Le nombre d’internautes augmente quotidiennement. Internet est devenu le média par excellence pour offrir des produits et services, associés à un nombre croissant de commandes et de paiements. En quelques années, Internet est devenu un domaine d’activité qui génère des milliards d’euros, et dont notre société moderne de l’information ne peut plus se passer.
Grâce à la croissance rapide et à la popularisation de ce nouveau média, la plupart des internautes prennent conscience des possibilités quasiment illimitées d’Internet, mais pas de ses risques les plus graves.
Dans la suite de ce dossier, nous vous exposons en détail certains risques, ainsi que la manière de les éviter. Mais c’est à vous, cher lecteur, qu’appartient la principale responsabilité. Si un inconnu vous interpelle en rue pour vous demander votre carte Visa, vous ne la lui donnerez pas. Pourquoi le feriez-vous sur Internet ? Il en va de même pour vos mots de passe et autres codes secrets, mais également pour votre adresse e-mail et votre numéro de téléphone. Et c’est probablement dans cette nonchalance du surfeur que se cache le principal problème.
En notre qualité d’internaute, nous devons prendre conscience des risques majeurs que nous courons. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de sensibiliser les utilisateurs du Net et de mettre en évidence les dangers qu’Internet entraîne dans son sillage.
Problèmes sécuritaires envisageables
Les problèmes de sécurité sur le Net surviennent suite à de mauvaises manipulations, que l’on peut répartir en trois groupes :
Un premier groupe consiste à subtiliser l’information de l’internaute en l’induisant en erreur depuis l’extérieur. La supercherie ne consiste donc pas à modifier des données dans l’ordinateur de l’internaute, mais à lui envoyer de l’information (trompeuse, par exemple en imitant les e-mails d’institutions financières).
D’autres problèmes sécuritaires se présentent quand un tiers abuse de l’ordinateur de l’internaute afin d’accéder aux informations de l’utilisateur, qui ne se doute de rien. De cette façon, des données peuvent être échangées sans que l’internaute s’en aperçoive. Mais cette méthode laisse des traces car elle nécessite l’installation de petits programmes ‘supplémentaires’ sur l’ordinateur.
Des personnes malhonnêtes essaient également de bloquer l’Internet en surchargeant des PC/serveurs ou des connexions à Internet.
Il n’est pas rare que plusieurs techniques soient combinées. Les fraudeurs essaient alors de manipuler le comportement de surf en apportant des changements infimes et difficilement décelables dans les logiciels de l’ordinateur d’autrui ou en utilisant le même ordinateur qu’un internaute – qui ne se doute de rien – pour surcharger des serveurs.
Manipulation sans accès à l’ordinateur
Ce type de manipulation tente d’obtenir quelque chose de l’utilisateur sans pour autant avoir accès à son PC. Ces problèmes de sécurité sont peut-être les moins dangereux, mais ils ne doivent pas être sous-estimés. Ils peuvent mener au vol, à la manipulation d’informations confidentielles et à la surcharge ou au blocage de systèmes reposant sur Internet.
Adware / Malware
Malware est la dénomination commune des logiciels malveillants et nuisibles. Il s’agit d’une contraction des termes anglais malicious software (littéralement : logiciel malveillant). Outre les traditionnels virus, chevaux de Troie, vers et spywares, les root-kits et les back-doors sont également qualifiés de malwares. Il est de plus en plus fréquent de rencontrer des combinaisons de plusieurs formes de malwares. Adware (littéralement : logiciel publicitaire) est la dénomination commune des pop-ups et applications qui affichent des publicités. Il existe malheureusement quelques variantes pernicieuses qui envoient les informations privées via Internet sans que l’internaute en soit averti. Cette variante est connue sous le nom de spyware.
Phishing
Le phishing (littéralement : hameçonnage) couvre une vaste catégorie de pratiques frauduleuses. Un pop-up d’aspect anodin ou un e-mail sous forme d’avertissement conduit l’utilisateur vers un site web spécifique. Dans ce genre d’attaque, il s’agit typiquement d’un e-mail dans lequel on vous dit qu’un compte donné arrive à échéance ou qu’une grande banque a mal classé votre nom d’utilisateur et votre mot de passe. Dans ce même e-mail, l’expéditeur vous demande de cliquer sur le « lien ci-dessous ». Vous arrivez alors sur un pop-up ou un site web qui s’avère souvent être une très bonne imitation de l’original et qui vous demande votre numéro de compte en banque, votre code secret, les informations relatives à votre carte Visa ou d’autres éléments confidentiels et directement utilisables.
Ce site n’a évidemment rien à voir avec le site sur lequel vous pensez vous trouver. La mise en page est identique et pourtant, vous êtes victime d’une « attaque de phishing ».
Pharming
Le pharming va encore plus loin que le phishing. En violant certains services secondaires tels les caches web et les serveurs de noms de domaine, les escrocs essaient de « rouler » l’utilisateur. Même en utilisant l’URL correct, vous arrivez sur le site web des escrocs. Pour y parvenir, les « pharmers » modifient par exemple les informations dans vos serveurs de noms de domaine, en utilisant un virus. Quand un URL est converti en adresse IP, vous êtes normalement dirigé vers les serveurs de noms de domaine que vous avez saisis (ou reçus par DHCP de votre fournisseur). Si l’escroc parvient à faire en sorte qu’ils pointent vers un serveur de noms de domaine qui lui appartient, il contrôle le site vers lequel vous surfez.
Le « pharmer » modifie l’adresse IP de différentes manières.
La manière la plus fréquente de modifier une adresse IP est de corrompre la cache DNS locale. L’internaute demande un site en particulier en saisissant un nom de domaine lié à une adresse IP donnée. Afin d’accélérer la requête dans le futur, l’ordinateur conserve les résultats DNS dans sa mémoire cache (la cache DNS). La prochaine fois que l’internaute demandera le site web www.dns.be, la requête sera plus rapide grâce à la cache DNS.
Les pharmers essaient de modifier la cache DNS en utilisant un cheval de Troie ou un virus. En d’autres termes, ils tentent d’attribuer une autre adresse IP à un nom de domaine déterminé (mabanque.be). La prochaine fois que vous souhaiterez visiter le site web www.mabanque.be, vous atterrirez sur un site parfaitement contrefait, sur lequel vous saisirez naïvement vos coordonnées bancaires, qui pourront ensuite être utilisées par les pharmers.
Il est également possible de modifier l’adresse IP en corrompant les serveurs DNS. Les escrocs utilisent le même système de corruption que pour la cache DNS locale, mais à un niveau supérieur : celui des serveurs des fournisseurs d’accès Internet, des agents (registrars) qui enregistrent les noms de domaine ou des registres.
Cette dernière forme de pharming est moins courante car les serveurs des fournisseurs d’accès Internet, des agents (registrars) qui enregistrent les noms de domaines ou des registres, sont généralement très bien sécurisés. Mais ce genre d’attaque n’est toutefois pas exclu.
Cybersquatting
Le cybersquatting et le typosquatting sont deux techniques liées à l’enregistrement du nom de domaine. Elles sont tout à fait indépendantes du contenu des sites web.
Un cybersquatter enregistre des noms de domaine identiques à des noms de marques ou des dénominations commerciales connus et déposés, dans le seul but de nuire au détenteur de la marque ou au commerçant ou de vendre le nom de domaine à un prix prohibitif.
Selon le cas, le cybersquatting peut être un « enregistrement illégal » au sens de l’article 10 des Conditions générales de DNS BE et de la loi du 26 juin 2003 relative à l’enregistrement illégal de noms de domaine.
Sur la base de l’article 10 des Conditions générales de DNS BE, une procédure peut être introduite auprès de CEPINA suite à l’enregistrement illégal de noms de domaine .be. Pour de plus amples informations sur le règlement des litiges, nous vous renvoyons à une page de ce même site (http://www.dns.be/fr/home.php?n=45.002)
De plus, la loi du 26 juin 2003 prévoit la possibilité d’aller en justice. Il s’agit d’une procédure « comme en référé » qui doit être introduite auprès du Président du Tribunal de Première Instance ou du Tribunal de Commerce.
Typosquatting
Le typosquatting est une variante de cybersquatting dans laquelle le squatter enregistre un nom de domaine non identique à un nom de marque ou une dénomination commerciale existant, mais qui peut prêter à confusion. Comme pour le cybersquatting, le typosquatter enregistre le nom de domaine dans le seul but de nuire au détenteur de la marque ou au commerçant ou de vendre le nom de domaine à un prix prohibitif.
Certains estiment que l’enregistrement d’un nom de domaine dans le simple but de le revendre avec une importante marge bénéficiaire est contraire à la loi. Ce n’est toutefois pas le cas. L’enregistrement d’un nom de domaine est uniquement contraire à la loi quand toutes les conditions d’application de la loi sont remplies, c’est-à-dire que le nom de domaine doit être identique à une marque ou une dénomination commerciale ou qu’il doit prêter à confusion et que l’enregistrement ou l’utilisation relève de la mauvaise foi. L’enregistrement de noms de domaine dans le but de les louer ou de les vendre est donc autorisé, à moins que les dispositions légales soit transgressées.
SPAM
L’origine du mot SPAM remonte au sketch des Monty Python, dans lequel une personne sert une montagne de SPAM (viande ; contraction de Spiced Ham) à une autre. Cette personne n’aime cependant pas du tout le SPAM et ne veut rien savoir à ce sujet. Cela conduit à l’habituelle série d’expressions hilarantes.
Le spam (e-mail) est, lui aussi, un message que vous êtes loin d’attendre. Les plus fréquents sont des e-mails vous proposant des cachets de Viagra, des boissons pour vous sentir mieux/plus jeune/en meilleure forme, des contrefaçons, etc. Il existe en outre des e-mails frauduleux sous la forme de spam. Il s’agit par exemple d’e-mails d’un ami du président d’une grande banque qui demande votre aide pour gérer son argent (au noir), et vous propose une généreuse rétribution en contrepartie. Si vous acceptez de l’aider, vous devrez fournir une petite contribution en utilisant un subterfuge. Mais l’escroc disparaît rapidement avec cet argent.
Il n’existe malheureusement que très peu de moyens efficaces de lutter contre le spam. Ce fléau encombre le trafic Internet et les serveurs de messagerie sans aucune valeur ajoutée. Quelques regroupements tentent de rassembler les adresses IP des ordinateurs utilisés par les spammers. Bloquer ces adresses IP sur le serveur de messagerie permet de combattre en partie le spam.
Comme la plupart des systèmes de messagerie ne procèdent à aucune authentification, tout internaute peut utiliser une adresse e-mail arbitraire comme expéditeur de ses e-mails. Ne partez donc jamais du principe qu’un e-mail provient de son signataire !
Spoofing
Grâce à quelques adaptations techniques, un ordinateur peut intercepter l’ensemble du trafic de et vers un autre ordinateur. De cette manière, l’ordinateur se trouvant ‘au milieu’ peut « écouter » la communication entre les deux ordinateurs. On appelle cela une attaque « man-in-the-middle » (homme du milieu). De même, un ordinateur peut se faire passer pour un autre. Une fois que ce nouvel ordinateur, avec une identité existante, a échangé les informations nécessaires, il est parfois considéré comme le nouveau serveur. Le vol d’identité de ces ordinateurs est appelé spoofing.
E-mail Hoax
Vous recevez parfois un e-mail vous signalant qu’un virus particulièrement dangereux circule et vous demandant de transférer cet e-mail à l’ensemble de votre carnet d’adresses. Ce genre d’avertissement est peut-être un hoax (littéralement : un canular), c’est-à-dire une fausse alerte au virus ! Les hoax sont généralement envoyés par des spammers qui, une fois le flux d’e-mails lancé, ont en leur possession un nombre impressionnant d’adresses. Avant de transférer ce genre d’avertissement, nous vous conseillons de vérifier la « véracité » du virus sur un des sites web répertoriant les virus existants.
Le virus hoax est une autre variante. Vous recevez un e-mail contenant un ‘faux’ virus. Les chaînes de courriels en sont une autre variante. Les plus connues sont ces e-mails mielleux que vous devez transférer à au moins 10 personnes. Leur but est simplement de surcharger le système global de messagerie.
Manipulation avec accès à l’ordinateur
En s’introduisant dans votre ordinateur, un pirate peut accomplir des actes en votre nom via votre ordinateur. Il peut par exemple effectuer des opérations bancaires ou examiner précisément tout ce que vous faites avec votre ordinateur.
Piratage (hacking) et Craquage (cracking)
Les internautes malhonnêtes essaient souvent de se frayer un chemin dans les grands systèmes. Ceux-ci contiennent effectivement une grande quantité d’information qui peut être utilisée à mauvais escient pour manipuler des individus ou mettre des institutions sous pression. Pour pouvoir accéder à ces systèmes, les pirates sont prêts à aller très loin. En voici quelques exemples :
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Ils appellent un membre du personnel qui ne se doute de rien et sous le prétexte ‘nous nous occupons de l’informatique’, lui demandent le mot de passe.
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Ils cherchent des post-its dans les poubelles afin de retrouver des mots de passe.
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Ils regardent par-dessus votre épaule pendant que vous vous connectez.
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Soyez donc toujours sur vos gardes.
Virus
Un virus est un programme qui se niche dans un fichier, par exemple dans les fichiers d’un système d’exploitation comme Windows. Les virus sont pernicieux parce qu’ils occupent de l’espace disque et du temps d’ordinateur sur la machine contaminée. Dans les cas graves, ils provoquent des dégâts tels que la suppression de fichiers ou la diffusion d’informations sensibles. Les virus sont constitués de manière telle qu’ils essaient de se propager à d’autres systèmes informatiques. Un virus peut se propager notamment via des fichiers contenus sur une disquette, un CD-ROM, un e-mail, un programme de partage de fichiers (ex. Kazaa).
Cheval de Troie (Trojan horse) / Porte dérobée (backdoor)
Un cheval de Troie est un programme informatique apparemment utile, généralement téléchargé et installé par l’internaute sur le disque dur de l’ordinateur. Un pirate peut alors accéder à un PC via une console client, contrôler tous les périphériques et transformer, copier ou même supprimer les données présentes sur le disque dur. Contrairement aux virus, les chevaux de Troie n’affectent aucun autre fichier et ne se multiplient pas.
Worm (vers)
On confond souvent les vers et les virus. Les symptômes sont par ailleurs très semblables, mais ils se propagent différemment. Les vers n’infectent pas les fichiers, mais ils se propagent via les réseaux informatiques, par exemple les réseaux locaux, l’e-mail, les réseaux point-à-point ou via des « bogues » dans le système d’exploitation.
Blocage de l’ordinateur
Denial of service
Dans le cas d’un « denial of service attack » (attaque de refus de service, aussi appelée attaque DOS), il ne s’agit pas d’accéder à une machine. En adressant un nombre massif de demandes vers la même machine, le pirate tente de ralentir autant que possible le système afin que même les internautes bienveillants ne puissent plus atteindre la machine en question.
Distributed denial of service
S’il s’agit d’une attaque partant de plusieurs ordinateurs qui essaient de bloquer ‘en groupe’ un service ou un serveur. On parle alors d’attaque « distributed denial of service » (attaque distribuée de refus de service ou DDOS). Ces attaques sont très difficiles à intercepter. Elles sont souvent dirigées contre des serveurs racines de noms de domaine, c’est-à-dire les serveurs qui se trouvent à la base du système des noms de domaine. Quand les serveurs racines sont indisponibles, il est impossible de surfer ou d’envoyer et de recevoir des e-mails car les noms utilisés ne peuvent être convertis en adresses IP.
Source: http://www.dns.be/fr/home.php?n=46.001