassent la simple durée de la vie humaine. En ne comprenant pas que travail, œuvre et action se rythmaient ensemble, Lumumba montra sa cécité politique et l’incapacité, qui le caractérisa tout au long des mois suivants, de comprendre que la cérémonie du 30 juin n’était qu’un vaste théâtre tragi-comique. Plus tragique que comique d’ailleurs, dans la mesure où s’y cachaient plus que ne s’y révélaient des contre-sens dont nous ne sommes pas encore sortis : nous célébrions une indépendance sans disposer de réelles capacités d’indépendance ; nous solennisions une libertés sans disposer de bases mêmes de la liberté ; nous nous attachions à l’ombre pendant que la proie nous échappait. Pour avoir manqué l’intelligence capable de saisir ces réalités et de déceler les vraies intentions de la Belgique dans le monde tel qu’il fonctionnait en 1960, Lumumba s’offrit à l’immolation sur l’autel des intérêts occidentaux, poussant ainsi les Belges et ses alliés à ajouter à la falsification de l’histoire un crime abominable qui hante, aujourd’hui encore, toute la mémoire congolaise et toute la conscience de l’humanité : l’ignoble assassinat du premier ministre congolais et de ses compagnons, Okito et Mpolo.

Les élites congolaises de cette époque, les fameux « évolués », qui n’étaient dans l’ensemble que des petites « fabrications » des colons pour des tâches subalternes, voyaient dans l’indépendance l’occasion de remplacer leurs « maîtres et seigneurs » : d’habiter leurs maisons, de chausser leurs bottes, de manger leurs mets, de boire leurs boissons, de rouler dans leurs voitures, d’imiter leurs manières, de jouir des mêmes avantages qu’eux et de bénéficier eux-mêmes du statut de « maîtres et seigneurs » face aux populations.

Quant au peuple congolais dans son ensemble, il chantait et dansait l’indépendance dans un contre-sens abyssal : il ne savait pas de quoi il s’agissait, il croyait entrer dans l’ère nouvelle de l’insouciance, de la farniente jubilatoire et de la vie éternellement jouissive, avec des princes prestidigitateurs noirs qui transformeraient la terre congolaise en un Eden éblouissant.

Le malentendu était donc total entre les protagonistes du 30 juin 1960. Entre le double langage du Roi belge, la roublardise du président congolais, la naïveté d’un premier ministre imprudent, l’étourderie des « évolué » impatients et la liesse béate d’un peuple complètement inconscient de ce qui se passait sous ses yeux, le dialogue qui se tissait était pire qu’un dialogue des sourds : c’était un marché des dupes, une séance d’abracadabras voudouvoudouesques.

Quel nom peut-on donner à une indépendance obtenue dans ces conditions ? Un leurre. Un leurre piteux et pitoyable, dont les Belges surent tirer les ficelles en vidant notre autodétermination politique de tout contenu, de toute substance, de tous sens.

Parce qu’ils avaient bel et bien entendu le discours de leur souverain, ils savaient qu’ils venaient de nous « fourguer » une coquille vide. Ils savaient surtout que nous n’avions ni les moyens militaires, ni les forces intellectuelles, ni la maîtrise économique et administrative nécessaire à la gestion d’un Etat moderne. Ils savaient que nous venions d’entrer dans l’ère de la néo-colonisation. Et ils mirent tout en œuvre pour que cette ère leur soit bénéfique : ils divisèrent nos leaders, ils assassinèrent ceux qui voulaient l’indépendance réelle et ils inventèrent Mobutu, le symbole de la nouvelle ère de dictature de plomb dont nous allions souffrir trois décennies durant. Ils bénéficiaient pour cela d’un atout de taille . l’Occident dans son ensemble, dans le contexte d’une guerre froide où notre pays représentait un enjeu géostratégique de première importance. C’est ainsi que de l’indépendance, nous n’eûmes que le nom. Le nom, et rien d’autre qui aurait pu nous donner à vivre notre vie nationale sous d’autres auspices que ceux de la domination coloniale sous la férule d’un nouveau « roi nègre », le démoniaque génie de Gbadolite.

LE PROJET QUI FUT DETRUIT

Ne croyez pas que nous fûmes tous dupes. Certains parmi les acteurs sociopolitiques de ce temps-là ont eu l’idée exacte de ce dont il s’agissait dans l’enjeu de l’indépendance et qui fut trahi dès le 30 Juin 1960. Je pense particulièrement à ceux qui composèrent notre hymne nationale. Il y a dans cette hymne un vrai projet de nouvelle société, placé sous le mot d’ordre : «Debout congolais !».

Se mettre debout, «dresser nos fronts longtemps courbés», prendre «le plus bel élan dans la paix», peupler « notre sol » et assurer « sa grandeur », c’est de cela qu’il s’agissait, et nous n’avons réalisé rien de tel depuis ce 30 juin du « beau soleil », ce « jour sacré de l’immortel serment de liberté » que nous étions censés léguer « à notre postérité pour toujours ». Nous n’avons pas compris que nous étions « unis par le sort » non pas pour une fiction de liberté dans le contexte néo-colonial où les Belges et les Occidentaux nous mèneraient constamment en bateau, mais pour bander nos forces créatrices « dans l’effort pour l’indépendance ». Elle est capitale, cette expression « effort pour l’indépendance ». Aux premières heures de notre volonté d’autodétermination, il nous fallait comprendre qu’il ne s’agissait pas de nous installer dans un quelconque état de béatitude octroyée ou arrachée, mais d’assumer une destinée et de construire un destin, avec ce que cela exige de « labeur » et d’élan « ardent » pour « bâtir un pays plus beau qu’avant ».

Les compositeurs de notre hymne nationale, Boka et Lutumba, nous proposaient ainsi une rupture. En revanche, les Belges nous imposaient une continuité.

Les élites et le peuple choisirent, consciemment ou inconsciemment, de s’inscrire dans la continuité en jouant le jeu de divisions, de sécessions, de tribalismes stupides, de guerres civiles et, au bout de tout, d’acception de la dictature mobutiste comme cadre de notre sort néo-colonial, le tombeau de notre indépendance.

Les valeurs qui devaient être celles d’une véritable liberté, nous n’avons pas pu les forger. Nous n’avons pas pu vivre conformément au projet de notre hymne nationale ni nous donner la force de mesurer constamment notre situation à l’aune de la vision que les plus visionnaires d’entre nous avaient de notre destinée et de notre avenir.

Notre drame a été de n’être pas entrés véritablement dans ce projet et de n’avoir pas pu en incarner les exigences. Mais le pouvions-nous ?

CONDITIONS POUR UN DESTIN D’INDEPENDANCE

Je ne crois pas que nous le pouvions. Pour être à la hauteur d’un tel idéal, il fallait situer le problème de l’indépendance au niveau le plus fondamental : celui de notre être même. Là, et non seulement à l’échelle de la « politicaillerie » indépendantiste où n’était engagé aucun effort de pensée sur ce que nous sommes réellement dans nos rapports avec nos colonisateurs devenus nos néo-colonisateurs.

Quand je me situe à cette échelle du fondamental, je comprends que le problème de l’échec de notre projet d’indépendance réside principalement dans nos systèmes de désir. Elites comme peuple, nous avons été pris dans un mimétisme du désir qui nous poussait à être et à vivre selon le mode de vie de ceux-là mêmes qui étaient nos « maîtres et seigneurs ». Il y avait en nous comme un envoûtement qui nous poussait à nous inscrire dans la perspective de faire de la Belgique notre modèle, et de l’Occident, notre guide, dans nos modes de vie. C’est à ce niveau que les Belges nous ont dominés et ont vidé notre indépendance de son ressort. A partir du moment où l’aspiration la plus profonde du Congolais était d’être comme le Belge et de rassembler à l’homme d’Occident, c’est de l’intérieur que nous étions piégés : la Belgique et l’Occident ne pouvaient pas sortir de nous ni partir de nos têtes. Nous étions comme des esclaves singeant leur maître, intériorisant ses valeurs et prenant ses normes comme la seule voie d’humanité. Pour un tel esclave, la liberté ne peut avoir aucun sens. Le Belge, l’Occidental, savait cela : il avait toujours en mémoire l’expérience des « évolués » qui étaient fiers d’avoir rompu avec les milieux coutumiers, d’avoir accédé au monde du Blanc dans une comédie de style « peau noire masques blancs », ce jeu dramatique où Franz Fanon voyait clairement comment l’aliénation anthropologique du nègre empêchait toute libération en profondeur. Il suffisait de continuer l’expérience en créant une nouvelle classe des maîtres noirs du Congo pour que le tour soit joué et la présence européenne en RDC assurée pour de longues décennies encore.

L’école néo-coloniale servit à cela. Les élites et le peuple y virent un moyen d’ascension sociale et le vivier où grandiraient des esprits brillamment aliénés et extravertis, qui allaient servir pour longtemps les intérêts des Blancs. L’astuce fut de mettre toutes les élites formées dans l’école occidentale entre les griffes d’une dictature brutale capable de les corrompre et de les dominer pour qu’il n’y ait pas d’indépendance du tout.

Je n’ai pas d’autre justification du régime de Mobutu que celle de cet ordre néo-colonial qui se nourrit du système d’aliénation et d’extraversion du peuple et des élites, pour mieux exploiter un pays fabuleusement riche. A partir du moment où un tel régime a pu s’imposer à nos esprits et mettre sur pied des mécanismes de coercition qui ne rendaient aucune véritable initiative de libération possible ; à partir du moment où les maîtres noirs du système local ont adopté le mode d’être du colonisateur et ont considéré son mode de vie et son système de l’argent comme le centre de tout ; à partir du moment où le peuple a intériorisé ce modèle et s’est laissé corrompre dans son être, l’indépendance n’avait aucun sens comme volonté d’être et de vivre par soi-même, de répondre soi-même aux problèmes que l’on affronte en puisant dans ses propres ressources intellectuelles, éthiques et spirituelles de quoi assurer la grandeur de son propre pays et son rayonnement dans le monde.

De Mobutu à la troisième République, nous sommes dans cette aliénation et dans cette extraversion de notre système du désir. Il suffit de voir comment la nouvelle classe politique, issue de l’invasion du pays par le Rwanda et l’Ouganda, s’est empressée de s’enrichir et de vivre à l’occidentale, pour savoir que c’est notre être même qui est pourri et qui est le vrai obstacle à notre indépendance. Aujourd’hui, du sommet de l’Etat à toutes les instances de nos institutions, l’enrichissement rapide et l’ostentation dans l’opulence sont devenus les symboles de la réussite. En le devenant, ils indiquent que nous sommes dans le système du profit individualiste et égoïste par lequel l’ordre néo-colonial a fabriqué des êtres sans solidité ni capacité d’être eux-mêmes parce qu’ils ne peuvent vivre qu’avec « l’argent des Blancs » qu’ils volent, détournent et dilapident en sacrifiant leur propre peuple. Ce peuple malheureux qu’ils ont hypnotisé en faisant miroiter devant lui les richesses d’une modernité sans solidarité.

L’aliénation et l’extraversion de nos désir impriment ainsi un type de mentalité et sécrètent une forme spécifique d’imaginaire : celui d’esclaves et de zombies. J’entends par là des hommes qui ne peuvent plus ni penser par eux-mêmes, ni agir par eux-mêmes, ni imaginer leur avenir par eux-mêmes. Mobutu, qui en était le prototype parfait les désigner par des expressions qu’il maniait avec dextérité sans jamais avoir le courage de se les appliquer à lui-même : des êtres ayant une « âme d’emprunt », qui parlent un « langage d’emprunt » et vivent, en fait, une « vie d’emprunt ». Une telle « personnalité d’emprunt », souvent caricaturale dans ses singeries, ne peut mener qu’une « politique d’emprunt » qui livre le pays aux intérêts américains et européens.

Quand c’est toute une société qui est atteinte de cette pathologie de « l’être d’emprunt », il n’y a pas d’autre expression pour désigner cette société que l’expression de « société imbécile ». Une société de moutons de panurge, qui ne sait ni s’organiser pour être libre, ni compter sur ses propres jambes pour se mettre debout, ni se donner des repères propres pour avancer, ni s’adosser sur ses propres normes pour affronter l’avenir. Une telle société ne peut qu’en arriver, comme le Zaïre de Mobutu, à « jouir » de la dictature en dansant pour le dictateur. Elle en arrive à mettre complètement sa foi et son espérance en lui, à l’aimer et à lui faire confiance quand celui-ci prétend la conduire au développement conçu comme l’appropriation du monde de vie du néo-colonisateur. C’est quand le dictateur, dans ses bouffonneries et ses mégalomanies délirantes ainsi que par sa politique erratique, conduit le pays à la faillite, que le peuple comprend enfin qu’il ne peut pas y avoir de développement en situation néo-coloniale, que développement rime avec liberté créatrice et avec organisation des énergies inventives, dans le cadre d’un projet d’indépendance qui vise l’être même de chaque citoyen, l’état mental de la société et la volonté de toute la nation pour sortir du système de néo-colonisation mentale et de ses chaînes socio-politico-économiques.

J’avais pensé que l’effondrement du pays sous le mobutisme nous avait ouvert les yeux sur ces réalités et qu’il pouvait nous servir de point de repère en vue d’imaginer une indépendance réelle pour notre pays. Lorsque j’ai vu comment le même système a repris le poil de la bête avec les nouvelles élites kabilistes, j’ai vite déchanté et j’ai orienté ma pensée vers la recherche de nouveaux ancrages capables de faire comprendre à toute notre nation que nous sommes devenus une société imbécile et qu’il faut maintenant, si nous voulons une vraie indépendance, lutter contre cette imbécillité.

En quoi consiste une telle lutte ? A poser les conditions d’une reconversion de nos désirs, d’une réorientation de notre imaginaire et d’une nouvelle organisation de nos institutions sociales et politiques en vue d’une libération profonde de nos énergies créatrices et inventives, loin de la coercition néo-coloniale.

La conversion de nos désirs. Il s’agit d’une dynamique de re-centralisation du sens de ce que nous voulons être sur nos capacités intérieures à répondre vigoureusement aux besoins liés aux trois pôles de la vie dégagées par Hannah Arendt : le travail pour répondre aux besoins primaires, l’œuvre pour construire une civilisation congolaise fondées sur des infrastructures, des institutions et des organisations qui durent et s’imposent comme nos créations où se manifestent notre génie, et l’action en tant qu’exercice de notre liberté comme personne et comme peuple. Personne et peuple qu’aucune personne ni aucun peuple ne peuvent dominer, soumettre, asservir ou manipuler de quelque manière que ce soit.

Perçue sous cet angle, notre indépendance est encore devant nous. Elle est à bâtir avec des personnalités complètement désaliénées, dont les référentiels mentaux et les dynamiques de l’imaginaire structurent l’ambition d’inventer un Congo d’engagement pour transformer notre société de fond en comble, grâce à des stratégies d’une révolution communautaire qui serait aux antipodes des diktats d’une mondialisation néo-libérale aujourd’hui triomphante non pas seulement dans le système profond de nos désirs, mais dans nos mentalité en tant qu’elles sont fragiles et impuissantes, extraverties et dominées : les mentalités d’hommes et des femmes dont le destin dépend des décisions des autres, particulièrement des « seigneurs et maîtres du monde » ainsi que de « petites mains du capitalisme » dont aime parler J.P. Mbelu dans ses analyses de notre situation.

Devenir indépendant, pour le peuple congolais, c’est opérer une révolution mentale de grande ampleur, où nous nous pensons, où nous nous percevons, où nous nous posons et imposons comme des êtres réellement et profondément libres, c’est-à-dire, créateurs de notre propre destinée, inventeurs de notre propre avenir, des Congolais et Congolaises « debout », « unis dans l’effort pour l’indépendance », dressant les « fronts » et prenant « l’élan » nécessaire pour casser les déterminismes et les fatalismes que l’ordre néo-colonial nous a imposés comme principes de mentalités.

De tels Congolais et Congolaises, il faut les engendrer encore, à travers un nouveau système éducatif centrée sur l’éthique de la « grandeur », éthique sans laquelle toutes nos utopies seront vaines et toutes nos espérances dénuées de sens.

L’éducation devient ainsi le moteur de l’indépendance, dans un système de formation humaine qu’il nous faut encore inventer sur la base des convictions fortes pour sortir de la société imbécile qui est la nôtre aujourd’hui : une société irrationnelle, incohérente, désorganisée, désarticulée, mentalement détraquée et paralysée par de multiples impuissances politiques, économiques, sociales, culturelles et spirituelles partout visibles à l’œil nu.

Face à une telle société, l’invention et la promotion d’une personnalité de confiance en nous-mêmes et d’initiatives pour changer les réalités présentes sont les véritables garanties de notre indépendance dans un monde comme celui dans lequel nous vivons. Un monde encore dominé par des compétitions féroces et d’implacables volontés de puissances au sein d’un ordre ultra-libéral qu’il nous faudra apprendre à affronter avec un projet alternatif d’une liberté fertilisée par des solidarités créatives, nos seules chances d’avenir. Cette indépendance-là, elle est encore devant nous comme une immense tâche et comme une grandiose espérance.
CongoOne, Mise en ligne le 27-06-08

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Immigration: quelle vie après le charter Paris-Bamako?

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 19 août 2008

Par Agnès Faivre | Journaliste | 19/08/2008 | 11H48

Expulsés par la France, les travailleurs sans-papiers connaissent des retours difficiles au Mali. Reportage.

Manif’ à Bamako contre l’expulsion d’immigrants par la France, en 2006 (Juan Medina/Reuters).

Au théâtre ce soir, des expulsés jouent leur propre rôle. Interpellation, garde à vue, centre de rétention, reconduite à la frontière, escorte, menottes… Sur scène, neuf personnages égrènent ces étapes du retour forcé sous forme de sketches. Nous sommes à Koulikouro, à une cinquantaine de kilomètres de Bamako.

Parce que le retour des Maliens refoulés est synonyme d’échec, ces comédiens d’un soir s’emparent du théâtre populaire, très ancré dans la tradition, pour exposer une autre facette de l’expulsé : celle du travailleur, soumis au durcissement de la politique d’immigration. Dans le public, Ousmane Diarra applaudit:

« Ici on est peu informé sur les lois des pays d’accueil. Beaucoup de familles pensent que leurs enfants sont renvoyés parce qu’ils ont commis des erreurs graves. Arrivés au pays, les expulsés se sentent comme des étrangers. »

Cet ancien travailleur migrant, lorsqu’il a été refoulé d’Angola en 1996, a créé l’Association malienne des expulsés (AME), pour défendre les droits des migrants. Avec une poignée de compatriotes expulsés d’Arabie Saoudite, de Zambie ou de France (« les Saint-Bernard »), ils cherchaient alors à recouvrer leurs biens dans les pays d’accueil. Aujourd’hui l’AME a élargi son champ d’action. Elle propose soutien humanitaire et permanence juridique aux nouveaux arrivants.

Des saint-Bernard pour aider les « piliers de familles » aux mains vides

Quatre millions de Maliens sont dispersés dans le monde ; « une véritable œuvre sociale ambulante » selon le président de la République du Mali Amadou Toumani Touré. La seule diaspora malienne en France injecte annuellement 180 millions d’euros au pays, un montant supérieur à l’aide publique au développement. Alors le débarquement d’un « pilier de la famille », les mains vides, est souvent mal perçu. Mamadou Keita a passé quatorze ans en France. A son retour il est resté plusieurs semaines terré chez une famille d’accueil à Kalabancoura, quartier proche de l’aéroport où transitent de nombreux refoulés. Impossible pour lui de se rendre chez ses parents, dans la région de Kayes:

« La première fois que j’ai envoyé de l’argent à la famille, c’est comme si j’étais devenu un homme… Arrivé ici, je me demandais ce que j’allais faire, sans relations, sans diplômes… »

Parmi les six membres permanents de l’AME, il est aujourd’hui secrétaire général. Un partenariat signé en 2006 avec la Cimade a donné lieu à un appui financier de 5 000 euros, et depuis juin 2007, l’AME est enfin plus opérationnelle. Elle dispose de deux petites pièces dans le quartier de Korofina, et d’un véhicule, qui permet à Mamadou Keïta de se rendre chaque soir à l’aéroport, où il propose une sorte d’accueil d’urgence aux expulsés. Ensuite, Innah Touré, secrétaire, s’entretient avec chacun d’eux: (Voir la vidéo.)

En 2002, 576 ressortissants maliens ont été refoulés par la France, contre 500 l’année d’avant. Pour le premier semestre 2008, on en compte déjà 351. Des chiffres qui pèsent de plus en plus lourd pour l’AME. Si elle répond aux premiers besoins, en termes d’hébergement, d’écoute, de conseil ou de soins médicaux en cas de violences policières, l’association se heurte à de nombreux écueils. A commencer par la réinsertion sociale des expulsés, dont la plupart ne pense qu’à regagner la France, légalement ou non.

Dans son bureau de fortune, Alassane Dicko, assistant technique, planche sur les recours juridiques possibles et soumet ses questions à la Cimade. Ils cherchent ensemble comment récupérer les biens et les salaires des expulsés. Il se concentrent aussi sur un phénomène qui a tendance à s’accentuer : le renvoi de travailleurs, pères de famille, et souvent mariés à des femmes françaises. Depuis les expulsions de Cachan en 2006, ce genre de cas s’est banalisé, comme l’observe Emma Chaouane, qui effectue son master de recherche en Sciences politiques à l’AME. (voir

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Première liaison directe optique sous-marine à haut débit entre le Royaume Uni et l’Inde

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 5 août 2008

Alcatel-Lucent retenu pour la construction du segment Atlantique-Méditerranée du réseau de câble sous-marin Europe India Gateway
A propos d’Alcatel-Lucent | Espace Presse | Communiqués de presse

Paris, le 31 juillet 2008 — Alcatel-Lucent (Euronext Paris et NYSE : ALU) a signé un contrat pour déployer le segment Atlantique-Méditerranée du réseau de câble sous-marin Europe India Gateway (EIG) d’une longueur de 15 000 kilomètres. EIG constitue la première liaison sous-marine haut débit à fibres optiques reliant directement le Royaume-Uni à l’Inde, ce qui améliorera significativement la capacité et diversifiera les voies d’acheminement entre les pays des trois continents. A l’issue du projet, dont l’achèvement est prévu au deuxième trimestre 2010, EIG offrira une capacité maximale de 3,84 Tbps, fournissant des facilités de transmission supérieures pour l’Internet, l’e-commerce et les services vidéo, voix et données.

EIG a été annoncé en mai 2008 à Londres par le consortium EIG. Ce consortium EIG comprend actuellement: AT&T, Bharti Airtel, BT, C&W, Djibouti Telecom, Du, Gibtelecom, IAM, Libyan Post, Telecom, and Information Technology Company, Mauritius Telecom, MTN Group Ltd, Omantel, PT Comunicações, S.A., Saudi Telecom Company, Telecom Egypt, Telkom SA Ltd et Verizon Business. Alcatel-Lucent est l’un des deux fournisseurs de ce projet dont la valeur dépasse les 700 millions de dollars.

EIG reliera trois continents avec des atterrages prévus au Royaume-Uni, Portugal, Gibraltar, Monaco, France, Libye, Égypte, Arabie Saoudite, Djibouti, Oman, Émirats Arabes Unis et Inde. En apportant la diversité requise pour un trafic haut débit qui repose à ce jour largement sur les parcours classiques entre l’Europe et l’Inde, EIG fournira également une interconnexion transparente avec d’autres systèmes de câbles majeurs reliant l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Nord.

Alcatel-Lucent aura la responsabilité globale réseau pour sa partie du système EIG. Alcatel-Lucent assurera la conception, la fabrication, l’installation, l’intégration et la mise en service du segment Atlantique-Méditerranée sur 7 100 kilomètres. Alcatel-Lucent utilisera son 1678 Metro Core Connect et déploiera son 1626 Light Manager (LM), la dernière génération d’équipement de transmission DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing) pour fournir une connectivité sans couture à 40 Gbps sur les deux liaisons terrestres du Royaume Uni et d’Egypte. La technologie d’Alcatel-Lucent donnera au réseau EIG des capacités de transmission du niveau térabit et accélèrera la livraison de services et d’applications haut débit.

« EIG sera doté de la technologie sous-marine la plus moderne pour nous aider à faire face à la croissance constante des taux d’adoption du haut débit et satisfaire nos clients avec des services de la plus haute qualité », a déclaré John Russel, Président du comité de direction du consortium. « Le savoir-faire clés en main d’Alcatel-Lucent et son avance technologique en matière de réseaux sous-marins nous permettra de répondre à la demande croissante d’applications innovantes, grâce à une infrastructure hautement flexible et évolutive. »

« EIG confirme la nécessité de diversifier les voies d’acheminement par câble et d’accroître la capacité afin de satisfaire la demande de bande passante requise pour prendre en charge le trafic haut débit », a ajouté Etienne Lafougère, Président des activités de réseaux sous-marins d’Alcatel-Lucent. « Ce nouveau contrat témoigne de la fiabilité de nos solutions sous-marines et de notre capacité à fournir tous les éléments d’un réseau de transport mondial. »

A propos d’Alcatel-Lucent
Alcatel-Lucent (Euronext Paris et NYSE: ALU) propose des solutions qui permettent aux fournisseurs de services, aux entreprises et aux administrations du monde entier d’offrir des services voix, données et vidéo à leurs propres clients. Leader dans les réseaux haut débit fixes, mobiles et convergés, les technologies IP, les applications et les services, Alcatel-Lucent développe des solutions complètes qui rendent possibles des services de communications innovants pour les utilisateurs, qu’ils soient chez eux, au travail ou en déplacement. Présent dans 130 pays, Alcatel-Lucent est un partenaire local avec une dimension internationale. L’équipe de service d’Alcatel-Lucent est la plus développée et la plus expérimentée de l’industrie. Le Groupe compte également l’une des plus grandes capacités de R&D dédiées aux communications. Alcatel-Lucent qui a réalisé des revenus de 17,8 milliards d’euros en 2007, est une société de droit français, avec son siège social à Paris. Pour plus d’informations, visitez le site d’Alcatel-Lucent à l’adresse http://www.alcatel-lucent.com

Contactez le service de presse d’Alcatel-Lucent: press@alcatel-lucent.com

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Halte à la destruction des forêts du Congo – Put an end to the destruction of the Congolese forests

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 4 août 2008

Merci d’avance de diffuser ce message dans votre entourage et de demander à vos connaissances de copier/coller le texte ci-dessous et de le poster aux adresses emails mentionnées

Thank you in advance to communicate this message to your friends and to ask them to copy/paste the text below and to email directly to the mentioned email addresses

——————————————————————

——————————————————————

TO :

info@danzerforestland.com

CC :

info@be.greenpeace.org;info@danzergroup.com;services@danzergroup.com;info@danzereuropeveneer.com;info@danzereuropeveneer.com;info@danzerservices.com;LCC@globalnet2.net;stavros.dimas@ec.europa.eu;Gerassimos.Thomas@ec.europa.eu;Antoine.Quero-Mussot@ec.europa.eu;Simon.Mordue@ec.europa.eu;Benoit.Le-Bret@ec.europa.eu;Odile.Beynet@ec.europa.eu;contactgreens@europarl.europa.eu;monica.frassoni@europarl.europa.eu;daniel.cohn-bendit@europarl.europa.eu;ian.hudghton@europarl.europa.eu;marie-helene.aubert@europarl.europa.eu;eva.lichtenberger@gruene.at;claude.turmes@europarl.europa.eu;vorzimmer.puk4@bundestag.de;auswaertiger-ausschuss@bundestag.de

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SUJET : Halte à la destruction des forêts du Congo – Put an end to the destruction of the Congolese forests

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A l’attention des responsables du groupe Danzer, de Greenpeace, de la Commission Européenne et des autorités allemandes

Ceux qui dévastent les forêts du Congo au nom de leur profit à court terme et du capitalisme contribuent activement à dégrader fortement notre environnement commun déjà mal en point…

Cela suffit ! Nous ne pouvons plus tolérer que nos sociétés ravagent notre bien commun.

Les institutions européennes ne peuvent plus fermer les yeux. Il est temps d’intervenir et de mettre de l’ordre.

La forêt du Congo est la dernière grande forêt au monde à ne pas encore être complètement ravagée par l’homme.

C’est trop tard pour l’Amazonie : l’extension de conversion des terres forestières en terres agricoles continuent …

Il n’est pas trop tard pour le bassin du Congo.

www.danzergroup.com

Greenpeace dénonce l’évasion fiscale orchestrée par les compagnies forestières européennes :

www.greenpeace.org/france/news/arnaques-au-congo-greenpeace (vous pouvez downloader le rapport complet de Green peace à la fin de la page)

Une société forestière allemande expose, en plein conseil d’administration, sa stratégie de corruption en Afrique centrale : www.congopage.com/article.php3?id_article=1756

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To the attention of the responsibles of the Danzer Group, Greenpeace, the European Commission and the German authorities

Those one who are destroying the Congolose forests are destroying our commun patrimoine.

Enough is enough ! We can not tolerate that European companies are engaged in this desctruction process.

The European institutions can not continue to close their eyes. It is time to put order.

The Congolese forests are the last ones not yet fully destroyed by humans.

It is too late for Amazonia, it is not too late for Congo.

www.danzergroup.com

Greenpeace dénonce l’évasion fiscale orchestrée par les compagnies forestières européennes : www.greenpeace.org/france/news/arnaques-au-congo-greenpeace (vous pouvez downloader le rapport complet de Green peace à la fin de la page)

Une société forestière allemande expose, en plein conseil d’administration, sa stratégie de corruption en Afrique centrale : www.congopage.com/article.php3?id_article=1756

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Dérive des monnaies et monnaies à la dérive

Posté par BAUDOUIN SCHOMBE le 2 août 2008

Simone Wapler

En ce moment, un franc suisse vaut un dollar. Et alors, me direz-vous, la belle affaire. Les optimistes me diront que c’est commode pour les Suisses qui désirent faire du tourisme aux Etats-Unis. Les optimistes font souvent fi du poids de l’Histoire.

Petit retour en arrière. Un jour, le vieux franc français ne valut plus tripette. Une Première Guerre mondiale, le Front Populaire et une Deuxième Guerre mondiale avaient eu la peau de notre monnaie nationale, qui n’était plus depuis belle lurette le franc or. Le général De Gaulle tapa du poing sur la table. Il tenait à restaurer la fierté française. Une monnaie forte est l’apanage d’une nation forte, pensait-il. Il instaura le nouveau franc le 27 décembre 1958. Un NF — comme nouveau franc — valait 100 anciens francs. A sa naissance, un NF valait aussi un franc suisse. Oui, De Gaulle l’avait voulu ainsi, une parité parfaite. Il était bien commode pour les Suisses de faire du tourisme en France, et vice versa.

Puis, en 1999, 15 pays de l’Union européenne décidèrent de se doter d’une devise unique : l’euro. Le franc français disparut donc. En 2002, pièces et billets en euro firent leur apparition. A cette époque, le franc suisse valait 4,5 francs français — je vous fais grâce des décimales. Ceci permet de mesurer l’érosion du « nouveau franc ». Il avait perdu 80% de sa valeur en 50 ans. Une dérive impressionnante par rapport à nos voisins suisses.

Et comment s’est comporté le dollar par rapport au franc suisse ? Revenons à la nuit des temps, au système dit de l’étalon or en vigueur de 1873 à 1914. Dans ce système :

- un dollar valait 1/20 d’once d’or
- un franc suisse valait 1/40 d’once d’or

Donc, si vous m’avez bien suivie, un dollar valait deux francs suisses et la valeur du dollar a été divisée par deux par rapport au franc suisse en un peu moins d’un siècle.

De l’étalon or à l’étalon papier
La balise officielle, le point fixe du système monétaire du XXe siècle était, en principe, le dollar. De l’étalon or, le système monétaire international a glissé, après la Seconde Guerre mondiale, vers le système dit de Bretton Woods. Pour simplifier, seul le dollar restait convertible en or et les dollars devenaient la plus grosse réserve des banques centrales. De 1944 à 1971, l’or a conservé le même cours officiel : 0,888671 gramme pour un dollar.

Le seul problème, c’est que cette balise, ce point fixe qu’aurait dû être la monnaie américaine, n’a jamais arrêté de dériver. De 1944 à 1971, la quantité de dollars passait de 3 à 50 milliards. Mais les réserves d’or de la banque centrale américaine n’ont pas augmenté dans la même proportion.

Pour éviter toute défiance vis-à-vis du billet vert, le marché privé de l’or fut manipulé par le pool de l’or de façon à maintenir la parité (fictive) du dollar. Cette association réunissait le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse. Ces pays se livraient à des opérations de ventes d’or massives sur le marché privé pour casser la hausse du cours de l’once. Ils rachetaient ensuite à la baisse et compensaient entre eux leurs opérations. Tout ces pays s’accommodaient finalement bien de l’étalon papier qui leur évitait d’avoir à acheter de l’or et à le conserver.

Mais en 1966, De Gaulle, donne un coup de pied dans la fourmilière : il demande à changer ses dollars en or. Le stock d’or de la France passe de 3,7 milliards de dollars en 1964 à 5,2 milliards en 1966. Un vent de défiance souffle. En 1971, les accords de Bretton Woods se terminent. Le dollar dévalue.

Depuis, nous vivons dans un monde de monnaies fiduciaires, dites flottantes. Les dérives s’accentuent.

Des monnaies flottantes et dérivantes
Dans un monde de monnaies fiduciaires convertibles, la parité de la monnaie est le reflet de la confiance qu’ont les étrangers dans la richesse du pays émetteur.

Aujourd’hui un dollar achète :

- 0,0338 gramme d’or, vingt-six fois moins qu’en 1934, quarante-six fois moins qu’en 1914 ;
- un franc suisse, deux fois moins qu’en 1914 ;
- 0,65 euro, un tiers de moins qu’en 2000 ;
- 1,3 litre de pétrole, douze fois moins qu’en 1970.

Lorsqu’une monnaie va à la dérive, son pays aussi. Dans ce sens, De Gaulle avait raison. Le dollar est une monnaie fiduciaire, donc basée sur la fiducie qui veut dire confiance. Le capital confiance des Etats-Unis est érodé. Trop de dollars émis à partir de dettes ont inondé le monde.

Les monnaies fiduciaires permettent beaucoup de compromissions, d’arrangements. Il est difficile de savoir où l’on va lorsque tout dérive. Le dollar n’est pas un point fixe, un repère immuable. Certains essaient de se servir du pétrole comme point fixe. Le monde sent que le yuan chinois n’est pas mûr pour prendre la place du dollar en tant que monnaie de référence. Le monde — et surtout les pourvoyeurs de matières premières – aimeraient bien trouver un repère commode. Autrefois, la Chine basait sa monnaie sur le … jade. Pourquoi pas. Mais il faut reconnaître que le repère le plus largement partagé dans le monde c’est l’or, la relique barbare.

In God We Trust (nous faisons confiance à Dieu) est la devise nationale des Etats-Unis. Elle est inscrite sur le billet vert. Pour notre part, nous préférons en ce moment In Gold We Trust (nous faisons confiance à l’or). Nous ne sommes pas tout seul, car sinon comment expliquer que l’or ait vu son prix en dollar quintupler en huit ans.

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